<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Léa Clermont-Dion &#187; Humeur</title>
	<atom:link href="http://voir.ca/lea-clermont-dion/section/humeur/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion</link>
	<description>Un site utilisant Voir</description>
	<lastBuildDate>Sat, 20 Apr 2013 08:13:41 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.2.1</generator>
		<item>
		<title>« J’haïs les féministes! »</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/12/06/%c2%ab-j%e2%80%99hais-les-feministes-%c2%bb/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/12/06/%c2%ab-j%e2%80%99hais-les-feministes-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 06 Dec 2012 15:24:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[6 décembre]]></category>
		<category><![CDATA[commémoration]]></category>
		<category><![CDATA[féminicide]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[marc lépine]]></category>
		<category><![CDATA[polytechnique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=53</guid>
		<description><![CDATA[Le 6 décembre, chaque année, au Québec, on se remémore un moment de notre petite histoire, de notre triste histoire, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 6 décembre, chaque année, au Québec, on se remémore un moment de notre petite histoire, de notre triste histoire, de ce drame qui relève de la tragédie d’une société, la nôtre. Les faits sont connus et ont été vécus. Le 6 décembre 1989, les foyers québécois ont été confrontés à cette catastrophe, cette calamité, ce féminicide. On en a fait un film, des centaines d’analyses, des milliers d’entrevues. On en a parlé maintes fois. On a intellectualisé le drame maintes fois. On s’est engueulés sur la cause de la tuerie maintes fois. Chaque année, il y a commémoration. Et autour de celle-ci, on ressent une difficulté de discuter comme s’il y avait des thèmes qui relevaient de l’indicible.</p>
<p>Cela me fait penser un peu à l’épreuve d’une famille qui est confrontée à un drame. Vous l’avez peut-être déjà vécu? Autour de la tablée familiale, il y a ce silence lourd de malaises. On ne sait pas trop comment en parler, de ça&#8230;Ça, l’inqualifiable, l’impardonnable, l’indicible, le sujet tabou qui revient aux lèvres des uns inévitablement. Autour de la tablée, certains abordent l’inabordable intensément et d’autres se taisent tout simplement. Et autour de la tablée, on hésite à qualifier le drame, expliquer le pourquoi et le comment. Mais, il y a peut-être autour de cette tablée un consensus sur la notion du deuil collectif? Ou pas. Cette analogie simpliste me fait penser à ce qui arrive le 6 décembre de chaque année dans les foyers québécois. Mais, une chose est sûre. Oui, beaucoup d’entre nous sommes en deuil.</p>
<p>Qu’on s’obstine à connaître la raison de cette tragédie, qu’on affirme que Marc Lépine est un malade mental, un fou, un psychopathe, un antiféministe ou tout cela ensemble, il demeure un fait tangible et réel. Quatorze femmes ont été assassinées un 6 décembre 1989. Et nous connaissons les noms des quatorze victimes. Elles s’appelaient Geneviève, Maryse, Hélène, Maryse, Nathalie, Anne-Marie, Barbara, Sonia, Anne-Marie, Michèle, Maude, Annie, Barbara, Annie&#8230; Elles s’appellent, devrais-je dire, elles existent encore dans nos consciences aujourd’hui, 6 décembre 2012, vingt-trois ans plus tard.</p>
<p>Je ne vous ferai pas de cachette. Non, je ne me souviens pas. Je ne peux pas me souvenir. Je n’étais même pas née le 6 décembre 1989. Et c’est peut-être pour cette raison-là que je n’ai pas envie de m’étendre sur l’intellectualisation de cette tragédie. Je n’y étais pas comme beaucoup de jeunes femmes de ma génération. J’ai 21 ans et je suis née en 1991. Je me souviens du 6 décembre 1999 néanmoins. Il aura fallu cette enseignante- Nicole, qu’elle s’appelait- pour me faire réaliser cette pénible histoire, ce féminicide qui a eu lieu chez nous tout près de nos tablées familiales.</p>
<p>Je me souviens donc. J’avais huit ans et demi quand j’ai entendu pour la première fois le nom de Marc Lépine le 6 décembre 1999, dix ans après le massacre. Je me souviens de cette enseignante. Nicole s’était adressée à ma classe de deuxième année. Elle nous avait raconté LA fameuse histoire. Difficilement, certes. C’était une confrontation étrange pour une gamine. Ce soir-là, j’étais revenue à la maison plutôt angoissée par les mots que j’avais entendus.</p>
<p>Et c’est la première fois de ma vie que j’ai constaté qu’être femme avait aussi son lot de particularités. J’ai demandé à ma mère ce soir-là autour de la tablée, naïvement comme seule une petite fille peut le faire: «Maman, pourquoi le monsieur, il s’en est pris aux femmes seulement ?» Comme autour de la tablée en deuil, il y a eu un malaise. Il est difficile d’expliquer ce genre de choses à une enfant. Je n’ai pas eu de réponses ce 6 décembre 1999. Ma mère n’a pas su le faire. Je ne lui en veux pas. Je ne saurais pas quoi dire à ma fille non plus. Le 6 décembre 1999, je suis allée me coucher sans réponses et remplie de questionnements. À 21 ans, ils sont encore présents dans mon esprit. Et je n’ai toujours pas de réponses.</p>
<p>Un constat est certain. Ces réflexions sérieuses m’habitent encore profondément. Elles me poussent à croire que je suis féministe. J’ai envie de remercier cette Nicole de l’école St-Anne de Rawdon qui a osé parler d’un sujet douloureux et difficile à des gamins. Il y a des moments comme ceux-là qui sont majeurs dans une existence. La commémoration du 6 décembre a changé ma vie. On pourrait bien avoir un débat sur le devoir de mémoire et sur les manières de transmission. Vous pourrez en discuter si cela vous dit. Mais pas aujourd’hui, s’il vous paît. Il y a certains événements troublants qui méritent une minute de silence, une pose dans notre rythme de vie effréné, une réflexion, etc. C’est ce que j’ai envie de faire en ce jour de deuil.</p>
<p>Je ne suis pas sûre de pouvoir comprendre, expliciter et raisonner parfaitement le massacre de la polytechnique. D’autres sont capables? Tant mieux. Mais, force est d’admettre que ce drame nous amène à nous poser plusieurs questions notamment celle de la violence faite aux femmes. Le 6 décembre demeure une date symbolique pour nous toutes. Marc Lépine avant de tuer les quatorze étudiantes, avait lancé: «J’haïs les féministes!». Malheureusement, encore aujourd’hui, j’entends fréquemment ce genre de commentaires. Il y a du chemin à faire.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/12/06/%c2%ab-j%e2%80%99hais-les-feministes-%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-clermont-dion-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>Laurentie: l&#8217;indicible malaise</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/11/27/laurentie-lindicible-malaise/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/11/27/laurentie-lindicible-malaise/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 27 Nov 2012 12:24:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Schwartz]]></category>
		<category><![CDATA[laurentie]]></category>
		<category><![CDATA[mathieu denis]]></category>
		<category><![CDATA[metafilm]]></category>
		<category><![CDATA[québec]]></category>
		<category><![CDATA[québécois]]></category>
		<category><![CDATA[simon lavoie]]></category>
		<category><![CDATA[spleen]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=51</guid>
		<description><![CDATA[&#160; Laurentie est un film poignant. Il reste en tête. Il touche. C’est d’ailleurs un cri du coeur urgent que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe width="500" height="281" src="http://www.youtube.com/embed/CTuxYm-Am9Y?fs=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Laurentie</em> est un film poignant. Il reste en tête. Il touche. C’est d’ailleurs un cri du coeur urgent que l’on retient du protagoniste principal, Louis Després, 28 ans, un technicien faisant face à un vide existentiel insoutenable et confronté à l’Autre, ce Montréalais anglophone. <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Lavoie" >Simon Lavoie,</a> le co-cinéaste m’avait prévenue: «c’est un film très dur et noir, mais je l’ai fait avec le coeur.» C’est bien d’un ressenti déchirant dont il est question ici et que l’on retient de cet opus éminemment singulier. Comme un dernier souffle propre à l’angoisse existentielle, voilà un portrait révélateur du genre humain. Et l’angoisse qui nous reste de <em>Laurentie</em> est peut-être symptomatique d’une société en manque de sens individuel et collectif. La magie du film repose, entre autres, dans ce dessin juste de la complexité de l’intersubjectivé de l’altérité. Cet essai filmique nous confronte aux questions sérieuses que nous nous gardons bien d’aborder dans cette ère du vide et du spectacle. À mes yeux, cette oeuvre est aussi marquante que <em><a target="_blank" href="http://www.youtube.com/watch?v=HfS_SOST02M" >Le Chat dans le Sac </a></em>de Gilles Groulx. Pourquoi <em>Laurentie</em> est un grand film? Parce que <a target="_blank" href="http://metafilms.ca/index.php?/realisateurs/mathieu-denis/" >Mathieu Denis</a> et Simon Lavoie sont parvenus à dépasser les limites du langage parlé tout en nous transmettant un malaise de notre époque et des nouvelles générations. Voilà un film à la réalisation assumée et mature qui soulève une problématique transcendante, celle du sens des choses. Certes, voilà une oeuvre dérangeante qui ne se complaît pas dans un scénario banal, facile et qui ne se contente pas de plaire aux têtes grises et convenues des institutions. <em>Laurentie</em> est loin d’offrir une ode à la masturbation intellectuelle bien qu’on y aborde ici l’angoisse du geste. Merci Simon Lavoie et Mathieu Denis de nous offrir ce coup de poing nécessaire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le malaise existentiel</strong></p>
<p>Le film est d’une force indéniable. Il parvient à traduire l’essence d’une tare majeure de notre société actuelle. Le monde qui nous entoure est un monde qui s’acculture de plus en plus; la famille ne fait plus de sens, la culture et la langue n’ont plus d’importance dans cette société qui est la nôtre. Que nous reste-t-il pour répondre aux grandes questions de l’existence de notre temps? Que nous reste-t-il pour comprendre le sens du monde? Autrefois, les normes morales nous étaient dictées par le monde religieux. Le judéo-chrétien, non pas sans dogmatisme, nous aiguillait afin d’expliquer la vie par de grands principes dominants qu’on n’avait pas à remettre en question. Mais, le rejet de l’Église n’est probablement pas le seul élément provoquant ce vide existentiel. Sans être nommément exprimé dans ce film, peut-on attribuer cette déroute métaphysique à l’échec du projet de la modernité? Probablement. Le revers de l&#8217;idéal des droits et libertés se renforce notamment dans ce que qualifierait Hannah Arendt de ce mouvement des totalitarismes au sein des régimes national-socialiste et soviétique. L’échec de la massification de la société, du nous aliénant, a entre autres donné lieu à une atomisation des existences. La montée de l’individualisme laisse en plan un monde en manque de repères. Car, hormis les points d’ancrage du marché et du profit, que sommes-nous devenus? Qui sommes-nous au juste? Confronté à une diversité de choix extrêmement grande, confronté à une multitude d&#8217;opportunités qui s’équivalent, l’individu fait preuve à une crise existentielle aliénante. Louis Després me rappelle drôlement le personnage célèbre Meursault d’Albert Camus présente dans son oeuvre marquante du cycle de l’absurde, <em>L’Étranger</em>. Comme Louis Després ou l’idiot de Dostojevski, Meursault dénude l’existence de son sens pour faire jouer en nous la tension entre demande de sens et absence de sens. Nous ne pouvons admettre ni critiquer la mort de la mère et sa réaction. Le seul raisonnement que l’on refuse est celui abusif des hommes qui mène jusqu&#8217;à la mort du héros. On ressent cette absurdité propre à Camus dans <em>Laurentie</em>. Cette notion est en quelque sorte la prise de conscience de la mort à travers la perception forte de la vanité de toutes choses. Et le rappel de cette vérité première s’incarne dans l’idée que l’homme est condamné, un mort en sursis.</p>
<p>Je n’ai pas envie de traiter ici à proprement dit du malaise identitaire franco-québécois que l’on retrouve dans ce film malgré la réplique forte du protagoniste: «Christ de province à marde!»Pourquoi donc? Beaucoup l’ont fait. Les deux cinéastes eux-mêmes l’ont soulignée vertement: «On craint de se faire lancer des pierres, de se faire traiter de ringards et de réactionnaires, avouait Simon Lavoie peu après la projection. En même temps, cette attitude crève les yeux à Montréal, comme un éléphant blanc au milieu du salon. On a voulu, dans un geste libérateur de transgression, montrer le mépris, le malaise, l’ignorance entre les Québécois de souche, les anglophones et les allophones, ces sentiments dans lesquels on a vraiment l’impression que notre ville baigne.», avaient-ils dit à Manon Dumais dans un article du Voir d’octobre 2011.</p>
<p>Oui, oui: <em>Laurentie</em> présente ce malaise québécois, mais ce film va bien au-delà de cette problématique cruciale maintes fois abordée dans notre cinématographie nationale. Certes, elle dessine cette tension culturelle. Il serait toutefois à mes yeux plutôt réducteur de penser que ce film dénote strictement d’un malaise identitaire québécois. J’oserais même avancer que Louis Després est confronté à un manque de sens global dont fait partie, entre autres, la question de l’identité culturelle. Elle dépasse bien largement notre crise identitaire québécoise. Malgré l’intention des cinéastes, ce n’est pas ce que je retiens principalement de <em>Laurentie</em>. Contrairement à Manon Dumais qui titrait <strong><a href="http://voir.ca/cinema/2011/10/27/laurentie-le-spleen-de-montreal/" >le spleen de Montréal</a></strong>, j’oserais avancer que c’est une ode <strong>au spleen</strong> tout court.</p>
<p><strong>Les limites du langage</strong></p>
<p>La fameuse scène de masturbation décriée par quelques-uns mérite une certaine analyse. Vrai qu’il est rare de voir ce genre de scènes dans notre cinéma local bien aseptisé. En résumé, Louis Després se branle vigoureusement devant la caméra pendant de longues secondes. S’insère un objet dans l’anus. Se branle encore. Et encore. Et que représente cette symbolique puisque les réalisateurs y donnent une certaine importance? Cette image provocante pour les uns, banale pour les autres,  ne me semble pas gratuite, mais nécessaire afin de démontrer la solitude aliénante du protagoniste.</p>
<p>On dit de cette scène qu’elle choque. Or, ne sommes-nous pas confrontés quotidiennement à des images beaucoup plus obscènes sur le plan moral dans l’univers pornographique omniprésent dans nos existences actuelles? Ne sommes-nous pas bombardés d’images tout autant subjectives dans les publicités qui nous entourent? Cette scène dérange, car elle n’esthétise ou n&#8217;érotise d’aucune façon l’acte de masturbation. Elle confronte le regardeur à une réalité parfois dérangeante, celle de la solitude du geste, de la confrontation à nous-mêmes, celle de la désolante angoisse existentielle. Cette scène n’est pas forte parce qu’elle montre un homme se masturber. (Il faut tout de même saluer la performance d’acteur d’Emmanuel Schwartz ici) Elle est singulière et marquante, parce qu’elle permet de transmettre un sentiment indicible au spectateur. Elle communique le spleen de Louis Després à travers une image crue et forte qu’on ne saurait parvenir à transmettre par le biais du langage. Voilà le génie des cinéastes dans <em>Laurentie</em>. Avec peu de mots, ils nous font ressentir le malaise d’une génération en perte de repères.</p>
<p>Malgré ce que l’on pourrait penser, <em>Laurentie</em> est une oeuvre profondément universelle. <a target="_blank" href="http://www.lapresse.ca/cinema/nouvelles/201211/17/01-4594936-deux-films-quebecois-primes-a-saint-petersbourg.php" >La récompense de meilleure réalisation au Festival de cinéma Polar Lights</a> à Saint-Péterbourg en Russie ces dernières semaines en est d&#8217;ailleurs l&#8217;une des preuves.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/11/27/laurentie-lindicible-malaise/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-clermont-dion-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>La gloire du vide</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/10/04/la-gloire-du-vide/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/10/04/la-gloire-du-vide/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Oct 2012 13:24:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[débat]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[espace public]]></category>
		<category><![CDATA[gloire]]></category>
		<category><![CDATA[journal de montréal]]></category>
		<category><![CDATA[léa clermont-dion]]></category>
		<category><![CDATA[martineau]]></category>
		<category><![CDATA[mononcle]]></category>
		<category><![CDATA[québe]]></category>
		<category><![CDATA[québec]]></category>
		<category><![CDATA[richard]]></category>
		<category><![CDATA[richard martineau]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[vide]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=44</guid>
		<description><![CDATA[« La culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire» Guy Debord, La Société du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right">« La culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire»</p>
<p style="text-align: right">Guy Debord, La Société du Spectacle</p>
<address> </address>
<p>L’espace public québécois est un lieu où la liberté d’expression est tangible. C’est un élément propre de la démocratie et nous pouvons en être fiers. Ce lieu de discussions nous permet ainsi de  débattre, d’échanger, de construire une société. Les points de vue pluriels se font une lutte incessante pour tenter de trancher certains débats moraux dans notre société. Plusieurs groupes de pression cherchent même à influencer les choix de nos gouvernements. Notre société est d’une grande complexité, comme toutes les autres. La fragmentation de celle-ci, divisée par des débats moraux, intellectuels, en font sa richesse. Néanmoins, force est d’admettre que l’espace public québécois, bien qu’il soit totalement ouvert, laisse place, il me semble, à une vacuité intellectuelle flagrante. Le lieu de débats n’est pas parfait et il ne le sera jamais. Il ne faudrait pas tenter de le diriger arbitrairement. Certes. Peut-on quand même en faire une critique pour l’améliorer?</p>
<p>La réflexion que j’ai aujourd’hui émane de ce que représente l&#8217;hypermédiatisation à la Richard Martineau. Depuis que j’ai l’âge d’écouter la télévision, donc depuis que je suis une gamine, je vois, j’entends Richard Martineau partout, souvent, régulièrement. Cette bête médiatique possède une popularité indéniable. Mais, je me questionne sérieusement sur la pertinence de ce genre d’attention médiatique qu’on lui accorde et je m’inquiète sur l’état du débat public au Québec. Vous me direz qu’il suffit de ne plus s’intéresser à lui. Oui, mais ce cas m’intéresse, car il représente un élément plus structurel dans les médias actuels. J&#8217;oserais même dire un symptôme du domaine des communications. À la gauche comme à la droite.</p>
<p><em>Débattre sur quoi?</em></p>
<p>Je remarque cette tendance à débattre sur rien. Un reproche que nous pourrions faire à l&#8217;échange public, ce qui semble être très présent chez Martineau, c’est de discuter sur tout et n’importe quoi sans avoir fondé une recherche réelle et profonde. Il arrive certes de commettre des erreurs de contenu! C’est normal. Mais, on observe chez ce chroniqueur une volonté de simplification extrême, voire de niveler vers le bas le débat public. Ce phénomène est particulier et s’incarne dans une personnalité forte comme celle de Martineau. Il n’y a pas de logique  parfaitement claire qui se détache de son discours sauf celle de faire sensations ou la polémique. Inspiré des présentateurs de <em>Sun News? </em> Je ne sais pas, mais je constate cette technique facile de faire passer son point de vue, celle qui serait attribuable à un bon sophiste.</p>
<p>N’est-ce pas là une caractéristique d’un système communicationnel qui nous oblige à produire une quantité énorme d’informations? Martineau cumule les tribunes au Québec: de <em>Franchement Martineau</em>, son émission diffusée à LCN, dans sa chronique au Journal de Montréal et son blogue, dans sa chronique à CHOI, dans son émission diffusée à Télé-Québec, les Francs-Tireurs. Difficile d’être pertinent quand on s’exprime énormément. Mais, plusieurs chroniqueurs l’ont fait toute leur vie. Pourquoi ce manque de nuance constant?  À force de vouloir être partout, peut-on avoir une réflexion réellement de qualité? Ou est-ce une caractéristique propre au style de Martineau? Cette quête absolue de la popularité, de la gloire et du succès me laisse croire que la qualité est délaissée pour la quantité. Néanmoins, il demeure que cette hypermédiatisation de certains individus semblent nuire au débat public, à la qualité du débat du moins. On se suffit de soi-même comme autorité pour donner son opinion. Personne n’en est à l’abri! Évidemment. Le billet de blogue, par exemple, ne laisse pas toujours place à toutes les nuances qu’on voudrait. Entendons-nous, cette auto-suffisance peut se retrouver à la droite comme à la gauche de l&#8217;échiquier politique. Mais cet élément nous guette tous! Ce premier élément me semble fondamental dans le recette du chroniqueur vedette.</p>
<p><em>De la bipolarité du débat</em></p>
<p>Très souvent, on remarque qu’une bipolarité s’instaure graduellement dans l’espace public. Ce n’est pas une surprise pour personne. Les clans se radicalisent, à la droite comme à la gauche. Martineau y contribue en diabolisant l’image du gauchiste du plateau; ce bourgeois-bohème, artistico-hipster, écologiste, nationaleux. Comme si c’était l’ennemi à abattre. D’autre part, plus à gauche, on idéalise le stéréotype du <em>white angry man</em> de Québec, qui écoute CHOI, qui n’aime pas Montréal et sa clique, anti-féministe, etc. Et s’il existait des nuances de gris? Et si nous allions plus loin que les stéréotypes superficiels. Et si on débattait? Pour vrai. Encore une fois, je considère que cette facilité à tomber dans la généralisation n’est en rien bénéfique pour la discussion. Voilà un deuxième élément qui me semble fondamental dans la technique «Martineau». Rapidement, on se campe dans nos clans respectifs. J’en ai contre cette manière de faire, car elle se situe profondément dans la généralisation hâtive.</p>
<p>En définitive, je constate que Richard Martineau représente le symptôme d’une société qui a quelques difficultés avec des remises en questions sérieuses et plus approfondies. Ce polémiste m’apparaît être une figure de proue de ce que je constate comme une tendance dans les médias.  Le chroniqueur vedette est admiré comme détesté. Mais, il demeure qu’une certaine partie de la société lui accorde une crédibilité. C’est ce que je trouve curieux à vrai dire. Pourquoi avons-nous cette tendance à glorifier le vide? N&#8217;est-ce pas là un problème plus profond que nous impose la machine médiatique motivée par la recherche de sensations, de profits et dépendante de la loi du marché?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/10/04/la-gloire-du-vide/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>12</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-clermont-dion-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>Sophie Durocher, non, je ne laisserai pas tranquille Madame Ambrose.</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/09/27/sophie-durocher-non-je-ne-laisserai-pas-tranquille-madame-ambrose/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/09/27/sophie-durocher-non-je-ne-laisserai-pas-tranquille-madame-ambrose/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 27 Sep 2012 22:08:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[ambrose]]></category>
		<category><![CDATA[avortement]]></category>
		<category><![CDATA[harper]]></category>
		<category><![CDATA[ottawa]]></category>
		<category><![CDATA[rona ambrose]]></category>
		<category><![CDATA[sophie durocher]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=41</guid>
		<description><![CDATA[Sophie Durocher, voici les propos que vous avez tenus dans le Journal de Montréal. «Laissez tranquille Rona Ambrose! Quand la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sophie Durocher, voici les propos que vous avez tenus dans le Journal de Montréal.</p>
<p>«Laissez tranquille Rona Ambrose!</p>
<p>Quand la ligne de parti force les politiciens à tous pencher du même côté, on leur tombe dessus. Mais quand il y a un vote libre où chaque membre du parlement vote selon sa conscience, peut-on respecter leur choix ?</p>
<p>Rona Ambrose se fait critiquer parce qu’elle, une femme, ministre de la Condition féminine, a osé voter en faveur de la motion 312 sur l’avortement hier. Elle a voté selon sa conscience, et qu’on soit d’accord ou pas avec elle, elle a le droit de voter du côté qui correspond à ses valeurs.</p>
<p>La Fédération des Femmes demande maintenant sa démission.</p>
<p>Il me semblait pourtant que tous les groupes féministes défendent le droit fondamental des femmes à <strong>faire leurs propres choix</strong>. Ça devrait aussi inclure, pour Rona Ambrose, le choix de voter selon ce que lui dicte sa conscience.»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Voilà pourquoi je ne laisserai pas tranquille Rona Ambrose.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong></strong><strong>1. Madame Ambrose est ministre de la Condition féminine du Canada.</strong></p>
<p>Madame Ambrose n’est pas une citoyenne comme les autres. Elle représente les citoyens du Canada. Sa liberté de conscience, en tant qu&#8217;individu, a donc ses limites dans le cadre de ses fonctions. Effectivement, en tant que ministre, elle est redevable aux citoyens qui l’ont élue. Vous me direz que ce système représentatif donne la confiance au gouvernement qui peut prendre des choix. Certes, mais ce gouvernement se voit quand même dans l’obligation d’endosser des gestes qu’il défendrait devant ses citoyens. Or, Madame Ambrose défend une position qui n’entre pas dans les valeurs de plusieurs Canadiens. Il est donc normal d’avoir une réponse à ce geste, puisque n’oublions pas que Madame Ambrose est ministre de la Condition féminine. Elle représente donc, en quelque sorte, la vision du gouvernement à cet égard. Il est difficile d&#8217;accepter  ce geste, surtout dans le cadre de cette fonction qu’elle occupe.</p>
<p><strong>2. Se laisser dicter par sa liberté de  conscience, mais brimer la liberté des autres?</strong></p>
<p>La liberté de conscience de Madame Ambrose prime-t-elle sur la liberté de choisir des femmes canadiennes? Si nous endossons cette logique, cela voudrait dire que l’argument de la liberté individuelle prime sur toutes les autres? L’appui de la ministre de la Condition féminine implique nécessairement une prise de position politique. Or, chaque appui de plus à cette motion implique implicitement une volonté plus grande du gouvernement de défendre une telle proposition. Mais, si nous gardons la logique de liberté individuelle prônée par les conservateurs, ne serait-il pas plus cohérent d’appuyer la liberté de choisir des femmes?</p>
<p><strong>3. Les regroupements de femmes peuvent s’exprimer !</strong></p>
<p>Madame Durocher, si nous suivons votre logique de liberté d’expression, argument boiteux, il est tout à fait légitime de la part de la <a target="_blank" href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/09/27/003-ambrose-ffq-demission.shtml" >Fédération des femmes du Québec </a>d’exiger la démission de la ministre de la Condition féminine qui vient donner son appui à une motion remettant en question un droit des femmes pour lequel elles se sont battues pendant des années?</p>
<p><strong>4</strong>. <strong>Le relativisme moral ou un faux-argument</strong></p>
<p>L’argument de la liberté d’expression donne place à un simpliste relativisme moral  qui vient effriter un fondement même de d’idéal démocratique, celui-là même de débat. L’argument de «nous vivons dans une démocratie, nous avons tous droit à notre opinion» a pour effet de passer à côté de l’essentiel. Madame Durocher, la vraie question est la suivante: voulons-nous vraiment remettre en doute le droit à l’avortement? Voulons-nous revenir à un contrôle du corps de la part de l’État? Voulons-nous brimer la liberté de toutes les femmes de choisir?</p>
<p>Madame Durocher, laissez-moi vous poser une question? Êtes-vous vraiment féministe? Vous revendiquez vous encore de ce courant? Si la réponse à cette question est affirmative, laissez-moi vous dire une chose: défendre une femme qui appuie une motion promouvant un recul d’une société entière, particulièrement les femmes, ce n’est pas être féministe. C’est être anti-féministe. Pire, c’est appuyer une mesure anti-femmes. Le gouvernement de Madame Ambrose est anti-femmes, Sophie Durocher, le saviez-vous? Oui,  c’est son gouvernement qui a coupé 12 des 16 bureaux de Condition féminine Canada. C’est son gouvernement qui a jusqu&#8217;ici refusé catégoriquement de légiférer sur l&#8217;équité salariale et ce, malgré le rapport déposé en mai 2004 par le Groupe de travail sur l&#8217;équité salariale qui conclut que la Loi canadienne sur les droits de la personne est tout simplement inefficace. C’est son gouvernement qui a coupé le Programme de promotion de la femme (PPF) qui ne financera plus la recherche ni la défense des droits des femmes. C’est son gouvernement qui a coupé le International Planned Parenthood, cet organisme voué à aider les femmes des pays en voie de développement pour mieux planifier leur maternité.</p>
<p>Rona Ambrose, ministre de la Condition féminine, appuie la motion controversée qui vise à définir ce qu’est l’être humain en vertu du code criminel. Non, notre droit à l&#8217;avortement n&#8217;est pas un acquis, il faut se battre pour le conserver. La femme en moi est révoltée. Madame Ambrose  me donne toutes les raisons de croire que le féminisme est plus actuel que jamais. Et vous aussi d&#8217;ailleurs. C’est pour ces raisons, Sophie Durocher, que je ne la laisserai pas tranquille.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/09/27/sophie-durocher-non-je-ne-laisserai-pas-tranquille-madame-ambrose/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>16</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-clermont-dion-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>Je ne pourrai pas voter? Merci le DGE.</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/09/01/je-ne-pourrai-pas-voter-merci-le-dge/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/09/01/je-ne-pourrai-pas-voter-merci-le-dge/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 01 Sep 2012 06:21:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[4 septembre]]></category>
		<category><![CDATA[dge]]></category>
		<category><![CDATA[directeur général]]></category>
		<category><![CDATA[directeur général élections]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[droit de vote]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[vote]]></category>
		<category><![CDATA[voter]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=39</guid>
		<description><![CDATA[J’écris ce billet, car nous sommes à trois jours du vote. Force est de constater que le service du Directeur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’écris ce billet, car nous sommes à trois jours du vote. Force est de constater que le service du Directeur général des élections est absolument lacunaire pour certains citoyens québécois qui sont à l’étranger. Je prends le temps d’écrire ce billet, car c’est bien mon dernier levier potentiel d’action afin d’exercer mon droit. En effet, j’ai bien peur que malgré  tous mes efforts de voter, je risque de ne pas pouvoir mettre mon X sur mon bulletin. Je trouve cette situation absolument inacceptable. Je suis fâchée et outrée de concevoir une telle désorganisation.</p>
<p>Voici les faits. Je suis déménagée il y a un mois environ à Paris dans le cadre de mes études. J’y séjournerai pour l’année. Je suis accompagnée par un pair québécois. Cette personne est dans la même situation que moi.</p>
<ol>
<li>Nous avons rempli les procédures en bon et dû forme dès le déclenchement des élections pour pouvoir voter le 4 septembre. Nous sommes donc inscrits sur la liste électorale.</li>
<li>Nous avons reçu la confirmation par courriel que nous étions inscrits sur la liste électorale il y a quelques jours.</li>
<li>Je communique avec l&#8217;équipe du DGE pour confirmer mon adresse en France. Ils l’ont bien enregistrée.</li>
<li>Quelques jours plus tard, à la fin août, toujours rien reçu.</li>
<li>Je décide d’écrire au service du DGE à nouveau. L’équipe me répond dans la journée. On affirme qu’une enquête est faite à l’égard de la compagnie d’envoi afin de savoir ce qui s’est passé avec mon bulletin de vote. Le premier bulletin aurait été égaré.</li>
<li>Je reçois hier un courriel d’une compagnie de livraison française. Je confirme la réception du courriel et leur demande de prendre rendez-vous. Mais je ne reçois aucune réponse.</li>
</ol>
<p>Nous sommes le premier septembre, j’attends toujours mon bulletin de vote. Mon acolyte est dans la même situation que moi. Cette circonstance est inacceptable et fâcheuse. Nous avons le droit de voter, nous voulons voter. Ce n’est pas la désorganisation bureaucratique des services du Directeur général des élections qui va m’en empêcher.</p>
<p>AJOUT 1:</p>
<p>J&#8217;aimerais spécifier que ce cas n&#8217;est pas à prendre comme une anedocte. Combien de Québécois sont à l&#8217;étranger? On nous bombarde de campagnes de sensibilisation sur l&#8217;importance de voter, mais on ne nous permet pas de jouir de notre propre droit au moment venu? Si nous avions des scrutins à date fixe, ce genre d&#8217;incidents malheureux pourraient probablement être plus facilement évités.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>AJOUT 2, confirmation, je ne voterai pas le 4 septembre 2012:</p>
<p><iframe width="500" height="375" src="http://www.youtube.com/embed/o7INPfiHuX8?fs=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/09/01/je-ne-pourrai-pas-voter-merci-le-dge/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>21</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-clermont-dion-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>L&#8217;éducation sacrée</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/08/31/leducation-sacree/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/08/31/leducation-sacree/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 31 Aug 2012 09:44:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[ggi]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=37</guid>
		<description><![CDATA[Je sais. Je ne devrais pas écrire ce billet ce matin. Il faudrait plutôt que je redouble d&#8217;efforts pour terminer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je sais. Je ne devrais pas écrire ce billet ce matin. Il faudrait plutôt que je redouble d&#8217;efforts pour terminer ma session à l&#8217;UQAM et en débuter une autre en simultané à Sciences Po Paris. Mais, je ne peux m&#8217;empêcher de mettre sur papier cette réflexion très simple et banale en cette rentrée estudiantine. Je ne vous parlerai pas d&#8217;élections, je ne vous parlerai pas de Legault ni de Charest. Je vous parlerai de ma découverte du printemps.</p>
<p>***</p>
<p>À la fin de mon primaire, j&#8217;étais une première de classe. Hyperactive, je faisais partie de ces bolés qui passaient leur temps à la bibliothèque. Je me rappelle dans la cour d&#8217;école, à dix ans, je dévorais la biographie de René Lévesque, écrite par Pierre Godin. Je me suis arrêtée au quatrième tome, parce que je connaissais bien la suite de l’histoire. La fin me déprimait particulièrement. Vous comprendrez pourquoi.</p>
<p>À partir du secondaire deux, j’ai vite découvert que je ne cadrais pas tout à fait dans le le cursus traditionnel élitiste de l’éducation. Rapidement, je me suis aperçue que les meilleurs seraient destinés aux sciences. Oui, on nous répétait que les étudiants les plus doués étaient ceux qui se consacreraient aux mathématiques, à la physique et à la chimie. Et moi, je n’en avais rien à foutre de notions algébriques. J’avais envie de lire Platon, Machiavel ou Bourdieu. Mais rien de cela n’était vraiment possible. J’ai bien vite saisi à quel point les sciences humaines étaient dévalorisées à l’école publique. (Je ne peux pas parler pour le privé, je ne l’ai pas fréquenté)</p>
<p>J’ai fait mon secondaire dans une polyvalente qui offrait un programme d&#8217;éducation internationale. À partir de secondaire trois, j’ai commencé à sécher beaucoup de mes cours (mes anciens collègues pourront le confirmer: «Léa, on ne la voit jamais», disaient-ils). Je m&#8217;impliquais, je faisais de la radio, je voulais changer le monde ailleurs qu&#8217;en classe où je ne me sentais pas à ma place.</p>
<p>Je me rendais donc, contre mon gré, à la polyvalente jour après jour comme un forçat qui fait son temps en prison. Pour plaire à la famille, j’ai choisi l’option bonne à prendre, celui des sciences. Déprimée, je me disais secrètement que mon plus grand souhait serait de lâcher l&#8217;école. Oui, oui. Lâcher l&#8217;école. Tout le monde autour de moi voulait devenir pharmacien, médecin, dentiste. Et puis, moi, je disais différent des autres. À 16 ans, je lançais un peu blasée:«Ça sera peut-être science politique, philo pour moi.- Pour faire quoi Léa? -Pour faire&#8230;.Euh? Pour comprendre et questionner.» J&#8217;étais un extraterrestre.  J’ai fini le secondaire avec des notes excellentes, mais blasée à l’os du système scolaire.</p>
<p>J’ai choisi un programme pratique de communications au cégep, influencée encore une fois, par la vague de la professionnalisation des études autour de moi. Les grandes questions posées par les sciences humaines m’ont manquée au cégep. Encore une fois, j’ai eu le syndrome du forçat, celui de la légume qui s’en balance de l’école et qui a l’impression de perdre son temps. Je m’excuse encore au près de mes enseignants. Il y a eu une exception au cégep, une lueur d’espoir dans mon cursus scolaire pour le moins soporifique, celui de la philo. Mes profs de philosophie, eux, posaient des questions sérieuses sur le monde. J’étais motivée à me rendre à leurs cours. Ils me sortaient de ma torpeur et ils m’ont donnée le goût de comprendre et de réfléchir réellement. Je les remercie d’exister.</p>
<p>Quand j&#8217;entendais certaines personnalités politiques nous réitéré à quel point l&#8217;école était importante, je n&#8217;y croyais pas trop. Blasée. Oh que j&#8217;étais blasée. À quoi ça sert l&#8217;école? Se trouver un boulot? Bah, pourquoi j&#8217;étudie en science politique à l&#8217;université, alors? Pourquoi j&#8217;étudie tout court? Je vais me retrouver à faire des films, de la radio, peut-être de la télé. Ça c&#8217;était la Léa blasée d&#8217;il y un an.</p>
<p>***</p>
<p>Mais, il y a six mois, mon regard sur l’éducation a radicalement changé. Pour la première fois de ma courte existence, depuis mes premiers moments de la maternelle, j&#8217;ai pris une pause estudiantine. Une longue pause? Oui, comme beaucoup de jeunes québécois. Six mois, pour moi, c&#8217;est très, très, très long. Et j’ai compris. J’ai compris à quoi servait l’école. L’école s’effrite au nom de la professionnalisation, de la rentabilité, des exigences du commerce. Avec la grève, le combat des derniers mois, je n’ai jamais autant lu de ma vie. J’ai lu, pas par obligation, pas pour penser à ma future job, j’ai lu pour comprendre ce qui se passait autour de moi. J’ai lu parce que les médias ne répondaient pas à mes questions. J’ai compris, aussi, que l’éducation perdait son rôle qu’elle avait autrefois alors qu’elle était plus humaniste. L’éducation perd son autonomie morale au nom d’un changement sociétal profond, un changement qui tend vers une mercantilisation du savoir.</p>
<p>Si l’école avait un tant soit peu promulgué davantage les sciences humaines, même si elles ne sont pas rentables, j’aurais probablement été une élève bien plus assidue, une élève curieuse qui se sent valorisée. La grève m&#8217;aura donc appris plusieurs choses: le goût réel de comprendre, de lire, de m&#8217;interroger. Mais, elle m’aura surtout appris à quel point l&#8217;école est sacrée.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/08/31/leducation-sacree/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-clermont-dion-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>Make-up Inc</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/06/06/make-up-inc/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/06/06/make-up-inc/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 06 Jun 2012 10:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[6 juin]]></category>
		<category><![CDATA[apparence]]></category>
		<category><![CDATA[beauté]]></category>
		<category><![CDATA[capital]]></category>
		<category><![CDATA[forbes]]></category>
		<category><![CDATA[industrie]]></category>
		<category><![CDATA[journée sans maquillage]]></category>
		<category><![CDATA[l'oréal]]></category>
		<category><![CDATA[maquillage]]></category>
		<category><![CDATA[marque]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=24</guid>
		<description><![CDATA[J’aime les coquetteries. Je les affectionne tellement que dès l’âge de huit ans, je demandais à ma mère du rouge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’aime les coquetteries. Je les affectionne tellement que dès l’âge de huit ans, je demandais à ma mère du rouge à lèvre pour ma fête. Pauvre femme, elle qui n’a jamais porté de sa vie une goutte de fond teint. La gamine que j’étais formait bien le produit d’une génération endoctrinée plus tôt que tard par l’obsession des apparats.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>Je ne suis pas contre le maquillage, à la limite, je l’apprécie. N’empêche, il est nécessaire de mettre en perspective la fixation pour celui-ci qui est véhiculé dans notre société, bon prétexte que la journée sans maquillage pour en parler. Pourquoi? Pertinent de constater à quel point le maquillage est un secteur économique des plus lucratifs et performants.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ne l’oublions pas, les cosmétiques (du grec : kosmeo, « je pare, j&#8217;orne ») existent depuis belle lurette. Ces produits d&#8217;embellissement de l’épiderme étaient utilisés même en Grèce antique. Ce sont d’ailleurs les caravanes porteuses d’épices et de soies qui les introduisirent en Grèce. L’Empire romain en connut aussi ses bien-faits. On ne fait que penser à Néron ou Poppée  qui se fardaient parfois.  Bref, le maquillage était utilisé, mais ce n’est que bien plus tard, avec l’industrialisation, que son usage fut en partie répandu. 1</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Une industrie lucrative</strong></p>
<p>L’industrie du grimage, depuis la naissance de la classe moyenne, a pris une importance énorme dans nos vies. Elle est aujourd’hui parmi les plus lucratives. En 2011, Lilianne Betancourt, héritière et propriétaire des groupes L’Oréal était la quinzième fortune au monde, deuxième en France, selon le magazine Forbes.  En effet, l’octogénère possèderait un capital familial évalué à près de 24 milliards de dollars. 2 L’Oréal, entreprise leader en vente de cosmétiques, possède notamment les marques Maybelline, L’Oréal Paris, Vichy, Yves Saint-Laurent, The Body Shop, etc. Elle figure parmi les 200 compagnies les plus performantes dans le monde et détient près de 70 000 employés. 3 C’est d’ailleurs Alain Evrard, ancien directeur général de L’Oréal qui affirmait: «L&#8217;industrie des cosmétiques, portée par l&#8217;offre, doit offrir de l&#8217;émotion et de la passion : la performance scientifique ne suffit pas, il faut en plus, séduire.» 4</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En 1991, lorsque Naomi Wolf sortit son essai sur le mythe de la beauté, l’industrie du maquillage était évalué à 23 milliards de dollars aux États-Unis. 5 La décennie de Betty Friedman porteuse de <em>The Feminine Mystique</em> est marquée par l’entrée des femmes au travail. Le pouvoir économique de celle-ci est ciblé comme le point tournant de leur influence économique. Les femmes sont devenues une cible de marché hors pair. Aux États-Unis, les travailleuses sont passées de 31.8% durant la Deuxième guerre mondiale à 53.4% en 1984. 6 Une niche lucrative nouvelle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce secteur économique, axé sur le culte de la jeunesse, vend du rêve aux consommatrices. Anti-imperfections, anti-âge, les marques de l’Oréal ne tarissent pas de slogans les plus abrutissants les uns des autres: <em>La peau peut atteindre son idéal de beauté! Pour masquer les imperfections! Pour retrouver la jeunesse! 7 </em> Les slogans relevés par cette industrie sont à l’image d’un culte de la perfection physique et de la jeunesse.  Ne vous détrompez pas! Le maquillage n’est pas affaire nouvelle dans l’histoire de nos sociétés.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>L’obsession pour les cosmétiques n’est qu’un symptôme parmi d’autres d’un asservissement consumériste à la solde du capital dans une société où l’affirmation de soi, le statut social passent d’abord par les apparences. Malheureusement, les femmes sont les premières cibles de ce marché extrêmement lucratif porteur de normes de beauté conformantes.<br />
<strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Références</strong></p>
<p>1) Georges Vigarello, <em>Histoire de la beauté</em>, Éditions du Seuil, 2004, 258 p.</p>
<p>2) The World’s Billionaires, Forbes, 2011, Adresse URL: <a target="_blank" href="http://www.forbes.com/profile/liliane-bettencourt/" >http://www.forbes.com/profile/liliane-bettencourt/</a></p>
<p>3) <em>Global 2000 leading compagnies, </em>Forbes, 2011,  Adresse URL: <a target="_blank" href="http://www.forbes.com/companies/loreal-group/" >http://www.forbes.com/companies/loreal-group/</a></p>
<p>4) <em>L’Oréal, parce que la diversité le vaut, bien</em>, Revue des Marques, numéro 58, Avril 2007, Adresse URL: <a target="_blank" href="http://www.prodimarques.com/documents/gratuit/58/loreal-parce-que-la-diversite-le-vaut-bien.php" >http://www.prodimarques.com/documents/gratuit/58/loreal-parce-que-la-diversite-le-vaut-bien.php</a></p>
<p>5) Naomi Wolf, <em>The Beauty Myth, </em>Vintage Canada, p.21</p>
<p>6) Ibidem</p>
<p>7) Site officiel de L’Oréal, Adresse URL: <a target="_blank" href="http://www.loreal.fr/_fr/_fr/index.aspx" >http://www.loreal.fr/_fr/_fr/index.aspx</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/06/06/make-up-inc/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-clermont-dion-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>Chartrand et la solidarité.</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/05/25/chartrand-et-la-solidarite/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/05/25/chartrand-et-la-solidarite/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 25 May 2012 16:13:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[22 mai]]></category>
		<category><![CDATA[chartrand]]></category>
		<category><![CDATA[colère]]></category>
		<category><![CDATA[étudiant]]></category>
		<category><![CDATA[étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[frais de scolarité]]></category>
		<category><![CDATA[ggi]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[hausse]]></category>
		<category><![CDATA[injonctions]]></category>
		<category><![CDATA[léa clermont]]></category>
		<category><![CDATA[michel chartrand]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[pression]]></category>
		<category><![CDATA[québec]]></category>
		<category><![CDATA[solidarité]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[syndicat]]></category>
		<category><![CDATA[synidcat]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=21</guid>
		<description><![CDATA[Voici un extrait d&#8217;une déclaration de Michel Chartrand au Congrès du CCSNM en 1969. Des propos pertinents dans le contexte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Voici un extrait d&#8217;une déclaration de Michel Chartrand au Congrès du CCSNM en 1969. Des propos pertinents dans le contexte politique actuel.</em></p>
<p><strong>La solidarité</strong></p>
<p>On sera en mesure d&#8217;embrigader toute la nouvelle génération, lui fournir une idéologie et des moyens d&#8217;action pour bâtir la nouvelle société qu&#8217;on veut bâtir et que nos pères n&#8217;ont pas été en mesure de bâtir parce qu&#8217;ils étaient trop mal pris. On sera capable de résister à la répression actuelle qui est pire que celle qu&#8217;on avait connue. Voilà notre choix, du moins, ça m&#8217;apparaît comme ça.</p>
<p>Ou bien on veut transformer la société et alors, il ne faut pas l&#8217;attaquer tranquillement et de temps à autre et à peu près. Il faut d&#8217;abord se bâtir de petits mécanismes primaires pour pouvoir vous rejoindre quand on veut vous rejoindre. Quand un syndicat a besoin de l&#8217;aide des autres syndicats, il faut pourvoir rejoindre les officiers, pas en trois semaines mais en 24 heures, et les membres également. Il faut bâtir des mécanismes aussi simples que ceux-là mais difficiles à organiser pour que la solidarité représente quelque chose.</p>
<p>(&#8230;)</p>
<p>Voilà notre problème fondamental de solidarité pour avoir une influence dans le milieu: on sait que toute la presse écrite, la presse parlée, la télévision sont systématiquement contre nous. Ce sont des intérêts privés et ils trouvent qu&#8217;on va contre les intérêts privés.</p>
<p><strong>Michel Chartrand</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/05/25/chartrand-et-la-solidarite/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-clermont-dion-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>Le 99e jour</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/05/21/99e-jour/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/05/21/99e-jour/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 21 May 2012 14:23:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[22 mai]]></category>
		<category><![CDATA[boycott]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[étudiant]]></category>
		<category><![CDATA[étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[ggi]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[injonctions]]></category>
		<category><![CDATA[libéraux]]></category>
		<category><![CDATA[line beauchamp]]></category>
		<category><![CDATA[manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement]]></category>
		<category><![CDATA[plq]]></category>
		<category><![CDATA[pm]]></category>
		<category><![CDATA[primtemps érable]]></category>
		<category><![CDATA[printemps]]></category>
		<category><![CDATA[printemps québécois]]></category>
		<category><![CDATA[projet de loi 78]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=18</guid>
		<description><![CDATA[La guerre n’est que la simple continuation de la politique par d’autres moyens. Clausewitz Ça fait aujourd’hui 99 jours. 99 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><em>La guerre n’est que la simple continuation de la politique par d’autres moyens.</em></p>
<p style="text-align: right;">Clausewitz</p>
<p>Ça fait aujourd’hui 99 jours. 99 jours de grève, de manifestations, de questionnements, de déceptions, d’attente et de violence. Un 27e soir, aussi, où je m&#8217;inquiète pour mes pairs, mes amis, mes camarades. Parce que les tensions montent. Parce que l&#8217;on répond à la violence par la violence.</p>
<p>Ce soir, même, je reçois à la tombée de la nuit un texto d&#8217;une amie qui travaille pour l&#8217;un de ces bars qui a été gazé par les forces de l&#8217;ordre ces derniers jours. «Le centre-ville est à feu et à sang. Pleins de blessés. Peut-être un mort. C&#8217;est la folie au bar. Les gens accourent à l&#8217;intérieur pour se protéger. Je suis bouleversée.» Le réalisme de cet échange témoigne de ces derniers 99 jours où angoisses, peurs et violences ont constitué une laide combinaison, réponse à un échec démocratique. Bonne journée des patriotes tout le monde.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>Ça fait près de 99 jours que je passe environ cinq heures quotidiennement devant mon ordinateur à suivre de près l’actualité. Le temps a passé vite, vraiment vite. Quand j’y pense, ça fait environ 495 heures, donc environ vingt jours consécutifs où je suis restée seule devant mon écran LCD à décortiquer les moindres avancements de la crise. Sans compter les heures de militantisme, d’écriture, de lecture, de marche&#8230; Constat: 29 7000 minutes d’attente, d&#8217;action, d&#8217;attente, d&#8217;action, d&#8217;attente.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>Ce qui est un peu inquiétant, c’est que quand j’y pense de plus près, chacune de ces minutes a précédé une envie, celle de la résolution de conflit. Si j’avais eu une psy, voici ce que je lui aurais confié: « Je me sens devenir un peu dingue avec l’actualité. Incapable de décrocher complètement. C’est drôle, je sens que je perds contact avec la réalité avec tout ce qui passe. Une psychose politique individualo-collective, ça se peut tu?» Ce à quoi elle m’aurait peut-être répondu: «Mais ça vient de l’attente, chère Léa&#8230;»</p>
<p>Cet atermoiement non-nécessaire qui nous a été imposé par notre gouvernement a donné lieu à une désillusion profonde face aux institutions démocratiques. Le pire sentiment qu’ait pu nous infligé les Libéraux est celui d’attente infernale. Nous faire poireauter ainsi pendant ces 99 jours nous auront fait perdre la notion du temps. L&#8217;attente, on le sait, a donné lieu à quelques propositions inacceptables du gouvernement puis à une véritable déroute démocratique par l&#8217;adoption du projet de loi 78 à 68 voix pour, 48 voix contre. L&#8217;arrogation du pouvoir judiciaire par l&#8217;exécutif marque une triste époque pour la démocratie.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><strong><em>Sur la désobéissance civile</em></strong></p>
<p>Revenons-en à la rue. Car, c&#8217;est bien celle-ci qui nous intéresse aujourd&#8217;hui, 99e jour de grève.</p>
<p>À force d’attendre cette foutue résolution de conflit, ce qui n’arrivera pas de sitôt avec l’adoption de la loi 78, je commence à comprendre les casseurs. Comme je ne suis pas porte-parole d’aucun groupe, je me permets ce coming-out. En plus de brimer les droits fondamentaux d’expression, la loi 78 tente de nous clouer le bec vulgairement pour nous faire mieux attendre. Encore.</p>
<p>La désobéissance civile s’apparente à une action politique illégale et non-violente fondée sur des motifs de conscience et destinée à modifier une loi ou à contester l’ordre juridique dans son ensemble. En 99 jours,  je suis rendue presque sympathisante de celle-ci. Je ne crois pas qu’elle soit pour autant très stratégique (le grand public ne nous aimera pas plus), mais elle exprime la colère des uns et fera peut-être évoluer ce statu quo.</p>
<p>Je souhaite, vraiment très sérieusement, qu&#8217;il n&#8217;y ait pas une victime plus grave dans toute cette histoire. Après 99 jours, je suis réaliste et appréhende le pire de soir en soir.</p>
<p>Le 99e jour n&#8217;est que le début d&#8217;une crise sociale. Profonde, envenimée, sérieuse. Restons solidaires et refusons d&#8217;obtempérer, d&#8217;obéir et de se soumettre, comme dirait Michel Chartrand.</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/05/21/99e-jour/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-clermont-dion-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>Jour noir pour la démocratie</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/05/18/jour-noir-pour-la-democratie/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/05/18/jour-noir-pour-la-democratie/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 May 2012 19:04:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[18 mai]]></category>
		<category><![CDATA[78]]></category>
		<category><![CDATA[boycott]]></category>
		<category><![CDATA[charest]]></category>
		<category><![CDATA[classe]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[fecq]]></category>
		<category><![CDATA[feuq]]></category>
		<category><![CDATA[ggi]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[libéral]]></category>
		<category><![CDATA[libéraux]]></category>
		<category><![CDATA[loi spéciale]]></category>
		<category><![CDATA[négo]]></category>
		<category><![CDATA[plq]]></category>
		<category><![CDATA[projet de loi]]></category>
		<category><![CDATA[projet de loi 78]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=7</guid>
		<description><![CDATA[Je suis une citoyenne modérée qui croit en l’État et en la démocratie. De bonne foi, j’ai cru pendant un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis une citoyenne modérée qui croit en l’État et en la démocratie. De bonne foi, j’ai cru pendant un instant au processus de négociation, à une sortie de crise. Au terme de plus de 13 semaines de grève, un constat s’impose. Notre idéal démocratique s’effrite sévèrement par le choix d’une gouvernance qui se rapproche de plus en plus à ce que certains qualifient «d’État policier». Le cauchemar, dépeint ces derniers temps, se transforme en réalité.</p>
<p style="text-align: center">***</p>
<p>Aujourd’hui 18 mai 2012, l’appel à la modération ne tient plus devant le tout à fait immodéré projet de loi 78. Une société se questionne sur les déterminants démocratiques. Avec raison.  Rappelons les faits que nous connaissons déjà bien.</p>
<p><strong>La disparition de manifestations spontanées?</strong><br />
Selon le projet de loi, les organisateurs de toute manifestation réunissant plus de dix personnes devront transmettre aux policiers l’heure, la durée et l’itinéraire.</p>
<p>Les rassemblements empêchant le déroulement des cours est interdit au sein même d’un établissement ou dans un rayon de 50 mètres. (Une super-injonction, donc?)</p>
<p>Une menace à une voie démocratique légitime.</p>
<p><strong>Les amendes</strong><br />
Quiconque qui ne respecte pas la loi est passible d’amendes variant entre 1000$ et 5000$. Les représentants d’une association étudiante, quant eux, risquent des sanctions variant entre 7000$ et 35 000$. Pour une association ou une organisation, les amendes s’élèvent entre 25 000$ et 125 000$.</p>
<p>Et la portée de la loi est plus grande qu’on le croit:<br />
Voici l’article 29.</p>
<p><em>Quiconque, par un acte ou une omission, aide ou, par un encouragement,</em><br />
<em> un conseil, un consentement, une autorisation ou un ordre, amène une autre</em><br />
<em> personne à commettre une infraction visée par la présente loi commet lui-même</em><br />
<em> cette infraction et est passible de l&#8217;amende prévue au premier alinéa de l&#8217;article</em><br />
<em> 25 ou de celle prévue au paragraphe 1 o ou au paragraphe 2° du deuxième alinéa</em><br />
<em> de cet article s&#8217;il est visé par un tel paragraphe.</em></p>
<p>Sans parler de la confirmation par la ministre de l’Éducation du port illégal du carré rouge. Gare aux amateurs des médias sociaux! Celui qui twittera un appel à manifester s’expose à des amendes. La «Loi permettant aux étudiants de recevoir l&#8217;enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire», est une entrave démocratique sérieuse. Elle renforce l’idée avancée de plusieurs d’«État policier».</p>
<p>J’ai bien peur que ce gouvernement ait jeté de l’huile sur le feu. La colère que nous ressentons dans les manifestations ces dernières semaines ne pourra plus se contenir. Le 18 mai 2012 est un jour noir pour la démocratie. Comme Normand Baillargeon, je porterai le carré noir. Et je me pose sérieusement la question: les Libéraux viennent-ils de déclarer la guerre aux étudiants? Pour tout dire, ils ne seront pas les seuls à se soulever.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/05/18/jour-noir-pour-la-democratie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>11</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-clermont-dion-p-428x285.jpg</image>
	</item>
	</channel>
</rss>
