Cannes 2008: Je me suis régalée!

23 mai 2008 9h20 · Manon Dumais

Les films se suivent et ne se ressemblent pas. Ainsi, autant j'avais craqué pour La Nina Santa de Lucrecia Martel, j'avais détesté L'Ami de la famille de Paolo Sorrentino. Eh bien, cette année, le film de Martel, comme vous le savez déjà, m'a laissée de glace, tandis que j'ai été enchantée du nouveau Sorrentino, El Divo.

Heureusement que j'avais lu le dossier de presse avant de voir ce portrait du politicien Giulio Andreotti (incroyable Toni Servillo), parce que, n'étant pas férue de politique italienne comme Nanni Moretti, j'en aurais sûrement perdu des bouts tant on nous balance d'info à la gueule dès les premiers plans.

Sept fois Président du Conseil et 25 fois ministre, celui qui fut notamment surnommé le Joli Petit-Bossu a été accusé du meurtre du journaliste Mino Pecorelli et d'être de connivence avec la maffia. Malgré ces lourdes accusations, l'homme s'en est tiré et fait toujours de la politique active.

Fort d'un montage musclé, de plans recherchés, d'une ambiance insolite de film d'épouvante, d'une bande sonore farfelue et de répliques assassines, Il Divo emprunte à Tarantino, voir l'entrée en scène du cabinet Andreotti, et aux Sopranos, dans sa façon de dépeindre avec humour noir un milieu corrompu.

Evidemment, c'est un peu pervers comme manière d'illustrer un homme qui a l'air de tout sauf d'un ange, toutefois, si le personnage nous amuse beaucoup, rien ne nous le rend symptathique. En fait, je ne souhaiterais pour rien au monde le croiser une nuit dans une ruelle de Rome de crainte de plus jamais revoir le jour. Enfin, devant un film aussi explosif (je ne fais pas qu'allusion aux nombreux meurtres) et distrayant, ça donne envie de se plonger dans l'étude de la politique italienne.

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 1

  • 18 octobre 2008 · 15h18 anonymous

    Il Divo, samedi, à 16 h 45, à la salle Fellini. Entre les murs, samedi, à 19 h 30, à l'Impérial;

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  • Manon Dumais
    Après des études en arts, en cinéma et en littérature, j’ai tenté de me trouver un poste d’enseignante au cégep ou devenir muse d’un grand écrivain. Ayant un loyer à payer, je suis tour à tour devenue correctrice-réviseure, rédactrice de manuels scolaires et fille de pub. Puis, par un beau jour d’automne, je devins journaliste et critique de cinéma. The rest is history, comme qu’on dit…

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