Blogue de Josée Legault Voix publique RSS
Pour voir et comprendre ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les parlements du Québec et du Canada, suivez les analyses percutantes de Josée Legault - politologue et chroniqueure.
Si vous croyez que Stephen Harper, minoritaire, a préparé cette campagne électorale de longue date, attendez de voir le degré de préparation de Jean Charest pour la sienne… Car si les deux hommes se crêpent le chignon aussi allègrement, c'est peut-être en bonne partie parce que M. Charest – devenu un PM populaire de par un travail stratégique aussi acharné que celui d'un Harper, et même vu maintenant comme un bon défenseur des intérêts du Québec – a flairé l'occasion en or que lui offrent les compressions fédérales en culture pour se durcir encore plus le muscle «nationaliste». Habile, il amène même Pauline Marois et Mario Dumont à l'appuyer. N'ayant pas le choix, voilà donc les deux chefs d'opposition à la remorque de Jean Charest dans la sacro-sainte lutte pour la défense des intérêts du Québec… Robert Bourassa n'en croirait pas ses yeux… Alors, êtes-vous prêts pour la prochaine élection? Rendez-vous: Québec, 2009.
De mémoire de femme, je n'ai jamais vu un tel phénomène politique au Canada. Danny Williams, le premier ministre CONSERVATEUR de Terre-Neuve est parti en croisade contre Stephen Harper, premier ministre canadien CONSERVATEUR. Un premier ministre provincial qui s'ingère aussi durement et fortement dans une campagne électorale fédérale, c'est du jamais vu! Qualifiant un second mandat Harper comme la pire catastrophe qui se sera abattue sur le pays en plus d'un siècle – rien de moins – Williams a même lancé un site internet anti-Harper au http://www.anythingbutconservative.ca. C'est le mouvement ABC – Anything but Conservative. Ses raisons sont sur le site. Son geste inusité s'inscrit dans une série d'initiatives similaires qui partent toutes de la même prémisse: la PEUR d'un gouvernement Harper majoritaire. Et ça aussi, c'est une première. Une campagne se fait habituellement pour ou contre tel ou tel parti. Mais je ne me souviens pas non plus d'avoir vu même les maisons de sondage sonder autant le degré de crainte des électeurs d'un gouvernement majoritaire (pourtant l'objectif normal dans notre système parlementaire.) Faut croire que l'argument «idéologique» occupe dans cette campagne-ci une place sans précédent. Car si «peur» il y a, c'est une peur [...]
Il se passe quelque chose… Jean Charest et Stephen Harper se crêpent de plus en plus le chignon par ministres interposés sur les compressions dans la culture et le déséquilibre fiscal. Alors, que fera Harper ce soir à Drummondville? S'il veut garder son avance actuelle de deux points sur le Bloc, annoncera-t-il de nouvelles subventions ou de nouveaux engagements sur la culture? Ou s'entêtera-t-il à demander au gouvernement du Québec de compenser lui-même pour les compressions en culture??? Quitte, bien entendu, à sembler lui-même «chicaneux» et arrogant, alors qu'il a effectué pour cette campagne un remodelage et un adoucissement extrêmes de sa propre image?…
Oh boy!… Ça sent l'improvisation. Et pas à peu près… Stephen Harper annonçait aujourd'hui qu'il y aura alternance à la présidence du CRTC entre un «francophone» et un «anglophone», qu'un des deux postes de vice-président ira à un «francophone», que 25% des membres seront des «francophones». Et tout ce beau monde sera nommé sur recommandation du gouvernement du Québec. Franchement. Plus ça change, plus c'est pareil. On croirait entendre Jean Chrétien qui, pour clouer le bec aux nationalistes québécois, répétait sa rengaine ad nauseam sur: «ben quoi? C'est quoi le problème? On a des «Canadiens-français» à la Cour suprême et comme gouverneur général….». De quoi se plaindrait-on, quoi? On savait que Chrétien, comme Trudeau d'ailleurs, voyait le Canada à travers un prisme ethno-linguistique: il y avait les «Canadiens-français» d'un bord, les «Canadiens-anglais» de l'autre, et les immigrants dans le milieu. Mais qu'il y ait un Québec moderne, multiethnique, dont la langue officielle est le français, et dont la minorité anglo-québécoise est une partie intrinsèque, alors, ça non! Pas question! Qui sait? Ça reconnaîtrait, pour vrai, que le Québec entier est une nation, et non pas seulement les francophones qui y vivent… MON point de vue: qu'est-ce que ça donne de nommer [...]
Bob Rae se prépare pour la suite des choses. Ça saute aux yeux. Ramené d'urgence auprès de Stéphane Dion pour faire «plus équipe libérale», l'ancien rival à la course au leadership fait d'une pierre, deux coups. C'était lui, après tout, le candidat de rêve de Jean Chrétien lors de la course au leadership de 2006 – rendez-vous manqué, mais rendez-vous qui se reprendra bientôt… D'ailleurs, il fallait voir ce reportage révélateur à la télé de ce pauvre candidat du PLC dans Saint-Maurice (rien de moins que l'ancien comté de Chrétien lui-même). Pauvre gars, pauvre candidat, «pauvre» dans tous les sens du mot. Pas de pancarte, et que 1 500$ comme budget TOTAL pour la campagne en son entier. Croyez-moi, ce montant, ce sont des «peanuts»!!! Pauvre gars. La preuve finale et ultime que Chrétien, et tout l'establishement autour de lui, ont décidé de ne pas lever le petit doigt pour aider Dion, préférant le laisser plutôt se la casser, quitte à reconstruire après. Car, pour ce qui est de Rae, primo: contrairement à Michael Ignatieff (surnommé affectueusement «Brutus» dans certains cercles libéraux), Rae se montre publiquement «solidaire» de son chef, actuel. Secundo: par sa seule présence et ses [...]
Tente de rejoindre une voix humaine chez Hydro-Québec pour poser une question. Appuie sur la bonne touche pour mon choix de sujet. Un message enregistré me dit qu'«en cette saison de déménagements», les délais d'attente peuvent être plus longs que d'habitude. Appuie sur la prochaine bonne touche et vlan, le message me dit que toutes les lignes sont occupées, «veuillez rappeler plus tard»… Ce que je fais, et refais et refais avec le même résultat. «Saison de déménagements»??? Non, mais, c'est qu'elle est terminée la «saison des déménagements»… Avec les augmentations de tarifs qu'H-Q nous refile, n'y a-t-il pas moyen d'embaucher plus de téléphonistes?
Bon, bon, bon. On dirait bien que La Presse est partie en campagne électorale. La semaine dernière, elle faisait sa «une» avec un présumé pavé, évidemment «sensationnel», lancé dans la mare par Jacques Brassard, un ancien ministre péquiste. Remettant en question la pertinence du Bloc à Ottawa, il le qualifiait aussi de «clone du NPD». Ce «pavé», contrairement à la présentation qu'en faisait La Presse, n'était pas une lettre ouverte de Brassard, mais tout simplement une de ses enièmes chroniques du Quotidien de Chicoutimi (même propriétaire que La Presse), où il adore vilipender le PQ et le Bloc depuis des années comme de dangereux repères de la go-gauche syndicaleuse. Ce qui, bien sûr, est de son droit le plus strict, mais qui n'a rien d'une grosse «nouvelle». Pour ajouter à l'effet, le journaliste présentait M. Brassard comme un souverainiste «influent», alors que la réalité est que le niveau d'influence de Jacques Brassard est à ZÉRO. Vraiment. Sans exagérer. Et si Brassard avait vraiment voulu jeté un «pavé dans la mare», plutôt que de reprendre ses thèmes habituels, comment se fait-il qu'il ait refusé toute entrevue suite à la «une» de La Presse? Quand quelqu'un veut marquer un coup, il ne se sauve habituellement [...]
Bon. C'est parti. Les poignards commencent à s'aiguiser du côté des Libéraux. Et, il va sans dire, qu'ils visent le dos de Stéphane Dion. Les sondages vont super bien pour les conservateurs de Stephen Harper pendant que les Libéraux stagnent. On le sait. La «belle» image d'unité que tente de projeter le PLC depuis l'élection de Stéphane Dion est factice. Les clans existent toujours – ceux des Rae, des Ignatieff et des Kennedy. Face à la performance décevante de Dion, les ambitieux n'ont pas perdu leurs ambitions de leadership… loin de là! Et paf! Ce matin, on joue sur les stations CORUS, un extrait d'André Morrow disant que Dion «n'a MÊME pas été capable de cristalliser l'enjeu». Message: Dion a gaspillé la première semaine de la campagne. Et qui est André Morrow? Il est le président de Morrow Communications, une firme reputée de relations publiques aux liens très étroits avec les Libéraux fédéraux et québécois. Mais il est aussi le mari de madame Liza Frulla, ancienne ministre libérale au fédéral et à Québec - laquelle avait appuyé Michael Ignatieff lors de la course au leadership. Car s'il y a quelque chose qu'une victoire conservatrice à cette élection «cristalliserait» au PLC, c'est bien [...]
Rire aux larmes?
13 septembre 2008 · Archives · Josée LegaultLe Bloc fait maintenant appel à l'humour politique. Sur son site – des capsules de l'humoriste «décapant» Frédéric Savard – et il l'est, en effet. Là aussi, c'est à la guerre comme à la guerre. Si Stéphane Dion peut taquiner le saumon sur le site du PLC, pourquoi pas l'humour?…. Mais si le Bloc perd plusieurs comtés le soir du 14 octobre, il pourrait bien rire aux larmes, comme le chanterait le sénateur Jean Lapointe… Mais rien n'est encore joué.
Après moins d'une semaine de campagne, le Parti conservateur poursuit sa montée dans les sondages. La campagne de Stéphane Dion peine encore à lever de terre pendant que celle de Gilles Duceppe se cherche encore et change de «message» presqu'à chaque jour. Conclusion: même si tous les partis à Ottawa soupçonnaient fortement qu'ils iraient en élection cet automne, seul Stephen Harper semble s'y être vraiment préparé. Les coffrets du PC ont beau déborder d'argent et le parti a beau profiter de l'avantage qu'il y a à former le gouvernement, le manque réel de préparation surprend au PLC et, dans une moindre mesure, au Boc. La question devient donc maintenant: si le PC demeure aussi fort au sortir des deux débats des chefs, et qu'une majorité conservatrice semble plus que probable, qu'arrivera-t-il de ce qu'on appelle le «vote stratégique»? Que feront ces électeurs effrayés à la pensée même d'un gouvernement Harper majoritaire? Les stratèges conservateurs sont persuadés que le vote «non-conservateur» continuerait quand même à se diviser entre le Bloc, le PLC, le Parti vert et le NPD. Et ce, à leur très grand avantage. C'est la «stratégie» classique du «diviser pour régner». D'autant plus que cette division existe bel et bien. Dion, lui, espère que ces électeurs, même s'ils doivent se [...]
La chronique de
Josée Legault
- Et maintenant, on va où?
- Une loi honteuse et bananière
- Dommages collatéraux
- Chronique d’un gâchis annoncé
- Un 50 sous de trop
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