Blogue de Manon Dumais Cinémaniaque RSS

Après des études en arts, en cinéma et en littérature, j’ai tenté de me trouver un poste d’enseignante au cégep ou devenir muse d’un grand écrivain. Ayant un loyer à payer, je suis tour à tour devenue correctrice-réviseure, rédactrice de manuels scolaires et fille de pub. Puis, par un beau jour d’automne, je devins journaliste et critique de cinéma. The rest is history, comme qu’on dit…

TIFF 2012 : Karim Hussain chez Brandon Cronenberg

6 septembre 2012 · Cinéma · Manon Dumais

En attendant de pouvoir lire les propos d’Emily Blunt pour Looper de Rian Johnson, de Jacques Audiard, Marion Cotillard et Matthias Shoenarts pour De rouille d’os, je vous offre, en reprise, les propos de Karim Hussain, directeur photo d’Antiviral de Brandon Cronenberg, lequel était présenté aujourd’hui au TIFF. « J’ai plus ou moins mis ma carrière de réalisateur en veilleuse, me confiait celui l’on connaît davantage au Québec comme réalisateur de La belle bête à quelques jours de son départ pour Cannes. Ça prend tellement d’années pour faire un film qu’à un certain point, j’en ai eu marre. Sincèrement, ma partie favorite de tout ce processus, c’est la direction photo. Quand je peux travailler sur des projets comme Antiviral de Brandon Cronenberg, Hobo with a Shotgun de Jason Eisener, Territoires et Week-end d’Olivier Abbou ou le sketch de Theatre bizarre de Douglas Buck, des gens dont j’admire le travail, c’est le meilleur truc pour moi. Récemment, quand j’ai sorti Theatre Bizarre, pour lequel j’ai réalisé un sketch, ça m’a rappelé un peu tout le processus de la sortie d’un film comme réalisateur. Je me suis souvenu que je n’aimais pas trop la promo; je préfère me retrouver derrière la caméra. Je [...]

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Fantasia 2012 : Jeux de main, jeux de vilains

31 juillet 2012 · Divers · Manon Dumais

Pour son premier long métrage de fiction, Jason Lapeyre (Faceless) n’y va pas de main morte. Campant la majorité de l’action dans un hôpital de Toronto où l’on ne voudrait certainement pas se faire soigner, le réalisateur canadien signe un thriller où certains bons peuvent être facilement corrompus et certains méchants cachent plus de vices qu’ils ne le laissent croire. À la suite d’un vol de diamants ayant mal tourné, un cambrioleur (Ryan Robbins) se retrouve dans le coma à l’hôpital; à son chevet veille une jeune policière sans peur et sans reproche (Zoe Palmer). Aussitôt sorti du coma, le malfrat tente de convaincre la policière de l’aider à s’évader, mais la jeune femme n’est pas du genre à se faire mener par le bout du nez. Entre en scène le supérieur du cambrioleur (William McDonald) qui veut récupérer les diamants et savoir qui a tué son acolyte lors du vol. S’ensuivra un fébrile jeu du chat et de la souris où chacun voudra sauver sa peau – et dans le cas de la pauvre policière, retrouver sa main qu’on lui a froidement sciée – en rivalisant de ruse. Teinté d’humour noir et truffé de moments d’une cruelle violence, tantôt [...]

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Fantasia 2012 : Magie noire et masque blanc

23 juillet 2012 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Alors de quelle façon avez-vous envie de fuir la canicule aujourd’hui? En vous échappant de la réalité pour vous réfugier dans l’horreur made in Argentine ou en découvrant la réalité derrière le mouvement Anonymous? La memoria del muerto de Valentín Javier Diment (Argentine) Quelques semaines après la mort de son mari, une veuve éplorée (Lola Berthet, qui en fait des tonnes… comme tous ses partenaires) réunit les amis du défunt afin de recueillir leur âme et ainsi faire revenir l’être aimé à la vie. La petite soirée intime se transforme bientôt en un carnaval des plus sanglants où chacun sera confronté aux fantômes de son passé. À des lieues du lyrisme de Guillermo Del Toro (El Espinazo del diablo, El laberinto del fauno) ou du classicisme de Juan Antonio Bayona (El orfanato), La memoria del muerto  de Valentín Javier Diment pioche allègrement dans les clichés propres au genre en multipliant les effets choc bien dégoulinants. Avec son look fauché, son interprétation forcée et ses effets artisanaux, cette production argentine rappelle avec panache les films d’horreur de série b qui ont fait le bonheur des amateurs dans les années 70. Ce lundi, [...]

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Fantasia 2012 : Sushi ou origami?

22 juillet 2012 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Vous aimez les récits d’apprentissage mettant en scène une jeune fille contre qui le sort s’acharne? Eh bien, ce dimanche vous serez servis puisque Fantasia vous propose deux films aux antipodes l’un de l’autre, l’un loufoque et déjanté, l’autre mélancolique et poétique, mettant tous deux en scène une héroïne peu ordinaire. Dead Sushi de Noboru Iguchi (Japon) Lasse de suivre les leçons de confection de sushi de son père sévère (Jiji Bû, vu dans Tokyo Gore Police de Yoshihiro Nishimura), Keiko (Rina Takeda, jeune étoile des arts martiaux) trouve un emploi dans une auberge où l’on ne respecte pas la tradition du sushi. Moquée par ses employeurs et les clients, Keiko n’est pas au bout de ses peines lorsqu’un savant fou (Kentarô Shimazu, aussi vu dans Tokyo Gore Police) transforme les sushi en dangereuses créatures mangeuses d’hommes. Réalisé par Noboru Iguchi (Robo-geisha, The Machine Girl, Sukeban Boy), cette comédie d’horreur déjantée à la prémisse plus que farfelue carbure aux effets spéciaux outranciers et aux situations loufoques. Les acteurs jouent avec tant d’emphase des personnages hystériques que la télésérie Le cœur a ses raisons semble avoir été réalisée par Bergman. Certes, on ne s’ennuie pas un instant durant ce [...]

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Karlovy Vary 2012: Un doublé pour Camion

9 juillet 2012 · Divers · Manon Dumais

La semaine dernière au 47e Festival International de films de Karlovy Vary, trois films québécois ont reçu un bel accueil des festivaliers : Les manèges humains de Martin Laroche, avec la belle révélation du film Marie-Évelyne Lessard, Mars et Avril de Martin Villeneuve, où Jacques Languirand et Caroline Dhavernas forment un couple étonnant, et Camion de Rafaël Ouellet, porté par le magnifique trio formé de Julien Poulin, Patrice Dubois et Stéphane Breton. Ce film prenant de Ouellet a d’ailleurs remporté deux prix, soit le prix Œcuménique, à quelques heures de la cérémonie de clôture, et le prix du Meilleur réalisateur le soir même – le cinéaste arborait d’ailleurs fièrement son carré rouge. Espérons que le « jeune » réalisateur remporte autant de succès à la prochaine remise des Jutra… Au cours de la cérémonie de clôture, où des baigneuses installées sur des podiums exécutaient des mouvements de natation, Susan Sarandon a dédié à son amie la regrettée Nora Ephron son prix pour sa contribution exceptionnelle au septième art – en début de festival, Helen Mirren recevait également cet honneur. Martin Lund a reçu le Grand prix pour The Almost Man et Marco Tullio Giordana, le Prix spécial du jury pour Piazza Fontana : The [...]

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Karlovy Vary 2012 : le juré Papineau

9 juillet 2012 · Divers · Manon Dumais

Qu’ont en commun Richard Peña, Rajko Grlić, Maria Hatzakou, Makram Khoury, Joanna Kos-Krauze, Ivo Mathé et François Papineau? Cette semaine, ils ont la chance et l’honneur de former le grand jury du 47e Festival International de Karlovy Vary, une expérience que l’acteur québécois qualifie d’étrange, intéressante et harmonieuse. « Je n’appréhende pas le débat, confie-t-il. On a déjà eu des échanges sur les quatre premières projections, ça s’est super bien passé. Je ne pense pas qu’il y a des gens qui vont vouloir que ça s’éternise, on va chercher le consensus relativement facilement. C’est parfois intimidant quand tu regardes les CV de chacun, surtout qu’il y en a qui savent s’en servir. » Avant Papineau, l’autre Québécois à avoir siéger sur ce jury a été le producteur Rock Demers en 2003 :« J’étais ici il y a deux ans pour présenter Trois ans après la mort d’Anna de Catherine Martin. J’avais rencontré la programmatrice de l’époque Anna Novotna, qui venait aussi à Montréal pour visionner les films et rencontrer les gens; je l’y ai rencontrée l’avant-dernière fois qu’elle est venue. Je lui avais dit que si jamais elle avait besoin de quelqu’un disponible qu’elle pouvait m’appeler. J’ai [...]

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Karlovy Vary 2012 : le système D

9 juillet 2012 · Divers · Manon Dumais

À écouter les propos de Martin Villeneuve, la réalisation de son premier long métrage, Mars et Avril, fut une odyssée pour le moins périlleuse, voire cauchemardesque. Ainsi, peu importe la question, il en revient toujours aux nombreuses difficultés rencontrées en chemin, lesquelles l’ont toutefois permis de se dépasser de son propre aveu. Il faut dire que ce projet, qui avait débuté modestement en photo-roman il y a une dizaine d’années, était plus qu’ambitieux, c’est-à-dire, très coûteux. « Le livre a toujours été un objet de grand intérêt et de fascination pour moi, affirme Villeneuve. Quand j’ai commencé le tome 1, j’étudiais en design graphique et en cinéma; c’était une plate-forme de grande liberté de revisiter le photo-roman avec un parti pris moderne où je pouvais raconter une histoire qui n’était pas tributaire d’une machine complexe comme le cinéma et le théâtre. C’est Robert Lepage qui a eu l’idée d’en faire un film en venant faire les photos du tome 2; il avait lu le premier tome et avait assez aimé ça pour s’impliquer dans le second. Selon lui, de combiner les deux tomes ferait un bon film. » Le premier tome ayant été bien accueilli, il allait de soi [...]

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Karlovy Vary 2012 : un couple étonnant

9 juillet 2012 · Divers · Manon Dumais

Jacques Languirand a rencontré Martin Villeneuve il y a une dizaine d’années alors que celui-ci étudiait en design graphique. L’homme de radio ayant tâté du théâtre avec la troupe des Compagnons du père Legault ne se doutait pas que ce jeune homme rêvant de travailler avec lui allait lui permettre de jouer au grand écran l’amoureux transi d’une jeune femme, qui plus est, l’actrice d’expérience Caroline Dhavernas. « J’ai adoré ça, faire semblant, c’est un sport extraordinaire, lance Jacques Languirand. J’ai beaucoup aimé joué avec les instruments qui étaient plus fous les uns que les autres. Toute cette folie-là m’a intéressé, c’est pourquoi lorsqu’il m’a appelé et qu’il m’a dit qu’il avait un rôle pour moi, je croyais que c’était d’apparaître ici et là. »  Dans Mars et Avril, le débutant de 81 ans incarne un musicien célèbre dont les instruments à vent sont conçus d’après des corps de femmes par un jeune créateur (Paul Ahmarani) et son génie de père (Robert Lepage). Lorsqu’arrive un jour Avril (Dhavernas), photographe asthmatique, le vieux musicien et le jeune créateur ont tous deux le coup de foudre pour cette muse folle d’amour pour le vénérable vieillard. Au même moment, l’Homme s’apprête à [...]

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Karlovy Vary 2012 : Père et fils

5 juillet 2012 · Divers · Manon Dumais
Karlovy Vary 2012 : Père et fils

Camion de Rafaël Ouellet possède des qualités narratives et visuelles indéniables, mais il ne faudrait certainement pas passer sous silence le superbe trio d’acteurs que forment Julien Poulin, Patrice Dubois et Stéphane Breton : « La direction de Rafaël est extrêmement importante, reconnaît Poulin. Tu as beau diriger, il faut que tu puisses guider avec des images, avec un ton. Rafaël a créé un climat très, très intime. L’autre élément important, c’est l’endroit. Pour le tournage, je me suis retrouvé à Dégelis, un endroit plein de camionneurs. J’allais dîner avec des camionneurs; tranquillement, je les observais pour m’en inspirer. » « C’est tellement important de vivre avec ce qu’on fait et de faire avec ce qu’on vit, renchérit Dubois. Il y a une espèce de cohabitation avec nos projets, ça change notre façon de vivre, ce travail-là devient plus un temps que tu donnes à quelque chose. Je ne craignais pas d’avoir deux jours de congé à Dégelis, de restes dans mes affaires. » Sombrant peu à peu dans la dépression après avoir subi un accident de la route, le père Racine (Poulin), veuf, appelle son fils Samuel (Dubois), qui [...]

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Karlovy Vary 2012 : De Bergman… à Passe-Partout

5 juillet 2012 · Divers · Manon Dumais
Karlovy Vary 2012 : De Bergman… à Passe-Partout

« Jusqu’à quel âge est-on encore considéré comme un jeune réalisateur? » a demandé aux journalistes québécois Rafaël Ouellet, 38 ans, venu présenter son quatrième long métrage, Camion, en compétition officielle au 47e Festival international de films de Karlovy Vary. J’aimerais bien pouvoir lui répondre, toutefois après avoir vu Camion, prenant portrait d’hommes à la dérive, je me dis que bientôt on laissera tomber l’épithète « jeune » pour la remplacer par « accompli ». De fait, avec Camion, Ouellet signe son film le plus mûr, le plus abouti, tant au niveau du récit que de la mise en scène. Alors qu’il songeait à tourner un film-laboratoire sur son père camionneur et son frère, le réalisateur, craignant que le résultat soit plutôt ennuyant a alors imaginé une fiction mettant en scène un camionneur. Lui est apparu le visage de Julien Poulin pour ce rôle, puis celui de Patrice Dubois, vu dans Derrière moi, dans le rôle du fils, et enfin, celui de Stéphane Breton, qui avait joué sous sa direction dans un court métrage improvisé à Regard sur le court, pour incarner le second fils. Film traitant de la dépression, de la [...]

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