Malgré quelques beaux succès récents de la BD au Québec, les oeuvres créées ici peinent à se tailler une place dans les médias et au sein de l’intelligentsia de la littérature. À l’occasion du Salon du livre de Montréal, on en discute avec deux auteurs qui prendront part cette année à l’événement.

Pour Michel Falardeau (French kiss 1986), "la BD et le roman vivent le même combat. Peu de place dans les médias, pratiquement aucune à la télévision. Par contre, j’ai l’impression que depuis quelques années, il y a quelque chose de in dans le fait de s’intéresser à la BD". Philippe Girard (Tuer Vélasquez, La mauvaise fille) remarque à ce titre quelques bons changements. "Plus d’auteurs, d’éditeurs et de bons livres se sont taillé une place dans l’espace médiatique", mais malheureusement, "trop souvent, on demande à un critique littéraire de donner son avis sur une bande dessinée au lieu d’inviter le créateur à parler de sa démarche et de son travail".

Les deux auteurs s’accordent, presque dans les mêmes mots, pour identifier un préjugé qui entoure toujours la BD, une "paralittérature pour les enfants ou les simples d’esprit", selon Girard, ou encore, pour Falardeau, des livres "pour enfants ou pour adultes débiles".

Les auteurs de BD partent donc quelques pas derrière dans la course à la reconnaissance. Ils doivent, d’une part, faire valoir la valeur de l’écriture graphique (le dessin fait partie du texte) auprès des médias et de certains collègues d’autres disciplines, mais aussi se sortir de l’éternel carcan qui range leur travail quasiment dans les rayons des jouets. Une mauvaise réputation qui mène à bien des incongruités, comme dans le cas des Prix du Gouverneur général.

"L’une des situations les plus injustes pour la bande dessinée, explique Girard, c’est que pour les Prix du Gouverneur général, elle est classée dans la catégorie Littérature jeunesse. En clair, ça signifie que pour décrocher cette palme, il faut obligatoirement faire de la BD pour enfants. Pourtant, la plupart des albums qui font leur chemin dans les médias et auprès des lecteurs s’adressent aux adultes. C’est un non-sens que plusieurs auteurs de BD ont dénoncé et qui perdure."

Voilà une situation assez bizarre, en effet, quand on pense que les grands classiques de la BD sont loin de se limiter à un public jeune. De plus, plusieurs oeuvres perçues comme des amusements pour enfants ne révèlent leur profondeur réelle qu’entre les mains d’un adulte… Il n’y a qu’à penser à Achille Talon pour s’en convaincre!

French kiss 1986
de Michel Falardeau
Éd. Glénat Québec, 2012, 160p.

La mauvaise fille
de Philippe Girard
Éd. Glénat Québec, 2012, 167p.

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Séances de dédicaces
Kiosque 22

Michel Falardeau
16 novembre: 18h à 20h
17 novembre: 13h à 15h

Philippe Girard
17 novembre: 15h à 17h et 18h à 20h


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