<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Léa Streliski</title>
	<atom:link href="http://voir.ca/lea-streliski/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://voir.ca/lea-streliski</link>
	<description>Un site utilisant Voir</description>
	<lastBuildDate>Mon, 21 Jan 2013 12:54:24 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.2.1</generator>
		<item>
		<title>Le silence des femmes.</title>
		<link>http://voir.ca/lea-streliski/2013/01/20/le-silence-des-femmes/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-streliski/2013/01/20/le-silence-des-femmes/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 20 Jan 2013 14:51:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lea Streliski</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-streliski/?p=13</guid>
		<description><![CDATA[Il y a plusieurs semaines que je tergiverse. Que je veux écrire sur le sujet. Le viol, pour être plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a plusieurs semaines que je tergiverse. Que je veux écrire sur le sujet. Le viol, pour être plus exacte&#8230; J’ai moi-même du mal à dire le mot et suis hésitante à écrire ce texte car il est douloureux. Il y a plusieurs semaines que les femmes en Inde se soulèvent et que nous avons écho d’histoires d’horreur. D’histoires d’horreur, face auxquelles, je suis lâche.</p>
<p>Je suis lâche car je ne veux pas les voir. Je ne veux pas les voir car elles font trop mal. Elles sont trop laides. Je dois les garder loin de moi, et pourtant… Le sont-elles vraiment ?</p>
<p>Combien sommes-nous à avoir été abusées ? Combien sommes-nous à connaître une femme qui l’a été ? Je parie que vous en connaissez une. Je parie que c’est arrivé à votre sœur ou à votre cousine, à votre fille ou à votre mère, à votre amie, à votre voisine, ou que c&#8217;est à vous que c&#8217;est arrivé.</p>
<p>Je parie que ça vous fait mal, je parie que c’est tapi en vous et je parie qu’à personne ou du-moins à presque personne, vous n’en avez jamais parlé. Même à vous. Même à vous, car ça fait trop mal.</p>
<p>Je regardais tantôt les meilleurs moments du Oprah Show. L&#8217;un des moments était une entrevue avec une dame qui avait de multiples personnalités. Elle avait été victime d&#8217;un viol à l&#8217;âge de deux ans et c&#8217;est suite à ce viol qu&#8217;elle avait éclaté en morceaux, littéralement, en 92 personnalités, pour être plus exacte. Pendant l&#8217;entrevue, Oprah l’écoutait attentivement et ne pouvait retenir ses larmes, de gros sanglots même.</p>
<p>Dans la rétrospective que je regardais, la Oprah d&#8217;aujourd&#8217;hui expliquait qu’à l’époque où elle avait tourné cette séquence, elle n’avait pas fait le deuil de l&#8217;agression sexuelle qu&#8217;elle avait elle-même subie… Elle n’avait pas encore fait, ce qu’elle appelle son « full circle moment », sa guérison.</p>
<p>Et c’est là que ça m’a marqué, en la revoyant, bien plus jeune, sangloter devant une victime d&#8217;un viol, j’ai ressenti son silence. J’ai ressenti le silence qu&#8217;elle avait vécu. J’ai ressenti toutes les années où elle avait dû se taire. Je me suis demandée à cet instant ce qu’il arriverait si les femmes parlaient.</p>
<p>Nous ne parlons pas parce que la peur, la douleur et l&#8217;humiliation sont trop grandes. Nous ne parlons pas parce que nous ne pouvons pas comprendre. Nous ne comprenons pas pourquoi les hommes peuvent prendre du plaisir pendant que nous avons mal. Nous ne comprenons pas pourquoi l&#8217;excitation sexuelle peut venir, pourquoi l&#8217;on peut retrouver du sperme quand une femme est meurtrie.</p>
<p>Nous ne comprenons pas cette rage, ni l’envie, nous ne comprenons pas le groupe, ni le troupeau, nous ne comprenons pas le désir de prendre.</p>
<p>Nous avons honte. Nous avons honte de ce qu’il nous reste. Nous avons honte de la naïveté, nous avons honte de notre jeunesse, nous avons honte de se laisser prendre, comme une vulgaire proie… Qui ne peut rien faire.</p>
<p>Perdre tout contrôle. Se rhabiller&#8230; Et continuer. Avancer. Vivre. Avec.</p>
<p>J’écrivais ce texte en me demandant ce qu’il se passerait si les femmes parlaient. Y aurait-il moins de viols ? Y aurait-il plus de conscience, y aurait-il plus d’hommes qui savent ce que ça fait aux femmes ? Y aurait-il moins de solitude ? Y aurait-il plus de gens qui se parlent ? Y aurait-il moins de douleur s&#8217;il y avait moins de silence des femmes ?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-streliski/2013/01/20/le-silence-des-femmes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>15</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-streliski-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>Verglas 98, les plus longues vacances de Noël de notre vie.</title>
		<link>http://voir.ca/lea-streliski/2013/01/06/verglas-98-les-plus-longues-vacances-de-noel-de-notre-vie/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-streliski/2013/01/06/verglas-98-les-plus-longues-vacances-de-noel-de-notre-vie/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 06 Jan 2013 13:00:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lea Streliski</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-streliski/?p=7</guid>
		<description><![CDATA[C’est il y a 15 ans que débutait la tempête de verglas. LA tempête de verglas. Si vous êtes né [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est il y a 15 ans que débutait la tempête de verglas.<span style="text-decoration: underline"> LA</span> tempête de verglas. Si vous êtes né dans les années 90, peut-être n’avez-vous pas beaucoup de souvenirs de cette tempête mémorable. Si, en revanche, vous êtes né dans les années 70 ou 80, vous étiez comme moi, en 98, juste assez vieux pour savoir mettre plein de couches de vêtements et juste assez jeune pour n&#8217;avoir aucune responsabilité. Bref, vous avez vécu la tempête de verglas comme les plus longues vacances de Noël de votre vie.</p>
<p>Oui, bien sûr, c’était une situation de crise. L’armée était dans les rues, ça devait être sérieux, mais beaucoup d’entre nous conservent somme toute un souvenir assez joyeux de cette période difficile et le sentiment d&#8217;avoir fait face ensemble à : &laquo;&nbsp;ah, il se passe quelque chose&nbsp;&raquo;.</p>
<p>J’aime bien quand il se passe quelque chose. Quand la nature nous demande de revoir notre train-train quotidien, que l’on est obligés de se souvenir de notre petite taille et de changer nos routes quadrillées pour en faire des lignes courbes.</p>
<p>Moi, j’allais à l’époque dans un collège privé français de Montréal. Un établissement qui, entre vous et moi, ne participait en rien à la tradition québécoise de se coller la face dans la radio pour savoir si ton école est fermée.</p>
<p>Si tu allais au Collège Marie de France, ton école n’était PAS fermée. Ton école était en territoire français (et l’est toujours) et  la France n’ayant qu’un petit climat tempéré de mauviette, quand Dame Nature québécoise faisait des siennes, on faisait ce que l&#8217;on a l&#8217;habitude de faire en France quand les femmes s’expriment, on l&#8217;ignorait.  (Haha ! Et paf !) Neige ou pas neige, on allait à l’école. Point.</p>
<p>SAUF ! Sauf cet hiver 98. Même le Corse mal engueulé qui me servait de directeur d’école avait dû rendre les armes. Ce coup-ci, à moins d’envoyer des hélicoptères nolisés à nos portes, il fallait se rendre à l’évidence: nous raterions l&#8217;école.</p>
<p>C’était tant mieux pour nous et tant pis pour lui, et d’autant plus une victoire que la tempête avait débutée, ô bonheur inespéré, un lundi 5 janvier, date prévue du retour en classes ! Date à laquelle, normalement, Gargamel se serait gargarisé de voir se corder ses Schtroumpfs en rang deux par deux et réjouit d’entendre sonner le glas de nos vacances de Noël.</p>
<p>Adieu repas des Fêtes, cadeaux, gâteaux et confiseries. Adieu temps libres, bols de céréales devant la télé, adieu Ciné-cadeau et Guerre des tuques, adieu journées en pyjama avec les frères et soeurs, adieu excès de clémentines et jeux de société&#8230; Place aux classes ternes, aux monologues interminables, à la froideur des néons, bref, place au retour à l&#8217;ordre.</p>
<p>Mais non, cette année-là, le changement de tableaux n’eût pas lieu. Le rideau ne tomba pas sur nos vacances, il resta coincé sous une épaisse couche de glace. Les vacances de Noël reprirent inopinément leur souffle et l’on vit  rosirent à nouveau les joues de ce corps voué à une mort certaine.</p>
<p>In-croy-able! Je me souviens des parties de corde à danser dans le sous-sol avec ma sœur où l&#8217;on portait  nos tuques, nos manteaux et nos bottes. Je me souviens des repas éclairés à la chandelle et de dormir emmitouflée sous plusieurs couches de couettes. Je me souviens des soirées entre amis chez ceux qui cuisinaient au gaz. Je me souviens du craquement des arbres glacés et de marcher dans le milieu de la rue pour éviter les branches qui s&#8217;échouaient au sol. Je me souviens du vert de l’armée dans le blanc de l&#8217;hiver, de la petite radio qu&#8217;écoutait mon père et surtout, je me souviens du sentiment de ne pas savoir quand tout cela allait finir.</p>
<p>D&#8217;être figée comme le reste, otage du moment présent et jouissant comme une imposteure de chaque minute qui se rajoutait gratuitement au calendrier de mes vacances de Noël.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-streliski/2013/01/06/verglas-98-les-plus-longues-vacances-de-noel-de-notre-vie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-streliski-p-428x285.jpg</image>
	</item>
		<item>
		<title>6 décembre 89, je me souviens.</title>
		<link>http://voir.ca/lea-streliski/2012/12/06/6-decembre-89-je-me-souviens/</link>
		<comments>http://voir.ca/lea-streliski/2012/12/06/6-decembre-89-je-me-souviens/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 06 Dec 2012 15:25:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lea Streliski</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[maman]]></category>
		<category><![CDATA[mère]]></category>
		<category><![CDATA[minute de silence]]></category>
		<category><![CDATA[Polytechnique]]></category>
		<category><![CDATA[rage]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://voir.ca/lea-streliski/?p=2</guid>
		<description><![CDATA[C’était la première minute de silence que j&#8217;observais. J’avais sept ans. Dans mon monde, sept années avaient donc réussies à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’était la première minute de silence que j&#8217;observais. J’avais sept ans. Dans mon monde, sept années avaient donc réussies à s’écouler sans drame. Mais ce matin-là, nous découvrions l’absurdité et la combattions par le silence. Ce qui, dans une classe de 2e année, n’était pas une mince affaire.</p>
<p>Je me souviens que debout derrière mon pupitre, j’avais trouvé la chose solennelle. Importante. J’aimais les rituels. Ou du moins, j’étais rassurée que les humains en aient. Pour officialiser ce genre de choses. S’unir dans des moments pareils.</p>
<p>Je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait. En même temps, y avait-il quelqu’un qui comprenait ? Ce que je savais, c’était qu’à quelques rues de l&#8217;école, s’était passé un drame. Une tragédie. Je me souviens des images de voitures de police, je me souviens de la proximité du drame et de l’inquiétude de ma mère.</p>
<p>14 femmes tuées à bout portant. C’était les filles que l’on visait, elle en avait mis deux au monde. Je ne sais pas comment j’aurais réagi en tant que mère. Probablement de la même manière que je réagis maintenant chaque fois que notre monde pond une nouvelle absurdité. Par la rage. La rage d&#8217;une mère, la rage silencieuse qui ne parle pas, mais éponge les fronts. La rage de voir ceux que l’on aime, de près ou de loin, souffrir, mourir, puis se sentir impuissante.</p>
<p>Quand on est mère, on ne parle pas de ces choses-là, on ne peut pas parler, car devenir mère nous rend trop vulnérable. On ne le dit jamais, mais la maternité raccourcit la distance qu’il existe entre nous et le monde.</p>
<p>Faire naître un enfant ouvre une porte d’empathie. Un contact. La vulnérabilité de ton nouveau-né te relie à celle du monde. La distance qui te sépare des autres n’est plus jamais la même. Tous les enfants deviennent un peu les tiens, car tu sais bien qu’ils sont tous les mêmes. Qu’ils ont tous les mêmes besoins. Et la même innocence.</p>
<p>Alors certaines choses ne deviennent plus supportables. Par survie, tu ne regardes plus les nouvelles, tu te gardes un bras de distance avec certaines histoires, certains films même, car tu ne peux plus les voir. Ça fait trop mal. La porte d’empathie ne peut plus être refermée, elle te donne un accès direct à la souffrance des autres, trop de choses deviennent d’une absurdité innommable.</p>
<p>C’est donc aux mères que je pense en ce 6 décembre 2012, vingt-trois ans plus tard. À celles qui ont perdu leur enfant ce jour-là, toutes celles qui ont perdu leur enfant, et qui ont vécu la rage silencieuse. La rage du décès de l&#8217;un des leurs et la rage de l’incompréhension. La rage d’avoir mis un enfant au monde qu’on leur a retiré.</p>
<p>C’est à elles que je pense et à moi qui suis maintenant maman. De deux garçons, que j’espère, je saurai élever dans le respect des femmes.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://voir.ca/lea-streliski/2012/12/06/6-decembre-89-je-me-souviens/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		<image>http://voir.ca/images/photos-auteurs/lea-streliski-p-428x285.jpg</image>
	</item>
	</channel>
</rss>
