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	<title>Julien Day</title>
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		<title>Quebecor et la fabrication de nouvelles</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 23:01:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Day</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[ASSÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Cegep]]></category>
		<category><![CDATA[fabrication de nouvelle]]></category>
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		<category><![CDATA[Sarah-Maude Lefebvre]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous vous rappelez de Sarah-Maude Lefebvre, cette &#171;&#160;journaliste&#160;&#187; de Quebecor qui avait, il y a plus ou moins un an, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left">Vous vous rappelez de Sarah-Maude Lefebvre, cette &laquo;&nbsp;journaliste&nbsp;&raquo; de Quebecor qui avait, il y a plus ou moins un an, pondu un &laquo;&nbsp;article&nbsp;&raquo; laissant sous-entendre que les étudiants en grève l&#8217;étaient en partie pour se farcir un voyage dans le sud ?</p>
<p style="text-align: left">Pour ceux qui ne s&#8217;en rappelleraient plus, la &laquo;&nbsp;journaliste&nbsp;&raquo; avait contacté une ou deux agences de voyage en plein dans la période de la semaine de relâche, période prisée depuis des lunes par les étudiants voulant s&#8217;exiler sur le sable chaud avant le dernier sprint scolaire. Les représentants de ces agences de voyage ont répondu aux questions de la &laquo;&nbsp;journaliste&nbsp;&raquo; et celle-ci en a tiré ses propres conclusions qui furent assez évidemment suggérées dans son article : les étudiants grévistes ne se battaient pas vraiment pour un gel des frais de scolarité, ils étaient dans le Sud, probablement en train de se taper la beuverie du siècle.</p>
<p style="text-align: left">La preuve était béton : comme à chaque année, plusieurs étudiants avaient réservé leur tout-inclus pour la Floride, les représentants des agences de voyage contactées lui avaient confirmé.</p>
<p style="text-align: left">Bien sûr, certains étudiants avides de violence et d&#8217;intimidation ont adressé quelques mots durs à Sarah-Maude Lefebvre, probablement pour lui signifier pas très poliment que la subtilité de son sous-entendu était plus ou moins réussie, ce qui avait donné lieu à une réaction assez bizarre de la &laquo;&nbsp;journaliste&nbsp;&raquo; en question. Dans les commentaires d&#8217;un message laissé par un de ses amis sur sa page Facebook, Sarah-Maude, visiblement désemparée, laissa sous-entendre que le torchon sur lequel elle venait d&#8217;apposer son nom, ne reflétait pas vraiment son opinion&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://voir.ca/julien-day/files/2013/04/426163_10151397851960457_1712723729_n.jpg"  target="_blank"><img class="size-medium wp-image-30 aligncenter" src="http://voir.ca/julien-day/files/2013/04/426163_10151397851960457_1712723729_n-428x161.jpg" alt="" width="428" height="161" /></a></p>
<p style="text-align: left"><strong>Elle récidive</strong></p>
<p style="text-align: left">Ce matin, encore dans le Journal de Montréal, notre &laquo;&nbsp;journaliste&nbsp;&raquo; d&#8217;enquête récidive avec un article encore plus louche, article que vous pouvez lire <a target="_blank" href="http://www.journaldemontreal.com/2013/04/14/lasse-redoutee-par-des-parents" >ici</a>.</p>
<p style="text-align: left">&laquo;&nbsp;L&#8217;ASSÉ redoutée par des parents&nbsp;&raquo;, titre celui-ci. Jusqu&#8217;ici pas de problème, mais dès que l&#8217;on enchaîne avec la lecture de l&#8217;article, on se rend assez rapidement compte que le titre comporte une erreur majeure: il devrait en fait être &laquo;&nbsp;L&#8217;ASSÉ redoutée par le père d&#8217;un étudiant en secondaire 4&#8243;.</p>
<p style="text-align: left">Le père en question y va d&#8217;ailleurs de savantes déclarations telles que :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;La gratuité scolaire, ça n’existe pas.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p style="text-align: left">On apprend aussi dans le même &laquo;&nbsp;article&nbsp;&raquo; que la filleule du monsieur en question qui étudie au cégep Montmorency, a terminé sa session d’automne en janvier dernier. &laquo;&nbsp;Elle ne l’a pas trouvée drôle&nbsp;&raquo;, rajoute-il.</p>
<p style="text-align: left">Petit détail ici: l&#8217;ASSÉ ne représente pas le CEGEP Montmorency, qui comme tous les autres CEGEPs et universités du Québec, ASSÉ ou pas, a laissé le soin à ses étudiants de décider de sa participation ou non à la GGI de l&#8217;année dernière.</p>
<p style="text-align: left">Bien sûr, pour être certain que <del>tous ces parents</del> le parent inquiet puisse envoyer son fils dans un CEGEP respectable <del>l&#8217;an prochain</del> dans deux ans, Sarah-Maude nous fournit en marge de l&#8217;article, une liste exhaustive des CEGEPs affiliés à l&#8217;ASSÉ.</p>
<p style="text-align: left">Mieux vaut prévenir que guérir, qu&#8217;elle a dû se dire.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Quelques questions</strong></p>
<p style="text-align: left">Si j&#8217;avais Sarah-Maude devant moi, je lui poserais quelques questions.</p>
<p style="text-align: left">Premièrement, comment t&#8217;est venue l&#8217;idée de cet article ? Est-ce que <del>les</del> le parent en question vous a contacté au journal pour vous raconter son histoire de parent inquiet et vous avez décidé qu&#8217;il était de votre devoir de journalistes d&#8217;informer vos lecteurs de son inquiétude, ou est-ce que vous vous êtes dits: &laquo;&nbsp;tiens, tiens, ce serait cool de trouver <del>des</del> un parent inquiet de l&#8217;affiliation de certains CEGEPs à l&#8217;ASSÉ&nbsp;&raquo; ?</p>
<p style="text-align: left">Deuxièmement, est-ce que c&#8217;est toi-même qui a eu la merveilleuse idée de cet article ou quelqu&#8217;un, genre le rédacteur en chef, t&#8217;a fortement suggéré d&#8217;écrire à propos <del>des</del> du parent mort d&#8217;inquiétude, comme il est permis de penser que ce fût le cas dans ton précédent article digne d&#8217;un Pulitzer ?</p>
<p style="text-align: left">Troisièmement, à quelques semaines de l&#8217;obtention de ton diplôme, te doutais-tu que tu n&#8217;allais pas rapporter la nouvelle, mais bien la fabriquer pour servir l&#8217;idéologie de ton employeur ?</p>
<p style="text-align: left">Quatrièmement, crois-tu possible qu&#8217;à cause de ton article bidon, on passe d&#8217;un seul parent inquiet à plusieurs parents inquiets, et ce pour aucune raison ?</p>
<p style="text-align: left">Cinquièmement, dans cette optique, es-tu capable d&#8217;identifier ta vraie fonction au sein de l&#8217;entreprise journalistique qui t&#8217;engage ?</p>
<p style="text-align: left">Voilà, ma chère Sarah-Maude, quelques questions que tu devrais te poser avant de publier ton prochain article, ton intégrité et le niveau d&#8217;intelligence ambiant ne s&#8217;en porteront que mieux.</p>
<p style="text-align: left">
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		<title>Remettre l&#8217;itinéraire aux policiers ? Pas moi, en tout cas.</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Mar 2013 18:57:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Day</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[abus policier]]></category>
		<category><![CDATA[arrestation]]></category>
		<category><![CDATA[itinéraire]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis hier, je vois circuler sur les réseaux sociaux l&#8217;infâme question : &#171;&#160;Mais pourquoi qu&#8217;on remet pas notre itinéraire à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Depuis hier, je vois circuler sur les réseaux sociaux l&#8217;infâme question : &laquo;&nbsp;Mais pourquoi qu&#8217;on remet pas notre itinéraire à la police ? Ça va leur enlever une excuse de nous taper dessus.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify">Bon, à peu près tout a été dit, du &laquo;&nbsp;y&#8217;a pas d&#8217;organisateur, encore moins de trajet&nbsp;&raquo; à &laquo;&nbsp;tout cela présuppose une relation de confiance mutuelle inexistante&nbsp;&raquo;, en passant par &laquo;&nbsp;anéwé, pas avoir d&#8217;itinéraire c&#8217;est calicement pas une excuse pour nous taper dessus, c&#8217;est ça le problème&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify">J&#8217;m'obstinerai même pas avec ces gens qui pensent qu&#8217;un itinéraire devrait être remis, on n&#8217;est juste pas sur la même planète pis ce serait une belle perte de temps.</p>
<p style="text-align: justify">Mais j&#8217;peux faire une belle analogie. Il y a, très grossièrement, deux types de réaction face à un abus de pouvoir policier.</p>
<blockquote><p>1. Un dude marche dans la rue avec son carré rouge su&#8217;le chest. Deux policiers l&#8217;interpellent. Ils veulent que le dude s&#8217;identifie. Le dude demande : &laquo;&nbsp;Pour quelle raison, j&#8217;suis en état d&#8217;arrestation ?&nbsp;&raquo; Les policiers, comme on le voit souvent, répondent, &laquo;&nbsp;Non, mais tu pourrais l&#8217;être si tu t&#8217;identifies pas.&nbsp;&raquo; Le dude réplique : &laquo;&nbsp;Mais c&#8217;est illégal et immoral ce que vous faites là.&nbsp;&raquo; Un policier prend son walkie-talkie &laquo;&nbsp;Ouais, on a un refus d&#8217;obtempérer, ici.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Pris de panique, le dude, ayant rien à se reprocher et craignant un mauvais quart d&#8217;heure au poste, sort son porte-feuille et tend la carte d&#8217;assurance-maladie aux policiers.</p>
<p>2. Un dude marche dans la rue avec son carré rouge su&#8217;le chest. Deux policiers l&#8217;interpellent. Ils veulent que le dude s&#8217;identifie. Le dude demande : &laquo;&nbsp;Pour quelle raison, j&#8217;suis en état d&#8217;arrestation ?&nbsp;&raquo; Les policiers, comme on le voit souvent, répondent, &laquo;&nbsp;Non, mais tu pourrais l&#8217;être si tu t&#8217;identifies pas.&nbsp;&raquo; Le dude réplique : &laquo;&nbsp;Mais c&#8217;est illégal et immoral ce que vous faites là.&nbsp;&raquo; Un policier prend son walkie-talkie &laquo;&nbsp;Ouais, on a un refus d&#8217;obtempérer, ici.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Se sachant victime d&#8217;un abus de pouvoir et effrayé par la probable suite des évènements, le dude insiste : &laquo;&nbsp;Vous n&#8217;avez pas le droit de faire ça, c&#8217;est dégueulasse. Je refuse de m&#8217;identifier sans motif valable.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p style="text-align: justify">____________</p>
<p style="text-align: justify">Le dude numéro 1, après les vérifications, continuera son chemin (à moins d&#8217;être un méchant terroriste fiché) vers le Simons pour aller s&#8217;acheter une chemise qui <em>shine</em>.</p>
<p style="text-align: justify">Le dude numéro 2 se ramassera fort probablement au poste avec des accusations bidons de menaces et d&#8217;entrave&#8230; Avec beaucoup de temps pour penser, en cellule, à comment on en est arrivé là&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">Enragé, il pensera probablement &laquo;&nbsp;Faut pas se laisser faire, voyons.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Si on les laisse faire, ça va juste s&#8217;aggraver&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify">Pendant ce temps, le dude numéro 1 est à la caisse du Simons, en train de chercher sa Master Card, cachée par sa carte d&#8217;assurance maladie replacée à la mauvaise place.</p>
<p style="text-align: justify">C&#8217;est tout.</p>
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	</item>
		<item>
		<title>Commission 19-2</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Mar 2013 00:26:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Day</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[amir khadir]]></category>
		<category><![CDATA[brutalité policière]]></category>
		<category><![CDATA[cobp]]></category>
		<category><![CDATA[commission charbonneau]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[spvm]]></category>

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		<description><![CDATA[Parmi les multiples séquelles qu&#8217;aura laissées le mouvement de contestation étudiant, on ne peut passer sous silence la perte de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Parmi les multiples séquelles qu&#8217;aura laissées le mouvement de contestation étudiant, on ne peut passer sous silence la perte de confiance d&#8217;une partie non négligeable de la population envers les policiers, particulièrement envers le SPVM. Bien sûr, la méfiance (euphémisme assumé) d&#8217;une frange plus radicale ne date pas d&#8217;hier, mais il serait absurde de nier l&#8217;évidente radicalisation de gens plus modérés qui, il y a à peine un an, auraient limité leur critique du travail des policiers aux quotas de <em>tickets</em> et aux ingénieuses planques qu&#8217;ils se dégotent pour mieux nous prendre en flagrant délit de <em>stop</em> à l&#8217;américaine.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Évidemment, reste toujours ces gens pour qui une bonne mornifle à coups de matraque reste une conséquence tout à fait justifiée pour avoir pris part à une manifestation déclarée illégale, gens qu&#8217;on soupçonne plus prompts à l&#8217;indignation en cas de halte au Tim Hortons de policiers payés avec leurs taxes.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Ce n&#8217;est par contre pas de ces gens écoeurés de payer que je veux vous parler, mais bien de ceux qui, troublés par les débordements et la violence des policiers <em>over</em>-documentés par les centaines de photographes amateurs qui ont arpenté les manifestations étudiantes depuis un an, réclament haut et fort la tenue d&#8217;une enquête publique. Parmi eux, le sympathique docteur et sauveur des opprimés, Amir Khadir, qui ne manque pas une occasion de nous rappeler que les policiers sont gentils, que le véritable problème se situe dans les ordres que ceux-ci reçoivent.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Bref, fini le temps où seule l&#8217;ultra-gauche avait une molaire contre les flics, après le printemps mouvementé, la gauche électorale s&#8217;y met, à des degrés différents, elle aussi.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Malheureusement, comme c&#8217;est souvent le cas lorsqu&#8217;un problème est soulevé par des adeptes de la démocratie libérale institutionnelle, les solutions proposées ont tendance à ne pas en être. Ce serait le cas d&#8217;une commission d&#8217;enquête sur la brutalité policière.</span></p>
<p><strong><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Un feuilleton de mauvais goût</span></strong></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Prenez, par exemple, la Commission Charbonneau, véritable feuilleton télévisé mettant en vedette fonctionnaires corrompus, entrepreneurs mafieux et avocats qui parlent fort. Depuis maintenant plusieurs semaines, ces acteurs défilent devant nos écrans et sur la une des journaux, pour nous « apprendre » comment le contribuable montréalais se fait arnaquer. Un long et complexe système de collusion que jamais nous n&#8217;aurions pu comprendre sans ce spectacle à quelques dizaines de millions : une poignée d&#8217;élus et de fonctionnaires chargés de gérer le trésor collectif des deux millions de Montréalais auraient été amadoués à coups de liasses de billets de banque par de richissimes entrepreneurs qui, surprise, ont des liens avec la mafia.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Êtes-vous tombés en bas de votre chaise? Si oui, ne mettez pas votre main sur un rond de poêle allumé, vous risquez de vous brûler.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Les moins jeunes se souviendront d&#8217;un cirque semblable, celui mené par le juge Gomery il y a une dizaine d&#8217;années, dans le cadre du scandale des commandites. Grossièrement, les libéraux (au fédéral) de Paul Martin et, précédemment, de Jean Chrétien, étaient tombés en disgrâce après avoir accordé des sommes d&#8217;argent phénoménales à, surprise, des amis du parti, pour des insignifiances et des rapports bidons.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">En gros, une poignée d&#8217;élus chargés de gérer le trésor collectif des 30 millions de Canadiens auraient dilapidé l&#8217;argent d&#8217;un programme déjà douteux. Êtes-vous tombés en bas de votre chaise?</span></p>
<p><strong><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">On veut des coupables</span></strong></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Pour le scandale des commandites, on avait Jean Lafleur et Jean Brault. Pour la collusion dans le monde de la construction, nous avons Zambito et Surprenant. Bref, des visages qu&#8217;on pourra détester pour les prochaines années, des visages parfaits pour les unes de journaux titrant « Trous de mémoire » et parfaits pour meubler les conversations des gens écoeurés de payer qui déchireront leurs chemises à la lecture du résumé des audiences pendant l&#8217;heure de lunch au resto du coin.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Des têtes de turc et des boutades sur la mémoire sélective, voilà l&#8217;héritage prévisible de ces deux commissions d&#8217;enquête, vulgairement semblables.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">De larges comités citoyens pour se pencher sur les appels d&#8217;offres et trancher? J&#8217;veux bien, sauf que non seulement ça n&#8217;arrivera pas, mais au final, le problème est beaucoup plus grand et insidieux, et ce ne serait pas long avant que les puissants entrepreneurs trouvent un autre moyen d&#8217;écarter la concurrence comme ils le font déjà, ou trouvent les bonnes personnes à qui remettre l&#8217;argent.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">On pourra s&#8217;indigner tant qu&#8217;on voudra, détester Zambito et faire des blagues d&#8217;Alzheimer à propos des témoignages des appelés, la réalité se chargera assez rapidement de nous rappeler que sans changement radical des structures gouvernementales et administratives, la corruption et la dilapidation du trésor public ne sont pas qu’inévitables, elles sont une banalité.</span></p>
<p><strong><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Brutalité policière</span></strong></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Vous comprendrez que lorsque j&#8217;entends la gauche réclamer une enquête publique sur la brutalité policière, je ne peux m&#8217;empêcher de rire. N&#8217;oublions pas qu&#8217;en plus d&#8217;être bien peu utiles, ces commissions d&#8217;enquête coûtent une fortune. Un peu comme les contrats accordés aux amis des politiciens, ironiquement.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Permettez-moi donc de nous économiser temps et argent en vous dressant les conclusions d&#8217;une éventuelle commission d&#8217;enquête sur la brutalité policière.</span></p>
<ul>
<li><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Les cas de brutalité policière, bien que plus souvent documentés dans des manifestations, ne se limitent pas à ceux-ci. Ils sont quotidiens.</span></li>
<li><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Un policier armé des meilleures intentions et d&#8217;un sens critique se retrouvera à plusieurs occasions dans sa carrière dans une situation où il devra patrouiller avec un collègue qui n&#8217;en a pas. Bonnes intentions ou pas, ces policiers se verront forcés de camoufler les agissements débiles de leurs collègues. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle la fraternité policière.</span></li>
<li><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Après une intervention suspecte, les policiers ont toute l&#8217;aisance du monde à se consulter pour romancer un rapport à leur façon et ainsi protéger les policiers fautifs. La victime, elle, doit donc se battre contre la parole judiciairement puissante de plus d&#8217;un policier et voit donc ses chances de victoire réduites à à peu près rien.</span></li>
<li><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Lorsque les policiers abusent d&#8217;une force injustifiée, en plus de sévices corporels, ils déposeront souvent de fausses accusations envers la victime pour justifier leur intervention, ajoutant ainsi au malheur de celle-ci.</span></li>
<li><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Une plainte en déontologie policière est aussi utile qu&#8217;une plainte pour homophobie au Vatican.</span></li>
<li><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Les connaissances générales et le sens critique de plusieurs policiers oscillent entre « nuls » et « faibles ».</span></li>
</ul>
<p><strong><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">À défaut d&#8217;avoir 19-2</span></strong></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">Je pourrais évidemment continuer, mais je vais laisser le soin à Amir Khadir et aux autres de nous dégoter cette tant attendue commission d&#8217;enquête. Après tout, il nous faudra bien un spectacle policier pour remplacer 19-2 qui se termine d&#8217;ici peu. J&#8217;ai déjà hâte aux témoignages remplis d&#8217;éloquence des policiers qui y défileront. Et j&#8217;ai surtout hâte de trouver une autre tête de turc pour nous faire oublier un problème infiniment plus large, comme 728 ou les joueurs de soccer de la SQ à Trois-Rivières.</span></p>
<p><span style="color: black;font-family: Georgia;font-size: small">À ce moment, comme pour les autres commissions d&#8217;enquête, on pourra enfin retourner à nos habitudes en se disant que les coupables ont été identifiés, sans même qu&#8217;on ait effleuré les mécanismes qui rendent tout ça possible.</span></p>
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	</item>
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		<title>Journée de la femme : une petite pensée pour les autres</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Mar 2013 13:52:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Day</dc:creator>
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		<category><![CDATA[journée de la femme beauté standards tyrannie patriarcat]]></category>

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		<description><![CDATA[En cette journée de la femme où l&#8217;on fera trop souvent l&#8217;apologie de la gent féminine dans une optique vide [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">En cette journée de la femme où l&#8217;on fera trop souvent l&#8217;apologie de la gent féminine dans une optique vide de sens, un peu comme si c&#8217;était une deuxième fête des mères. En cette journée où plusieurs secrétaires de firmes d&#8217;avocats, représentantes de produits de beauté et promotrices de boissons énergisantes se feront maladroitement souhaiter &laquo;&nbsp;bonne fête&nbsp;&raquo; par leurs employeurs qui imposent le port de la jupe.</p>
<p style="text-align: justify">En cette journée, j&#8217;aimerais avoir une petite pensée pour ceux et celles qui ne comprennent pas.</p>
<p style="text-align: justify">Une petite pensée pour toutes ces femmes pour qui le fait de se trouver belle est assez pour justifier la panique qui les envahit lorsque que des féministes osent dénoncer la dictature du maquillage, du talon aiguille et de l&#8217;épilation.</p>
<p style="text-align: justify">&laquo;&nbsp;Y&#8217;a personne qui m&#8217;oblige à me maquiller, voyons, je me trouve belle comme ça et je le fais de mon plein gré.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify">À celles-là, souhaitons-leur de comprendre que celles qui dénoncent ces standards ont elles aussi besoin de se trouver belles, mais qu&#8217;elles ont simplement refusé de se laisser dominer par la tyrannie des standards devant lesquels elles ont grandi et qu&#8217;elles ont assimilés. Souhaitons-leur d&#8217;au moins réaliser que ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;elles sont épilées et maquillées qu&#8217;elles se trouvent belles, mais bien qu&#8217;elles ont grandi dans un monde qui leur a imposé une définition contraignante de la beauté.</p>
<p style="text-align: justify">Une petite pensée pour tous ces hommes qui ne peuvent concevoir qu&#8217;il y ait une journée de la femme, mais pas de journée de l&#8217;homme, pendant que 365 jours par année les grandes entreprises et les états sont dirigés en écrasante majorité par des hommes.</p>
<p style="text-align: justify">À ceux-là, souhaitons leur de voir leur salaire réduit du tiers et leurs possibilités de grimper l&#8217;échelle du travail réduites de moitié.</p>
<p style="text-align: justify">Une petite pensée pour ces femmes soumises à des idéologies rétrogrades qui croient que de se battre contre le droit à l&#8217;avortement est un acte féministe, puisqu&#8217;elles ont le courage de le dire.</p>
<p style="text-align: justify">À celles-là, je leur souhaite de se faire imposer tout bonnement leur statut par des intégristes religieux qui ont le &laquo;&nbsp;courage&nbsp;&raquo; d&#8217;imposer leur choix.</p>
<p style="text-align: justify">Une petite pensée pour ces réactionnaires carencés en raisonnement qui hennissent dès qu&#8217;ils entendent le mot patriarcat, comme si ce système était une invention tout droit sortie de la tête des plus frustrées des lesbiennes.</p>
<p style="text-align: justify">À ceux-là, je souhaite de la lecture.</p>
<p style="text-align: justify">Si vous voulez faire la moindre différence, rappelez-vous que la journée de la femme ne sert pas à souhaiter un insignifiant bonne fête aux femmes, ni à leur tenir la porte de l&#8217;épicerie en souriant.  En fait, vous n&#8217;êtes même pas obligés d&#8217;en parler, faites juste analyser un peu, aujourd&#8217;hui, lorsque vous verrez cette pancarte publicitaire avec la top-modèle à moitié à poil couchée sur le <em>hood</em> du char à vendre ou lorsque vous constaterez qu&#8217;il n&#8217;y a que des caissières au IGA avec leurs petits foulards <em>cutes</em> qu&#8217;elles sont les seules à devoir porter.</p>
<p style="text-align: justify">Ouais, faites juste analyser. Souvent, ça paie beaucoup plus que de simplement réagir.</p>
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		<title>Hit and run médiatique, la CLAC me paye pour faire ça</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Mar 2013 23:41:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Day</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Alex Perron]]></category>
		<category><![CDATA[ASSÉ]]></category>
		<category><![CDATA[CLAC]]></category>
		<category><![CDATA[étudiants]]></category>
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		<category><![CDATA[manifs]]></category>
		<category><![CDATA[Quebecor]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;était le 22 d&#8217;un mois quelconque. Pas quelconque, en fait, le 22 novembre 2012. Le gouvernement de Jean Charest venait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">C&#8217;était le 22 d&#8217;un mois quelconque. Pas quelconque, en fait, le 22 novembre 2012. Le gouvernement de Jean Charest venait à peine d&#8217;être renversé par les Péquistes de Pauline Marois et les premiers rayons lumineux de la paix sociale se pointaient le bout du nez, malgré l&#8217;ombre de la menace du réveil des Anglais.</p>
<p style="text-align: justify">Cette journée-là, quelques milliers d&#8217;étudiants avaient bravé le temps froid pour, officiellement du moins, rappeler que le gel des frais de scolarité (à l&#8217;époque, certains croyaient qu&#8217;il était acquis) n&#8217;était qu&#8217;une étape vers leur véritable revendication : la gratuité scolaire.</p>
<p style="text-align: justify">Pour plusieurs, cette désormais traditionnelle manifestation du 22 du mois en était une de moindre envergure, puisque non seulement le combat était gagné (croyaient-ils), la gratuité scolaire n&#8217;est, après tout, qu&#8217;une revendication défendue seulement par la frange radicale du mouvement étudiant. D&#8217;autres, par exemple l&#8217;auteur de ces lignes, se souviendront de cette manifestation comme celle qui nous aura livré un moment magique de télévision.</p>
<p style="text-align: justify">Rappelez-vous, le pauvre journaliste de TVA au milieu d&#8217;une foule hostile et baveuse, tentant tant bien que mal de récolter les propos des manifestants présents, qui eux levaient le nez avec dédain devant le micro que leur tendait le monsieur. J&#8217;étais à deux doigts d&#8217;avoir pitié de lui lorsque soudainement, il arrêta un jeune homme plus enclin à la collaboration que les autres.</p>
<p style="text-align: justify">-Excusez moi, j&#8217;peux vous poser une question en direct à LCN ?</p>
<p style="text-align: justify">-En direct !? Tout le temps.</p>
<p style="text-align: justify">Saisissant cette rare opportunité d&#8217;obtenir réponse à une des ses (vraies) questions, le journaliste s&#8217;élança, probablement trop excité pour se rendre compte qu&#8217;il allait lui-même répondre à sa question d&#8217;une légendaire pertinence.</p>
<p style="text-align: justify">-Là y&#8217;a été question de gel des frais de scolarité, et là on parle de gratuité. Qu&#8217;est-ce que vous voulez de plus que ce qui a été obtenu, là ?</p>
<p style="text-align: justify">Pris de court par autant d&#8217;éloquence, le jeune homme regarda d&#8217;un air dépassé à gauche et à droite, comme s&#8217;il appelait ses camarades du regard pour obtenir de l&#8217;aide, mais il était trop tard.</p>
<p style="text-align: justify">-Euh&#8230; Rien. Moi j&#8217;suis icitte pour casser des vitres. Ouin, battre du monde pis casser des vitres c&#8217;est ça que&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">-Okay.</p>
<p style="text-align: justify">-Non mais c&#8217;est la CLAC* qui m&#8217;paye pour ça.</p>
<p style="text-align: justify">Au même moment, la réincarnation féminine de John Lennon sortit de nulle part pour se positionner devant la caméra et exprimer du majeur tout l&#8217;amour qu&#8217;elle a pour, j&#8217;ose croire, les journalistes de Quebecor et l&#8217;empire lui-même.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Ces trous de cul-là</strong></p>
<p style="text-align: justify">Pourquoi j&#8217;vous parle de ça ? Entre autres parce que c&#8217;est drôle, mais surtout parce que quelques minutes avant, pendant le même reportage du même journaliste, une séquence m&#8217;avait marqué, pré-enregistrée celle-là.</p>
<p style="text-align: justify">Le pauvre, toujours en quête de pertinence, zigzaguait parmi les voitures immobilisées de force par les étudiants à la solde de la CLAC, qui déambulaient sans gêne dans les rues du centre-ville pour réclamer que toute soit gratis. Contrairement à ce qu&#8217;il allait vivre un peu plus tard dans le parc Émilie Gamelin, le journaliste trouva facilement chaussure à son micro, chaussure qui conduisait une rutilante voiture de luxe.</p>
<p style="text-align: justify">-Qu&#8217;est-ce que vous pensez de tout ça, vous monsieur ?</p>
<p style="text-align: justify">-Ça a pu&#8217; de bon sens, ****. Quessé qui font ? Hey j&#8217;t'écoeuré en **** de ça. Fait 15 minutes j&#8217;suis pogné ici, à cause, à cause de ces TROUS DE CUL-là.</p>
<p style="text-align: justify">Le journaliste lui lança un regard compatissant avant de se retourner vers la caméra pour signifier au journaliste en studio que les gens étaient atterrés, que la lumière n&#8217;était pas visible au bout du tunnel, qu&#8217;on allait d&#8217;ailleurs aller voir un autre témoignage d&#8217;un citoyen pris en otage et écoeuré <span style="color: #000000"><del>de payer</del></span>.</p>
<p style="text-align: justify">Erreur d&#8217;un technicien ou de je-ne-sais-trop-qui, le témoignage qui suivit s&#8217;avéra être exactement la même séquence avec le même otage et en un éclair, les étudiants dans la rue étaient de double trous de cul.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Alex Perron veut t&#8217;écraser</strong></p>
<p style="text-align: justify">Quand le Twitter s&#8217;est enflammé devant les désormais connues paroles d&#8217;Alex Perron pendant une interview menée de main de maître par deux intellectuelles de l&#8217;empire chargé de vous éduquer les vendredis soirs, moi j&#8217;ai souri.</p>
<p style="text-align: justify">Je n&#8217;aurais par contre probablement pas souri si ça n&#8217;avait pas été de ce 22 novembre mémorable où j&#8217;en suis venu à la conclusion que dans le cas précis de la division médias de Quebecor et des étudiants dans la rue, il n&#8217;y aurait à peu près jamais d&#8217;information ou de discussion. Seulement que de la confrontation, des insultes et des chroniques de Martineau déplorant le fait que Martineau se fasse insulter. La communication était rompue à jamais.</p>
<p style="text-align: justify">Je me suis demandé, quel groupe de personnes aussi large pouvait-on consciemment traiter de trous de cul, même par l&#8217;intermédiaire d&#8217;un automobiliste pris en otage&#8230; Je n&#8217;ai toujours pas trouvé de réponses aujourd&#8217;hui, et les insultes continuent de pleuvoir. La réalité, aussi laide soit-elle, c&#8217;est que la vaste majorité des journalistes et chroniqueurs vedettes de Quebecor et la vaste majorité des étudiants qui ont arboré le carré rouge sont en guerre, et tout ça me semble irréparable.</p>
<p style="text-align: justify">Comment a-t-on pu en arriver là ? Peut-être à coups de 25 cennes par jour pour une sangria, peut-être à coups de pancarte de Sophie Durocher, mais une chose est sûre, on en est là.</p>
<p style="text-align: justify">Ce qu&#8217;Alex Perron a dit aux deux sommités qui animaient la fatidique émission, il y en a plusieurs qui l&#8217;ont déjà dit ou pensé, et je soupçonne que ce soit le cas d&#8217;une belle brochette de journalistes et chroniqueurs de Quebecor. Je vous l&#8217;ai déjà dit, quand le consensus ou même la simple discussion est impossible, soit on va se coucher, soit on s&#8217;tape sur la gueule. Dans le cas précis de Quebecor et autres Stéphane Gendron de ce monde, semble bien qu&#8217;on en soit déjà aux coups de poing sur la gueule.</p>
<p style="text-align: justify">FOX News le fait sans gêne, j&#8217;dis ça comme ça. FOX News aussi est un &laquo;&nbsp;réseau d&#8217;information&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify">Alors non, je n&#8217;étais pas outré, encore moins surpris. En fait, la seule chose qui me surprend, ce n&#8217;est même pas que les deux animatrices aient ri de la &laquo;&nbsp;boutade&nbsp;&raquo; de Perron, mais bien qu&#8217;Alex Perron fasse rire quelqu&#8217;un sur cette terre, au point où certaines personnes puissent croire qu&#8217;Alex Perron, &laquo;&nbsp;ça finit bien la semaine&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify">Et si quelqu&#8217;un veut discuter et me convaincre de la pertinence ou du talent d&#8217;Alex Perron, je l&#8217;avertis, je passe tout de suite aux coups de poing sur la gueule.</p>
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		<title>Le (pseudo)débat sans fin</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Feb 2013 01:23:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Day</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[ASSÉ]]></category>
		<category><![CDATA[débat]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Martineau]]></category>
		<category><![CDATA[Polarisation]]></category>
		<category><![CDATA[Samson]]></category>
		<category><![CDATA[sommet]]></category>
		<category><![CDATA[UQAM]]></category>

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		<description><![CDATA[Après une année de &#171;&#160;débats&#160;&#187;, d&#8217;opinions et de couverture médiatique souvent douteuse, s&#8217;il y a quelque chose qu&#8217;on peut reprocher [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Après une année de &laquo;&nbsp;débats&nbsp;&raquo;, d&#8217;opinions et de couverture médiatique souvent douteuse, s&#8217;il y a quelque chose qu&#8217;on peut reprocher aux étudiants, chaos, violence et intimidation exclus, c&#8217;est d&#8217;être de jeunes ingrats impolis incapables de débattre et qui n&#8217;ont de respect pour personne qui ne pense pas comme eux­.</p>
<p style="text-align: justify">C&#8217;est du moins ce que vous dirait une bonne partie des omniprésents chroniqueurs de droite, visiblement irrités par l&#8217;attitude nonchalante de l&#8217;ASSÉ qui ne <em>tripait</em> pas plus qu&#8217;il faut sur le sommet, au point de décider d&#8217;aller jouer dehors au lieu d&#8217;y participer. Faut dire que les étudiants ne sont pas vraiment fins avec eux, on se rappellera entre autres de la fois où les 100 000 étudiants descendus dans la rue s&#8217;étaient munis d&#8217;une pancarte se moquant de Richard Martineau et sa conjointe.</p>
<p style="text-align: justify">En fait, s&#8217;il y a eu consensus entre l&#8217;opinion de droite et celle de gauche depuis le début du conflit étudiant il y a un an, c&#8217;est que ce n&#8217;est plus si facile de dire qu&#8217;on a vu des étudiants boire de la sangria sans se faire envoyer chier sur Twitter. Il y en a qui ont appelé ça la polarisation du débat, moi j&#8217;aime mieux parler des &laquo;&nbsp;conséquences d&#8217;un excès grave sur la durée d&#8217;un débat et d&#8217;un trop plein d&#8217;opinions&nbsp;&raquo;. Je ne prends pas la défense des étudiants, mais un an de &laquo;&nbsp;tout ça pour 25 cennes par jour&nbsp;&raquo;, ça donne envie de tweeter <em>fuck you</em> une fois de temps en temps, on en conviendra.</p>
<p style="text-align: justify">Bref, un an plus tard, c&#8217;est la catastrophe. Richard Martineau ne peut même plus <a target="_blank" href="http://www.youtube.com/watch?v=To27EFyfts0" >mettre les pieds à l&#8217;UQAM pour mener une entrevue avec Martine Desjardins</a> sans se faire envoyer promener de façon vulgaire par des anarchistes pas-propres. C&#8217;est dommage parce qu&#8217;avec tout ça, on a eu du mal à comprendre ce que Martine Desjardins pensait du triste sort du chroniqueur.</p>
<p style="text-align: justify">Vraiment, tout cela n&#8217;est pas beau à voir, comment le chroniqueur réussira-t-il à gérer tout ça ? Fini le temps où l&#8217;on pouvait traiter les écologistes de vulgaires sauveurs de grenouilles dans une chronique sans courir la chance de se faire insulter par des écologistes. Fini le temps où l&#8217;on pouvait écrire que les étudiants sont des bébés gâtés qui ne savent pas lire sans se faire lyncher par des étudiants. Si ça continue, un chroniqueur comme Jean-Jaques Samson ne pourra plus <a target="_blank" href="http://www.journaldemontreal.com/2013/02/15/les-parasites-de-lasse" >écrire que l&#8217;ASSÉ est constituée de parasites</a> sans prendre le risque de se faire dire &laquo;&nbsp;mange de la marde&nbsp;&raquo; dans le <em>parking</em> du dix-trente.</p>
<p style="text-align: justify">De l&#8217;intimidation à grande échelle, j&#8217;vous dis. Vraiment pas des conditions gagnantes pour dire les vraies affaires et grossièrement affubler des qualificatifs aux Québécois en commençant sa phrase par &laquo;&nbsp;on sait ben&#8217; au Québec&nbsp;&raquo;. Triste époque.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Le débat sans fin</strong></p>
<p style="text-align: justify">Plus sérieusement, c&#8217;est dans un dizaine de jours que se mettra en branle le tant attendu &laquo;&nbsp;Sommet sur l&#8217;Éducation&nbsp;&raquo; du gouvernement Marois. Au-delà des interrogations et des doutes assez répandus sur la probable conclusion prédéterminée, son format hermétique ultra-compact et la rhétorique loufoque des péquistes à propos du gel indexé (genre),  je me pose une question fondamentale : Après combien de tours d&#8217;un même &laquo;&nbsp;débat&nbsp;&raquo; peut-on affirmer vraiment en avoir fait le tour ?</p>
<p style="text-align: justify">Loin de moi l&#8217;idée de nier les vertus de ce qui est sans conteste un des principaux outils de la démocratie, mais après un an de déblatération et de monopole médiatique, il serait difficile de croire que de nouveaux éléments pourraient venir bouleverser le cours des choses et provoquer une révision des positions respectives des différents acteurs prenant part (ou pas) au sommet. Dans cette optique, il devient difficile de reprocher aux péquistes d&#8217;avoir leurs conclusions déjà prêtes, puisque tous les partis qui seront réunis participent à l&#8217;incessant débat depuis un an. Tout le monde sait ce que l&#8217;autre dira. En fait, ce cirque n&#8217;aura été au final qu&#8217;une sorte de condensé de ce qu&#8217;on a lu sur le fil twitter des participants depuis le début de la grève étudiante.</p>
<p style="text-align: justify">Je me rappelle il y a quelques années au CEGEP, il y avait ce prof de philo bizarre que j&#8217;aimais bien, même s&#8217;il était un peu étrange. Une fois il avait dit : &laquo;&nbsp;La philo, c&#8217;est plutôt ennuyant à long terme, en fait. Ce sont des débats éternels, et on n&#8217;a pas l&#8217;éternité pour arrêter d&#8217;être cons. Rendu là, un coup de poing sur la gueule est plus productif. Malheureusement, les philosophes sont en général de très mauvais boxeurs.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify">Il était cool, lui.</p>
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		<title>Sommet, panda et randonnée urbaine</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 17:06:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Day</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[anarchopanda]]></category>
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		<category><![CDATA[gratuité scolaire]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Duchesne]]></category>
		<category><![CDATA[sommet]]></category>

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		<description><![CDATA[Je le dis d&#8217;emblée, je ne comprends absolument pas que l&#8217;on puisse croire, ne serait-ce qu&#8217;une fraction de seconde, que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Je le dis d&#8217;emblée, je ne comprends absolument pas que l&#8217;on puisse croire, ne serait-ce qu&#8217;une fraction de seconde, que le Sommet de l&#8217;Éducation ne soit autre chose qu&#8217;un exercice de relations publiques. De la poudre aux yeux, voilà tout. On assoira autour de la table les mêmes acteurs, qui tiendront les mêmes discours, les mêmes pseudos-débats (de sourds) que ceux de 2012 auront lieu, et les mêmes chroniqueurs écriront les mêmes conneries qu&#8217;on a déjà entendues milles fois.</p>
<p style="text-align: justify">Franchement, je ne vois vraiment pas comment les recteurs, le conseil du patronat, l&#8217;ASSÉ, la FEUQ et le gouvernement provincial pourraient en venir à un &laquo;&nbsp;consensus&nbsp;&raquo;, tel que défini par Pierre Duchesne, connaissant l&#8217;énorme fossé idéologique et économique les séparant. On sait déjà qui demandera quoi, et on peut se faire une bonne idée du &laquo;&nbsp;consensus&nbsp;&raquo; qui s&#8217;en dégagera, surtout avec les indices laissés dans les derniers jours où le mot indexation a été prononcé plus souvent qu&#8217;à son tour.</p>
<p style="text-align: justify">Cela dit, le PQ et Pauline Marois, qui étaient au bord du gouffre à la même date l&#8217;an dernier, sont ressuscités et se sont emparés du pouvoir grâce à leur appui aux étudiants pendant le printemps, carrés rouges ou pas, et il est permis de croire qu&#8217;en se mettant à dos une bonne partie de ceux qui leur ont évité la débandade aux élections, la peau du PQ minoritaire ne vaudra pas grand chose lors des prochaines. Voilà un possible rapport de force que les étudiants n&#8217;avaient pas face au PLQ, qui lui semblait gagner des points au fur et à mesure que Jean Charest serrait la vis et durcissait le ton dans le dossier.</p>
<p style="text-align: justify">Bref, bien que je ne comprenais pas du tout l&#8217;utilité de s&#8217;asseoir avec les bonzes du PLQ au printemps, trouvant même que l&#8217;exercice ne faisait qu&#8217;affaiblir au bout du compte un rapport de force que les étudiants contre la hausse avaient méticuleusement construit, il est difficile de taxer de facto le ministre Duchesne de la même mauvaise foi que les ministres du PLQ. On ne pourrait blâmer ceux qui suivent le dossier du coin de l&#8217;oeil de voir un refus de l&#8217;ASSÉ d&#8217;y participer comme de la mauvaise foi, justement.</p>
<p style="text-align: justify">Surtout, on oublie souvent de le rappeler, l&#8217;ASSÉ et leurs membres avaient délibérément choisi de miser sur les élections et le cirque entourant celles-ci pour régler le conflit, les associations étudiantes en grève votant massivement pour un retour en classe au mois d&#8217;août. Rappelons-nous aussi les affiches claironnant que &laquo;&nbsp;nous avons bloqué la hausse&nbsp;&raquo; à l&#8217;élection du PQ.</p>
<p style="text-align: justify">Selon moi, le problème il est là. En légitimant les élections et en se fiant sur leur résultat, l&#8217;ASSÉ a décidé de mettre de côté &laquo;&nbsp;la rue&nbsp;&raquo; et l&#8217;approche combative au profit de la politique électorale, et il devient contradictoire et enfantin aux yeux de plusieurs de jouer sur les deux tableaux. À force de crier à l&#8217;illégitimité des institutions d&#8217;un bord, et de crier le contraire de l&#8217;autre, l&#8217;ASSÉ s&#8217;est brûlée et doit maintenant composer avec un sommet aux apparences de cirque, qu&#8217;elle a elle-même endossé.</p>
<p style="text-align: justify">En écoutant les appels au calme pour les élections, entre autres de Québec Solidaire, dont l&#8217;exécutif de l&#8217;ASSÉ semble être le club-école, l&#8217;association étudiante s&#8217;est retrouvée avec la situation la plus &laquo;&nbsp;gagnante&nbsp;&raquo; qu&#8217;il aurait été permis d&#8217;imaginer, et pour bien des gens, il serait mal vu de cracher dessus rendu là.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Randonnée urbaine et panda indigné</strong></p>
<p style="text-align: justify">La<a href="http://voir.ca/chroniques/theologie-mediatique/2013/01/30/lasse-et-la-gratuite-scolaire-indignation-permanente-et-randonnee-urbaine/" > dernière chronique de Simon Jodoin</a>, dans le Voir de jeudi, a fait couler beaucoup d&#8217;encre. Bien qu&#8217;il rejoigne à certains égards quelques point mentionnés plus haut, je ne partage évidemment pas son point de vue par rapport au sommet. Ses boutades concernant les &laquo;&nbsp;randonnées urbaines&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;l&#8217;indignation permanente&nbsp;&raquo; de l&#8217;ASSÉ ont été bien mal reçues, et il n&#8217;en fallait pas plus pour qu&#8217;on le taxe de paternalisme condescendant.</p>
<p style="text-align: justify">Cela a d&#8217;ailleurs donné lieu à un échange un peu surréaliste sur les médias sociaux, avec le grandiloquent Anarchopanda Pour la Gratuité Scolaire. Je n&#8217;enlève rien à ce dernier, qui a reproché à Simon ce que bien des gens lui ont reproché après lecture de sa chronique, mais le côté burlesque de l&#8217;échange m&#8217;a frappé. Se faire taxer de paternalisme et de condescendance, c&#8217;est une chose, se faire reprocher de ne pas prendre des gens au sérieux par un représentant (qu&#8217;il le veuille ou non) de ceux-ci, déguisé en panda et empruntant un ton à la Passe-Partout en parlant de lui à la 3e personne, c&#8217;en est une autre.</p>
<p style="text-align: justify">Je me rappelle, à l&#8217;annonce du non-respect de la très sérieuse loi 78 par l&#8217;ASSÉ, j&#8217;étais avec mon père et on suivait le tout à la télé. Il m&#8217;avait demandé pourquoi il y avait un panda géant qui faisait des tatas derrière les portes-parole. J&#8217;ai dû rougir parce que je n&#8217;avais aucune idée quoi lui répondre, une loi brimant des droits fondamentaux nous étaient tombée dessus, et il y avait une mascotte panda à la télé pour contester la chose.</p>
<p style="text-align: justify">Je n&#8217;enlève rien à l&#8217;intelligence du monsieur en dessous du masque, mais un moment donné, il y a une limite à s&#8217;étonner du peu de sérieux que l&#8217;on nous accorde quand on est déguisé en toutou. Et franchement, une simple rétrospective des très médiatisées caricatures de YGreck sont suffisantes pour se convaincre qu&#8217;on se fait peut-être plus de tort que de bien, niveau crédibilité.</p>
<p style="text-align: justify">Mais, bon. Faut dire que moi aussi, je suis un peu grincheux.</p>
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		<title>Analyse de (sur)face</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Jan 2013 14:30:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Day</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[grève étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[hockey]]></category>
		<category><![CDATA[Idle No More]]></category>
		<category><![CDATA[lockout]]></category>
		<category><![CDATA[médias sportifs]]></category>
		<category><![CDATA[Richard Martineau]]></category>
		<category><![CDATA[Theresa Spence]]></category>

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		<description><![CDATA[Je l&#8217;avoue, l&#8217;annonce du retour du hockey de la LNH me réjouit au plus haut point. D&#8217;abord parce que j&#8217;aime [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Je l&#8217;avoue, l&#8217;annonce du retour du hockey de la LNH me réjouit au plus haut point. D&#8217;abord parce que j&#8217;aime le hockey et le Canadien depuis aussi loin que je puisse me rappeler, mais aussi parce qu&#8217;en tant que consommateur assidu de l&#8217;opinion des autres via les médias traditionnels et les médias sociaux, je n&#8217;étais plus capable d&#8217;entendre parler de ce conflit. Et attention, je ne parle pas ici que des opinions des amateurs en manque ou de l&#8217;intelligentsia médiatique sportive, mais aussi de celles des pseudo-intellos et sociologues à deux sous qui ne peuvent s&#8217;empêcher de faire un parallèle entre une <em>puck</em> et l&#8217;époque des gladiateurs romains se faisant livrer aux lions dans un Colisée rempli de paumés qui en redemandent.</p>
<p style="text-align: justify">Oui, oui, j&#8217;aime le pain et les jeux, les ailes de poulet et le hockey, <em>bis repetita placent</em>, faut croire.</p>
<p style="text-align: justify">Ceux qui me connaissent un peu savent aussi que je suis un fervent admirateur, d&#8217;un point de vue strictement scientifique, du médiatique sportif. Les Réjean Tremblay, Ron Fournier et Michel Villeneuve de ce monde me fascinent au plus haut point, surtout par leur faculté à analyser rien (ne pas confondre avec ne rien analyser) en profondeur, ce qui aboutit souvent à des bijoux d&#8217;analyses psychologiques pour expliquer la décision de tel ou tel entraîneur d&#8217;utiliser tel ou tel joueur.</p>
<p style="text-align: justify">Avec le lock-out, les médias sportifs tenaient enfin une histoire au potentiel analytique étoffé. Bien qu’il soit difficile de s’émouvoir pour une partie de bras de fer entre multimillionnaires, symbole impeccable des aberrations qu’emmènent inévitablement le cocktail explosif du Marché avec un grand « M » et de notre société avide de spectacle, les revendications des joueurs étaient légitimes dans l&#8217;optique simplifiée du concept de partage de revenus. Qu’on le veuille ou non, la bataille qu’ont menée les joueurs de la LNH en était une syndicale opposant propriétaires et employés voulant conserver leurs acquis. Émouvant ou pas, tout cela était légitime.</p>
<p style="text-align: justify">À mon grand dam, l’essentiel de la couverture médiatique du conflit fut consacrée à « la guerre d’egos » entre Gary Bettman, commissaire de la ligue, et Donald Fehr, représentant syndical des joueurs. Cette &laquo;&nbsp;guerre d’egos&nbsp;&raquo; aura finalement accaparé la majeure partie des commentaires et explications des chroniqueurs sportifs, entraînant du même coup plusieurs amateurs dans une compréhension discutable des négociations et de la légitimité bien réelle de celles-ci, aussi démesurés soient les salaires en cause, nous laissant avec de savantes analyses reposant sur le <em>bébé-gatéisme</em> des joueurs et des propriétaires qui se foutraient éperdument de notre gueule.</p>
<p style="text-align: justify">Bien sûr, je ne suis pas payé des millions de dollar pour pratiquer un sport et l&#8217;idée que des gens le soient reste un troublant symptôme des dérives capitalistes de notre époque. Par contre, d&#8217;autant plus que les critiques du capitalisme ne sont pas chose courante chez l&#8217;analyste sportif, il était tout à fait normal pour les salariés mis en lock-out par les propriétaires de refuser de se voir enlever une part de la tarte pour une deuxième fois en 8 ans, aussi gigantesque soit cette tarte. Rien à voir, ou très peu, avec le respect des partisans, la fierté de jouer dans la LNH ou les egos des négociateurs.</p>
<p style="text-align: justify">En fait, je soupçonne les millionnaires de la LNH d&#8217;avoir autant pensé à nous et notre amour du sport que les employés d&#8217;un Centre Hi-Fi auraient pensé à nous et notre amour des télés plasma s&#8217;ils s&#8217;étaient retrouvés dans pareille situation, et c&#8217;est bien difficile de leur reprocher.</p>
<p style="text-align: justify">Heureusement, tout cela est derrière nous et Yvon Pedneault, qui s&#8217;indignait du manque de respect inacceptable de l&#8217;industrie lui garantissant un salaire plus qu&#8217;enviable, devrait passer l&#8217;éponge assez rapidement, tout comme les amateurs indignés devraient revêtir assez rapidement leur chandail à 150$ fabriqué dans une usine asiatique par des travailleurs payés quelques peanuts par jour, nous rappelant (ou pas) qu&#8217;on est tous le bébé-gâté de quelqu&#8217;un d&#8217;autre&#8230; Mais ça, c&#8217;est une analyse beaucoup plus complexe que celle de l&#8217;ego de l&#8217;un ou du &laquo;&nbsp;syndrome du petit homme&nbsp;&raquo; de l&#8217;autre.</p>
<p style="text-align: justify">Vivement le retour, donc, de la profondeur des discussions sur la composition du 2e trio ou sur le très scientifique &laquo;&nbsp;manque de cœur&nbsp;&raquo; russe.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Un peu de Richard&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify">Évidemment, les chroniqueurs sportifs ne sont pas les seuls à baser leurs opinions sur du vide. Richard Martineau, dans une récente chronique en page 6, rapportait des propos de Martine Desjardins qui qualifiait l&#8217;ASSÉ de marginale, en lui reprochant de ne pas l&#8217;avoir déclaré avant :</p>
<blockquote><p><em>&laquo;&nbsp;Ne deviez-vous pas d’abord servir l’intérêt de VOS membres plutôt que d’assouvir la soif de gloire et de pouvoir d’un leader radical qui ne voulait RIEN régler et était incapable du moindre compromis?&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p style="text-align: justify">Au-delà de la mauvaise foi évidente et du manque de compréhension élémentaire du rôle de porte-parole de Gabriel Nadeau-Dubois, Richard Martineau semble sous-entendre que l&#8217;issue et les enjeux du conflit étudiant résidait sur l&#8217;opinion et la personnalité de deux &laquo;&nbsp;leaders&nbsp;&raquo; ultra-médiatisés, ce qui est non seulement une insulte à l&#8217;intelligence des dizaines de milliers d&#8217;étudiants qui ne l&#8217;étaient pas, mais aussi à celle de tous ceux en quête de pertinence élémentaire.</p>
<p style="text-align: justify"><em>*Vous pouvez lire la chronique en question <a target="_blank" href="http://www.journaldemontreal.com/2013/01/05/assez-de-lasse" >ici</a>, si vous êtes un membre VIP du Journal de Montréal. Sinon, gardez l&#8217;<em><em>œil</em></em> ouvert pour un journal lors de votre prochaine visite au resto du coin, il devrait réécrire à peu de choses près la même chronique sept ou huit fois encore d&#8217;ici la fin de 2013.</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Idle no more</strong></p>
<p style="text-align: justify">La situation des réserves autochtones et des Premières Nations en général est pitoyable, et les problèmes qui les affligent dépassent de loin les simples questions économiques entourant l&#8217;argent versé aux communautés. Malheureusement, quand on n&#8217;y connait pas grand chose, il devient difficile de se faire une idée sur la question, la majeure partie du débat médiatique entourant les doutes portant sur la façon dont Theresa Spence dépense l&#8217;argent de sa communauté et le contenu de sa soupe. Ce n&#8217;est pas que je crois que Theresa Spence soit sans reproche, loin de là, les chefs gérant le trésor collectif le sont rarement, à ce que je comprends. C&#8217;est juste que le ras-le-bol autochtone dépasse de loin la malgérance ou la légitimité de la grève de la faim d&#8217;une personne, j&#8217;en suis pas mal certain&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">Avec tout le temps perdu à s&#8217;attarder sur la controverse entourant la cheffe, il n&#8217;en reste plus beaucoup pour les questions de fond, ce qui explique peut-être qu&#8217;une personne puisse être grossièrement en désaccord avec Idle No More parce qu&#8217;il ne piffe pas Theresa Spence<em>. </em>Qui sait?</p>
<p style="text-align: justify">Personnellement, si j&#8217;avais à participer à la mise en branle d&#8217;un mouvement de contestation aujourd&#8217;hui, j&#8217;y penserais à deux fois avant de déléguer le département des communications à une seule ou une petite poignée de personnes, question de m&#8217;assurer qu&#8217;au final, on accordera plus d&#8217;attention au message qu&#8217;au messager. Et ce, quitte à me passer d&#8217;une parodie <em>kitsch</em> d&#8217;un vidéoclip dance viral mettant en vedette le porte-parole du mouvement au prochain Bye Bye.</p>
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