Khadir, Breton et les veines ouvertes de la démocratie

3 décembre 2012 10h03 · Marc-André Cyr

« Corruption » : événement par lequel une chose cesse
d’être telle qu’on puisse encore la désigner par le même nom.
[Vocabulaire
technique et critique de la philosophie, PUF]

Notre monde politique se referme sur lui-même. Il répond aux échos de ses propres mystifications par de nouveaux mensonges. La social-démocratie, qui reposait sur le pacte keynésien et tirait sa force de ses liens avec le mouvement ouvrier organisé, est morte de sa belle mort. Le spectre idéologique s’est aplati au point qu’il n’est désormais qu’une galette sans saveur, sans couleur, ni relief. Les multiples possibles se sont transformés en un seul et dogmatique impossible.

Quiconque s’aventure ainsi à changer le monde par les voix du parlementarisme est voué à l’échec. Tout est prévu afin que rien ne bouge. Le pouvoir n’est plus entre mains des parlements – oh surprise! – mais est soumis au mouvement d’accumulation de l’argent. Ce mouvement infini est en crise. Il est de plus en plus capricieux. Il revendique exclusion, précarité, endettement, pauvreté, pollution et austérité. Et personne ne peut remettre en question ses divines obligations sans être traité d’« extrémiste ».

Khadir

Il y a quatre ans, Amir Khadir faisait son entrée au parlement. Il a depuis été qualifié de communiste, d’islamiste, de radical, de fanatique. Des dizaines d’articles ont été écrits pour le dénoncer. Des dizaines d’émissions radio ont tenté de le discréditer. N’ayant décidément pas peur du ridicule, le Journal de Montréal a même fait sa première page avec une affiche du groupe Mise en demeure trouvée chez lui. Et un livre – un très mauvais livre – parlant de ses « faces cachées » a été largement diffusé.

Khadir n’est pas socialiste, ni communiste. C’est malheureux pour les nostalgiques de MacCarthy – de même que pour ceux de Lénine – mais Khadir est un social-démocrate. Il veut changer la société en jouant le jeu parlementaire, en toute légalité. Le fait qu’il passe pour « radical » nous en dit beaucoup sur le consensus hermétique qui règne dans la belle province.

Breton

Daniel Breton est un militant environnementaliste. Fait rare en ce domaine: il s’est hissé jusqu’aux hautes sphères du pouvoir et a été nommé ministre. Dès sa nomination, les compagnies minières et gazières, les partis d’opposition et une partie des médias se sont empressés de questionner – en toute objectivité, bien sûr – sa crédibilité et sa modération.

Un autre « radical » – semble-t-il – venait de faire son entrée au parlement.

Breton pensait sans doute faire de la « politique ». Il pensait peut-être mettre de l’avant ses idées et ses convictions. C’est pourquoi il s’est montré critique – avant que Pauline Marois ne le remette à sa place – du projet d’exportation de pétrole de la compagnie Enbridge. Ce sont également ces convictions politiques qui l’ont sans doute poussé à nommer des environnementalistes – tu parles d’une idée ! – à la tête du BAPE (Bureau des audiences publiques sur l’environnement).

Le règne de Breton aura duré quelques semaines… Le lynchage politique et médiatique aura eu raison de sa volonté de changer – ne serait-ce que superficiellement – le cours des choses. Il aura suffi de quelques topos plus ou moins mensongers sur son passé de mauvais locataire et de mauvais payeur pour avoir sa tête. En à peine quelques semaines, il est devenu persona non grata à l’assemblée, à un point tel que même son parti semble se réjouir de sa démission.

Les veines ouvertes de la démocratie

Soumise aux dictats des ploutocrates, la politique a ainsi été éjectée des parlements. Ne reste que des pantins utiles dont la marge de manœuvre est à peu près inexistante.

Désormais, l’État n’est ouvertement plus le reflet des volontés légitimes du peuple souverain, mais bien celui des ploutocrates réunis en clubs privés, de type 357c. Partout, les États sont soumis aux mêmes commandements. Partout, on s’invente de faux privilégiés – les étudiants, les syndiqués, les fonctionnaires, les chômeurs… – afin de camoufler les nécessités de l’accumulation de profit. Partout, le prétexte de la dette étouffe les débats. Et partout, quiconque remet en question ces vérités mensongères est considéré comme un « communiste » – selon la déclinaison la plus grossière et réactionnaire du terme.

Autrement dit, entre l’élan généralisé de corruption qui infeste les institutions, la crise de l’économie et l’enfermement idéologique caractéristique du discours politique actuel, il n’y a pas seulement débordement ou exception, mais un système en crise.

Fort heureusement, la démocratie n’a jamais été synonyme d’État. Et partout, également, elle prend la rue pour devenir manifestation, grève et désobéissance. Au Québec, au Chili, en Grèce, en Espagne, au Mexique… contre la démocratie des maîtres, la « démocratie sauvage », selon l’expression de Miguel Abensour, reprend vie.

C’est le seul espace qui lui reste. Le triste spectacle auquel nous assistons depuis la fin  du printemps en constitue une preuve d’une éloquente froideur…

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  • 3 décembre 2012 · 11h28 Irène Durand

    J’aimerais connaître « les propos plus ou moins mensongers sur son passé de mauvais locataire  » ainsi je pourrais avoir une meilleure idée du député.

    • 3 décembre 2012 · 14h24 Serge Fortier

      Mme Durand!
      Informez-vous plutôt sur les réalisations environnemntales de M. Breton en trente ans de lutte, plutôt que sur ces problèmes du passé dont vous ne pouvez juger, puisque vous n’étiez pas dans ces souliers!

    • 4 décembre 2012 · 08h45 pierre-olivier

      Son passé de mauvais locataire, on s’en fou…

      mais son passé de fraude avec l’assurance emploi, ça on s’en fou moins…

      on ne peut pas pardonner la fraude à un ministre. C’est comme si on acceptait que Vincent Lacroix deviennent ministre des finances un jour, sous prétexte qu’il est bon en finances

    • 4 décembre 2012 · 15h29 le calinours bienveillant

      @pierre-olivier

      « C’est comme si on acceptait que Vincent Lacroix deviennent ministre des finances un jour,… »

      ton analogie serait bonne si, récemment, breton avait détruit l’environnement. alors elle n’est pas bonne.

    • 4 décembre 2012 · 17h20 pierre-olivier

      donc vincent lacroix pourrait etre ministre de l’environnement?

      Mon analogie est correct. C’est pas le ministere qui est important, c’est d’avoir fraudé…

    • 5 décembre 2012 · 02h13 le calinours bienveillant

      @pierre-olivier

      « donc vincent lacroix pourrait etre ministre de l’environnement? »

      non, et pour trois raisons.

      premièrement, il n’a aucune compétence en environnement.

      ensuite, l’ampleur de sa fraude prouve qu’il est sans scrupule et profondément égoïste.

      enfin, sa fraude est récente. je ne suis pas certain que le lacroix ait eu le temps de compléter son chemin de croix.

  • 3 décembre 2012 · 11h50 Marcel Allard

    Merci M. Cyr. Votre analyse est on ne peut plus pertinente.

  • 3 décembre 2012 · 16h06 Annie Marchand

    La contre-démocratie de la rue en réponse à l’institutionnalisation de la démocratie participative, voire sa territorialisation. Quels modes d’expression de la démocratie privilégiés? Voilà toute la question. Je dirai ceux dont nous ignorons l’existence. Seule la spontanéité peut être démocratique. L’instant saisi; la parole dite sans peur. La démocratie se situe dans l’être, au tréfonds, dans le goût même de vivre avec les autres. Réhabilitons l’amitié, dirait Hannah Arendt, seule à pouvoir contrer tout régime totalitaire.

  • 3 décembre 2012 · 16h24 Dimitri Rocheleau

    Merci M. Cyr.
    Il faut aussi parler de la GOUVERNANCE D’ENTREPRISE$ et la nommer telle qu’elle, dans les termes ou les ENTREPRENEURS ET VENDEURS D’ASSURANCES que sont nos gouvernements, tous autant qu’ils sont, à la solde des organes de la NEW WORLD GOVERNANCE, via le néolibéralisme, c’est exactement ça qui est occulté par les médias et qui permet de corrompre toutes nos institutions par le silence et la complicité des brebis sommeillantes et ankylosées par autant de manipulations médiatiques.

    @Mme Durand – Vraiment…Vous écoutez trop TVA, lisez trop Gesca et Québécor, Vtélé ou Radio-Cadenas…

    Pour ce qui est des intrigants dignes du Moyen-Âge (Les Rois Maudits) en voici un hypocrite confirmé en la personne de François Legault (tout comme ces compères du PLQ, GRANDS ACCUSATEURS SANS HONTE :
    à faire circuler car là ou il y a de la gêne

    L’ESCROQUERIE N’A PLUS D’ÉGAL et se perpétue:

    http://qc3.ca/scoop.html

    • 3 décembre 2012 · 16h37 Annie Marchand

      Le néolibéralisme est le coupable alors? Voilà bien le mal en personne. Mais quel est donc le bien? Nous sommes tous anticapitalistes tant que cela ne touche pas à notre confort; à nos grands projets; à nos espoirs qui sont rapidement engloutis dans le système que l’on dénonce vertement. Mais c’est nous-mêmes alors que nous dénonçons, n’est-ce pas? Je répète la question. Quel est donc le bien si nous prenons la démocratie d’un point de vue moral? Et qu’est-ce que la morale dans ce cadre démocratique? La démocratie n’a point de moralité. Elle est un animal sauvage, imprévisible, incorrigible et humainement portée par le désespoir.

    • 3 décembre 2012 · 18h51 Dimitri Rocheleau

      @Annie
      « Mais quel est donc le bien? »
      En ce qui me concerne, ça commence au moment ou j’ai repris conscience que mon âme était en état de dessèchement avancé et que je me suis mis à la réhydratée. (l’utilisation constante durant une période X d’arguments Y afin d’être Z, et dont le constat XYZ ne correspond pas à l’ABC de ma nature).

      @Marie
      j’ai vécu ce constant en effectuant un travail direct, à l’intérieur du système, par lequel je définissais ma propre existence et les décisions que j’ai réalisé suite à cette manifestation me furent très salutaires.

      @ Marcel B.
      « Un bonheur de vous lire » vous aussi.
      « Pas du décongelé réchauffé au micro-onde ».

    • 4 décembre 2012 · 07h39 Annie Marchand

      Dimitri, vous renvoyez donc la moralité à la conscience, à l’éveil dirait Steiner, à la conscience critique dirait Freire, à l’équation intellectuelle dirait Baillargeon… Donc, une moralité de conscience de soi dans le monde. Qu’est-ce donc la conscience de soi dans le monde? Certainement pas qu’une simple équation, mais le grandiose de la vie vécue ainsi?

  • 3 décembre 2012 · 16h28 Marcel Bourbonnais

    Un bonheur de vous lire. Votre texte est important. Il me rappelle l’émergence des groupes de musique dans les années ’60. On pouvait tripper sur le son du batteur, l’audace du guitariste, la transe des chanteurs, les origines métaphysiques du bassiste, le fondement philosophique de sa certitude.
    Votre texte est une job de bras.
    C’est Maurice qui la met dans le front de l’arbitre.
    C’est Henri qui après s’être retenu pendant 22 ans, finit par les laisser tomber.
    C’est Bourgault, c’est Chartrand, c’est assez les bouffons poudrés qui lèchent au clavier. Ils son dégoûtants et ils nous emmerdent.
    À un moment donné, il y avait un show de Offenbach à Ville-Émard.
    Ils n’aimaient pas les straètes qui étaient sur scène en première partie. Ils ne se sont pas gêné. ils ont pris la scène d’assaut ; Offenbach nous ont soulagé de la corruption sonore diffusée en jet continue par les commerçants de la radio. ils ont pris leur place dans le monde et le monde était bien content.
    Te souviens-tu de Bob Dylan quand il chanté Maggie’s Farm chez les granola.
    Ça prend des journalistes qui sont rockers.
    Vas-y Marc-André Cyr.
    Mets nous en plein la vue.
    T’es hot ; fait que, fonce.
    Te souviens-tu de Bingo de Jean-Claude Lord ?
    le Bingo c’est pas pour toi.
    Toi t’es le personnage principal de toutes les histoires de notre époque.
    Toi t’es l’écrivain, le héros populaire qui fait un pas en avant contre une bande de traîtres.
    Ta démarche est très émouvante, ancestrale, historique, humaine. Humaine, dans le sens de dignité et mémoire.
    C’est le temps man.
    Les quétaines sont sur la scène.
    Go !
    Prends ta place.
    C’est simple. tu laisses tomber les gants puis tu sors des jobbes de bras
    comme tu viens de le faire : encore, encore
    Un autre texte.
    Vas-y fonce dans le tas. T’es fait pour ça. Fais ton chemin. Vas jusqu’au top. N’écoute personne. Fais une oeuvre. Sors des textes.
    On veut du son.
    Les quétaines iront écrire des pamflets pour les agences de voyage en enfer. Toi tu publieras et je serai ému de ta réussite.
    Là il y a des rivières à protéger et des descendants de crosseurs à envoyer vendre des polices d’assurance à des agences de patapouf.
    On a besoin de journaliste qui sont des rockers
    As-tu déjà vu Lucien Francoeur en show ?
    Savais-tu que l’idole de Bob Dylan c’était Elvis ?
    On est en amérique merde !
    On veut du texte ! On veut du texte !
    Pas de la bouillie pour les chats
    Pas du décongelé réchauffé au micro-onde.
    Du texte, du texte.
    Marc ! Marc ! Marc !
    Awouèye.
    Les 45 tous c’est fini.
    Maintenant, c’est le temps.
    Le temps d’écrire.
    La politique
    La lutte politique est en direct
    dans les textes
    les textes de nos artisans.

    • 3 décembre 2012 · 17h56 Pierre Laberge

      Wow!, Quel bel hommage!. On dirait du Miron
      Et j’suis d’accord avec le fond.

    • 3 décembre 2012 · 18h03 JP, Scant

      Wouah ! Quel beau texte. T’es rock coco dirait le grand Ferré. Me rappelle l’afficheur hurle de Paul Chamberland. Bravo et merci pour cette vigoureuse salve, cette injection d’adrénaline décapante pour le mental sclérosé des poli ‘tichiens vendus

    • 4 décembre 2012 · 09h31 Marc-André Cyr

      Merci monsieur, je n’en mérite pas tant.

      Comme le chante mon idole, Eva Risto: « Rock n’roll, la sangre del obrero ». :-)

  • 3 décembre 2012 · 16h57 Marie

    L’hégémonie idéologique mercantile qui a peu à peu prit de le dessus sur toutes autres considérations pendant l’ère Reagan-Thatcher a enfermé la pensée occidentale dans un schéma unique où, ainsi que l’exprimait Gorz, la rentabilité et l’accumulation continuelle de biens et de capital sont devenus les seuls critères suprêmes d’évaluation, les seules orientations possible d’une société. Ce faisant, on assiste depuis 30 ans a une perte de repères inquiétante où, pour reprendre ses mots, « tout sens du bien et du mal, tout sens du bas et du haut » ont été évacués.

    L’idée que le temps libre devrait l’emporter sur le travail, que la production sociale devrait être subordonnée aux besoins et désirs des individus, que la coopération devraient l’emporter sur la contrainte et les nécessités extérieures et que la production devraient être dégagée des contraintes de l’accumulation a été remplacé par une logique d’accumulation perpétuelle et insoutenable dans un monde aux ressources non-renouvelables. Les utopies (dans le sens de ce qui n’est pas encore possible dans l’immédiat mais pourrait l’être dans le futur) ont été déclarées persona non grata et reléguées aux abîmes de l’histoire. L’Histoire qui s’est elle-même vu accorder une date de péremption.

    Partout dans le monde occidental, les mêmes politiques économiques sont menées au nom des mêmes principes par des gouvernements aux différences idéologiques de plus en plus difficile à différencier (quand c’est encore possible). Et tout ceci au nom des principes mêmes qui ont mené à une accélération des crises et de leur gravité (une aux dix ans en moyenne avec des effets de plus en plus graves sur les économies réelles), à la précarisation du travail et des travailleurs, à la montée continuelle des inégalités sociales, à la mise à l’index de tous les principes humanistes qui avaient fait progresser l’humanité vers plus de justice et de bien-être, à la marchandisation de nos rêves, à la perte de sens et d’identification au travail…

    Le carcan, l’étau dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui a ceci de grave qu’il contrevient à la capacité qu’ont nos sociétés de réfléchir sur elle-même. Il présuppose qu’aucun autre modèle ne saurait être meilleur que celui-ci tout en ignorant ses défauts manifestes (répartition des richesses inefficace et injuste, montée des inégalités, surproduction massive, destruction systématique de l’environnement et assèchement des ressources indispensables à la vie….). Il participe aussi au refus de toute autre forme de pensée et donc à une uniformisation et à une sclérose des idées qui n’est salutaire pour aucune forme de démocratie et de société. Notre capacité de questionnement et de réflexion en dehors de la sphère économique capitalo-financière a sévèrement été muselée, voir réprimée, durant les 30 dernières années. La crise financière ainsi que l’accélération de la paupérisation pour une grande partie de la population mondiale nous permettent seules de porter à nouveau un regard publiquement critique vis-à-vis de ce modèle.

    Les firmes de relations publiques dans les sphères privée et politique ainsi que les médias de masse (presque tous aujourd’hui aux mains de très grandes fortunes qui sont les seules à bénéficier pleinement du système économique actuel) ont participé de tout leur poids à orchestrer ce changement de mentalité par le truchement d’un processus que des auteurs tels que Chomsky ont admirablement bien documenté (lire par exemple « la fabrication du consentement »).

    De renoncements en renoncements, il est devenu possible pour une partie grandissante de la population de croire que rien ne saurait être différent, que tout fut toujours tel qu’aujourd’hui, ou bien nécessairement pire, que l’avenir ne peut se concevoir qu’à l’aune des principes mercantiles qui sont en train de détruire le contrat social qui nous unit et l’environnement qui nous fait vivre, que les puissants de ce monde ont gagné pour les millénaires à venir, que rien ne saurait plus changer. D’où la violence de leurs réactions face à ce qui leur semble étranger, inhabituel, inadmissible même.

    Pour citer de nouveau Gorz :

    « La mise en valeur du capital exigeait le maximum d’inefficacité dans la couverture des besoins, et de gaspillage dans la consommation. Il fallait effacer la frontière entre besoins, désirs et envies; faire désirer des produits plus coûteux mais d’une valeur d’usage égale ou même inférieure à ceux dont on se servait jusque-là; rendre nécessaire ce qui était seulement désirable; conférer aux envies l’urgence impérieuse du besoin. »

    Voilà le monde qu’on a construit pour nous.

  • 3 décembre 2012 · 22h32 Evo

    La vraie nature de cette « démocratie » dont les veines seraient ouvertes? Celle d’un système de domination et d’exploitation ou la force est devenue un droit et la résistance un crime. La vérité c’est que l’hémorragie est dans sa nature et qu’il n’y a rien à sauver, laissons mourir le cadavre suceur de vie et concentrons nous sur le vivant. Pauvres sociaux-démocrates, cessez de nourrir la bête. La vraie vie, celle pour laquelle il importe de lutter toujours, est ailleurs.

  • 4 décembre 2012 · 00h49 SinsPhiL

    Homard lol Khadir est un social-démocrate like M.hollande le même courant mais avec d’autre réalité a gérer — francois khadir

  • 5 décembre 2012 · 14h00 Frank

    Article inspirant et commentaires réfléchis! Ça a l’air drôle à dire de même mais maudit que ça fait du bien de lire des choses intelligentes.

    Evo: « La vérité c’est que l’hémorragie est dans sa nature et qu’il n’y a rien à sauver, laissons mourir le cadavre suceur de vie et concentrons nous sur le vivant. Pauvres sociaux-démocrates, cessez de nourrir la bête. La vraie vie, celle pour laquelle il importe de lutter toujours, est ailleurs. »

    C’est sacrément bien dit.

  • 6 décembre 2012 · 02h01 Pierre Michaud

    Très bon texte Marc André, mais une chose m’inquiète actuellement au Québec, il y a cette mouvance droitiste libertarrienne que l’on retrouve en région et qui se propage dans ces radios poubelles comme vous le dites et je remarque que parfois cette droite peut être violente en proliférant des menaces a quiconque qui ne pensent pas comme eux ! Je commence déjà a le constater sur Twitter parfois et ça vole pas haut !! Réflexion a faire sur cette mouvance extrémiste et réactionnaire !

    • 6 décembre 2012 · 10h39 Annie Marchand

      M. Michaud, je vis en région et j’ai parfois un peu la même analyse que vous. Mais je trouve que d’opposer les régions aux villes centres, ou le rural à l’urbain, offre peu de possibilités et tend à raviver la chaîne réactionnaire. Je ne sais pas comment prendre cette nébuleuse. Je suis comme vous. C’est un questionnement profond, qui demande sans doute des réponses complexes, voire pas de réponses du tout. J’aurais parfois tendance à m’accoler à la pensée de Bourdieu pour comprendre comment des personnes peuvent devenir militantes contre les possibilités que s’offrent à elles d’améliorer leur propre sort. Mais je tends à me méfier de ce déterminisme parce que cela voudra dire que nous n’avons plus la foi. Et lorsque l’absence de foi entre en jeu, il y a le risque de plonger dans l’extrémité, ou dans la mouvance extrémiste, pour reprendre votre terme. La foi est cet Autre chose, dirait un grand ami à moi, que nous ne savons pas, mais qui peut certes exister que si nous prenons le temps de nous regarder dans les yeux.

  • 19 janvier 2013 · 10h38 Christine

    J’avais passé tout droit sur cet article, il représente tellement la réalité ! Une majorité aveugle et sourde du peuple Québecois ne voit pas cette réalité,… exception faite si c’est écrit dans le journal de Montréal ! C’est comme ça qu’il pense que Daniel Breton est un voleur/fraudeur et qu’Amir Khadir est un extrémiste islamique ! Et ils sont fier de leur parti politique… qui bosse pour le 1 %, il ne voit pas la poutre dans leurs yeux … mais il voit très clairement la paille dans l’oeil de l’autre…

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