L’indépendance du Québec : comment ils ont réussi à m’en enlever l’appétit !

18 janvier 2012 17h41 · Mario Asselin

Les événements des derniers jours au Parti Québécois s’inscrivent dans la foulée de ceux qui ont précédé dans les officines des milieux souverainistes depuis quelque temps.

C’est ainsi que je m’explique comment le mouvement indépendantiste est parvenu à m’enlever le goût du pays pour le Québec. Le projet collectif de faire de notre nation un État souverain, à coup de chicanes, n’est plus.

On a réussi à me rendre cette idée d’un Québec indépendant complètement rebutante.

Imaginez le Québec dirigé par ces personnes, incapables de s’entendre sur la gouvernance de leur propre formation politique… Et je ne parle pas des débats sémantiques sur la multitude de démarches proposées qui mèneraient au projet de pays. Quel cirque !

Depuis quelques heures, j’apprends que Gilles Duceppe questionnerait des gens ayant quitté le P.Q. s’il arrivait que les prochains événements le portent à la barre du navire péquiste (source). Le SPQ-Libre appuie la venue de Duceppe et par l’entremise de Marc Laviolette, il cherche toutes les tribunes possibles pour précipiter la réalisation de ce scénario (source).

En parallèle, Bernard Drainville flairant cette possibilité et redoutant l’autoritarisme de l’ancien chef bloquiste entreprend des démarches via les médias qui pourraient faire en sorte que la « famille souverainiste » se partage la carte électorale (source). Les deux chefs Solidaires semblent dubitatifs; ça dépend si on écoute l’une ou l’autre. Sachant que Pauline Marois n’est pas très chaude devant cette perspective, Drainville force le débat sur l’alliance sachant que ce sujet saura suffisamment diviser tout le monde pour se faufiler comme alternative à la cheffe du Parti Québécois. Jean-Pierre Charbonneau via Twitter (1, 2) applaudi : il ne s’agirait pas « d’abord de sauver le PQ mais de sauver l’option de la souveraineté, notamment en sortant des sentiers battus. Une alliance électorale s’impose[rait] à cause du mode de scrutin qui divise le vote des gens qui s’entendent sur l’essentiel ».

Le caractère gras est de moi. Vous avez bien lu… l’essentiel !

C’est ici que le bât blesse vraiment, au-delà de ce nouvel épisode du vaudeville souverainiste. Pas besoin de s’entendre sur le projet de société porté par un Québec souverain, pourvu qu’on devienne un pays, c’est ce qui importerait. Un vote pour Québec Solidaire, pour Option Nationale ou pour le Parti Québécois (ou pour un autre des partis pouvant être rallié), ce serait un vote pour le même projet. Au diable les programmes de chacune des formations…

Il n’y a peut-être pas de projet… sait-on ?

Revenons à l’essentiel.

Le plus important ne peut pas être de sauver l’idée de la souveraineté. C’est un leurre.

Sans l’adhésion d’un grand nombre de citoyens, tout projet est voué à l’échec.

Et il me semble que les dernières années ont amplement démontré la capacité des leaders souverainistes à éloigner les gens de l’option.

En tous les cas, ils ont réussi avec moi.

Je ne m’identifie plus à la mouvance souverainiste depuis plusieurs mois parce qu’elle ne répond plus à un mouvement porté par un consensus ou si faible qu’il n’est plus possible de le sentir. On a beau me citer que l’opinion publique est encore « pour » à 45%, je parie que le vocable « souveraineté » veut maintenant dire n’importe quoi chez ces gens. J’en suis même rendu à me demander si ma représentation de ce qu’était un pays souverain en était une partagée.

Les 148 études « en vue de la remettre au goût du jour » n’y changeront rien pour moi : je n’ai plus d’appétit pour ce genre d’astuce.

En attendant, sans me réjouir de ce que je verrai de la suite des choses, je me questionnerai sur le degré d’ingéniosité avec lequel on sera capable de tuer encore davantage l’idée dans l’opinion d’un plus grand nombre chaque jour. Cette triste saga où on pourrait même en venir qu’à altérer toute fierté nationaliste m’inquiète.

Ce soir, je ne sais plus où cela va s’arrêter…

Mise à jour en soirée : À preuve que le geste de M. Drainville participe à la confusion, ces mots et maux sur le blogue d’Antoine Robitaille du Devoir : « Bédard remporte l’oscar de la condescendance ».

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Classé dans :  Humeur, Société

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 10

  • 18 janvier 2012 · 18h14 Messager Patrice

    En vous lisant je comprend mieux pourquoi l’option de la souveraineté est devenue molle. Ce projet en est un qui prend aux tripes, pas besoin de subir l’influence de quiconque. Vous seul savez ce que vous désirez pour vous,vos enfants et petits enfasnts.
    Et pourtant vous êtes uni intello… N’accusez pas les autres d’avoir perdu vos convictions…

  • 18 janvier 2012 · 18h56 normand boucher

    on demande un plan pour une industrie faire un pays pas de plan surtout par des avocats reconnu pour l appat du gain eux vont faire les lois pas pour moi mourir comme le crihist entre deux voleurs merci

  • 18 janvier 2012 · 19h48 Laurent

    Il me semble q

  • 18 janvier 2012 · 20h01 Claire Thibaudeau

    J’ai toujours respecté Gilles Duceppe mais cette fois s,il se faufile non merci pour moi la souveraineté.
    Bernard Drainville à mon avis pense davantage à lui qu’au parti.
    A voir tout ça ou est le bien des citoyens !
    Québec solidaire ne devrait pas marcher avec eux.

  • 18 janvier 2012 · 23h21 pierre tremblay

    Pas besoin de personne pour comprendre que les Anglais nous ont
    conquis de FORCE (1760) et ils nous ont uni DE FORCE (acte d’Union 1840)
    pour nous minoriser rentré de FORCE sans consultation sur notre dos en 1867 pour devenir une province sur 4 et maintenant une sur 10.

    Si vous voulez rester là-dedans, bonne chance!
    On était majoritaire avec l’acte d’Union, en 1930, on était 30% de la population, ensuite 25% et maintenant 22% et lorsqu’on sera 15% ou 10%, on va se faire écraser, car c’est le banque Nationale, la Caisse de Dépôt, le Canadien de Montréal ce n’est que le début, bientôt on va se faire piler dessus. Ça le sort réservé aux minorités.
    Sinon levez-vous et battez -vous car de l’autre côté, ils n’en n’ont rien à cirer du français et eux ils avancent.
    Arrêtez de pleurnicher à cause de la situation du français, si vous votez encore non c’est ça qui va arriver et le seul moyen d’arrêter ça c’est de faire l’indépendance pour que le français devienne majoritaire et que ce problème cesse afin qu’on puisse passer à d’autres choses pour enfin progresser comme peuple.

  • 18 janvier 2012 · 23h24 Michel Monette

    Je suis indépendantiste depuis belle lurette. J’ai toujours cru que la seule façon d’y parvenir est de remporter une élection sur l’avenir du Québec. Deux référendums ont eu lieu et on s’accroche encore à l’idée qu’il faut d’abord prendre le pouvoir et ensuite faire la grande demande. Soyons clair: ça ne marchera jamais. Il faudrait ressusciter le RIN ;-)

    • 18 janvier 2012 · 23h45 Mario Asselin

      Ta proposition trahit ton âge Michel… (on se connaît, d’où le « tu »).

      J’imagine que tout réside dans ce qui est proposé pour mériter « le pouvoir ».

  • 19 janvier 2012 · 20h54 Steve Boudrias

    On dirait que votre espace blogue s’éveille, monsieur Asselin, bien content de VOIR ça! Bonne continuité! :-)

  • 22 janvier 2012 · 20h24 Nathalie Grogières

    Vous pourriez vous dire dégoûté du PQ et non de l’indépendance… Il ne faut pas confondre les deux, même si le PQ s’y emploie depuis toujours. Il n’a pas le monopole de cette cause, loin s’en faut. La nécessité de l’indépendance est tellement forte, elle n’a rien à voir avec le tumulte d’un parti.

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  • Mario Asselin
    Je me suis intéressé aux blogues en octobre 2002 du temps où j'étais directeur d'école. Depuis plus de neuf ans, j'anime vigoureusement « Mario tout de go » qui a toujours été une sorte de carnet de bord. En 2005, je suis passé au monde des affaires, via Opossum (une division de iXmédia); j'interviens auprès des institutions, des entreprises et des ministères au Canada et en France dans plusieurs projets où l'utilisation des nouvelles technologies est au service des apprentissages. Je m'intéresse à la formation, au domaine des communautés de pratiques et je conseille des organisations. Je suis chargé de cours à l'Université de Montréal où j'enseigne la communication organisationnelle. Je collabore depuis quelques mois aux projets de Coalition Avenir Québec. Au Voir, j'offre mon regard de blogueur politique axé sur des sujets que je connais de mieux en mieux : l'éducation, la culture, la vie en société et la gouvernance des affaires publiques!

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