Blogue de Manon Dumais Cinémaniaque RSS

Après des études en arts, en cinéma et en littérature, j’ai tenté de me trouver un poste d’enseignante au cégep ou devenir muse d’un grand écrivain. Ayant un loyer à payer, je suis tour à tour devenue correctrice-réviseure, rédactrice de manuels scolaires et fille de pub. Puis, par un beau jour d’automne, je devins journaliste et critique de cinéma. The rest is history, comme qu’on dit…

TIFF 2012 : Audiard et le discours amoureux

7 septembre 2012 · Cinéma · Manon Dumais

Peu après la projection de De Rouille et d’os à Cannes, plusieurs critiques ont fait des rapprochements entre le couple Devos-Cassel de Sur mes lèvres avec le couple Cotillard-Schoenaerts. Puisque Jacques Audiard parle de son nouveau film, mélodrame romantique porteur d’espoir, comme l’antidote à Un prophète, huis clos sombre et masculin, je lui ai demandé si De rouille et d’os était aussi l’antidote à Sur mes lèvres. « Dans Sur mes lèvres, le film se terminait au moment où le couple allait baiser, or, dans De rouille et d’os, on a déjà passé ce stade. J’ai réalisé très tardivement qu’il y avait des similitudes entre ces deux films; d’ailleurs, si j’y avais pensé, ça m’aurait sans doute inquiété. Je dirais que c’est un prolongement; en ce moment, j’aimerais faire quelque chose sur le discours amoureux. Chez madame de la Fayette, on parlait, on écrivait comme on faisait l’amour; toute la littérature courtoise et précieuse était de cette nature-là aussi. Entre le XVIe et le XVIIe siècle, il y a vraiment cette jouissance du dialogue amoureux. Aujourd’hui, comme on couche le premier soir, qu’est-ce qu’on se dit après? Qu’est-ce qu’il nous reste dans ce monde où il y aurait une parité sexuelle, [...]

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TIFF 2012 : Audiard et Bidegain pour une troisième fois

7 septembre 2012 · Cinéma · Manon Dumais

Vendredi après-midi, je me suis retrouvée seule quelques instants avec Thomas Bidegain, scénariste de Rouille et d’os, alors que Jacques Audiard était retenu je ne sais où ni pour quelle raison. Comme on nous propose rarement de rencontrer des scénaristes, j’étais plutôt contente de ce petit retard et j’en ai profité pour lui demander si le métier était aussi ingrat qu’on le raconte, c’est-à-dire, s’il se sentait dépossédé de son travail dès qu’il était pris en charge par le réalisateur. Voici ses propos. « Jacques a été scénariste, alors il sait ce que c’est. C’est le troisième film – De battre mon cœur s’est arrêté, Un prophète et celui-ci – sur lequel on travaille ensemble. Je fais un peu plus que le travail de scénario. D’habitude, j’accompagne vraiment le film. Je fais tout le travail de préparation et ensuite, pendant le film je vois les rushs avec Jacques, qui n’aime pas beaucoup voir les rushs; ainsi, ça me permet de retravailler certaines scènes. Tous les jours, je fais un compte rendu. La différence avec les scénaristes qui n’écrivent que le film, c’est qu’avec Jacques, on accompagne vraiment l’idée qu’on écrit pas une histoire mais l’idée qu’on écrit un film. Jusqu’au mixage [...]

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TIFF 2012 : la douce Cotillard chez le dur Audiard

6 septembre 2012 · Cinéma · Manon Dumais

Bien qu’il soit revenu bredouille de Cannes, De rouille et d’os de Jacques Audiard est un grand film. Et même s’il est humainement impossible de voir tous les films programmés à Toronto, je puis affirmer qu’il s’agit sans doute de l’un des meilleurs films à voir au cours de ce prestigieux festival. Écrit avec Thomas Bidegain, De rouille et d’os est l’adaptation libre de nouvelles de Craig Davidson, écrivain canadien vivant aux États-Unis; l’une d’elle raconte l’histoire d’un boxeur; l’autre, celle d’un dompteur d’orques. Souhaitant raconter une histoire d’amour après le drame carcéral Un prophète, Audiard et Bidegain ont revampé ces personnages afin de former un couple en devenir. Ce matin, j’ai eu la chance de rencontrer, très brièvement, Marion Cotillard qui y campe avec un mélange parfait de fougue et de sobriété une jeune dresseuse d’orques victime d’un grave accident qui trouvera réconfort auprès d’un jeune homme (Matthias Schoenaerts) doué pour les sports de combats vivant aux crochets de sa sœur (Corinne Masierro) avec son fils (Armand Verdure). Dans l’une des plus belles scènes du film, le personnage de Cotillard retourne sur les lieux de l’accident et engage un dialogue silencieux avec l’orque lui ayant arraché les jambes : « Il [...]

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TIFF 2012 : Emily Badass Blunt

6 septembre 2012 · Cinéma · Manon Dumais

Grâce à son rôle d’assistante arrogante de Meryl Streep dans The Devil Wears Prada, l’actrice britannique Emily Blunt est devenue très en demande à Hollywood. Incarnant une fermière du Midwest qui n’a pas froid aux yeux dans le thriller de science-fiction Looper de Rian Johnson, Blunt pourrait bien voir sa carrière prendre un nouveau tournant. D’ailleurs, elle était plus que ravie d’annoncer qu’on la verrait l’an prochain dans All You Need Is Love de Doug Liman, un film d’action et de science-fiction où elle en fera voir de toutes les couleurs à Tom Cruise. Campé en 2042, Looper met en scène un jeune tueur à gages (Joseph Gordon-Levitt) dont le travail consiste à liquider pour la mafia des témoins gênants parachutés du futur. Or, un jour, l’homme mûr qui lui fait face n’est nul autre que lui-même. Commence un jeu du chat et de la souris entre le tueur et son double; le plus jeune trouvera refuge chez une fermière (Blunt) vivant seul avec son fils de cinq ans (Pierce Gagnon), qui possède de mystérieux dons. À l’instar de Joseph Gordon-Levitt, qui devait passer trois heures au maquillage afin de ressembler à Bruce Willis, qui l’incarne 30 ans plus tard, [...]

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TIFF 2012 : Karim Hussain chez Brandon Cronenberg

6 septembre 2012 · Cinéma · Manon Dumais

En attendant de pouvoir lire les propos d’Emily Blunt pour Looper de Rian Johnson, de Jacques Audiard, Marion Cotillard et Matthias Shoenarts pour De rouille d’os, je vous offre, en reprise, les propos de Karim Hussain, directeur photo d’Antiviral de Brandon Cronenberg, lequel était présenté aujourd’hui au TIFF. « J’ai plus ou moins mis ma carrière de réalisateur en veilleuse, me confiait celui l’on connaît davantage au Québec comme réalisateur de La belle bête à quelques jours de son départ pour Cannes. Ça prend tellement d’années pour faire un film qu’à un certain point, j’en ai eu marre. Sincèrement, ma partie favorite de tout ce processus, c’est la direction photo. Quand je peux travailler sur des projets comme Antiviral de Brandon Cronenberg, Hobo with a Shotgun de Jason Eisener, Territoires et Week-end d’Olivier Abbou ou le sketch de Theatre bizarre de Douglas Buck, des gens dont j’admire le travail, c’est le meilleur truc pour moi. Récemment, quand j’ai sorti Theatre Bizarre, pour lequel j’ai réalisé un sketch, ça m’a rappelé un peu tout le processus de la sortie d’un film comme réalisateur. Je me suis souvenu que je n’aimais pas trop la promo; je préfère me retrouver derrière la caméra. Je [...]

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Fantasia 2012 : Jeux de main, jeux de vilains

31 juillet 2012 · Divers · Manon Dumais

Pour son premier long métrage de fiction, Jason Lapeyre (Faceless) n’y va pas de main morte. Campant la majorité de l’action dans un hôpital de Toronto où l’on ne voudrait certainement pas se faire soigner, le réalisateur canadien signe un thriller où certains bons peuvent être facilement corrompus et certains méchants cachent plus de vices qu’ils ne le laissent croire. À la suite d’un vol de diamants ayant mal tourné, un cambrioleur (Ryan Robbins) se retrouve dans le coma à l’hôpital; à son chevet veille une jeune policière sans peur et sans reproche (Zoe Palmer). Aussitôt sorti du coma, le malfrat tente de convaincre la policière de l’aider à s’évader, mais la jeune femme n’est pas du genre à se faire mener par le bout du nez. Entre en scène le supérieur du cambrioleur (William McDonald) qui veut récupérer les diamants et savoir qui a tué son acolyte lors du vol. S’ensuivra un fébrile jeu du chat et de la souris où chacun voudra sauver sa peau – et dans le cas de la pauvre policière, retrouver sa main qu’on lui a froidement sciée – en rivalisant de ruse. Teinté d’humour noir et truffé de moments d’une cruelle violence, tantôt [...]

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Fantasia 2012 : Magie noire et masque blanc

23 juillet 2012 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Alors de quelle façon avez-vous envie de fuir la canicule aujourd’hui? En vous échappant de la réalité pour vous réfugier dans l’horreur made in Argentine ou en découvrant la réalité derrière le mouvement Anonymous? La memoria del muerto de Valentín Javier Diment (Argentine) Quelques semaines après la mort de son mari, une veuve éplorée (Lola Berthet, qui en fait des tonnes… comme tous ses partenaires) réunit les amis du défunt afin de recueillir leur âme et ainsi faire revenir l’être aimé à la vie. La petite soirée intime se transforme bientôt en un carnaval des plus sanglants où chacun sera confronté aux fantômes de son passé. À des lieues du lyrisme de Guillermo Del Toro (El Espinazo del diablo, El laberinto del fauno) ou du classicisme de Juan Antonio Bayona (El orfanato), La memoria del muerto  de Valentín Javier Diment pioche allègrement dans les clichés propres au genre en multipliant les effets choc bien dégoulinants. Avec son look fauché, son interprétation forcée et ses effets artisanaux, cette production argentine rappelle avec panache les films d’horreur de série b qui ont fait le bonheur des amateurs dans les années 70. Ce lundi, [...]

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Fantasia 2012 : Sushi ou origami?

22 juillet 2012 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Vous aimez les récits d’apprentissage mettant en scène une jeune fille contre qui le sort s’acharne? Eh bien, ce dimanche vous serez servis puisque Fantasia vous propose deux films aux antipodes l’un de l’autre, l’un loufoque et déjanté, l’autre mélancolique et poétique, mettant tous deux en scène une héroïne peu ordinaire. Dead Sushi de Noboru Iguchi (Japon) Lasse de suivre les leçons de confection de sushi de son père sévère (Jiji Bû, vu dans Tokyo Gore Police de Yoshihiro Nishimura), Keiko (Rina Takeda, jeune étoile des arts martiaux) trouve un emploi dans une auberge où l’on ne respecte pas la tradition du sushi. Moquée par ses employeurs et les clients, Keiko n’est pas au bout de ses peines lorsqu’un savant fou (Kentarô Shimazu, aussi vu dans Tokyo Gore Police) transforme les sushi en dangereuses créatures mangeuses d’hommes. Réalisé par Noboru Iguchi (Robo-geisha, The Machine Girl, Sukeban Boy), cette comédie d’horreur déjantée à la prémisse plus que farfelue carbure aux effets spéciaux outranciers et aux situations loufoques. Les acteurs jouent avec tant d’emphase des personnages hystériques que la télésérie Le cœur a ses raisons semble avoir été réalisée par Bergman. Certes, on ne s’ennuie pas un instant durant ce [...]

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Karlovy Vary 2012: Un doublé pour Camion

9 juillet 2012 · Divers · Manon Dumais

La semaine dernière au 47e Festival International de films de Karlovy Vary, trois films québécois ont reçu un bel accueil des festivaliers : Les manèges humains de Martin Laroche, avec la belle révélation du film Marie-Évelyne Lessard, Mars et Avril de Martin Villeneuve, où Jacques Languirand et Caroline Dhavernas forment un couple étonnant, et Camion de Rafaël Ouellet, porté par le magnifique trio formé de Julien Poulin, Patrice Dubois et Stéphane Breton. Ce film prenant de Ouellet a d’ailleurs remporté deux prix, soit le prix Œcuménique, à quelques heures de la cérémonie de clôture, et le prix du Meilleur réalisateur le soir même – le cinéaste arborait d’ailleurs fièrement son carré rouge. Espérons que le « jeune » réalisateur remporte autant de succès à la prochaine remise des Jutra… Au cours de la cérémonie de clôture, où des baigneuses installées sur des podiums exécutaient des mouvements de natation, Susan Sarandon a dédié à son amie la regrettée Nora Ephron son prix pour sa contribution exceptionnelle au septième art – en début de festival, Helen Mirren recevait également cet honneur. Martin Lund a reçu le Grand prix pour The Almost Man et Marco Tullio Giordana, le Prix spécial du jury pour Piazza Fontana : The [...]

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Karlovy Vary 2012 : le juré Papineau

9 juillet 2012 · Divers · Manon Dumais

Qu’ont en commun Richard Peña, Rajko Grlić, Maria Hatzakou, Makram Khoury, Joanna Kos-Krauze, Ivo Mathé et François Papineau? Cette semaine, ils ont la chance et l’honneur de former le grand jury du 47e Festival International de Karlovy Vary, une expérience que l’acteur québécois qualifie d’étrange, intéressante et harmonieuse. « Je n’appréhende pas le débat, confie-t-il. On a déjà eu des échanges sur les quatre premières projections, ça s’est super bien passé. Je ne pense pas qu’il y a des gens qui vont vouloir que ça s’éternise, on va chercher le consensus relativement facilement. C’est parfois intimidant quand tu regardes les CV de chacun, surtout qu’il y en a qui savent s’en servir. » Avant Papineau, l’autre Québécois à avoir siéger sur ce jury a été le producteur Rock Demers en 2003 :« J’étais ici il y a deux ans pour présenter Trois ans après la mort d’Anna de Catherine Martin. J’avais rencontré la programmatrice de l’époque Anna Novotna, qui venait aussi à Montréal pour visionner les films et rencontrer les gens; je l’y ai rencontrée l’avant-dernière fois qu’elle est venue. Je lui avais dit que si jamais elle avait besoin de quelqu’un disponible qu’elle pouvait m’appeler. J’ai [...]

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