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	<title>Léa Clermont-Dion &#187; Société</title>
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		<title>Petite réflexion sur la fonction de sécurité</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Apr 2013 07:50:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[boston]]></category>
		<category><![CDATA[état]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[insécurité]]></category>
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		<category><![CDATA[sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; «Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille» Hannah Arendt Peur : Du lat. pavor «émotion qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_70" class="wp-caption aligncenter" style="width: 438px"><a href="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2013/04/boston-dans-le-chaos-hier.jpg" ><img class="aligncenter size-medium wp-image-71" src="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2013/04/boston-dans-le-chaos-hier-428x294.jpg" alt="" width="428" height="294" /></a><p class="wp-caption-text">Images de l&#039;attentat de Boston- Source: Melty.fr</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right">«Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille»</p>
<p style="text-align: right"><strong>Hannah Arendt</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Peur : </strong>Du lat. <em>pavor</em> «émotion qui saisit; crainte, épouvante, effroi».</p>
<p style="text-align: right"><strong>Sécurité : </strong>lat.<em>securitas </em>(dér. de <em>securus </em>« exempt de soucis ») « absence de soucis; sécurité, sentiment d&#8217;absence, de danger; tranquillité d&#8217;esprit »</p>
<p style="text-align: left"><strong>Avec la collaboration de Florian Micco et Matthieu Lhommedé</strong></p>
<p style="text-align: left">
<p>Dans les derniers jours, les médias ont démontré comment leur couverture s’ancre parfois sur un vocable du vide. Les événements de Boston sont profondément tragiques. Néanmoins, il aurait été pertinent d’approfondir certaines questions nécessaires plutôt que de répéter constamment la même information qui évolue si lentement en temps réel.  Avertissement au lecteur, ce texte n’a rien de la couverture d’Anderson Cooper ni du commentaire singulièrement émotif de Richard Martineau, mais il tente de retracer l’avènement du concept de sécurité allié à l’émergence de l’État moderne dans une lecture plus large que spécifique.</p>
<p>***</p>
<p>La symbolique d’un geste de violence comme celui posé à Boston dans un contexte sportif et d’émancipation individuelle, est fascinant. Hypermédiatisé, porté mondialement, le sentiment d’insécurité est renforcé par les médias traditionnels et 2.0. Pourtant, dans un contexte de mondialisation, les menaces sont de plus en plus complexes.</p>
<p>Certes, la problématique sécuritaire se trouve au cœur de l’Etat depuis son affirmation au cours des siècles jusqu’aux débats politiques contemporains. Raison même de l’existence de l’Etat, la fonction de sécurité se joue tant dans le maintien de l’ordre public au niveau national, que par la maitrise de menaces plus ou moins sensibles au niveau international.</p>
<p>Comment la démocratie pourrait-elle s’établir pleinement sans garantie de la sécurité pour les citoyens ? Alors  qu’aujourd’hui, le respect de l’intégrité corporelle semble être la norme pour les individus et que la stabilité du système politique apparaît comme acquise, la peur de l’insécurité demeure une préoccupation citoyenne majeure. Cependant, comme le montre Baldwin (1997 : 24), l’insécurité demeure un concept à la définition vague. En effet, la médiatisation des faits divers et l’instrumentalisation des statistiques de criminalité font surgir dans l’opinion publique un sentiment d’insécurité, révélant une confusion conceptuelle. Il conviendrait alors d’opérer un retour théorique sur cette dernière. En effet, le but de la sécurité est avant tout la réduction des menaces militaires et non-militaires (David et Roche, 2002). Elle a alors deux facettes : une objective, qui tient par exemple de la limitation des armes ;  l’autre subjective, qui relève de l’intention de nuire. Dans ce cadre, c’est toute la place de l’Etat qui est mise en doute, lui qui doit désormais composer avec les peurs individuelles et sociales et répondre à l’accusation de manquer à son premier devoir régalien, celui d’assurer la sécurité de ses citoyens.</p>
<p>Ainsi, l’Etat est chargé de réaliser sur son sol un « état de sécurité » concret, qui se définit par l’absence de menace, (David, 2000), mais aussi une situation dans laquelle l’individu est rassuré, conférer le sentiment de sécurité, nécessitant la mobilisation de ressorts symboliques et un appui institutionnel.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Un retour théorique</strong></p>
<p>Hobbes avec <em>De Cive (</em>1642) et le <em>Léviathan</em> (1651) avance, nous le savons, que le passage de l’état de nature à l’état de société s’incarne ainsi pour assurer l’ordre. Donc, le sens commun va l’emporter, la peur d’être détruit va amener les citoyens à vivre ensemble. « L’homme est un loup pour l’homme » . Chez Hobbes, celui-ci  doit se soumettre à l’«Autorité» de l’Etat. L&#8217;Etat a nécessairementl’obligation d’assurer la sécurité de ses citoyens et en cas d’échec, il peut être destitué.  La sécurité est alors définie comme une tâche primaire de l’Etat dans la constitution de sa souveraineté et dans son processus de formation. Pour s’imposer dans la société, il va devoir alors contrôler tout groupe menaçant sa souveraineté   Il s’agit du premier secteur de la sécurité, la sécurité politique (Buzan, Waever &amp; de Wilde, 1998).</p>
<p>Montequieu appuie, quant à lui, les écrits <span style="font-size: 13px;line-height: 19px">de Locke en déclarant que les régimes doivent assurent la sécurité par la loi et la modération, (</span><em><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">De l’Esprit des Lois</span></em><span style="font-size: 13px;line-height: 19px"><em>,</em> 1748). Il repense la législation criminelle (par la modération des peines) et esquisse les premiers traits du Code Pénal. R</span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">ousseau et le </span><em><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">Contrat Social</span></em><span style="font-size: 13px;line-height: 19px"> (1762) concrétisera la pensée de ses prédécesseurs et tout en critiquant la vision pessimiste de l’homme de Hobbes. Il insiste sur la nécessité de la légitimité de l’Etat plutôt que sur son autorité afin d’instaurer un climat social paisible. </span></p>
<p>Paolo Napoli dans son son ouvrage, <em>Naissance de la police moderne : pouvoir, normes, société</em>, constate cette application des règles juridiques et vérification des entorses par la police administrative et armée  où il existe une forte structuration et hiérarchie (bureaucratisation). L’urbanisation de la population engendre un nouveau type de criminalité entraînant la mise en place d’un service d’ordre urbain.</p>
<p>Comme l’explicite Jean Delumeau dans <cite>Rassurer et protéger : Le sentiment de sécurité dans l&#8217;Occident d&#8217;autrefois</cite> (1989), avec la montée du  nationalisme, on observe le développent d’un sentiment d’appartenance engendrant la constitution d’une communauté nationale, ce qui permet à l’Etat d’asseoir sa sécurité à deux niveaux. On note d’abord un point d’ancrage interne : renforcement de la cohésion entre la population et développement de la solidarité ce qui fait en sorte que la sécurité devient ainsi une norme et une cause nationale par la création d’une communauté (Greenfeld) On explicite aussi un deuxième niveau, celui-là externe qui s’ancre dans le risque de conflit avec d’autres pays. L’État peut ainsi disposer d’une armée et d’une résistance civile efficace. Comme le souligne Mann (1993), la compétition et la rivalité entre les Etats en Europe a favorisé le nationalisme qui a facilité la mobilisation populaire dans l’armée et donc la survie de l’Etat.</p>
<p align="left">
<p align="left"><em><strong>Prévenir les actes involontaires et les actions préméditées : « prévoir l’imprévu »</strong></em></p>
<p align="left"><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">Ainsi, le devoir de prévention de l’Etat  s&#8217;ancre notamment dans la t</span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">âche d’anticipation et de limitation des risques et des menaces : il doit être en permanence prêt, ce qui suppose qu’il contrôle parfaitement l’ensemble de son territoire (Poggi, 1990).  À titre d&#8217;exemple, celui-ci doit </span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">alerter ses citoyens pouvant être exposé à des risques naturels (inondations, tremblements de terre…), prendre des mesures exceptionnelles (renforcement du contrôle : (pleins pouvoirs, article 16, employés notamment par De gaulle pendant la guerre d’Algérie). Il doit également s&#8217;assurer de la </span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">communication et d’information.  Pour être efficace et assurer au mieux son devoir de protection, l’Etat doit faire entendre son action auprès de la population à renforce sa légitimité. Finalement, celui-ci assure une responsabilité</span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px"> de régulation par l’institutionnalisation de la sécurité est aussi la normalisation de l’activité humaine. </span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">Le devoir de secourir de l&#8217;Etat s&#8217;incarne dans le fait qu&#8217;il ne peut</span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px"> pas abandonner la communauté et doit assurer dans la mesure du possible leur survie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Un contexte de mondialisation</strong></p>
<p>Dans un contexte actuel de mondialisation, on observe le renforcement de nouveaux dangers à travers le terrorisme, cyber attaque, grand banditisme, risques sanitaires  comme la contamination ou les épidémies, etc.</p>
<p>Didier Digot, s’intéressant aux <em>critical security studies, </em>constate comment la délimitation entre sécurité intérieure et extérieure est déstabilisée. Avec le changement international, on est amenés à élargir ce concept.</p>
<p>Le discours des gouvernements insiste particulièrement sur la notion de terrorisme. Force est de constater qu’aujourd’hui, cette notion est quelque peu datée. Cette menace n’aura très certainement pas pris l’ampleur que les élites politiques avançaient dans les années 2000. Cela nous rappelle d’ailleurs l’influence de la politique étrangère de Georges Bush colorée par la doctrine néo-conservatrice et obsédée par le sentiment de sécurité.</p>
<p>Comme le démontre cet extrait du Livre blanc de 2008 commandé par le gouvernement  français de Sarkozy, le terrorisme est un concept ayant été favorisé par les gouvernements.<strong> </strong>(Jean-Pierre Mallet, Libre blanc, 2008) : «Le terrorisme a franchi un seuil historique et changé d’échelle le 11 septembre 2001. Il a provoqué un traumatisme aux États-Unis, l’opération militaire en Afghanistan qui a renversé le régime des Talibans, la fragilisation du Pakistan et, indirectement, la guerre en Irak. Les attentats de 2001 et ceux qui ont suivi, en Europe notamment (Madrid 2004, Londres 2005), ont marqué un tournant dans l’ampleur, la diffusion, les modes opératoires et l’efficacité des réseaux terroristes. »</p>
<p>Et le discours politique a ciblé comme menace principale ce terrorisme comme l’illustre également ce passage d’un rapport émis par la Commission chargée de l’élaboration du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale en 2007 : «Le terrorisme est devenu capable de frapper au cœur de tous les pays, à une échelle de violence sans précédent, avec un degré de préparation internationale et d’intensité dans l’action jamais atteint auparavant par des groupes terroristes.»</p>
<p>Les gouvernements occidentaux (France, États-Unis, etc.) avancent que cette menace est de plus en plus répandue dans les différents territoires des pays à travers, notamment, des i<span style="font-size: 13px;line-height: 19px">mplantations multiples. Aux dires des gouvernants, l</span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">a criminalité organisée exploite les avantages de la mondialisation et l’effacement des frontières. De surcroît, la sécurité énergétique ne peut se concevoir qu’à l’échelle globale. Le contexte de mondialisation amène une</span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px"> vulnérabilité des systèmes d’information n’a ni territoire ni frontière et il </span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">en va de même pour les risques naturels ou sanitaires. </span></p>
<p>Or, face à cette identification d’une menace terroriste par les élites politiques, c’est sans surprise que nous constatons une augmentation majeure des dépenses militaires depuis le tournant des années 2000.</p>
<p><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">Cet effort mondial s’est résulté d’abord dans une nette baisse dans les années 1990, fin de la Guerre froid oblige. Mais, au tournant des années 2000, on observe une augmentation des dépenses militaires, cela étant expliqué entre autres par l’identification cette menace construite du terrorisme. L’effort de défense mondial  était, en dollars constants de 2007, de 867 milliards de dollars en 1998, a atteint 1 204 milliards de dollars en 2006 : il est remonté au niveau du début des années 1990. (Commission chargée de l’élaboraion du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale en 2007 ).</span></p>
<p>Cet accroissement mondial des dépenses provenait largement de l’Amérique du Nord. Les États-Unis ont en effet vivement augmenté en 2002 un effort qui a connu, depuis, une croissance plus rapide que leur produit intérieur brut (PIB). Ils sont le principal déterminant de la tendance mondiale à la hausse.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Sécurité et Insécurité : une distorsion subjective et théorique</strong></p>
<p>L’apport de la pensée politique nous permet de déterminer une grande tangente de l’évolution du sentiment de sécurité dans l’histoire. Mais, qu’en est-il de cette notion profondément humaine? La sécurité subjective peut être abordée sous sa dimension psychologique. On constate que le sentiment d’insécurité peut entraîner un décalage entre les faits et le ressenti. L’insécurité est une situation ou la survie de l’individu incertaine et menacé tel que défini comme état primaire (proche du contexte hobbésien). Comme l’avancent Buzan &amp; Ulman (1983), des facteurs non matériels comme l’environnement et les identités entraînent de nouveaux conflits et créent un sentiment d’insécurité transformé. Jean Delumeau dans <cite>Rassurer et protéger : Le sentiment de sécurité dans l&#8217;Occident d&#8217;autrefois</cite> (1989) associe le rôle de la peur au fait que la sécurité repose sur les sentiments et non les faits objectifs. Robert Castel démontre, pour sa part, que l’insécurité sociale provoque sentiment de mal être et dissout les liens sociaux. Une réponse peut alors être amenée par le tout sécuritaire qu’on peut concevoir comme un retour au conservatisme alors que les valeurs post-matérielles ont entraîné un changement idéologique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Les clivages politiques représentent deux visions de la sécurité</strong></p>
<p>La naissance de l’Etat, au XVIème siècle, a évolué dans un climat de terreur, de violences et de désolation en Europe, une période historique sombre dans laquelle l’humanité ne croyait plus en sa survie, en son avenir. L’avènement de cet État s’est opéré non pas sans confrontations sanglantes entre pouvoir religieux et politique ce qui marquera ainsi un sentiment d’inconfort chez les uns et les autres. Dans ce contexte trouble, la sécurité s’est imposée, dès lors, comme un enjeu fondamental relié intrinsèquement à l’existence même de l’Etat. Il n’a cessé, au cours du temps, de l’être. L’Etat a ainsi été confronté à une problématique sécuritaire en perpétuelle évolution, devant s’adapter le plus rapidement possible sous des contraintes nouvelles. De cette manière, il a dû mettre en œuvre diverses opérations autant au niveau de la prévention que de la sanction, ce qui s’inscrit pleinement dans son processus d’évolution jusqu’à ce qu’il devienne l’Etat-Providence.</p>
<p><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">Au final, il existe une opposition entre une vision réaliste et conservatrice (droite) et une vision optimiste et ambitieuse (gauche) ?  «À une vision du monde de droite, (…)  pessimiste de l’Homme qui le fait vivre dans un monde d’insécurité et de compétition, répondrait une vision du monde de gauche, plus confiante en l’humanité de l’Homme et dans la nécessité pour l’État de protéger les citoyens d’une société génératrice d’inégalités. Dans le premier cas, l’égalité est définie en termes de droits individuels, dans le second de droits sociaux.» (Hastings, 2011 : 60).</span><span style="font-size: 13px;line-height: 19px"> </span></p>
<p><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">Alors qu’aujourd’hui  une hypermédiatisation de la criminalité et des menaces s&#8217;impose, le spectre du sentiment de l’insécurité semble être plus complexe que jamais tel que nous l’a démontré l’évènement tragique qui s’est déroulé à Boston cette semaine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Bibliographie sommaire</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong> </strong></p>
<p>BALDWIN, David Allen (1997). « The Concept of Security ». In : <em>Review of International Studies</em>, vol. 23, n°3, p. 5-26.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>BUZAN, Barry, WAEVER, Ole &amp; de WILDE, Jaap (1998) <em>Security. A New Framework of Analysis.</em> Lynne Rienner Publishers, 239 p.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>DAVID, Charles-Philippe et ROCHE, Jean-Jacques (2002). Théories de la sécurité. Définitions, approches et concepts de la sécurité internationale. Paris, Montchrestien, 160 p.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>DELUMEAU, Jean (1978). <em>La Peur en Occident, XIVème – XVIIIème siècles : Une cité assiégée.</em> Paris, Fayard, 486 p.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>DELUMEAU, Jean (1989). <em>Rassurer et protéger : le sentiment de sécurité dans l&#8217;Occident d&#8217;autrefois</em>, Paris, Fayard, 667 p.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>GREENFELD, Liah (1992). <em>Nationalism. Five Roads to Modernity. </em>Cambridge, Mass : Harvard University Press.</p>
<p>LYON, David (2003). <em>Surveillance After September 11, </em>Polity Press<em>. </em></p>
<p>MANN, Michael (1993). <em>The Sources of Social Power. Vol. II. The Rise of Classes and Nation &#8211; States, 1760-1914. </em>Cambridge University Press.</p>
<p><em> </em></p>
<p>NAPOLI, Paolo (2003).  <em>Naissance de la police moderne : pouvoir, normes, société</em>, Paris, La Découverte, « Armillaire » 307 p.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>POGGI, Gianfranco (1978). <em>The Development of the Modern State. A Sociological Introduction</em>. Stanford University Press.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>PRINCIPE, Michael L. (2004).  « Les libertés civiles oubliées ». In : <em>Projet, </em>n° 279, p. 85-90.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>SALAS, Denis (2008). « Etat de sécurité ou Etat de droit ?  L&#8217;hésitation française ». In : <em>Études, </em>Tome 408, p. 463-473.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>VIDAL-NAQUET, Pierre (1989). <em>Face à la Raison d’Etat </em>: <em>un historien pendant la guerre d’Algérie, </em>Paris, Découverte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Appel aux féministes: lancement d&#8217;un réseau international</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2013/04/19/appel-aux-feministes-lancement-dun-reseau-international/</link>
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		<pubDate>Fri, 19 Apr 2013 09:49:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Women are Heroes- JR Le 8 mars dernier, avec la camarade du Voir, Elise Desaulniers, nous lancions le site www.lesfeministes.com. Après [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center" dir="ltr"><a href="http://WomenareHeroes-JR"><br />
</a><a href="http://WomenareHeroes-JR"><br />
</a><a href="http://WomenareHeroes-JR"><br />
</a><a href="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2013/04/09-JR-Women-are-Heroes.jpg" ><img class="size-medium wp-image-68 aligncenter" src="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2013/04/09-JR-Women-are-Heroes-428x266.jpg" alt="" width="428" height="266" /></a><a target="_blank" href="http://WomenareHeroes-JR" >Women are Heroes- JR</a></p>
<p dir="ltr"><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">Le 8 mars dernier, avec la camarade du Voir, </span><a href="http://voir.ca/elise-desaulniers/" >Elise Desaulniers</a>, nous lancions le site <a href="www.lesfeministes.com">www.lesfeministes.com</a>. Après des semaines de travail, nous étions fort contentes de constater un réel intérêt entourant cette question: plus de trente mille visites en quelques jours, ce n&#8217;est pas rien. Le projet est en pause pour les prochaines semaines, mais nous vous reviendrons quelque chose de plus développé qu&#8217;une simple plate-forme de témoignages. À suivre.</p>
<p dir="ltr">Force est de constater que les débats entourant l&#8217;égalité des sexes sont mondiaux. Nous l&#8217;avons récemment constaté avec certaines discussions internationales qui ont eu lieu ces derniers temps; le <a target="_blank" href="http://www.francophonie.org/Forum-mondial-des-femmes.html" >Forum mondial des femmes francophones</a> ayant eu lieu à Paris en mars dernier, le Forum social mondial, le débat entourant les FEMEN, le mouvement de solidarité envers les Pussy Riots, etc. Les réseaux se construisent et se solidifient. Mais, existe-t-il un réseau mondial qui unisse ces voix?  <a target="_blank" href="https://twitter.com/carolinedehaas" >Caroline de Haas,</a> fondratrice d&#8217;Osez le féminisme en France, conseillère politique et figure de proue du mouvement en France, est arrivée à la conclusion que non. Elle a eu la géniale idée de mettre sur pied un tel réseau par l&#8217;entremise d&#8217;une plate-forme d&#8217;échanges qui prendra la couleur d&#8217;une carte interactive.</p>
<p dir="ltr">Il me fait plaisir, avec l&#8217;aide de Caroline, de lancer le projet au Québec.</p>
<p dir="ltr"><strong>Un réseau féministe dans tous les pays du monde?</strong></p>
<p dir="ltr">Pourquoi un tel <a target="_blank" href="https://twitter.com/FeministNetwork" >réseau international</a> ?</p>
<p dir="ltr"><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">En effet, les femmes représentent la moitié de l’humanité. Dans tous les pays, nous sommes victimes de violences, le droit à disposer de notre corps est bafoué ou remis en cause, nous n’avons pas accès à l&#8217;égalité dans les  lieux de pouvoir et nous composons la majorité des personnes les plus pauvres de la planète. Pour que les droits des femmes deviennent la priorité de tous les gouvernants et des institutions internationales, les féministes doivent parler plus fort.</span></p>
<p dir="ltr">L’objectif de ce projet est de donner de la visibilité aux féministes du monde entier et de construire un outil qui nous permettra de dire ensemble : « Nous en avons assez, nous voulons l’égalité ! ».</p>
<p><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">Sur tous les continents, des réseaux de féministes s’informent, s’organisent, se mobilisent. Connecter ces réseaux, notamment en utilisant les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, afin que les féministes se connaissent et s’entraident permettrait de donner une force supplémentaire aux batailles féministes et pour les droits des femmes.</span></p>
<p dir="ltr"><strong>Pour qui ?</strong></p>
<p dir="ltr">Ce projet a vocation de rassembler toutes celles et ceux, féministes, qui, dans tous les pays du monde, agissent pour l’émancipation des femmes.</p>
<p><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">Que vous soyez une organisation, un réseau, une fondation, un-e individu-e, femme ou homme : participez au projet !</span></p>
<p><strong><strong><br />
</strong></strong></p>
<p dir="ltr"><strong> Comment ?</strong></p>
<p><span style="font-size: 13px;line-height: 19px">#1 Recenser les mouvements féministes et les féministes sur une plateforme web commune permettant de les rendre visibles (via une carte du monde interactive)</span></p>
<p><strong><strong><br />
</strong></strong></p>
<p dir="ltr">#2 Lancer une campagne de communication commune pour préparer les futures échéances internationales (Caire + 20, Pékin + 20, OMDD)</p>
<p><strong><strong><br />
</strong></strong></p>
<p dir="ltr">#3 Construire des outils communs de mobilisation pour faire des droits des femmes un enjeu central des politiques publiques</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p dir="ltr">Participez au groupe de travail en vous inscrivant sur <a href="http://www.emailmeform.com/builder/form/Yb9OPc9nBW2"  target="_blank">http://www.emailmeform.com/builder/form/Yb9OPc9nBW2</a></p>
<p dir="ltr">Bref, n&#8217;hésitez pas à me contacter si vous voulez prendre part au mouvement: leaclermontdion@gmail.com</p>
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		<title>La voie chinoise de Michel Aglietta et Guo Bai</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Feb 2013 09:55:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; À lire. Michel Aglietta, ancien éléve de l&#8217;Ecole polytechnique et de l&#8217;ENSAE, Professeur de Sciences économiques à l&#8217;Université de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2013/02/Aglietta.jpg" ><img class="aligncenter size-full wp-image-61" src="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2013/02/Aglietta.jpg" alt="" width="326" height="458" /></a><a href="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2013/02/Capture-d’écran-2013-02-20-à-10.47.53.png"><br />
</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>À lire.</p>
<p>Michel Aglietta, ancien éléve de l&#8217;Ecole polytechnique et de l&#8217;ENSAE, Professeur de Sciences économiques à l&#8217;Université de Paris-X Nanterre, publie avec Guo Bai un nouvel ouvrage, <em>La voie chinoise. </em>Si vous avez la chance de vous le procurez, le tout semble plutôt pertinent. En effet, les co-auteurs «renversent l’idée dominante selon laquelle l’empire du Milieu aurait construit sa puissance grâce à sa seule intégration dans l’économie de marché» (Dominique Bari et Lina Sankari ,  L&#8217;Humanité,  2 novembre 2012)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Lendemain d&#8217;un 6 décembre&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Dec 2012 09:52:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[6 décembre]]></category>
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		<description><![CDATA[Je me permets en ce lendemain du 6 décembre le partage de cette entrevue avec Melissa Blais pour approfondir votre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me permets en ce lendemain du 6 décembre le partage de cette entrevue avec Melissa Blais pour approfondir votre réflexion sur la question.</p>
<p>«Melissa Blais est militante féministe, doctorante en sociologie à l&#8217;UQAM et professionnelle de recherche à l&#8217;Institut de recherches et d&#8217;études féministes (IREF). Elle s&#8217;est d&#8217;abord intéressée à la tuerie du 6 décembre dans le cadre de ses recherches de maîtrise en histoire et elle a publié <em>«J’haïs les féministes!» : Le 6 décembre 1989 et ses suites</em> (Remue-ménage, 2009). Elle a également codirigé l’ouvrage collectif <em>Le mouvement masculiniste au Québec: L’antiféminisme démasqué</em> (Remue-ménage, 2008). Elle a été la coordonnatrice des événements commémoratifs Se souvenir pour agir, en décembre 2009.»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><iframe width="500" height="281" src="http://www.youtube.com/embed/YxE55kY1Nvw?fs=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>« J’haïs les féministes! »</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Dec 2012 15:24:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
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		<category><![CDATA[6 décembre]]></category>
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		<description><![CDATA[Le 6 décembre, chaque année, au Québec, on se remémore un moment de notre petite histoire, de notre triste histoire, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 6 décembre, chaque année, au Québec, on se remémore un moment de notre petite histoire, de notre triste histoire, de ce drame qui relève de la tragédie d’une société, la nôtre. Les faits sont connus et ont été vécus. Le 6 décembre 1989, les foyers québécois ont été confrontés à cette catastrophe, cette calamité, ce féminicide. On en a fait un film, des centaines d’analyses, des milliers d’entrevues. On en a parlé maintes fois. On a intellectualisé le drame maintes fois. On s’est engueulés sur la cause de la tuerie maintes fois. Chaque année, il y a commémoration. Et autour de celle-ci, on ressent une difficulté de discuter comme s’il y avait des thèmes qui relevaient de l’indicible.</p>
<p>Cela me fait penser un peu à l’épreuve d’une famille qui est confrontée à un drame. Vous l’avez peut-être déjà vécu? Autour de la tablée familiale, il y a ce silence lourd de malaises. On ne sait pas trop comment en parler, de ça&#8230;Ça, l’inqualifiable, l’impardonnable, l’indicible, le sujet tabou qui revient aux lèvres des uns inévitablement. Autour de la tablée, certains abordent l’inabordable intensément et d’autres se taisent tout simplement. Et autour de la tablée, on hésite à qualifier le drame, expliquer le pourquoi et le comment. Mais, il y a peut-être autour de cette tablée un consensus sur la notion du deuil collectif? Ou pas. Cette analogie simpliste me fait penser à ce qui arrive le 6 décembre de chaque année dans les foyers québécois. Mais, une chose est sûre. Oui, beaucoup d’entre nous sommes en deuil.</p>
<p>Qu’on s’obstine à connaître la raison de cette tragédie, qu’on affirme que Marc Lépine est un malade mental, un fou, un psychopathe, un antiféministe ou tout cela ensemble, il demeure un fait tangible et réel. Quatorze femmes ont été assassinées un 6 décembre 1989. Et nous connaissons les noms des quatorze victimes. Elles s’appelaient Geneviève, Maryse, Hélène, Maryse, Nathalie, Anne-Marie, Barbara, Sonia, Anne-Marie, Michèle, Maude, Annie, Barbara, Annie&#8230; Elles s’appellent, devrais-je dire, elles existent encore dans nos consciences aujourd’hui, 6 décembre 2012, vingt-trois ans plus tard.</p>
<p>Je ne vous ferai pas de cachette. Non, je ne me souviens pas. Je ne peux pas me souvenir. Je n’étais même pas née le 6 décembre 1989. Et c’est peut-être pour cette raison-là que je n’ai pas envie de m’étendre sur l’intellectualisation de cette tragédie. Je n’y étais pas comme beaucoup de jeunes femmes de ma génération. J’ai 21 ans et je suis née en 1991. Je me souviens du 6 décembre 1999 néanmoins. Il aura fallu cette enseignante- Nicole, qu’elle s’appelait- pour me faire réaliser cette pénible histoire, ce féminicide qui a eu lieu chez nous tout près de nos tablées familiales.</p>
<p>Je me souviens donc. J’avais huit ans et demi quand j’ai entendu pour la première fois le nom de Marc Lépine le 6 décembre 1999, dix ans après le massacre. Je me souviens de cette enseignante. Nicole s’était adressée à ma classe de deuxième année. Elle nous avait raconté LA fameuse histoire. Difficilement, certes. C’était une confrontation étrange pour une gamine. Ce soir-là, j’étais revenue à la maison plutôt angoissée par les mots que j’avais entendus.</p>
<p>Et c’est la première fois de ma vie que j’ai constaté qu’être femme avait aussi son lot de particularités. J’ai demandé à ma mère ce soir-là autour de la tablée, naïvement comme seule une petite fille peut le faire: «Maman, pourquoi le monsieur, il s’en est pris aux femmes seulement ?» Comme autour de la tablée en deuil, il y a eu un malaise. Il est difficile d’expliquer ce genre de choses à une enfant. Je n’ai pas eu de réponses ce 6 décembre 1999. Ma mère n’a pas su le faire. Je ne lui en veux pas. Je ne saurais pas quoi dire à ma fille non plus. Le 6 décembre 1999, je suis allée me coucher sans réponses et remplie de questionnements. À 21 ans, ils sont encore présents dans mon esprit. Et je n’ai toujours pas de réponses.</p>
<p>Un constat est certain. Ces réflexions sérieuses m’habitent encore profondément. Elles me poussent à croire que je suis féministe. J’ai envie de remercier cette Nicole de l’école St-Anne de Rawdon qui a osé parler d’un sujet douloureux et difficile à des gamins. Il y a des moments comme ceux-là qui sont majeurs dans une existence. La commémoration du 6 décembre a changé ma vie. On pourrait bien avoir un débat sur le devoir de mémoire et sur les manières de transmission. Vous pourrez en discuter si cela vous dit. Mais pas aujourd’hui, s’il vous paît. Il y a certains événements troublants qui méritent une minute de silence, une pose dans notre rythme de vie effréné, une réflexion, etc. C’est ce que j’ai envie de faire en ce jour de deuil.</p>
<p>Je ne suis pas sûre de pouvoir comprendre, expliciter et raisonner parfaitement le massacre de la polytechnique. D’autres sont capables? Tant mieux. Mais, force est d’admettre que ce drame nous amène à nous poser plusieurs questions notamment celle de la violence faite aux femmes. Le 6 décembre demeure une date symbolique pour nous toutes. Marc Lépine avant de tuer les quatorze étudiantes, avait lancé: «J’haïs les féministes!». Malheureusement, encore aujourd’hui, j’entends fréquemment ce genre de commentaires. Il y a du chemin à faire.</p>
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		<title>Laurentie: l&#8217;indicible malaise</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Nov 2012 12:24:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Laurentie est un film poignant. Il reste en tête. Il touche. C’est d’ailleurs un cri du coeur urgent que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe width="500" height="281" src="http://www.youtube.com/embed/CTuxYm-Am9Y?fs=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Laurentie</em> est un film poignant. Il reste en tête. Il touche. C’est d’ailleurs un cri du coeur urgent que l’on retient du protagoniste principal, Louis Després, 28 ans, un technicien faisant face à un vide existentiel insoutenable et confronté à l’Autre, ce Montréalais anglophone. <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Lavoie" >Simon Lavoie,</a> le co-cinéaste m’avait prévenue: «c’est un film très dur et noir, mais je l’ai fait avec le coeur.» C’est bien d’un ressenti déchirant dont il est question ici et que l’on retient de cet opus éminemment singulier. Comme un dernier souffle propre à l’angoisse existentielle, voilà un portrait révélateur du genre humain. Et l’angoisse qui nous reste de <em>Laurentie</em> est peut-être symptomatique d’une société en manque de sens individuel et collectif. La magie du film repose, entre autres, dans ce dessin juste de la complexité de l’intersubjectivé de l’altérité. Cet essai filmique nous confronte aux questions sérieuses que nous nous gardons bien d’aborder dans cette ère du vide et du spectacle. À mes yeux, cette oeuvre est aussi marquante que <em><a target="_blank" href="http://www.youtube.com/watch?v=HfS_SOST02M" >Le Chat dans le Sac </a></em>de Gilles Groulx. Pourquoi <em>Laurentie</em> est un grand film? Parce que <a target="_blank" href="http://metafilms.ca/index.php?/realisateurs/mathieu-denis/" >Mathieu Denis</a> et Simon Lavoie sont parvenus à dépasser les limites du langage parlé tout en nous transmettant un malaise de notre époque et des nouvelles générations. Voilà un film à la réalisation assumée et mature qui soulève une problématique transcendante, celle du sens des choses. Certes, voilà une oeuvre dérangeante qui ne se complaît pas dans un scénario banal, facile et qui ne se contente pas de plaire aux têtes grises et convenues des institutions. <em>Laurentie</em> est loin d’offrir une ode à la masturbation intellectuelle bien qu’on y aborde ici l’angoisse du geste. Merci Simon Lavoie et Mathieu Denis de nous offrir ce coup de poing nécessaire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le malaise existentiel</strong></p>
<p>Le film est d’une force indéniable. Il parvient à traduire l’essence d’une tare majeure de notre société actuelle. Le monde qui nous entoure est un monde qui s’acculture de plus en plus; la famille ne fait plus de sens, la culture et la langue n’ont plus d’importance dans cette société qui est la nôtre. Que nous reste-t-il pour répondre aux grandes questions de l’existence de notre temps? Que nous reste-t-il pour comprendre le sens du monde? Autrefois, les normes morales nous étaient dictées par le monde religieux. Le judéo-chrétien, non pas sans dogmatisme, nous aiguillait afin d’expliquer la vie par de grands principes dominants qu’on n’avait pas à remettre en question. Mais, le rejet de l’Église n’est probablement pas le seul élément provoquant ce vide existentiel. Sans être nommément exprimé dans ce film, peut-on attribuer cette déroute métaphysique à l’échec du projet de la modernité? Probablement. Le revers de l&#8217;idéal des droits et libertés se renforce notamment dans ce que qualifierait Hannah Arendt de ce mouvement des totalitarismes au sein des régimes national-socialiste et soviétique. L’échec de la massification de la société, du nous aliénant, a entre autres donné lieu à une atomisation des existences. La montée de l’individualisme laisse en plan un monde en manque de repères. Car, hormis les points d’ancrage du marché et du profit, que sommes-nous devenus? Qui sommes-nous au juste? Confronté à une diversité de choix extrêmement grande, confronté à une multitude d&#8217;opportunités qui s’équivalent, l’individu fait preuve à une crise existentielle aliénante. Louis Després me rappelle drôlement le personnage célèbre Meursault d’Albert Camus présente dans son oeuvre marquante du cycle de l’absurde, <em>L’Étranger</em>. Comme Louis Després ou l’idiot de Dostojevski, Meursault dénude l’existence de son sens pour faire jouer en nous la tension entre demande de sens et absence de sens. Nous ne pouvons admettre ni critiquer la mort de la mère et sa réaction. Le seul raisonnement que l’on refuse est celui abusif des hommes qui mène jusqu&#8217;à la mort du héros. On ressent cette absurdité propre à Camus dans <em>Laurentie</em>. Cette notion est en quelque sorte la prise de conscience de la mort à travers la perception forte de la vanité de toutes choses. Et le rappel de cette vérité première s’incarne dans l’idée que l’homme est condamné, un mort en sursis.</p>
<p>Je n’ai pas envie de traiter ici à proprement dit du malaise identitaire franco-québécois que l’on retrouve dans ce film malgré la réplique forte du protagoniste: «Christ de province à marde!»Pourquoi donc? Beaucoup l’ont fait. Les deux cinéastes eux-mêmes l’ont soulignée vertement: «On craint de se faire lancer des pierres, de se faire traiter de ringards et de réactionnaires, avouait Simon Lavoie peu après la projection. En même temps, cette attitude crève les yeux à Montréal, comme un éléphant blanc au milieu du salon. On a voulu, dans un geste libérateur de transgression, montrer le mépris, le malaise, l’ignorance entre les Québécois de souche, les anglophones et les allophones, ces sentiments dans lesquels on a vraiment l’impression que notre ville baigne.», avaient-ils dit à Manon Dumais dans un article du Voir d’octobre 2011.</p>
<p>Oui, oui: <em>Laurentie</em> présente ce malaise québécois, mais ce film va bien au-delà de cette problématique cruciale maintes fois abordée dans notre cinématographie nationale. Certes, elle dessine cette tension culturelle. Il serait toutefois à mes yeux plutôt réducteur de penser que ce film dénote strictement d’un malaise identitaire québécois. J’oserais même avancer que Louis Després est confronté à un manque de sens global dont fait partie, entre autres, la question de l’identité culturelle. Elle dépasse bien largement notre crise identitaire québécoise. Malgré l’intention des cinéastes, ce n’est pas ce que je retiens principalement de <em>Laurentie</em>. Contrairement à Manon Dumais qui titrait <strong><a href="http://voir.ca/cinema/2011/10/27/laurentie-le-spleen-de-montreal/" >le spleen de Montréal</a></strong>, j’oserais avancer que c’est une ode <strong>au spleen</strong> tout court.</p>
<p><strong>Les limites du langage</strong></p>
<p>La fameuse scène de masturbation décriée par quelques-uns mérite une certaine analyse. Vrai qu’il est rare de voir ce genre de scènes dans notre cinéma local bien aseptisé. En résumé, Louis Després se branle vigoureusement devant la caméra pendant de longues secondes. S’insère un objet dans l’anus. Se branle encore. Et encore. Et que représente cette symbolique puisque les réalisateurs y donnent une certaine importance? Cette image provocante pour les uns, banale pour les autres,  ne me semble pas gratuite, mais nécessaire afin de démontrer la solitude aliénante du protagoniste.</p>
<p>On dit de cette scène qu’elle choque. Or, ne sommes-nous pas confrontés quotidiennement à des images beaucoup plus obscènes sur le plan moral dans l’univers pornographique omniprésent dans nos existences actuelles? Ne sommes-nous pas bombardés d’images tout autant subjectives dans les publicités qui nous entourent? Cette scène dérange, car elle n’esthétise ou n&#8217;érotise d’aucune façon l’acte de masturbation. Elle confronte le regardeur à une réalité parfois dérangeante, celle de la solitude du geste, de la confrontation à nous-mêmes, celle de la désolante angoisse existentielle. Cette scène n’est pas forte parce qu’elle montre un homme se masturber. (Il faut tout de même saluer la performance d’acteur d’Emmanuel Schwartz ici) Elle est singulière et marquante, parce qu’elle permet de transmettre un sentiment indicible au spectateur. Elle communique le spleen de Louis Després à travers une image crue et forte qu’on ne saurait parvenir à transmettre par le biais du langage. Voilà le génie des cinéastes dans <em>Laurentie</em>. Avec peu de mots, ils nous font ressentir le malaise d’une génération en perte de repères.</p>
<p>Malgré ce que l’on pourrait penser, <em>Laurentie</em> est une oeuvre profondément universelle. <a target="_blank" href="http://www.lapresse.ca/cinema/nouvelles/201211/17/01-4594936-deux-films-quebecois-primes-a-saint-petersbourg.php" >La récompense de meilleure réalisation au Festival de cinéma Polar Lights</a> à Saint-Péterbourg en Russie ces dernières semaines en est d&#8217;ailleurs l&#8217;une des preuves.</p>
<p>&nbsp;</p>
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	</item>
		<item>
		<title>Qu&#8217;est-ce que le commun?</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Oct 2012 11:57:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Christian Laval, professeur de sociologie à  l&#8217;Université de Paris Ouest Nanterre La Défense en conférence sur le commun. (J&#8217;aimerais vraiment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Christian Laval, professeur de sociologie à  l&#8217;Université de Paris Ouest Nanterre La Défense en conférence sur le commun. (J&#8217;aimerais vraiment travailler avec lui pour ma maîtrise. À suivre&#8230;)</p>
<p>Bon samedi matin!</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><iframe width="500" height="281" src="http://www.youtube.com/embed/lllc87HbGfc?fs=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Pour suivre son blogue, cliquez <a target="_blank" href="http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-laval" >ici!</a></strong></p>
<p>À lire aussi:</p>
<p><em>L&#8217;homme économique, essai sur les racines du néolibéralisme</em></p>
<p><a href="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2012/10/Capture-d’écran-2012-10-06-à-13.39.30.png" ><img class="aligncenter size-full wp-image-47" src="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2012/10/Capture-d’écran-2012-10-06-à-13.39.30.png" alt="" width="417" height="604" /></a></p>
<p>Ou encore&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2012/10/Capture-d’écran-2012-10-06-à-13.52.14.png" ><img class="aligncenter size-full wp-image-48" src="http://voir.ca/lea-clermont-dion/files/2012/10/Capture-d’écran-2012-10-06-à-13.52.14.png" alt="" width="383" height="615" /></a>Sources:</p>
<p>Christian Laval, <em>L&#8217;homme économique: essai sur les racines du néolibéralisme</em>, Gallimard,  Nrf essais », 2007, 346 p.</p>
<p>Christian Laval et Pierre Dardot, <em>Marx, prénom: Karl</em>, Gallimard essais, 2012</p>
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	</item>
		<item>
		<title>La gloire du vide</title>
		<link>http://voir.ca/lea-clermont-dion/2012/10/04/la-gloire-du-vide/</link>
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		<pubDate>Thu, 04 Oct 2012 13:24:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« La culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire» Guy Debord, La Société du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right">« La culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire»</p>
<p style="text-align: right">Guy Debord, La Société du Spectacle</p>
<address> </address>
<p>L’espace public québécois est un lieu où la liberté d’expression est tangible. C’est un élément propre de la démocratie et nous pouvons en être fiers. Ce lieu de discussions nous permet ainsi de  débattre, d’échanger, de construire une société. Les points de vue pluriels se font une lutte incessante pour tenter de trancher certains débats moraux dans notre société. Plusieurs groupes de pression cherchent même à influencer les choix de nos gouvernements. Notre société est d’une grande complexité, comme toutes les autres. La fragmentation de celle-ci, divisée par des débats moraux, intellectuels, en font sa richesse. Néanmoins, force est d’admettre que l’espace public québécois, bien qu’il soit totalement ouvert, laisse place, il me semble, à une vacuité intellectuelle flagrante. Le lieu de débats n’est pas parfait et il ne le sera jamais. Il ne faudrait pas tenter de le diriger arbitrairement. Certes. Peut-on quand même en faire une critique pour l’améliorer?</p>
<p>La réflexion que j’ai aujourd’hui émane de ce que représente l&#8217;hypermédiatisation à la Richard Martineau. Depuis que j’ai l’âge d’écouter la télévision, donc depuis que je suis une gamine, je vois, j’entends Richard Martineau partout, souvent, régulièrement. Cette bête médiatique possède une popularité indéniable. Mais, je me questionne sérieusement sur la pertinence de ce genre d’attention médiatique qu’on lui accorde et je m’inquiète sur l’état du débat public au Québec. Vous me direz qu’il suffit de ne plus s’intéresser à lui. Oui, mais ce cas m’intéresse, car il représente un élément plus structurel dans les médias actuels. J&#8217;oserais même dire un symptôme du domaine des communications. À la gauche comme à la droite.</p>
<p><em>Débattre sur quoi?</em></p>
<p>Je remarque cette tendance à débattre sur rien. Un reproche que nous pourrions faire à l&#8217;échange public, ce qui semble être très présent chez Martineau, c’est de discuter sur tout et n’importe quoi sans avoir fondé une recherche réelle et profonde. Il arrive certes de commettre des erreurs de contenu! C’est normal. Mais, on observe chez ce chroniqueur une volonté de simplification extrême, voire de niveler vers le bas le débat public. Ce phénomène est particulier et s’incarne dans une personnalité forte comme celle de Martineau. Il n’y a pas de logique  parfaitement claire qui se détache de son discours sauf celle de faire sensations ou la polémique. Inspiré des présentateurs de <em>Sun News? </em> Je ne sais pas, mais je constate cette technique facile de faire passer son point de vue, celle qui serait attribuable à un bon sophiste.</p>
<p>N’est-ce pas là une caractéristique d’un système communicationnel qui nous oblige à produire une quantité énorme d’informations? Martineau cumule les tribunes au Québec: de <em>Franchement Martineau</em>, son émission diffusée à LCN, dans sa chronique au Journal de Montréal et son blogue, dans sa chronique à CHOI, dans son émission diffusée à Télé-Québec, les Francs-Tireurs. Difficile d’être pertinent quand on s’exprime énormément. Mais, plusieurs chroniqueurs l’ont fait toute leur vie. Pourquoi ce manque de nuance constant?  À force de vouloir être partout, peut-on avoir une réflexion réellement de qualité? Ou est-ce une caractéristique propre au style de Martineau? Cette quête absolue de la popularité, de la gloire et du succès me laisse croire que la qualité est délaissée pour la quantité. Néanmoins, il demeure que cette hypermédiatisation de certains individus semblent nuire au débat public, à la qualité du débat du moins. On se suffit de soi-même comme autorité pour donner son opinion. Personne n’en est à l’abri! Évidemment. Le billet de blogue, par exemple, ne laisse pas toujours place à toutes les nuances qu’on voudrait. Entendons-nous, cette auto-suffisance peut se retrouver à la droite comme à la gauche de l&#8217;échiquier politique. Mais cet élément nous guette tous! Ce premier élément me semble fondamental dans le recette du chroniqueur vedette.</p>
<p><em>De la bipolarité du débat</em></p>
<p>Très souvent, on remarque qu’une bipolarité s’instaure graduellement dans l’espace public. Ce n’est pas une surprise pour personne. Les clans se radicalisent, à la droite comme à la gauche. Martineau y contribue en diabolisant l’image du gauchiste du plateau; ce bourgeois-bohème, artistico-hipster, écologiste, nationaleux. Comme si c’était l’ennemi à abattre. D’autre part, plus à gauche, on idéalise le stéréotype du <em>white angry man</em> de Québec, qui écoute CHOI, qui n’aime pas Montréal et sa clique, anti-féministe, etc. Et s’il existait des nuances de gris? Et si nous allions plus loin que les stéréotypes superficiels. Et si on débattait? Pour vrai. Encore une fois, je considère que cette facilité à tomber dans la généralisation n’est en rien bénéfique pour la discussion. Voilà un deuxième élément qui me semble fondamental dans la technique «Martineau». Rapidement, on se campe dans nos clans respectifs. J’en ai contre cette manière de faire, car elle se situe profondément dans la généralisation hâtive.</p>
<p>En définitive, je constate que Richard Martineau représente le symptôme d’une société qui a quelques difficultés avec des remises en questions sérieuses et plus approfondies. Ce polémiste m’apparaît être une figure de proue de ce que je constate comme une tendance dans les médias.  Le chroniqueur vedette est admiré comme détesté. Mais, il demeure qu’une certaine partie de la société lui accorde une crédibilité. C’est ce que je trouve curieux à vrai dire. Pourquoi avons-nous cette tendance à glorifier le vide? N&#8217;est-ce pas là un problème plus profond que nous impose la machine médiatique motivée par la recherche de sensations, de profits et dépendante de la loi du marché?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Sophie Durocher, non, je ne laisserai pas tranquille Madame Ambrose.</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Sep 2012 22:08:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sophie Durocher, voici les propos que vous avez tenus dans le Journal de Montréal. «Laissez tranquille Rona Ambrose! Quand la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sophie Durocher, voici les propos que vous avez tenus dans le Journal de Montréal.</p>
<p>«Laissez tranquille Rona Ambrose!</p>
<p>Quand la ligne de parti force les politiciens à tous pencher du même côté, on leur tombe dessus. Mais quand il y a un vote libre où chaque membre du parlement vote selon sa conscience, peut-on respecter leur choix ?</p>
<p>Rona Ambrose se fait critiquer parce qu’elle, une femme, ministre de la Condition féminine, a osé voter en faveur de la motion 312 sur l’avortement hier. Elle a voté selon sa conscience, et qu’on soit d’accord ou pas avec elle, elle a le droit de voter du côté qui correspond à ses valeurs.</p>
<p>La Fédération des Femmes demande maintenant sa démission.</p>
<p>Il me semblait pourtant que tous les groupes féministes défendent le droit fondamental des femmes à <strong>faire leurs propres choix</strong>. Ça devrait aussi inclure, pour Rona Ambrose, le choix de voter selon ce que lui dicte sa conscience.»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Voilà pourquoi je ne laisserai pas tranquille Rona Ambrose.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong></strong><strong>1. Madame Ambrose est ministre de la Condition féminine du Canada.</strong></p>
<p>Madame Ambrose n’est pas une citoyenne comme les autres. Elle représente les citoyens du Canada. Sa liberté de conscience, en tant qu&#8217;individu, a donc ses limites dans le cadre de ses fonctions. Effectivement, en tant que ministre, elle est redevable aux citoyens qui l’ont élue. Vous me direz que ce système représentatif donne la confiance au gouvernement qui peut prendre des choix. Certes, mais ce gouvernement se voit quand même dans l’obligation d’endosser des gestes qu’il défendrait devant ses citoyens. Or, Madame Ambrose défend une position qui n’entre pas dans les valeurs de plusieurs Canadiens. Il est donc normal d’avoir une réponse à ce geste, puisque n’oublions pas que Madame Ambrose est ministre de la Condition féminine. Elle représente donc, en quelque sorte, la vision du gouvernement à cet égard. Il est difficile d&#8217;accepter  ce geste, surtout dans le cadre de cette fonction qu’elle occupe.</p>
<p><strong>2. Se laisser dicter par sa liberté de  conscience, mais brimer la liberté des autres?</strong></p>
<p>La liberté de conscience de Madame Ambrose prime-t-elle sur la liberté de choisir des femmes canadiennes? Si nous endossons cette logique, cela voudrait dire que l’argument de la liberté individuelle prime sur toutes les autres? L’appui de la ministre de la Condition féminine implique nécessairement une prise de position politique. Or, chaque appui de plus à cette motion implique implicitement une volonté plus grande du gouvernement de défendre une telle proposition. Mais, si nous gardons la logique de liberté individuelle prônée par les conservateurs, ne serait-il pas plus cohérent d’appuyer la liberté de choisir des femmes?</p>
<p><strong>3. Les regroupements de femmes peuvent s’exprimer !</strong></p>
<p>Madame Durocher, si nous suivons votre logique de liberté d’expression, argument boiteux, il est tout à fait légitime de la part de la <a target="_blank" href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/09/27/003-ambrose-ffq-demission.shtml" >Fédération des femmes du Québec </a>d’exiger la démission de la ministre de la Condition féminine qui vient donner son appui à une motion remettant en question un droit des femmes pour lequel elles se sont battues pendant des années?</p>
<p><strong>4</strong>. <strong>Le relativisme moral ou un faux-argument</strong></p>
<p>L’argument de la liberté d’expression donne place à un simpliste relativisme moral  qui vient effriter un fondement même de d’idéal démocratique, celui-là même de débat. L’argument de «nous vivons dans une démocratie, nous avons tous droit à notre opinion» a pour effet de passer à côté de l’essentiel. Madame Durocher, la vraie question est la suivante: voulons-nous vraiment remettre en doute le droit à l’avortement? Voulons-nous revenir à un contrôle du corps de la part de l’État? Voulons-nous brimer la liberté de toutes les femmes de choisir?</p>
<p>Madame Durocher, laissez-moi vous poser une question? Êtes-vous vraiment féministe? Vous revendiquez vous encore de ce courant? Si la réponse à cette question est affirmative, laissez-moi vous dire une chose: défendre une femme qui appuie une motion promouvant un recul d’une société entière, particulièrement les femmes, ce n’est pas être féministe. C’est être anti-féministe. Pire, c’est appuyer une mesure anti-femmes. Le gouvernement de Madame Ambrose est anti-femmes, Sophie Durocher, le saviez-vous? Oui,  c’est son gouvernement qui a coupé 12 des 16 bureaux de Condition féminine Canada. C’est son gouvernement qui a jusqu&#8217;ici refusé catégoriquement de légiférer sur l&#8217;équité salariale et ce, malgré le rapport déposé en mai 2004 par le Groupe de travail sur l&#8217;équité salariale qui conclut que la Loi canadienne sur les droits de la personne est tout simplement inefficace. C’est son gouvernement qui a coupé le Programme de promotion de la femme (PPF) qui ne financera plus la recherche ni la défense des droits des femmes. C’est son gouvernement qui a coupé le International Planned Parenthood, cet organisme voué à aider les femmes des pays en voie de développement pour mieux planifier leur maternité.</p>
<p>Rona Ambrose, ministre de la Condition féminine, appuie la motion controversée qui vise à définir ce qu’est l’être humain en vertu du code criminel. Non, notre droit à l&#8217;avortement n&#8217;est pas un acquis, il faut se battre pour le conserver. La femme en moi est révoltée. Madame Ambrose  me donne toutes les raisons de croire que le féminisme est plus actuel que jamais. Et vous aussi d&#8217;ailleurs. C’est pour ces raisons, Sophie Durocher, que je ne la laisserai pas tranquille.</p>
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		<title>Je ne pourrai pas voter? Merci le DGE.</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Sep 2012 06:21:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léa Clermont-Dion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’écris ce billet, car nous sommes à trois jours du vote. Force est de constater que le service du Directeur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’écris ce billet, car nous sommes à trois jours du vote. Force est de constater que le service du Directeur général des élections est absolument lacunaire pour certains citoyens québécois qui sont à l’étranger. Je prends le temps d’écrire ce billet, car c’est bien mon dernier levier potentiel d’action afin d’exercer mon droit. En effet, j’ai bien peur que malgré  tous mes efforts de voter, je risque de ne pas pouvoir mettre mon X sur mon bulletin. Je trouve cette situation absolument inacceptable. Je suis fâchée et outrée de concevoir une telle désorganisation.</p>
<p>Voici les faits. Je suis déménagée il y a un mois environ à Paris dans le cadre de mes études. J’y séjournerai pour l’année. Je suis accompagnée par un pair québécois. Cette personne est dans la même situation que moi.</p>
<ol>
<li>Nous avons rempli les procédures en bon et dû forme dès le déclenchement des élections pour pouvoir voter le 4 septembre. Nous sommes donc inscrits sur la liste électorale.</li>
<li>Nous avons reçu la confirmation par courriel que nous étions inscrits sur la liste électorale il y a quelques jours.</li>
<li>Je communique avec l&#8217;équipe du DGE pour confirmer mon adresse en France. Ils l’ont bien enregistrée.</li>
<li>Quelques jours plus tard, à la fin août, toujours rien reçu.</li>
<li>Je décide d’écrire au service du DGE à nouveau. L’équipe me répond dans la journée. On affirme qu’une enquête est faite à l’égard de la compagnie d’envoi afin de savoir ce qui s’est passé avec mon bulletin de vote. Le premier bulletin aurait été égaré.</li>
<li>Je reçois hier un courriel d’une compagnie de livraison française. Je confirme la réception du courriel et leur demande de prendre rendez-vous. Mais je ne reçois aucune réponse.</li>
</ol>
<p>Nous sommes le premier septembre, j’attends toujours mon bulletin de vote. Mon acolyte est dans la même situation que moi. Cette circonstance est inacceptable et fâcheuse. Nous avons le droit de voter, nous voulons voter. Ce n’est pas la désorganisation bureaucratique des services du Directeur général des élections qui va m’en empêcher.</p>
<p>AJOUT 1:</p>
<p>J&#8217;aimerais spécifier que ce cas n&#8217;est pas à prendre comme une anedocte. Combien de Québécois sont à l&#8217;étranger? On nous bombarde de campagnes de sensibilisation sur l&#8217;importance de voter, mais on ne nous permet pas de jouir de notre propre droit au moment venu? Si nous avions des scrutins à date fixe, ce genre d&#8217;incidents malheureux pourraient probablement être plus facilement évités.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>AJOUT 2, confirmation, je ne voterai pas le 4 septembre 2012:</p>
<p><iframe width="500" height="375" src="http://www.youtube.com/embed/o7INPfiHuX8?fs=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
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