À la fin de leurs études en communication, trois jeunes hommes entrent de plain-pied dans la vie adulte, chacun choisissant une voie qui lui est propre. Un jour, les trois hommes se retrouvent lors d’un souper, mesurant ainsi le chemin parcouru en une vingtaine d’années.

Le nouvelliste, romancier, chercheur et essayiste Naïm Kattan signe ici, avec Le réveil des distraits, un portrait froid d’une génération qu’on peine à situer dans la fresque contemporaine. C’est que Didier, Edgar et Rodney ont étudié ensemble et ont été attirés par les «nouvelles technologies» dont on nous ressassera l’intérêt à tort et à travers tout au long du roman, sans jamais approfondir le sujet. Ah! L’appât des «nouvelles technologies» qui révolutionneront le monde du livre et du jeu vidéo, de l’immobilier et du journalisme! Un sujet vaste qui ne semble finalement pas intéresser les trois protagonistes et leur créateur, figé dans une appellation douteuse et datée.

Avec froideur et sans enthousiasme, Kattan se penchera tour à tour sur les vies des trois hommes, leurs amours déchues, solides ou frivoles, et leurs choix de carrière, mais sans réellement entrer dans le vif du sujet, arrivant sur le tard à ce fameux «réveil». Ce traitement distant et – que dis-je – distrait ne fait pas le poids face au foisonnement des thématiques abordées par l’auteur – entre autres, les amours sud-américaines d’Edgar et ses recherches journalistiques sombrent dans la redondance et le barbant. Quel dommage, car Le réveil des distraits regorge de personnages qui avaient le potentiel de fasciner le lecteur s’ils avaient vécu la fièvre, la passion ou encore le désespoir et l’absence que Kattan souhaitait leur prêter.

Éd. Hurtubise, 2012, 298 p.

Le réveil des distraits Critique par Voir - . Cote: 2

Le réveil des distraits
Auteur : Naïm Kattan

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