Blogue de Julien Day Julien Day RSS
Blogueur et sociologue amateur fasciné par le vide, ne sachant toujours pas s'il vaut mieux en rire qu'en pleurer. D'ici à ce que je le sache, en rire demeure plus drôle.
Si vous avez été moindrement présent sur les réseaux sociaux durant le weekend, vous avez fort probablement vu passer ce billet de blogue¹ annonçant en primeur l’interdiction par le gouvernement provincial des quiz télévisés « considérés abrutissants ». Étant donné que mon humble personne, entre autres, a fondé et gère toujours le blogue ayant publié cette fausse nouvelle, l’Axe du MAD, je me suis retrouvé aux premières loges pour constater l’ampleur de la cyber-dérape que la publication du canular, bien qu’on n’aurait osé l’appeler ainsi au départ, a engendrée. Croyez-moi, je vous dis cela parce que j’ai le nombre de consultations du billet et tous les commentaires laissés en marge de celui-ci devant le nez, on parle bel et bien ici d’une cyber-dérape. Trois jours plus tard, statistiquement parlant, le buzz entourant ledit billet est encore loin de s’être évaporé, et les commentaires de gens convaincus d’avoir à faire à une vraie annonce du gouvernement Marois continuent de s’empiler à un rythme affolant. Je n’écris pas ce qui suit dans le but de taper le clou de la consternation. Bien que frappant, cet événement n’a rien de surprenant à proprement dire. Des gens qui ne veulent ou ne peuvent pas lire convenablement, [...]
Vous vous rappelez de Sarah-Maude Lefebvre, cette « journaliste » de Quebecor qui avait, il y a plus ou moins un an, pondu un « article » laissant sous-entendre que les étudiants en grève l’étaient en partie pour se farcir un voyage dans le sud ? Pour ceux qui ne s’en rappelleraient plus, la « journaliste » avait contacté une ou deux agences de voyage en plein dans la période de la semaine de relâche, période prisée depuis des lunes par les étudiants voulant s’exiler sur le sable chaud avant le dernier sprint scolaire. Les représentants de ces agences de voyage ont répondu aux questions de la « journaliste » et celle-ci en a tiré ses propres conclusions qui furent assez évidemment suggérées dans son article : les étudiants grévistes ne se battaient pas vraiment pour un gel des frais de scolarité, ils étaient dans le Sud, probablement en train de se taper la beuverie du siècle. La preuve était béton : comme à chaque année, plusieurs étudiants avaient réservé leur tout-inclus pour la Floride, les représentants des agences de voyage contactées lui avaient confirmé. Bien sûr, certains étudiants avides de violence et d’intimidation ont adressé quelques mots durs à [...]
Depuis hier, je vois circuler sur les réseaux sociaux l’infâme question : « Mais pourquoi qu’on remet pas notre itinéraire à la police ? Ça va leur enlever une excuse de nous taper dessus. » Bon, à peu près tout a été dit, du « y’a pas d’organisateur, encore moins de trajet » à « tout cela présuppose une relation de confiance mutuelle inexistante », en passant par « anéwé, pas avoir d’itinéraire c’est calicement pas une excuse pour nous taper dessus, c’est ça le problème ». J’m'obstinerai même pas avec ces gens qui pensent qu’un itinéraire devrait être remis, on n’est juste pas sur la même planète pis ce serait une belle perte de temps. Mais j’peux faire une belle analogie. Il y a, très grossièrement, deux types de réaction face à un abus de pouvoir policier. 1. Un dude marche dans la rue avec son carré rouge su’le chest. Deux policiers l’interpellent. Ils veulent que le dude s’identifie. Le dude demande : « Pour quelle raison, j’suis en état d’arrestation ? » Les policiers, comme on le voit souvent, répondent, « Non, mais tu pourrais l’être si tu t’identifies pas. » Le dude réplique : « Mais c’est illégal et immoral ce que [...]
Parmi les multiples séquelles qu’aura laissées le mouvement de contestation étudiant, on ne peut passer sous silence la perte de confiance d’une partie non négligeable de la population envers les policiers, particulièrement envers le SPVM. Bien sûr, la méfiance (euphémisme assumé) d’une frange plus radicale ne date pas d’hier, mais il serait absurde de nier l’évidente radicalisation de gens plus modérés qui, il y a à peine un an, auraient limité leur critique du travail des policiers aux quotas de tickets et aux ingénieuses planques qu’ils se dégotent pour mieux nous prendre en flagrant délit de stop à l’américaine. Évidemment, reste toujours ces gens pour qui une bonne mornifle à coups de matraque reste une conséquence tout à fait justifiée pour avoir pris part à une manifestation déclarée illégale, gens qu’on soupçonne plus prompts à l’indignation en cas de halte au Tim Hortons de policiers payés avec leurs taxes. Ce n’est par contre pas de ces gens écoeurés de payer que je veux vous parler, mais bien de ceux qui, troublés par les débordements et la violence des policiers over-documentés par les centaines de photographes amateurs qui ont [...]
En cette journée de la femme où l’on fera trop souvent l’apologie de la gent féminine dans une optique vide de sens, un peu comme si c’était une deuxième fête des mères. En cette journée où plusieurs secrétaires de firmes d’avocats, représentantes de produits de beauté et promotrices de boissons énergisantes se feront maladroitement souhaiter « bonne fête » par leurs employeurs qui imposent le port de la jupe. En cette journée, j’aimerais avoir une petite pensée pour ceux et celles qui ne comprennent pas. Une petite pensée pour toutes ces femmes pour qui le fait de se trouver belle est assez pour justifier la panique qui les envahit lorsque que des féministes osent dénoncer la dictature du maquillage, du talon aiguille et de l’épilation. « Y’a personne qui m’oblige à me maquiller, voyons, je me trouve belle comme ça et je le fais de mon plein gré. » À celles-là, souhaitons-leur de comprendre que celles qui dénoncent ces standards ont elles aussi besoin de se trouver belles, mais qu’elles ont simplement refusé de se laisser dominer par la tyrannie des standards devant lesquels elles ont grandi et qu’elles ont assimilés. Souhaitons-leur d’au moins [...]
C’était le 22 d’un mois quelconque. Pas quelconque, en fait, le 22 novembre 2012. Le gouvernement de Jean Charest venait à peine d’être renversé par les Péquistes de Pauline Marois et les premiers rayons lumineux de la paix sociale se pointaient le bout du nez, malgré l’ombre de la menace du réveil des Anglais. Cette journée-là, quelques milliers d’étudiants avaient bravé le temps froid pour, officiellement du moins, rappeler que le gel des frais de scolarité (à l’époque, certains croyaient qu’il était acquis) n’était qu’une étape vers leur véritable revendication : la gratuité scolaire. Pour plusieurs, cette désormais traditionnelle manifestation du 22 du mois en était une de moindre envergure, puisque non seulement le combat était gagné (croyaient-ils), la gratuité scolaire n’est, après tout, qu’une revendication défendue seulement par la frange radicale du mouvement étudiant. D’autres, par exemple l’auteur de ces lignes, se souviendront de cette manifestation comme celle qui nous aura livré un moment magique de télévision. Rappelez-vous, le pauvre journaliste de TVA au milieu d’une foule hostile et baveuse, tentant tant bien que mal de récolter les propos des manifestants présents, qui eux levaient le nez avec dédain devant le [...]
Le (pseudo)débat sans fin
17 février 2013 · Société · Julien DayAprès une année de « débats », d’opinions et de couverture médiatique souvent douteuse, s’il y a quelque chose qu’on peut reprocher aux étudiants, chaos, violence et intimidation exclus, c’est d’être de jeunes ingrats impolis incapables de débattre et qui n’ont de respect pour personne qui ne pense pas comme eux. C’est du moins ce que vous dirait une bonne partie des omniprésents chroniqueurs de droite, visiblement irrités par l’attitude nonchalante de l’ASSÉ qui ne tripait pas plus qu’il faut sur le sommet, au point de décider d’aller jouer dehors au lieu d’y participer. Faut dire que les étudiants ne sont pas vraiment fins avec eux, on se rappellera entre autres de la fois où les 100 000 étudiants descendus dans la rue s’étaient munis d’une pancarte se moquant de Richard Martineau et sa conjointe. En fait, s’il y a eu consensus entre l’opinion de droite et celle de gauche depuis le début du conflit étudiant il y a un an, c’est que ce n’est plus si facile de dire qu’on a vu des étudiants boire de la sangria sans se faire envoyer chier sur Twitter. Il y en a qui ont appelé ça la polarisation [...]
Je le dis d’emblée, je ne comprends absolument pas que l’on puisse croire, ne serait-ce qu’une fraction de seconde, que le Sommet de l’Éducation ne soit autre chose qu’un exercice de relations publiques. De la poudre aux yeux, voilà tout. On assoira autour de la table les mêmes acteurs, qui tiendront les mêmes discours, les mêmes pseudos-débats (de sourds) que ceux de 2012 auront lieu, et les mêmes chroniqueurs écriront les mêmes conneries qu’on a déjà entendues milles fois. Franchement, je ne vois vraiment pas comment les recteurs, le conseil du patronat, l’ASSÉ, la FEUQ et le gouvernement provincial pourraient en venir à un « consensus », tel que défini par Pierre Duchesne, connaissant l’énorme fossé idéologique et économique les séparant. On sait déjà qui demandera quoi, et on peut se faire une bonne idée du « consensus » qui s’en dégagera, surtout avec les indices laissés dans les derniers jours où le mot indexation a été prononcé plus souvent qu’à son tour. Cela dit, le PQ et Pauline Marois, qui étaient au bord du gouffre à la même date l’an dernier, sont ressuscités et se sont emparés du pouvoir grâce à leur appui aux étudiants pendant le [...]
Je l’avoue, l’annonce du retour du hockey de la LNH me réjouit au plus haut point. D’abord parce que j’aime le hockey et le Canadien depuis aussi loin que je puisse me rappeler, mais aussi parce qu’en tant que consommateur assidu de l’opinion des autres via les médias traditionnels et les médias sociaux, je n’étais plus capable d’entendre parler de ce conflit. Et attention, je ne parle pas ici que des opinions des amateurs en manque ou de l’intelligentsia médiatique sportive, mais aussi de celles des pseudo-intellos et sociologues à deux sous qui ne peuvent s’empêcher de faire un parallèle entre une puck et l’époque des gladiateurs romains se faisant livrer aux lions dans un Colisée rempli de paumés qui en redemandent. Oui, oui, j’aime le pain et les jeux, les ailes de poulet et le hockey, bis repetita placent, faut croire. Ceux qui me connaissent un peu savent aussi que je suis un fervent admirateur, d’un point de vue strictement scientifique, du médiatique sportif. Les Réjean Tremblay, Ron Fournier et Michel Villeneuve de ce monde me fascinent au plus haut point, surtout par leur faculté à analyser rien (ne pas confondre avec ne [...]
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