In memoriam : Léo Bonneville

27 juin 2007 12h21 · Manon Dumais

Ce matin ont eu lieu les funérailles du fondateur de la revue Séquences, Léo Bonneville, décédé à l'âge de 87 ans des suites d'une fibrose. Voici un texte que m'a envoyé Pierre Pageau, professeur de cinéma à la retraite, auteur et animateur à Radio Centre-Ville, qu'il avait écrit pour les RVCQ afin de souligner les 50 ans de Séquences.

Séquences a 50 ans. En effet, c'est avec le numéro d'octobre 1955 que débute la parution de Séquences. La revue est publiée par la Commission des ciné-clubs du Centre catholique du cinéma de Montréal. Jean-Marie Poitevin, prêtre des Missions étrangères, et réalisateur de À la croisée des chemins (1942), en est le fondateur et premier directeur. Mais, Léo Bonneville, c.s.v., en prend la direction au numéro 6, en octobre 1956, et il anime cette revue jusqu'en octobre 1994 (sauf en 1961-1962, alors qu'il est remplacé par Robert-Claude Bérubé). Ce qui constitue un record un record en soi. Durant toutes ces années c'est lui qui en est le principal éditorialiste; c'est donc lui qui prend position pour la revue. On comprend facilement que parler de Séquences c'est parler de monsieur Bonneville et, inversement, parler de M. Bonneville c'est parler de Séquences.

De 1955 à 1961, la revue s'identifie comme «Cahier de formation et d'information cinématographique», puis de 1962 à 1970 elle devient «Revue de formation et d'information cinématographiques à l'usage des ciné-clubs». À cette époque, sous la gouverne de Léo Bonneville, la revue est un instrument privilégié pour alimenter les ciné-clubs, avec ses analyses de films, des entrevues, des questionnaires et, surtout, des stages de cinéma. En 1970, avec la disparition des ciné-clubs, Séquences devient une revue indépendante et elle utilise le titre de «Revue de cinéma» à partir d'octobre 1972.

J'ai connu les concours Séquences; en effet pour atteindre un objectif de 5000 abonnements Séquences encourage la vente de sa revue et récompense les collèges, couvents, ou séminaires gagnants. D'autre part ce que j'ai connu du travail de Léo Bonneville, ce sont les stages qu'il organisait, l'été, pour les jeunes animateurs de ciné-clubs. Léo Bonneville est convaincu qu'il faut un apprentissage pour diriger un ciné-club; il faut bien connaître sa nature, ses exigences, ses rouages. Nous, moi et nombreux autres passionné(e)s du cinéma, apprenons notre «métier» par des exercices de présentation orale de films, par l'écriture de critiques, par des ateliers de discussion.

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  • Manon Dumais
    Après des études en arts, en cinéma et en littérature, j’ai tenté de me trouver un poste d’enseignante au cégep ou devenir muse d’un grand écrivain. Ayant un loyer à payer, je suis tour à tour devenue correctrice-réviseure, rédactrice de manuels scolaires et fille de pub. Puis, par un beau jour d’automne, je devins journaliste et critique de cinéma. The rest is history, comme qu’on dit…

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