Jean-Paul Dubois fait avec talent la synthèse des lubies de notre époque. Ses personnages sont des archétypes, tous incarnent les angoisses qui nous habitent (et qui, on s’en doute, obsèdent aussi l’auteur): un vieil homme se découvre, sur le tard, une âme de noceur; son fils, marié depuis 30 ans à une femme qui n’a pas l’intention de sortir de sa dépression volontaire, est de moins en moins convaincu de sa propre utilité. Paul Stern, Toulousain quinquagénaire, script doctor de profession, accepte donc un contrat à Hollywood, où il réécrira le scénario du remake américain d’un mauvais film français. Alors qu’il se glisse dans la ouate de sa nouvelle vie californienne, il fera la rencontre de Selma, jeune femme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa femme Anne, les années en moins, le sourire en plus. Comme c’est l’habitude chez Dubois, l’actualité est présente à tous les chapitres. Il livre notamment une analyse désopilante de la dernière campagne présidentielle française. Les Accommodements raisonnables (c’est au Québec qu’il a eu l’idée du titre) tire avec beaucoup d’ingéniosité le portrait d’une société occidentale, américaine et française, où il est de plus en plus difficile de faire la différence entre fiction et réalité. Humour, sensibilité, ton décalé: on retrouve ici tous les ingrédients d’un bon Dubois. Éd. de l’Olivier, 2008, 261 p.

Les Accommodements raisonnables Critique par - 2008-09-18
Cote: 3

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