C’est un bien bel album que nous ont livré Olivier Bocquet et Julie Rocheleau plus tôt cette année. Premier tome d’une série de trois, La colère de Fantômas: Les bois de justice s’inspire des romans de Pierre Souvestre et Marcel Allain, véritables succès de la littérature populaire au début du siècle dernier un peu tombés dans l’oubli, bien que le nom du personnage presque mythique continue d’évoquer de vagues souvenirs. D’emblée, dans une courte introduction, Bocquet s’affaire à nous rappeler l’importance de Fantômas et insiste à nouveau à la toute dernière page sur son influence dans l’imaginaire de quelques écrivains (Sartre, Cocteau, Apollinaire, etc.). Une influence qui justifie presque à elle seule qu’on veuille aujourd’hui actualiser le mythe et lui redonner vie.

D’une facture graphique irréprochable, à la fois diffuse et bien campée dans l’époque, le scénario souffre toutefois de quelques fausses notes. On sent que le récit, à quelques endroits, demeure prisonnier de la tête des auteurs. Les personnages se bousculent sans qu’on puisse les saisir dans toute leur profondeur, comme si on tentait de condenser en quelques pages une histoire qui mériterait d’être plus finement ciselée. On comprend par ailleurs – ou on espère plutôt – que ce premier tome a la vocation d’une mise en bouche et non d’un plat de résistance. À lire, en attendant la suite.

Éd. Dargaud, 2013, 56 p.

La colère de Fantômas: Les bois de justice Critique par - 2013-04-11
Cote: 3


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