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	<title>Mouvements sociaux &#187; Divers</title>
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		<title>Mise en Demeure : il pleut des pavés</title>
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		<pubDate>Fri, 17 May 2013 13:39:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-André Cyr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; « Pis pendant c’temps, on espère que t’es au chaud On te promet, qu’on t’enverra des cadeaux À commencer par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right" align="right"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">« Pis pendant c’temps, on espère que t’es au chaud</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right" align="right"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">On te promet</span><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'">, qu’on</span><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US"> t’enverra des cadeaux</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right" align="right"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">À commencer par le p’tit nouveau, d’la famille Péladeau »</span><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right" align="right"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">– « Chartrand », <em>Mise en demeure</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right" align="right"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Ils sont poilus, sales et mal élevés. Mise en Demeure s’est fait connaître du grand public lors de la dernière grève étudiante. Vous vous souvenez? C’était du pur délire. Un délire plutôt inquiétant, en fait. Yalda Khadir a été arrêtée à 6 heures du matin, menottes aux poings, comme si elle était membre d’Al Qaïda. Les policiers, toujours fins renards, ont trouvé une affiche du groupe sur la table de la cuisine. Il s’agissait d’un pastiche d’une peinture de la Révolution française mettant en vedette les membres du groupe, Jean Charest et Amir Khadir. Un montage à la fois réussi et banal. Les policiers, neutres dans leur travail, ont remis l’affiche aux journalistes (qui avaient comme par hasard été mis au courant de l’opération). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Le <s>SPVM</s> <em>Journal de Montréal</em> a fait sa « une » avec ledit pastiche. Toutes les tribunes de la droite populiste en ont parlé, même le premier ministre a commenté l’affaire, et Richard Martineau a eu la pathétique – brillante! courageuse! intelligente! – audace de mettre en demeure… Mise en Demeure.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Mise en Demeure, c’est un peu comme si Plume avait engrossé Michel Chartrand. Des textes baveux, méchants et violents enrobés de musique minimaliste, tout croche et dissonante. Ils incarnent à peu près tout ce que la gauche « progressiste » ne veut pas être. Samedi prochain, ils sortent leur troisième album… Histoire de comprendre de quoi se nourrit la bête, nous l’avons interrogé cette bande de lurons en colère.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center" align="center"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">*</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Parlez-nous un peu de vous. Vous faites quoi dans la vie à part Mise en Demeure?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">François Dada aime les promenades en montagne et le fitness. La Bananarchiste aime les couchers de soleil romantiques se terminant par un feu de PDQ [Poste de quartier]. Alain Savard investit à la bourse, et J-S le Tueur n’a aucun loisir, y fait juste cuisiner des lunchs parce que c’t’un vegan.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">On n’est pas tellement « people ».</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Vous êtes mal engueulés, poilus, méchants: est-ce qu’on peut dire que vous incarnez l’antithèse des porte-paroles étudiants en vestons qu’on a vus sur toutes les tribunes pendant la grève?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Criss, y’a un député, une collabo de Martineau, pis un travailleur syndiqué travaillant dans les syndicats. Y’ont su ben se ploguer pis s’assurer d’un avenir rayonnant. Ça fait que, ouais, d’un côté, on est l’antithèse des porte-paroles parce qu’on a encore des conditions de vie de misère. Nous en sommes encore à téter les fonds de pichets de sangria, à voler à l’épicerie, à sauter le métro, à nous faire insulter par la flicaille. Et ça, c’pas juste notre réalité… C’est aussi vrai pour nos camarades de lutte. À part quelques privilégiés du « printemps érable », pis les flics, qui est-ce qui se retrouve dans une meilleure posture qu’à pareille date l’an dernier? C’est dommage que des gens puissent surfer comme ça sur un mouvement populaire, passer GO pis empocher le capital culturel.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Vous dites que votre album est un bilan musical de la grève, quel bilan, justement, en tirez-vous?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Toute cette effervescence pour ça? Sept mois de grève pour accoucher de ça? Un gouvernement de marde! Une police politique! De la répression systématique! De la peur, de la souffrance, des trous noirs dans le moral de nos amis! […] Pour beaucoup, le moral est à terre. Le climat social s’est refroidi, le retour à la normale a été brutal. Après la rentrée forcée et les élections, y’a eu deux sessions compressées sans temps pour souffler, pour aller jouer dans la neige, pour regarder pousser les fleurs, pour écrire des sonnets ou pour faire l’amour. […] Et c’est un peu ce qu’on veut souligner dans nos chansons : que peu importe la marde qui nous tombe dessus, on va se tenir ben ben fort, pis renverser les oppressions qui nous font courber l’échine. On va leur faire des prises de lutte, les câlisser au sol, pis les achever à coup de « crobar ». Notre bilan? On veut chanter et faire danser sur les cadavres des fantômes qui peuplent nos têtes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">On se souvient de l’histoire de l’affiche, qu’avez-vous retenu de cet épisode?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Sont ben sensibles la bande de fuckers qui égratignent nos vies. Des affiches pis des chansons qui reçoivent des appels à la censure de la part d’un premier ministre, de nombreuses personnes de son cabinet, du maire de Québec, tandis qu’y’a du monde qui perdent leurs yeux, leurs dents, leur dignité… Sont ben capables de faire dérailler ça, une crise sociale, en l’assaisonnant de mépris et de suffisance. Une bande de tartuffes qui sont offensés qu’on puisse songer à rendre les coups. Pire encore, ça se fâche seulement parce qu’on chante qu’on « aimerait ça » rendre les coups.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Ça nous fâche que ces gens-là se posent en victimes du système. C’mon!</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Et c’est tant mieux quand la peur change de camp. Malheureusement, ce n’est pas le bilan qu’on peut tirer de l’année qui vient de se dérouler.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Est-ce que vous pensez que votre album va faire autant scandale que le premier?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Le scandale, c’est ce qu’on dénonce dans nos chansons. C’est l’austérité qu’on tente de nous faire avaler, jour après jour, année après année, siècle après siècle. Le scandale, c’est qu’il y a assez de caves qui maintiennent ce système d’oppression en place. À force de cracher dans les airs, ça finit par leur retomber dans la face. Mise en Demeure, on est un criss de gros « morviât ». Tant mieux si des gens s’offusquent!</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Au mieux, y vont changer pour le mieux en prenant conscience de la plaie qu’ils et qu’elles sont [rires]. Au pire, ça va servir d’exutoire pour des crottés à qui y reste rien que du rêve dans le compte en banque à la fin du mois.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Pendant la grève, certaines de vos chansons étaient prisées lors des manifestations. Est-ce que vous pensez avoir de l’influence sur le mouvement? Est-ce que c’est votre objectif?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">En toute modestie, nous sommes des thérapeutes musicaux. Nos chansons se font reprendre quand il y a répression. On les chante pour se donner la force de résister et de rester debout malgré l’adversité. Ce que nous mettons en musique, notre vécu qui ressemble à celui de milliers de personnes qui donnent le meilleur d’eux et d’elles-mêmes, alimente l’espoir de changement qui est faible en petit ouistiti.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">On chantonne notre rage et c’est tant mieux si ça résonne ailleurs. On se sent moins seuls. C’est probablement ce qu’on a retiré de plus fort, en tant que groupe, pendant la grève étudiante : cette prise de conscience du bien qu’on peut faire autour de nous. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">La violence est très présente dans vos textes alors qu’en société on a l’impression qu’elle est intégralement commandée, que ce soit en ce qui concerne l’intimidation à l’école, la violence de l’action directe, etc. Est-ce qu’on peut dire que vous êtes en réaction à cette tendance?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">La violence est partout. Elle est rendue légitime et presque plus personne ne la conteste. La violence se retrouve chez cette maman de trois enfants qui est monoparentale et qui a deux jobs pour parvenir à creuser sa marge de crédit chaque mois. Elle se retrouve dans les horaires atypiques de tellement de personnes qui vivent sur appel, incapables de s’appartenir même quand y dorment. La violence, c’est le Maxi qui a des <em>containers</em> qui débordent de bouffe dans un quartier où est-ce que y’a des enfants qui se couchent le ventre vide. La violence, c’est de se câlisser des conditions de travail des ouvriers qui ont fabriqué nos t-shirts. C’est aussi le fait d’être au courant de ça, mais de ne pas avoir d’autre choix que d’y participer. La violence, c’est de couper les chèques de B.S., de chômage, de traquer les pauvres. C’est d’acheter des avions de chasse à la place de nourrir les affamés. C’est de crever plus jeune quand tu viens d’Hochelaga.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">La violence, c’est de parvenir à te faire aimer ceux qui t’oppriment et haïr ceux qui essaient de brasser la cage. Nous, on vise l’émancipation. L’émancipation pour toutes et tous.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Vous êtes à la fois révolutionnaires et humoristiques. Est-ce que vous pensez que l’un ne va pas sans l’autre? Dans le sens qu’en période de repli comme la nôtre il est difficile de passer un message d’une telle radicalité en se prenant au sérieux?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Oui pis non. Ça fait longtemps qu’il y a des gens qui, avec de l’humour, défendent des causes révolutionnaires. On peut penser à beaucoup de protagonistes du mouvement funk qui, dans les années ’70, voulaient renverser la grisaille de la vie et enlever le pouvoir aux technocrates capitalistes en colorant la société. Ou à Alfred Jarry et son Ubu Roi en dix-huit-cents-quelque chose. Ou aux chansons paillardes que les vagabonds transportaient avec eux et elles, du temps des elfes, des dragons et des châteaux. Pis y’a les carnavals. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Rire des puissants n’est pas nouveau. C’est une façon de les délégitimer. De réduire l’autorité qu’ils détiennent pour l’attirer vers le néant. C’est aussi une forme d’empowerment pour les opprimés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Peut-être bien qu’il y a eu une fenêtre historique où les artistes se prenaient pour une avant-garde qui pouvait voir et comprendre ce qu’il y avait de mieux pour les autres, mais ce temps est révolu. Nos propos se veulent drôles. Ils sont aussi subjectifs. On ne prétend pas au sérieux de l’universalité de notre vécu. Tant mieux si ça contribue à construire des catapultes qui nous permettront de révolutionner qualitativement le monde, mais, ces armes, nous ne pouvons être les seuls à les manier et on ne pourrait dénigrer toutes les personnes qui font un travail militant et politique « sérieux ». Ce n’est pas qu’avec des chansons drôles et une attitude fendante que les mentalités évoluent. Tant mieux si on fait partie de la solution. Tant mieux si on peut rire et faire rire à propos de ce qui nous contraint. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">La meilleure façon d’être révolutionnaire, c’est de se faire confiance et de rester honnête envers soi-même. Pas besoin d’être drôle pour vouloir crisser le vieux monde à terre.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Sur votre dernier album, vous tiriez sur les politiciens et les policiers à profusions. De nouvelles cibles sur « Il pleut des pavés »?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Les noms peuvent changer, les attitudes et problèmes de société qu’on dénonce sont les mêmes. L’hydre du capital a de nombreuses têtes et, sitôt que l’une d’entre elles est coupée, une autre repousse.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: center" align="center"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">*<a href="http://voir.ca/marc-andre-cyr/files/2013/05/5262_10200950719601087_1005119050_n.jpg" ><img class="alignnone size-medium wp-image-219" src="http://voir.ca/marc-andre-cyr/files/2013/05/5262_10200950719601087_1005119050_n-428x284.jpg" alt="" width="428" height="284" /></a></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Ils seront en spectacle le samedi 18 mai prochain au National (1220 Ste-Catherine ouest), dès 19h30, avec les Sofilanthropes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: center" align="center"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">*</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: .1pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: .1pt;margin-left: 0cm;text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">Pour les entendre se foutre de la gueule d’Éric Duhaime : <a target="_blank" href="http://www.youtube.com/watch?v=tVqiYlfJB6o&amp;feature=player_embedded" >http://www.youtube.com/watch?v=tVqiYlfJB6o&amp;feature=player_embedded</a> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US"> </span></p>
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		<title>La délicate violence du policier sans uniforme</title>
		<link>http://voir.ca/marc-andre-cyr/2013/05/13/la-delicate-violence-du-policier-sans-uniforme/</link>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 20:29:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-André Cyr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Si jamais on m’interroge là-dessus, je devrais dire que je ne suis pas au courant… – Pierre Elliott Trudeau, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormalCxSpFirst" style="text-align: right" align="right"><em>Si jamais on m’interroge là-dessus, je devrais dire</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: right" align="right"><em>que je ne suis pas au courant…</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: right" align="right">– Pierre Elliott Trudeau, 1967</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><em>N.B. Cet article est constitué de quelques morceaux choisis d’un texte plus long et publié dans le livre À qui la rue? dirigé par Francis Dupuis-Déri aux Éditions Écosociété. Les références ne figurent malheureusement pas dans ces extraits.</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><strong><span style="font-size: 14.0pt">Infiltration et provocation dans les manifestations</span></strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><em>D’un sommet à l’autre (2000-2009)</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Puisque la police tient généralement le public à l’écart de ces informations, la présence d’infiltrateurs dans les mouvements sociaux n’est pas facile à établir. En 2000, la manifestation annuelle contre la brutalité policière s’est soldée par le saccage de trois restaurants McDonald’s et d’un poste de police de quartier, ainsi que par l’arrestation de 112 individus. Malgré la présence de 19 agents infiltrateurs au coeur de l’émeute, la vaste majorité des actes de vandalisme ne feront pas l’objet de poursuites. Quel a été le rôle de ces 19 agents ? Pourquoi ont-ils été incapables d’identifier les auteurs des actions directes ? On ne le saura probablement jamais puisque la police de Montréal refuse toujours d’identifier les 19 agents présents lors des événements.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[…]</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Si la simple infiltration peut se faire dans l’ombre et le silence le plus complet, la provocation demande nécessairement une plus grande implication des infiltrateurs. Cette implication active, inévitablement, prête flanc au repérage des policiers sans uniforme. En 2001, lors des importantes mobilisations contre la tenue du Sommet des Amériques à Québec, un homme incita un groupe d’étudiants pacifiques à se rendre dans une zone plus turbulente. Son insistance était telle qu’il sema le doute dans le groupe. Quelques manifestants l’entourèrent, le traitant d’infiltrateur. Ce dernier répliqua qu’ils devaient cesser ce harcèlement sous peine d’être « mis en état d’arrestation » pour entrave au travail d’un… policier.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[…]</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Un autre cas, peut-être encore plus frappant, est celui des manifestations entourant le Sommet pour le Partenariat sur la sécurité et la prospérité réunissant le premier ministre canadien et ses homologues des États-Unis et du Mexique à Montebello, en 2007. Alors que la manifestation d’environ 2 000 personnes était très calme depuis le début de la journée, trois individus furent identifiés et invectivés par des manifestants. Si les policiers</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">avaient pris soin de se déguiser en « anarchistes » (avec foulard et vêtements noirs), l’un d’eux portait un chandail (à l’envers) à l’effigie de « CHOI-FM », une radio populiste aux idées de droite – voire d’extrême droite – de la région de Québec. C’est ce logo peu commun à la gauche qui sema le doute chez les militantes et militants – sans compter qu’un des trois hommes était armé d’une pierre alors qu’il se trouvait dans une zone « manifestive » (ou l’action directe n’est pas tolérée par les organisateurs). Confrontés par David Coles, président du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEF), les agents masqués répliquèrent et le bousculèrent. La tension monta, les policiers, craignant sans doute pour leur sécurité, s’approchèrent de la ligne anti-émeute, l’un d’entre eux se pencha et parla à l’oreille d’un policier. Les agents infiltrateurs pénétrèrent alors doucement la ligne anti-émeute et furent délicatement mis en état d’arrestation.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[…]</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><strong><em>Le Lundi de la matraque</em></strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[…]</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Le témoin souligne que ce type d’arrestation s’est reproduit à au moins trois reprises en quelques minutes seulement. Le simple fait de déployer une banderole était prétexte à arrestation, toujours selon la même technique : « des policiers en uniforme par devant et des policiers en civil par derrière ». Certains infiltrateurs sont parfois très violents : « Voulant m’éloigner de ces échauffourées, je suis allé vers l’est, c’était là la seule alternative. Mais un civil m’empoigna par la gorge et, aussitôt, deux autres policiers m’empoignèrent ; on me traîna alors sur la rue, tout en me battant à coups de pied dans le ventre et dans les parties sexuelles, ainsi qu’en me frappant à la tête à coups de bâton ».</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Cette Saint-Jean-Baptiste est certainement l’une des plus violentes de l’histoire du Québec. Arrestations brutales (qui eurent lieu parfois à plusieurs kilomètres de l’émeute), matraquage généralisé et torture en cellule en constituent les caractéristiques centrales.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[…]</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><strong><span style="font-size: 14.0pt">Infiltration et provocation dans les organisations politiques</span></strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><strong><em>L’affaire Germinal (2001)</em></strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[…]</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Les militants affirment que les agents infiltrateurs les auraient poussés à s’armer davantage. Le groupe aurait d’ailleurs voté contre l’utilisation des billes de verre et d’acier : « Notre groupe, dans une réunion le samedi 7 avril 2001, avait unanimement rejeté l’utilisation de ces projectiles à cause des dangers potentiels de blessures graves. » Comment alors expliquer leur présence dans le véhicule ? La réponse est plutôt simple : le véhicule appartenait… à l’agent infiltré. Sept membres du groupe furent accusés de complot en vue de commettre un méfait pouvant causer un danger réel pour la vie des gens. Il s’agit de Mario Bertoncini, Alex Boissonneault, Pierre-David Habel, Roman Pokorski, Victor Quentin, Jonathan Vachon et Serge Vallée.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><strong><em>Le « Hoodstock » (2009)</em></strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Un autre cas, plus récent, confirme que les activités au sein des organisations de défense des droits intéressent grandement la police. Pendant l’été 2009, alors que des militants de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP) et Montréal- Nord Républik travaillaient à organiser le « Hoodstock », soit une série d’activités commémorant la mort de Fredy Villanueva, abattu l’année précédente dans un parc de Montréal-Nord, un certain « Will Joseph Junior » tenta d’infiltrer les organisateurs de l’événement.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[…]</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Le 4 août, les organisateurs du Hoodstock organisèrent une conférence de presse en compagnie de la famille Villanueva dans le but d’annoncer la tenue d’une manifestation qui devait se tenir le 9 août suivant. Comme la mort du jeune homme de 18 ans avait provoqué une émeute d’une amplitude considérable, ils tinrent à rappeler au public que cet événement était pacifique et non violent. Pas plus tard que le lendemain, ils eurent de nouveaux des nouvelles de leur ami Will, qui tenait un langage de plus en plus « clair » :</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt"><em>Yo wassup.</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt"><em>J’ai vu ke vous allé être dans mon hood dimanche pour la marche</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt"><em>et j’apréci fo’sho… Il faut qu’on s’tienne no matter what. Mes boyz</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt"><em>sont près à faire le war. Vous ne connaissez pas le coin, so ensemble,</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt"><em>on peut faire du bruit. Le gouvernement va comprendre kon n’est</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt"><em>pas content des shit qui se passe dans montreal-nord. Écris-moi</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt"><em>back pour kon puisse organizé kelkechose de fucktop.</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt"><em>halla back</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt"><em>Will</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Compte tenu des appels au calme lancés par les organisateurs (qui seront d’ailleurs répétés lors de ladite manifestation) et de la nature des activités de la CRAP et de Montréal-Nord Républik, qui étaient tout à fait légales et pacifiques, il semble évident que cette opération était une opération de provocation. La CRAP portera d’ailleurs plainte en déontologie dans les jours qui suivirent. Interrogé par une journaliste à ce sujet, le chef de la division des communications du SPVM, Paul Chablo, affirma alors : « Nous allons collaborer au déroulement de l’enquête du commissaire, qui déterminera si oui ou non notre intervention était justifiée. » Ce qui confirme qu’il y avait bel et bien eu infiltration de la part du SPVM.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><strong><em>La lutte contre le FLQ</em></strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[…]</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Cet espionnage légal et illégal est complété par le travail des infiltrateurs. Parmi les actions commises par ceux-ci, la divulgation de fausses informations est du nombre. À elle seule, l’indicatrice Carole de Vault a publié 13 faux communiqués. Plusieurs d’entre eux professent des menaces de mort, d’enlèvement et d’explosion ; celui du 6 mars 1971, par exemple, proclame : <em>« Québécois et Québécoises, prenons les armes ! »</em> De Vault n’est pas seule à faire ce travail. Alors que le leader felquiste Pierre Vallières invite à la dissolution du FLQ, en 1972 – et justement parce qu’il croit le FLQ infiltré par les forces de l’ordre ! – la GRC semble croire que d’abandonner la lutte armée n’est pas une très bonne idée. Une fausse cellule appelée « La Minerve » rappelle que le Parti québécois est un « parti bourgeois » et qu’il faut continuer la lutte armée puisque « Le pouvoir est au bout du fusil ! » Ce communiqué fut rédigé par nul autre que le directeur de la section antiterroriste de la GRC, Donald Coob.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[…]</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Mais les indicateurs ne font pas qu’émettre de faux communiqués, ils passent également à l’action : cambriolages, holdups, vols de dynamite et d’explosifs, incendies criminels, attentats et bombes incendiaires font partie des nombreuses actions entreprises sous le couvert de la « lutte au terrorisme ».</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><strong><em>Conclusion</em></strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[…]</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Aujourd’hui encore, ce n’est pas l’illégalisme et la violence que combattent la police et les agents infiltrateurs – cette posture stratégique serait franchement schizophrénique –, mais bien la révolte, la contestation et la dissidence. Le rôle des policiers, essentiellement, est de voir à la reproduction de la division de classes dont ils sont les gardiens assermentés. Quiconque oublie cette fonction de la violence étatique accepte a priori la version policière des faits, version qui, on le sait désormais, lamine une part considérable du travail de violente provocation et de délicate manipulation auquel se livrent les sbires de l’État…</p>
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		<title>Vous, Madame Marois</title>
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		<pubDate>Thu, 09 May 2013 14:44:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-André Cyr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[ Le gouvernement Marois met sur pied une « Commission spéciale d’examen des événements du printemps 2012 ». L’objectif, vous l’avez sans doute [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormalCxSpFirst" style="text-align: justify"> Le gouvernement Marois met sur pied une « Commission spéciale d’examen des événements du printemps 2012 ». L’objectif, vous l’avez sans doute deviné, n’est pas de répondre aux demandes d’enquête concernant la brutalité des policiers, mais bien de voir à ce qu&#8217;une révolte de cette ampleur ne se reproduise <em>jamais</em>.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">La grève, la manifestation et la désobéissance civile sont des modes d’action efficaces. Ils permettent à la population de s’occuper de ce qui la regarde. Ils sont en fait les seuls moyens qui sont à sa disposition afin d’être réellement un acteur social et historique.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Le peuple devenant autre chose qu’une longue série de X anonymes ? Le peuple devenant autre chose qu’un sondage plus ou moins orienté? Le peuple devenant autre chose qu’un spectateur de son existence? Il faut définitivement voir à ce qu’un tel désastre ne se reproduise plus, le gouvernement l’a bien compris.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Pourquoi la révolte étudiante ? Pourquoi tant de gens en colère? Notre classe dirigeante est si prétentieuse, si habituée à se complaire dans ses contes fantastiques qu’elle refuse de voir ce qui est pourtant une évidence éclatante comme le soleil.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Si les gens se révoltent, Madame Marois, c’est à cause de vous.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et tout ce que vous représentez.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et votre « carré rouge » de circonstance.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et votre hypocrisie prévisible.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et Léo Bureau-Blouin.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et les coupures qui saignez notre bien-être depuis plus de trente ans.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et les banquiers au service de l’accumulation infinie d’argent.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et les technocrates gestionnaires de la destruction de notre environnement.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous voulez vraiment savoir pourquoi les gens sont en colère? Ne pointez pas du doigt les Libéraux, ils sont exactement comme vous. Regardez-vous plutôt dans le miroir, Madame Marois. Vous n’êtes pas une alternative. Vous êtes faits du même matériel corrompu. Vous êtes trempée dans la même sauce mercantile.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">C’est vous et vos amis, Madame Marois, l’absence d’idée que vous incarnez qui nous poussent à la rue.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et les fabricants d’opinions serviles.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et votre langage mort, votre langue de vinaigre.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et Jean Charest, la peste ou le choléra.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et votre gestion sans idéal et sans idée.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et votre police protégée, violente, brutale, stupide, lâche et conne.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et votre mépris des pauvres.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous et votre ersatz de souveraineté vide de contenu.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Vous, vos mots, vos actions et vos inactions.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Il n’est pas à la mode d’employer ces mots. Ils sont trop chargés de sens pour notre époque qui n’en a plus, mais c’est pourtant bien de cela dont il s’agit. Vous êtes comme tous les autres, Madame Marois. Vous êtes une bourgeoise. Une bourgeoise à son propre service.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Une bourgeoise qui incarne à la perfection la médiocrité et la dégénérescence de nos institutions politiques.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: right" align="right"><em>«  Pas de pitié. Vous êtes des incolores »</em> – Claude Gauvreau</p>
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	</item>
		<item>
		<title>La Reine des sans-talents</title>
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		<pubDate>Sat, 04 May 2013 16:09:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-André Cyr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous pensiez peut-être que c’était terminé. Vous vous imaginiez peut-être que lorsque vous en avez marre des mensonges et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Vous pensiez peut-être que c’était terminé. Vous vous imaginiez peut-être que lorsque vous en avez marre des mensonges et de la stupidité des chroniqueurs patentés et sans talent, c’est parce qu’on est en train d’atteindre une espèce de seuil critique en deçà duquel il devient ridicule de descendre…</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">C’est bien mal connaître Lysiane Gagnon.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Ce matin, elle en remet une couche sur le dos des grévistes en s’en prenant au Rapport de la ligue des droits et liberté.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Que dit ce rapport?</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Il parle de blessures graves et permanentes : fractures de la mâchoire, traumatismes crâniens, œil percé, oreille perforée, membres cassés. Il parle d’irritants chimiques, de lacrymogène, de poivre de Cayenne, de matraques, de charges violentes, de balles de plastique et de grenades assourdissantes. Il parle d’insultes, de violence, de torture et d’attouchements sexuels. Il parle de propos sexistes, racistes et homophobes.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Il parle de 3500 arrestations politiques et discriminatoires – à peine 10% des arrêtés seront au final accusés. Il parle de l’utilisation du code de sécurité routière pour interdire les manifestations et de loi « spéciale » dénoncée par le barreau. Il parle de ces gens harcelés et arrêtés parce qu’ils portaient à leur veste un symbole de dissidence politique. Il parle des injonctions et de l’escouade antiémeute dans les murs des institutions scolaires.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Ce rapport parle de répression, de violence et de déni des droits fondamentaux.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Mais la Reine préfère faire sa p’tite comique : « Heureusement qu&#8217;il y a des pays qui se donnent pour mission de sauver les Canadiens de la dictature! ». Elle trouve ça drôle, elle, alors elle s’amuse comme une vraie folle. Elle fait taire ce qui lui déplaît et grossit ce qui lui plait. Cette activité est à la hauteur de ses capacités. Assise sur son trône de penseuse salariée, la Reine, un peu comme le mononcle seul devant le miroir rentre sa bedaine en s’imaginant qu’il est beau, s’amuse avec les faits.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Discutant avec sa belle personne, elle soutient que le Canada n’est pas « l&#8217;Iran, la Corée du Nord ou la Chine ». Au lieu de peser la violence qui a effectivement lieu ici, elle préfère parler de Tian&#8217;anmen et de Téhéran. Elle rit des « camarades » qui parlent d’« atrocités », du « récit accablant » qui donne la « chair de poule ». Tous ces mots, bien entendu, proviennent de sa tête et non du rapport en question. Elle s’accapare quelques anecdotes pour en faire la norme et rétrécit la norme pour en faire quelques anecdotes</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt;text-align: justify">« La police a saisi, oui, <em>saisi</em> la tête du panda de peluche qui constituait le déguisement de Julien Villeneuve, ce prof de philo du cégep de Maisonneuve mieux connu sous le nom d&#8217;Anarchopanda. Voilà une cruelle et humiliante intervention qu&#8217;on n&#8217;aurait jamais vue place Tien An Men. Les Chinois respectent les pandas ».</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Rien sur la brutalité, rien sur la violence, rien sur les arrestations de masse. Cette négation symbolique de la violence est aussi pire que la violence subie et réelle. Les amis bourgeois et patroneux de la Reine n’auraient pas subi le quart du dixième de ce qu’ont subit les grévistes qu’elle en gémirait pendant les deux éternités à venir. C’est d’ailleurs elle qui parlait des « pratiques totalitaires », de la « violence subversive » et des étudiants « terrorisés » par les militants de la CLASSE [3 mai 2012]. Et c’est encore elle qui parlait de la « solitude de l’ado qui aurait osé faire entendre une voix dissidente » et de l’« intimidation des dissidents » [28 avril 2012]. (Note importante : la dissidence, dans l’univers renversé de Gagnon, est identique à la position gouvernementale).</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Cette négation de la violence institutionnelle est typiquement bourgeoise, lâche, démagogue, sans dignité et sans honneur. Elle est veule, peureuse et pleutre.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Lysiane Gagnon, on le dit le plus poliment possible, est la Reine des sans-talents.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify" align="center"><strong>*</strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><strong>Notes</strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">[1] Lysiane Gagnon, « Atrocités montréalaises », <em>La Presse</em>, 4 mai : <a target="_blank" href="http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/lysiane-gagnon/201305/03/01-4647406-atrocites-montrealaises.php" >http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/lysiane-gagnon/201305/03/01-4647406-atrocites-montrealaises.php</a></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Pour lire le rapport en question : <a target="_blank" href="http://www.asse-solidarite.qc.ca/actualite/lancement-du-rapport-temoignages-de-la-greve-etudiante-repression-et-discrimination/" >http://www.asse-solidarite.qc.ca/actualite/lancement-du-rapport-temoignages-de-la-greve-etudiante-repression-et-discrimination/</a></p>
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	</item>
		<item>
		<title>Lettre à un capitaliste</title>
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		<pubDate>Fri, 03 May 2013 18:48:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-André Cyr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[La Presse, il y a quelques jours, publiait la lettre d’un lecteur trié au hasard qui affirmait que l’ASSÉ désirait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em>La Presse</em>, il y a quelques jours, publiait la lettre d’un lecteur trié au hasard qui affirmait que l’ASSÉ désirait une « révolution anarchiste ». Ce matin, c’est un certain « gestionnaire de Montréal », M. Jérôme Soucy, qui récidive avec la publication d’une «Lettre aux anticapitalistes».</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Ce que nous appellerons fort généreusement, et avec une pointe d’humour, les « arguments » de M. Soucy se résument ainsi : 1) C’est grâce au capitalisme que les anticapitalistes ont la liberté de parole; 2) La seule alternative au capitalisme est le « socialisme » (entendu comme régime totalitaire, bien entendu).</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Examinons – rapidement ne vous en faites pas – ces « arguments ».</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Le premier est tout simplement faux, voire totalement mensonger. Les anticapitalistes ne sont pas « tolérés ». Ils sont matraqués, gazés, arrêtés, traqués et judiciarisés. Faut-il rappeler à notre ami entrepreneur que la dernière manifestation anticapitaliste a mené à 447 arrestations? Faut-il rappeler à Monsieur les quelques milliers d’arrestations dénoncées par l’ONU et Amnistie internationale qui eurent lieu pendant la grève étudiante? Faut-il lui rappeler que le gouvernement, les médias, la cour et la police ont tout mis en œuvre afin de casser cette grève? Que les grévistes ont été traités avec une violence et un mépris hors du commun dans les pages des grands journaux de la province, et ce pendant des mois?</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">C’est ça la « tolérance » dont il parle?</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Sans doute faudrait-il également lui rappeler que le capitalisme <span> </span>n’est pas identique à la « démocratie » comme il le laisse croire et comme en témoignent du fond de leur tombeau les dizaines de milliers de victimes de Pinochet. Sa vision on ne peut plus naïve de l’économie et de la politique s’en trouverait peut-être transformée. Il n’écrirait du moins certainement plus de phrases creuses telles que <em>« Le capitalisme est à la portée de tous »</em>.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Ensuite, concernant le « socialisme », les propos de notre ami utile ne sont pas sans rappeler ceux, tout aussi éloquents, de notre caricature petite-bourgeoise nationale, Elvis Gratton. « Pis si y sont pas contents, qui aillent dont vivre à Cuba! ». Tel est, à peu de chose près, le propos de M. Soucy qui soutient, en toute ignorance, volontaire ou non, que les modèles proposés par les anticapitalistes sont la « Corée du Nord, la Chine, Cuba et l’ex-URSS ».</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">L’affirmation est tout aussi grotesque que répandue. Aucune organisation anticapitaliste contemporaine ne prend ces pays pour modèle. La CLAC, instigatrice de la manifestation anticapitaliste dont il parle, est d’ailleurs beaucoup plus libertaire qu’autoritaire. Quoiqu’en pense les adeptes plus ou moins fanatisés du libre-marché (une autre belle abstraction), le capitalisme ne représente pas la fin de l’histoire. À moins, bien entendu, qu’il poursuive sa croissance infinie jusqu’à ce que notre planète soit totalement inhabitable &#8211; ce qui n’est pas exclu, mais qui est loin d’être inévitable.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-top: 12pt;text-align: justify">Mais le monsieur n’a pas à se sentir menacé… du moins pas directement. Les anticapitalistes ne jalousent pas les « riches », les « personnes corrompues » ou celui « qui gagne plus que la moyenne ». Ils ne « clament » pas qu’ils n’ont « pas de Porsche quand l&#8217;autre personne qui travaille 60-80 heures par semaine, elle, en possède une ». Ils travaillent plutôt à anéantir les institutions historiques qui permettent d’exploiter et de berner la majorité de la population et de détruire l’environnement naturel – le « corps non-organique de l’homme » [et de la femme] comme dirait Marx.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">M. Soucy accuse en fait les manifestants d’être politiquement aussi grossiers et manichéens que l’est sa vision de ces derniers. Son papier est le reflet de son ignorance et de ses préjugés, et rien d’autre. Il termine d’ailleurs par une ligne d’une finesse analytique digne des radios poubelles de Québec : « Si vous choisissez de « planer » dans un parc toute la journée, vous choisissez de ne pas prendre ce temps pour changer le monde ».</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Par pur plaisir, renversons la vapeur, car si M. Soucy choisit de faire « planer » dans sa tête ses préjugés réactionnaires petits-bourgeois, il choisit de ne pas prendre ce temps pour <em>comprendre</em> le monde.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Il suit la vague, les yeux fermés et les oreilles bouchées.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Et sa place est bel et bien dans les pages du journal <em>La Presse</em>.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: center">*</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Voici la lettre en question: http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201305/02/01-4646948-lettre-aux-anticapitalistes.php</p>
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		<title>Pourquoi les gens se révoltent ?</title>
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		<pubDate>Thu, 02 May 2013 14:26:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-André Cyr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; *Ce texte a été publié dans le journal Le Couac de mai 2013. La réponse est plutôt facile à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">*Ce texte a été publié dans le journal <em>Le Couac</em> de mai 2013.</p>
<p style="text-align: justify">La réponse est plutôt facile à identifier : pauvreté, chômage, exploitation, stress, corruption, maladies, guerres, racisme, sexisme, violence, pollution, destruction, exclusion…</p>
<p style="text-align: justify">On nous ment, on en bave et on le sait. Il n’y a pas une seconde qui s’écoule qui ne justifie une forme ou une autre de résistance à la bêtise systémique qui nous enserre. Et il n’y qu’à écouter notre entourage « chialer » constamment contre les notables pour comprendre que nous sommes bien conscient·e·s, au fond, de notre aliénation. Tout le monde sait que quelque chose ne tourne pas rond… Chaque jour amène de nouveaux scandales. Chaque jour démontre que la classe dirigeante travaille avec notre argent pour ses propres intérêts mercantiles et égoïstes. Tout le monde sait que notre monde politique et économique est corrompu. Tout le monde sait que l’égalité devant la loi est une fantastique chimère. Tout le monde sait également que les politicien·ne·s défendent les intérêts des classes dominantes. Et tout le monde sait que les notables qui osent nous demander de payer notre « juste part » ne paient pas la leur – nous avons même eu un très (très !) honorable Premier ministre qui faisait battre le drapeau du paradis fiscal sur ses propres bateaux.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Une bonne question… Seulement, et c’est un trait caractéristique de notre humanité, la vaste majorité de la population reste chez elle, lovée dans le sofa à écouter La Voix ou à pratiquer on ne sait qu’elle autre forme d’automutilation. La vraie question, enfin, la plus intéressante de notre point de vue, serait plutôt : pourquoi les gens obéissent ?</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Étienne de la Boétie (1530–1563) nous donne ce qui est peut-être la première des réponses à cette énorme question</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="margin-left: 35.4pt;text-align: justify"><em>Si deux, si trois, si quatre cèdent à un seul, c’est étrange, mais toutefois possible ; on pourrait peut-être dire avec raison : c’est faute de cœur. Mais si cent, si mille souffrent l’oppression d’un seul, dira-t-on encore n’osent-ils et elles pas s’en prendre à lui, ou ne veulent pas, et que ce n’est pas par couardise, mais plutôt mépris et dédain ? Nous sommes fasciné·e·s, ensorcelé·e·s et amoureux·ses de l’autorité. </em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Le <em>Discours sur la servitude volontaire</em> – que La Boétie écrit alors qu’il avait à peine 16 ans ! – soutient que nous sommes responsables de notre servitude. Le système entier repose sur notre collaboration et il ne tiendrait qu’à nous de le transformer. Nous sommes les propres fossoyeur·e·s de notre liberté, à un point tel que nous avons même oublié à quoi elle ressemble…</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Un de nos contemporains, Gene Sharp, théoricien de la non-violence, à peine 500 ans plus tard, poursuit cette réflexion. Selon lui, il y a principalement sept raisons qui poussent les gens à l’obéissance. Comme La Boétie, il soutient que l’habitude est la pierre angulaire de la soumission volontaire.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Et il y ajoute :</p>
<p style="text-align: justify"><em>La peur des sanctions</em> : Autrement dit : la répression. Un facteur de soumission majeur et efficace, mais qui connait ses limites, car il a la fâcheuse conséquence de créer des martyrs, ce qui peut alimenter la révolte. Si elle ne décourage que rarement les révolté·e·s et les révolutionnaires, elle a cependant pour effet d’inciter le reste de la population à ne pas se joindre à eux.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><em>L’obligation morale : </em>Difficile à admettre… mais les<em> </em>gens ressentent une obligation morale d’obéir. Nous avons appris à aimer notre société et à la respecter. En se soumettant à la loi, on travaillerait au bien commun. Sans cette croyance, car c’est bien de cela qu’il s’agit, nulle société ne peut faire système. En ce sens, nous avons également tendance à croire que ceux et celles qui font appliquer la loi sont doté·e·s de qualités morales supérieures. Tout est mis en oeuvre – et ils en ont bien besoin – pour que les politicien·ne·s, les juges et autres figures d’autorité jouissent d’une aura de respectabilité.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><em>Identification psychologique avec le ou la gouvernant·e</em> : Nous aimons nos gouvernants et nos dirigeants. Comme s’ils étaient une extension de nous-mêmes, nous admirons leur succès et pleurons leurs échecs comme s’ils et elles étaient nôtres. Nous avons de l’empathie à leur égard, à un point tel que les plus détestables d’entre eux – on pense ici, par exemple, à la Madame Thatcher – font vivre chez nous de vives émotions d’empathie.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><em>L’indifférence </em>: Bien entendu, on ne peut passer ce côté sombre de l’humanité : son indifférence à la souffrance d’autrui. Nombre de gens parmi nous vont obéir à des dirigeants qu’on considère impies simplement parce que cette obéissance n’affecte pas outre mesure notre quotidien, même si cette obéissance peut être, pour les « autres », d’une violence extrême.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><em>L’absence de confiance en soi des sujets : </em>« Communistes ! », « Radicaux ! », « Utopistes ! », « Rêveurs ! »… L’élite réactionnaire met tout en place afin de cultiver cette absence de <span> </span>confiance.L’inertie de la population est sa force. Il convient ainsi de cultiver une certaine complexité, voire une opacité quant aux problèmes sociaux et aux solutions à leur apporter. Tout cela est « compliqué » – pensons à l’économie – et il n’est pas donné à tou·te·s d’en saisir les tenants et aboutissants. Et de toute façon, la grève et les manifestations, ça ne marche pas. Vaut mieux laisser les choses politiques entre les mains de ceux et celles qu’on a élu·e·s…</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Eux savent de quoi ils parlent.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: center" align="center"><strong>*</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><strong>Notes</strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Étienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire, Paris, Éditions des Milles et une nuit, p.10.</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Gene Sharp, « Why do men obey ? », The Politics of Non violent Action, Boston, Porter Sargent, 1973.</p>
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		<title>Boston : le refus de penser</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Apr 2013 14:22:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-André Cyr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[18 avril 2013… Monsieur Mathieu Bock-Côté prend son bain. Fidèle à son habitude, il patauge en discutant avec sa prétentieuse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">18 avril 2013… Monsieur Mathieu Bock-Côté prend son bain. Fidèle à son habitude, il patauge en discutant avec sa prétentieuse personne. Solitaire comme tous les grands de ce monde, il s’amuse avec de petits hommes de pailles imaginaires qu’il fait clapoter dans l’eau. Il peut leur faire dire tout ce qu’il veut : « Je n’aime pas l’Occident. Fuck you! Elle est responsable de tout ! », dit la marionnette gauchiste. « Nous voulons vous anéantir. Mouhahahaha! », dit le terroriste.</p>
<p style="text-align: justify">Ces petits amis imaginaires lui permettent de passer le temps, tranquillement pas vite. « Ça suffit! C’est immoral! » dit Monsieur, momentanément personnifié par une figurine de Monsieur Patate. « C’est du relativisme. Il faut défendre l’Amérique… »</p>
<p style="text-align: justify">Et « clap » et « ploutch » et « clap » et « brrrr » et « taratatatow tow! » et « Tiens-toi ennemis de la Nation! » et « clap » et « brrrr » et « taratatata tow ».</p>
<p style="text-align: justify">Bon, enfin, vous voyez le genre.</p>
<p style="text-align: justify">Ça dure assez longtemps.</p>
<p style="text-align: justify">Toujours est-il que le lendemain matin, Monsieur écrit un texte fort pertinent où il met par écrit ses pensées marinées la veille.</p>
<p style="text-align: justify">Il a trouvé un bon titre : « Boston : le relativise haineux ».</p>
<p style="text-align: justify">Dès la première ligne, il déploie sa thèse généreuse et surprenante : « Elle est fascinante la capacité de relativisation d’une certaine frange de la gauche radicale ». Aucun exemple, aucun fait ne viendront appuyer ce qu’il affirme. Normal : les hommes de pailles dont il parle n’existent pas. Car personne, mais réellement <em>personne</em> de la gauche – radicale ou non – n’a appuyé les gestes des terroristes. Personne n’a tenté de les défendre de quelque manière que ce soit. Et personne n’a dit qu’il ne fallait pas rendre justice aux victimes de ces attentats.</p>
<p style="text-align: justify">Autrement dit : tout le monde s’est ligué derrière les victimes de Boston, et pour cause. Mais le Monsieur – c’est qu’il est malin – comprend tout des intentions non avouées de ses amis fantastiques. La gauche porte un « masque » de vertu qui « cache » son « aversion profonde » et son « fantasme d’autodestruction ».</p>
<p style="text-align: justify">Elle ne le sait pas, lui sait.</p>
<p style="text-align: justify">Si se poser des questions, c’est relativiser, nous n’avons pas le choix. Il faut « pleurer », d’abord, telle une petite poupée de plastique au fond du bain, et « riposter », ensuite, contre les « agresseurs de la démocratie », tel Monsieur Patate qui bombe le torse du haut du robinet.</p>
<p style="text-align: justify">Cette discussion, Monsieur ne peut l’avoir qu’avec lui-même. Il se trouve cependant des gens qui, par delà les appels à la peur de l’Autre, tentent de réfléchir aux moyens à prendre afin d’éliminer les <em>conditions de possibilité</em> qui permettent à de telles horreurs de se produire et de se reproduire. Par delà le « patriotisme occidental » qui fait frissonner les chroniqueurs réactionnaires, et qui n’est rien d’autre que le reflet inversé de la haine portée par le terrorisme, il est de notre responsabilité de saisir les causes de cette violence.</p>
<p style="text-align: justify">Humblement, il nous faut tenter de comprendre.</p>
<p style="text-align: justify">Se prêter à un tel exercice, nécessairement, revient à identifier les conditions historiques, idéologiques et économiques qui permettent à tels actes, si choquants soient-ils, d’exister. Et par-delà le manichéisme qui oppose l’Occident à l’Autre et qui nous situe – toujours! – du côté du Bien, analyser ces conditions nous mène également à questionner les rapports de force et de domination qui caractérisent notre monde.</p>
<p style="text-align: justify">Pour finir son papier, toujours un peu accompagné par lui-même, le Monsieur y va d’une réflexion qui semble directement lui être adressée (enfin, à lui et à ses fabuleux amis) : <em>« Et pour tout dire, il n’y a rien de pire que la bêtise qui se prend pour un mélange de courage et de génie. Ces jours-ci, bien franchement, elle est terriblement courante »</em>.</p>
<p style="text-align: center" align="center">*</p>
<p style="text-align: justify">En 2001, l’historien québécois Jean-Marie Fecteau réplique à Jocelyn Coulon en l’accusant de participer à l’ « hystérie antiterroriste ». Après 12 ans de ces recettes guerrières, nous croyons que ces mots sont toujours d’actualité – la citation est un peu longue, mais elle en vaut la peine</p>
<p style="text-align: justify;padding-left: 30px"> <em>« Ces gauchistes affreux, terrés dans les caves du Monde diplomatique ou dans les officines des groupes humanitaires, sont aussi probablement coupables d’avoir dénoncé, les premiers et les seuls, les horreurs des Talibans et de leur suiveurs, bien avant que nos penseurs s’inventent une conscience internationale largement médiatisée. Coupables, avec tant d’autres, d’avoir osé dire et penser que la catastrophe du 11 septembre n’est pas l’horreur atemporelle de la violence sans nom mais celle d’un moment historique. Coupables d’avoir vu, dit et pensé que l’unique n’a de sens que quand il témoigne, parfois avec stridence, de son époque et qu’il est replacé dans la mouvance incessante des choses. Coupables de vouloir changer ce monde qu’ils savent inégal et qui les insupporte, coupables de ne pas avoir la complaisance facile des apôtres du bonheur quotidien. Coupables de penser que quelque part, nous sommes tous responsables, et qu’il faut constamment « nous rappeler qu’aucune société ne peut construire son bonheur en créant un monde qui se bâtit sur le sang des sociétés lointaines » (Mouawad). Coupables de voir dans l’événement autre chose que l’absurdité éternelle de la violence, de saisir cet événement comme occasion et nécessité d’un appel renouvelé à la pensée critique. Coupables finalement de mettre cette intelligence des choses au service du seul absolu qui mérite qu’on y tienne, celui des aspirations au changement pour le mieux. Car l’obligation éthique de penser le réel dans sa survenance même brutale n’est qu’une manifestation du devoir de le changer » </em><sup>[2]</sup><em>.</em></p>
<p style="text-align: center"> *</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">[1] Monsieur Mathieu Bock-Côté, « Boston: le relativisme haineux », Le blogue de MBC, 19 avril 2013: <a target="_blank" href="http://blogues.journaldemontreal.com/bock-cote/general/boston-le-relativisme-haineux/" >http://blogues.journaldemontreal.com/bock-cote/general/boston-le-relativisme-haineux/</a></p>
<p style="text-align: justify"> [2] Jean-Marie Fecteau, « Un certain 11 septembre au matin&#8230; », <em>Bulletin<br />
d’histoire politique</em>, septembre 2001.</p>
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	</item>
		<item>
		<title>Abruti 0.0*</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 21:49:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-André Cyr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; * Si ce texte est mauvais, c’est qu’il est un pastiche d’un autre encore pire, disponible ici : Richard Martineau, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormalCxSpFirst" style="text-align: justify"><em>* Si ce texte est mauvais, c’est qu’il est un pastiche d’un autre encore pire, disponible ici : Richard Martineau, « Terrorisme 2.0 », Le Journal de Montréal, 15 avril 2013 : </em><a target="_blank" href="http://www.journaldemontreal.com/2013/04/15/terrorisme-20" ><em>http://www.journaldemontreal.com/2013/04/15/terrorisme-20 </em><span style="color: #000000">ou ici</span><em>  https://www.facebook.com/photo.php?fbid=656010967749173&amp;set=a.656010951082508.1073741826.505768749440063&amp;type=1&amp;theater</em></a><em> </em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: center" align="center">*</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Il y a quelques mois, Anders Behring Breivik, le terroriste qui a fait 77 morts et 151 blessés lors du congrès du Parti social-démocrate norvégien, défendait son action meurtrière dans un manifeste ultranationaliste</p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Il y affirme mener « <em>une guerre préventive contre les régimes culturellement marxistes/multiculturalistes d&#8217;Europe »</em> afin <em>« de repousser, battre ou affaiblir l&#8217;invasion/colonisation islamique en cours, pour avoir un avantage stratégique dans une guerre inévitable avant que la menace ne se matérialise ».</em></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify"><strong>ÉLOGE DES ABRUTIS</strong></p>
<p class="MsoNormalCxSpMiddle" style="text-align: justify">Mais la tactique des abrutis a changé : au lieu d’écrire de longs et ennuyeux manifestes – celui de Breivik avait 1518 pages! – ils écrivent plutôt des articles courts. Avec des phrases simples et punchées. Des textes accessibles qui vous font <strong>SENTIR</strong> des <strong>ÉMOTIONS</strong> en <strong>GRAS</strong> et en <strong>MAJUSCULES</strong>.</p>
<p class="MsoNormalCxSpLast" style="text-align: justify">L’idée derrière cette pratique est simple : au lieu de travailler dans l’ombre pendant des années pour écrire un texte qui frappera l’imaginaire pendant des décennies, les chroniqueurs sèment plutôt la bêtise à petites doses, en utilisant les moyens du bord : anecdotes, sophismes, citations hors contexte, mensonges, etc.</p>
<p style="text-align: justify">Pourquoi investir autant de temps et d’énergie dans la rédaction d’un ouvrage érudit quand on peut avoir le même résultat en écrivant des chroniques au quotidien?</p>
<p style="text-align: justify">Après le « Think Big » de l’<em>Appel de la Race </em>du chanoine Groulx et les textes étoffés de Charles Maurras dans l’Action française, l’heure est maintenant au chroniqueur local.</p>
<p style="text-align: justify">C’est comme l’alimentation: on tourne le dos aux grandes idées réactionnaires pour se tourner vers le « fait maison ».</p>
<p style="text-align: justify">Rien de mieux que la bonne vieille chronique fabriquée avec les restes de la chronique du mois dernier.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>PLUS INQUIÉTANT</strong></p>
<p style="text-align: justify">Tout porte à croire que les chroniques de l’avenir ressembleront à ça.</p>
<p style="text-align: justify">À la limite, c’est encore plus traumatisant.</p>
<p style="text-align: justify">Car ces propos haineux, on peut les diffuser n’importe où, n’importe quand. Un crackpot se prend pour un grand défenseur de l’Empire occidental ?</p>
<p style="text-align: justify">Pas besoin de lire pendant des années. Il ouvre son portable de chroniqueur en herbe, mélange ses ­ingrédients, et paf, il est prêt à être publié dans les journaux.</p>
<p style="text-align: justify">Des propos cités hors contexte ou simplement inventés. Un amalgame entre les étudiants en grève et Magnotta. Un courriel anti-gréviste tout aussi « scandaleux » qu’anecdotique. Une affiche de Mise en Demeure trouvée chez Amir Khadir. Un imam jusqu&#8217;ici inconnu qui veut la destruction d&#8217;Israël.</p>
<p style="text-align: justify">Voilà, le boulot est fait.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>RADICAUX LIBRES</strong></p>
<p style="text-align: justify">Regardez autour de vous. Tous les discours des abrutis se radicalisent, depuis quelques années.</p>
<p style="text-align: justify">La contestation envers les institutions augmentant, de plus en plus de gens ont recours à la diffamation et à la démagogie de bas étage pour faire avancer leurs idées.</p>
<p style="text-align: justify">On diffame. On traite les opposants de « staliniens » ou de « terroristes islamistes ». On approuve les arrestations de masse malgré leur condamnation par l’ONU et Amnistie internationale. On écrit des propos stupides sur Twitter. On soutient que les étudiants qui se font crever les yeux sont de fausses victimes.</p>
<p style="text-align: justify">Certes, ce ne sont pas des actes terroristes. Mais ça participe de la même logique. La réponse n’est plus dans le débat. Elle ne se situe même plus dans le cadre de la rationalité.</p>
<p style="text-align: justify">Il faut électrocuter la contestation.</p>
<p style="text-align: justify">D’abord, lui faire peur. Puis l’enrager. Et, enfin, la matraquer.</p>
<p style="text-align: justify">En inventant une histoire de pavés lancés sur des autos du haut d’un viaduc, par exemple. Et en ajoutant que ce geste criminel inventé de toutes pièces devrait être dénoncé par les grands leaders étudiants.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>LA GRANDE NOIRCEUR</strong></p>
<p style="text-align: justify">Hier, c’était Oslo. Demain, quelle ville sera touchée?</p>
<p style="text-align: justify">Combien de gens tomberont?</p>
<p style="text-align: justify">Au nom de quelle idéologie?</p>
<p style="text-align: justify">Bienvenue au royaume des abrutis…<a name="_GoBack"></a></p>
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		<title>La dame de fer peut rouiller en paix</title>
		<link>http://voir.ca/marc-andre-cyr/2013/04/09/la-dame-de-fer-peut-rouiller-en-paix/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 13:21:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-André Cyr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[Margaret Thatcher est morte. Pratiquement tous les politiciens du monde baissent les yeux et ôtent solennellement leur chapeau : « Elle n’a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Margaret Thatcher est morte.</p>
<p style="text-align: justify">Pratiquement tous les politiciens du monde baissent les yeux et ôtent solennellement leur chapeau : « Elle n’a pas seulement dirigé notre pays, elle l’a sauvé », affirme David Cameron; « Avec la disparition de madame la Baronne Thatcher, le monde a perdu une géante parmi les dirigeants mondiaux », soutient Stephen Harper; « Mme Thatcher a été une figure de proue de la politique britannique et mondiale du 20e siècle », dit Thomas Mulcair.</p>
<p style="text-align: justify">Cette « figure de proue » a pourtant « sauvé » le pays en sabrant dans les programmes sociaux, en privant les enfants démunis d’Angleterre de leur ration quotidienne de lait et en matraquant les droits sociaux des travailleurs et des travailleuses. Elle a mis des milliers de travailleurs à la rue, fait appel à la police et à l’armée pour défendre ses politiques réactionnaires, déréglementé la finance, privatisé des pans complets de l’économie au profit de ses amis millionnaires et instauré de nouvelles taxes (la « poll tax ») hautement rétrogrades.</p>
<p style="text-align: justify">Cette « géante » a également laissé pourrir les prisonniers politiques de l’IRA dans les geôles de son pays. Elle les a enfermés dans des conditions impitoyables afin de charmer l’extrême droite orangiste et a soutenu les activités meurtrières de groupes paramilitaires anti-irlandais.</p>
<p style="text-align: justify">Et on parle d’elle comme d’une « démocrate »… Elle qui a pourtant appuyé le régime sanguinaire de Pinochet – il aurait, selon ses dires, « sauvé la démocratie » du Chili. Elle qui a soutenu l’apartheid en Afrique du Sud et qui a affirmé que le parti de Mandela était une organisation « terroriste ». Elle qui était anticommuniste jusqu’à la démence, au point de penser que la presse anglaise était noyautée par la gauche et que les syndicats étaient les « ennemis intérieurs » de l’Angleterre.</p>
<p style="text-align: justify">Sous le règne de Thatcher, les infrastructures publiques se sont dégradées, la pauvreté a augmenté, la qualité de l’éducation a chuté<sup> [1]</sup> et les amis du régime s’en sont mis plein les poches. Elle a mené une impitoyable guerre aux immigrants, aux travailleurs précaires et aux pauvres. Si elle est une « grande dame », c’est parce qu’elle a été la femme de main des notables, des bourgeois bedonnants et des fanatiques abrutis par les lois du marché; ceux-là même qui vont s’indigner que de méchants « gauchistes » fêtent sa disparition alors qu’ils faisaient précisément la même chose lors de la mort d’Hugo Chavez, il y a à peine quelques jours.</p>
<p style="text-align: justify">Margaret Thatcher prétendait critiquer la place de l’État, mais se servait de sa violence pour la mettre au service des biens nantis. Elle représentait – en bref – le pire du libéralisme : son hypocrisie, sa lâcheté, son égotisme, son chauvinisme et son autoritarisme.</p>
<p style="text-align: justify">Et c’est pour cette raison qu’elle est encore admirée en cette époque de crise qui est la nôtre…</p>
<p style="text-align: center" align="center">***</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify">[1] Entrevue avec Denis Clerc, « La crise que nous vivons a ses racines dans le thatchérisme », <em>Le Monde</em>, 8 avril 2013.</p>
<p style="text-align: justify">Sur Thatcher et Pinochet</p>
<p style="text-align: justify"><a target="_blank" href="http://www.youtube.com/watch?v=TdVI8ZrRUUo&amp;feature=share" >http://www.youtube.com/watch?v=TdVI8ZrRUUo&amp;feature=share</a></p>
<p style="text-align: justify">Quelques chansons de circonstances</p>
<p style="text-align: justify"><a target="_blank" href="http://lci.tf1.fr/culture/musique/mort-de-margaret-thatcher-le-top-5-des-chansons-anti-maggie-7917809.html" >http://lci.tf1.fr/culture/musique/mort-de-margaret-thatcher-le-top-5-des-chansons-anti-maggie-7917809.html</a></p>
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		<title>Au secours la police!</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Mar 2013 15:17:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-André Cyr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[« À cette radicalisation de la répression, plusieurs militantes et militants répondent par un plus profond enracinement de leur haine du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right">« À cette radicalisation de la répression, plusieurs militantes et militants répondent par un plus profond enracinement de leur haine du système dans lequel nous vivons. Et c’est là une erreur stratégique du SPVM et de ceux qui le commandent. Pour faire rentrer chez eux des multitudes qui posent peu de dangers immédiats à l’État, les forces répressives utilisent des moyens qui sont en train de générer une cohorte massive de personnes plus déterminées que jamais à lutter contre cet État ».</p>
<p align="right">– M.François Giguère (à propos de l’arrestation de sa fille lors des dernières manifestations)</p>
<p style="text-align: justify">Pourquoi ces arrestations de masse?</p>
<p style="text-align: justify">Pour plusieurs raisons…</p>
<p style="text-align: justify">D’abord, officiellement, il y a le règlement P-6 qui interdit les manifestations dont l’itinéraire n’a pas été remis aux autorités. Si les policiers n’ont pas appliqué ce règlement pendant la grève étudiante, ce temps-là est bel et bien terminé. Comme l’explique avec éloquence le sergent Latour : « Et s&#8217;il est vrai que les policiers agissent plus rapidement, c&#8217;est essentiellement parce que le SPVM juge que les organisateurs n&#8217;ont pas su profiter des perches qui leur ont été tendues au cours des derniers mois » <sup>[1]</sup>.</p>
<p style="text-align: justify">Vous pensiez peut-être, citoyens, citoyennes, que c’était la loi qui primait dans la belle province, mais vous aviez tout faux : c’est le SPVM qui « juge ». Le porte-parole de l’escouade bovine explique</p>
<p style="text-align: justify;padding-left: 30px">Ça veut dire que si vous devez faire un rassemblement, si vous devez exercer votre liberté d&#8217;expression, vous ne pouvez pas y aller à l&#8217;encontre du Code criminel ou du Code de procédure pénal, en l&#8217;occurrence le Code de sécurité routière ou les règlements en vigueur dans les municipalités.</p>
<p style="text-align: justify">Le Code sécurité routière? <em>Yes sir</em> madame! C’est ainsi qu’on peut arrêter une manifestation sous prétexte qu’elle va dans le sens inverse du trafic ou qu’elle perturbe la circulation, comme ce fut le cas l’an dernier lors de la Manifestation du 15 mars et de nouveau il y a quelques jours. D’ailleurs, le règlement est clair à ce sujet : il est interdit « de gêner le mouvement, la marche ou la présence des citoyens ».</p>
<p style="text-align: justify">Autrement dit, monsieur l’agent, vous pouvez considérer toute forme de rassemblement comme illégal? Celui-ci va nécessairement, à un moment donné ou à un autre, « perturber » la voie publique et « gêner le mouvement » des citoyens, non ? Le sergent, qui cesse un instant de se gratter l’oreille avec la patte arrière, explique</p>
<p style="text-align: justify;padding-left: 30px">Depuis les trois dernières manifestations, nous intervenons plus rapidement. Il ne faut pas prendre en otage les citoyens qui veulent venir au centre-ville de Montréal. Le Charte protège le droit d&#8217;expression, mais il n&#8217;y pas de droit de manifestation<sup>[2]</sup>.</p>
<p style="text-align: justify">Ah bon… À force de se faire aller le groin, les propos policiers deviennent plus clairs : <em>il n’y a pas de droit de manifestation</em>. Un de ses collègues, courageusement encapuchonné sous la couverture de l’anonymat, confirme ses propos : « La population en a assez des manifestations. Les gens nous demandent de mettre un frein à ces manifestations le plus rapidement possible »<sup>[3]</sup>.</p>
<p style="text-align: justify">Sans grande surprise, ces propos sont exactement ceux qu’on entend dans l’espace médiatique depuis le début de l’hiver. Comme le disait si bien un animateur radio de Québec dernièrement : « Moé pis les osties grouin-grouin paf! tin toé mon crotté wouf wouf » ». Paroles qui se traduisent, sur les ondes de <em>Radio Canada</em> ou dans les pages de <em>La Presse</em>, par quelque chose comme : « Il faut également penser aux commerçants et aux citoyens qui sont pris en otage lors de ces conflits ».</p>
<p style="text-align: justify">Bam!</p>
<p style="text-align: justify">Enfin, on a notre réponse: si la police agit ainsi, c’est parce qu’elle a la population tranquille de son côté – les « gens » comme dit avec précision le constable sans nom.</p>
<p style="text-align: justify">Il est bien de le rappeler : les règlements permettent aux autorités, en tout temps et depuis toujours, de mettre fin aux manifestations comme bon leur semble. Lors de la dernière manifestation de nuit, les policiers ont utilisé le prétexte de la « mauvaise température » afin de contenir les manifestants sur le trottoir. Ils ont également affirmé, et avec un courage à faire pâlir Don Quichotte, avoir été la cible de projectiles très dangereux : des balles de neiges (des grosses balles de neige!). Et c’est sans oublier les fameuses « arrestations préventives » qui leur permettent d’arrêter n’importe qui sous n’importe quel prétexte. Le Conseil de la ville peut d’ailleurs interdire « pour la période qu&#8217;il détermine, en tout temps ou aux heures qu&#8217;il indique, sur tout ou partie du domaine public, la tenue de toute assemblée, tout défilé ou attroupement »<sup>[4]</sup>.</p>
<p style="text-align: justify">Depuis la nuit des temps, la police traque, épie, gaze, matraque et arrête ceux et celles qui remettent en question l’ordre établi. Cela est bien normal : elle est au service de la hiérarchie qui est dénoncée dans la rue. Sa « tolérance » n’a rien à voir, ou si peu, avec la loi, mais est bien plutôt une question de pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify">Les sans-voix, selon la conscience tranquille de notre belle province en manque de stabilité, ont été trop bruyants dernièrement. Ils ont résisté efficacement à la loi, aux juges, aux administrations universitaires, aux policiers, aux mensonges médiatiques et aux politiciens. Le SPVM met présentement tout en place afin qu’une telle chose ne se reproduise jamais.</p>
<p style="text-align: justify">Les amis du Prince veulent que la négation du pouvoir des sans-voix redevienne et reste définitivement la norme. Selon eux, c’est elle qui est démocratique.</p>
<p style="text-align: justify">Heureusement pour nous, ils ne sont pas au bout de leur peine, car la répression engendre également son contraire, soit la clairvoyance, la ruse et la révolte.</p>
<p style="text-align: center" align="center">*</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify"><sup>[1]</sup> Mélanie Marquis, « Arrestation de masse: Québec solidaire interpelle Marois », <em>La Presse</em>, mars 2013.</p>
<p style="text-align: justify">[2]  Hugo Pilon-Larose, « Intervention policière rapide à la manifestation du 22 », <em>La Presse</em>, 22 mars 2013.</p>
<p style="text-align: justify">[3] QMI, “La police dit répondre aux demandes du public”, <em>Le Journal de Montréal</em>, 23 mars.</p>
<p style="text-align: justify">[4] Ville de Montréal, Règlement R.R.V.M., P-6 (Codification administrative), 19 mai 2012.</p>
<p style="text-align: center">***</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
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