Blogue de Mélanie Robert Les mines d'orthographe RSS
Je suis l'aimélanie qui a de la lune dans la voix. Lexicovore et féministe. Future journaliste et amoureuse d'un Superman sans collant. Blogueuse du Carnet littéraire depuis 4 ans. Je contribue de façon irrégulière au journal Quartier libre. Il y a belle lurette que mes chroniques littéraires radiophoniques de CISM se trouvent dans l'espace intersidéral. Bien évidemment, j'ai étudié en études, c'est-à-dire en études littéraires.Pour m'écrire, veuillez visiter le site : http://melanierobert.net/
Nous sommes dans un cirque noir où Jean Charest nous impose sa « vision ». Clairement, sous son régime, on ne peut s’opposer à lui. Est-ce que bientôt il faudra s’arrêter de penser ? La loi 78, avec ses canines, tente de museler tout un mouvement (historique) qui ne cesse de s’agrandir. Il semble que les grands démocrates de ce monde pratiquent la même médecine. Poutine veut également une loi pour imposer des amendes plus que salées au peuple russe pour les empêcher de manifester (voir l’article de Libération). Disons-le, pour se maintenir au pouvoir, Charest se crée des lois pour casser des mouvements sociaux en opposition avec lui, pour appliquer ses plans économiques néo-libéraux et sa politique des post-its. Au coeur de son cirque, il lance de bien mauvaises blagues dont on peut «apprécier» l’inspiration. Et la corruption… on peut corrompre un ministre, un fonctionnaire, un avocat et un juge, mais on ne peut atteindre certaines personnes, lesquelles ont aussi soif de justice et de liberté. Soyons persistants… avec un professeur de philosophie costumé en panda géant autant que possible. Ça équilibre le rapport de force. Une peluche noire et blanche, c’est bien meilleur qu’un spin docteur. Ça [...]
Dans mes archives électroniques, j’ai quelques petits textes de création. Aujourd’hui, j’aimerais partager avec vous un texte de fiction pure. Doublevé est une nouvelle sur le sexe triste, thème bien contemporain qui, il me semble, est peu exploité en littérature. Bien que la narration soit à la première personne du singulier, rappelons-le : Je est un autre. Bonne lecture ! ************ Doublevé Je ne veux pas le dévoiler. Disons qu’il naviguait sur Internet avec un joli pseudonyme qui commençait par la consonne « W ». Début de février 2009, il est arrivé dans ma boîte à messages. Cet homme avait un amour des mots et un phrasé unique qui le distinguait des médiocres interlocuteurs qui m’avaient été donnés de lire sur le réseau. Pour une ex-étudiante en études littéraires, libraire à temps partiel, j’étais choyée. Il écrivait avec un style qui se rapprochait de la masturbation. Puisque nous communiquions uniquement électroniquement, il aimait m’appeler poétiquement la fille sans fil. En visitant sa fiche personnelle, aucune photo. Il avait coché avec honnêteté son état civil et son but sur le réseau. Marié, à la recherche de sexe. Il se présentait sans poésie. J’étais intéressée par cet homme [...]
Hier, je me suis rendue au parc Émilie-Gamelin accompagnée de ma copine Marie-Anne Casselot, blogueuse de Jesuisfeministe.com pour l’Ostie de grosse manif. Après un poème intitulé Speak rich en tabarnaque et un appel à résister à la provocation de la ministre Beauchamp, les manifestants ont envahi les rues de la ville. Comme vous pouvez le constater par les images en vrac, la manifestation était tout à fait pacifique et la colère, tangible. Des feux d’artifice étaient projetés au-dessus de la foule. On peut dire que malgré l’état d’esprit des étudiants, c’était festif. Vers 21h50, j’ai vu sur Sherbrooke des Blacks Blocs se faufiler à la tête du peloton. Au coin de Guy et Ste-Catherine, l’un d’entre eux a fracassé une fenêtre de la Banque TD. J’étais à deux pas de lui. Les manifestants ont entouré ce casseur en criant de rester pacifiste. Puis, c’est au coin de Stanley et Ste-Catherine que le SPVM a lancé ses bombes assourdissantes, ses gaz lacrymogènes, ses gaz poivres pour stopper la marche. Personne n’a entendu les policiers avertir les manifestants que la manifestation était désormais illégale. Nous étions en souricière entre Drummond et Stanley. La panique s’est installée. La peur s’est installée. Comment [...]
Étudiant blessé à l'UQO. Photographe : Alexandre Potvin
Noir Kassad : un chant choral de fin du monde
9 avril 2012 · Culture, Entretien, Livres · Mélanie RobertLe roman Noir Kassad de Alain Ulysse Tremblay est le septième tome de la série intitulée Élise. Ce roman d’anticipation se présente comme un chant choral autour de la parole d’un personnage de fin des temps, un hermaphrodite aveugle. L’auteur invite son lecteur dans un texte sans compromis dont la narration effrénée fait résonner le chaos. Le lecteur s’apercevra dès les premières pages que ce roman se lit de façon peu ordinaire. C’est par l’entremise de fichiers électroniques que la parole des personnages, des autochtones se décline. La langue innue parsème le texte. On apprend que c’est par le personnage de Kassad que s’amorce la fin technologique d’un monde. Dans la littérature québécoise, la parole autochtone est quasi-absente, disons-le. Cette troisième solitude, l’auteur l’explique que c’est par racisme envers les premières nations. « Rendre les amérindiens pupilles de l’État, c’est leur enlever tout libre arbitre. Une fois que c’est fait, c’est facile de rendre les Amérindiens pupilles de la culture dominante, celle du plus grand nombre. Donc, vu qu’ils étaient très peu à occuper le territoire, ils n’ont pas eu le choix. On les a forcés à s’acculturer par toutes sortes [...]
La littérature : inutile, dites-vous ?
25 mars 2012 · Culture, Politique, Société · Mélanie RobertEntendez-vous ce discours ambiant, celui qui prétend que la littérature est inutile ? Je l’ai même entendu à la radio publique. J’aime la littérature et vous comprendrez que j’ai de la difficulté à accepter que l’on dise une telle chose. Pourquoi réduire la portée du livre ? De nos jours, le livre est devenu malheureusement un produit. Certains éditeurs préfèrent aligner des colonnes de chiffres chaque mois. Est-ce la seule unité de mesure par laquelle on évalue un livre ? Entre vous et moi, un éditeur devrait d’abord et avant tout, être un missionnaire qui a un rôle social à jouer. Il ne devrait pas se comporter comme un simple businessman. Par ailleurs, je comprends qu’il y a certaines contraintes dans le domaine de l’édition, mais il ne faudrait pas laisser au vestiaire sa vision de la littérature et son importance dans une culture. «Produit» est un mot que j’ai en horreur. Maintenant, nous allons chez le libraire comme si nous allions au supermarché. On se retrouve devant des pyramides de livres bien agencés et on ne se pose plus de questions. On se dit que si certains livres existent, c’est qu’ils ont une certaine valeur; ils sont donc consommables. [...]
Harmony, la real doll
8 mars 2012 · Création · Mélanie RobertEn ce 8 mars, je vous propose un petit texte littéraire que j’ai écrit il n’y a pas si longtemps. Suite à un visionnement d’un documentaire sur les Real dolls, j’avais envie de faire parler une poupée, la femme-objet par excellence: muette, toujours prête et siliconée. Vous pouvez visionner le documentaire sur internet ici. C’est d’une tristesse inouïe, mais à voir absolument. Il m’est difficile d’expliquer comment des hommes entretiennent des «relations» avec des poupées. Je laisse donc parler dans ma nouvelle la poupée Harmony. Ce texte fait environ 5 pages à simple interligne. ********** Harmony Je n’ai pas compté les années, mais longtemps je les ai vu converser avec la solitude. Dès mon arrivée chez lui dans une boîte en provenance de Californie, je compris que Richard était un homme hypermoderne. Son comportement se limitait à naviguer sur internet, à fureter d’un site pornographique à un autre. Je connaissais peu sa vie amoureuse. Je n’avais jamais vu entrer une femme dans son immense appartement de l’avenue Dr. Penfield. Il travaillait comme courtier, conduisait une BMW et mangeait beaucoup de sushis. Il conservait sa taille svelte grâce à son tapis [...]
Aujourd’hui paraît l’essai intitulé Fin de cycle, Aux origines du malaise québécois de Mathieu Bock-Côté. Pour lui, si le projet souverainiste a échoué, c’est à cause de la gauche multiculturelle comme il se plaît à la décrire. J’ai rencontré l’auteur chez lui le 7 février dernier pour parler de son livre et de l’état actuel du souverainisme au Québec. Bock-Côté est un souverainiste pessimiste. On comprend qu’il le soit puisque le peuple s’est dit «non» deux fois. Selon Bock-Côté, les origines du malaise québécois résident dans le fait que les souverainistes des années 60 ont échoué leur projet de souveraineté, et ce, à cause d’une certaine «gauche multiculturelle». Ils auraient commis l’erreur de faire table rase de notre passé historique soit la période de Duplessis. Les années 60 se seraient construites en opposition à tout ce que représentait Duplessis. Il affirme même en entrevue que « (…) les Québécois avec la Révolution tranquille ne se sont pas contentés de se définir par rapport au Canada anglais. Donc l’indépendance n’est pas seulement contre le Canada anglais, mais aussi contre le Canada français. C’est contre nous même que l’on veut faire l’indépendance.», dit-il. [...]
La transsexualité en court-métrage
13 février 2012 · Cinéma, Culture · Mélanie RobertUn court-métrage étonnant, ça vous dit ? Salim visite une maison à vendre dans un quartier d’une banlieue huppée. Il entretient une étrange conversation avec la propriétaire. Grâce à une suite de flashbacks, on découvre que Salim s’appelle également Tracie. House for sale, un court métrage de 18 minutes de la cinéaste Eisha Marjara, sera présenté au Rendez-Vous du Cinéma Québécois vendredi le 17 février à 21h45. Avant d’être cinéaste, Eisha Marjara se voit d’abord et avant tout comme une artiste. Elle cherche des réponses à travers ses propres oeuvres. Elle s’intéresse aux sources des conflits intérieurs. House for sale, c’est l’histoire d’un transsexuel qui cherche lui aussi des réponses. Le personnage est en quête d’appartenance. Selon la cinéaste, la dualité représente nécessairement un conflit et dans ce cas-ci, la transsexualité est une dualité identitaire. Il se sent lui-même lorsqu’il est une femme. « Pour moi, chacun d’entre nous peut s’identifier à une personne qu’on ne côtoie pas tous les jours.(…) Je veux que les gens comprennent le caractère universel de l’expérience, c’est-à-dire que l’expérience de la trahison d’un millionnaire de 30 ans habitant Montréal est la même trahison que [...]
Certains diront méchamment que Gaston Miron est l’homme d’un seul livre. D’autres répondront : « et quel livre ! ». Miron est un poète majeur, un incontournable pour s’imprégner de l’âme du Québec. Dans ses poèmes, c’est le pays, la langue, l’amour qui sont magnifiés. Jean Barbe a eu la charmante idée de créer un flahmob La marche à l’amour pour la journée de la St-Valentin. On cherche à réunir de 100 à 200 personnes pour lire le texte de Miron. Il y aura des musiciens. Il y a déjà 166 participants d’inscrits, mais si vous voulez vous inscrire à l’événement, il est toujours temps en visitant la page Facebook ici. L’événement devait avoir lieu à la place centrale du métro Berri-UQAM, mais semble-t-il que cela pose problème. Alors le lieu reste à déterminer encore. À suivre… N’est-ce pas une belle façon que de fêter l’amour et la poésie en plein coeur de Montréal ? *AJOUT: Le rendez-vous aura lieu devant l’entrée du métro Berri-UQAM 17:30, coin sud-ouest de l’intersection De Maisonneuve et St-Denis. La marche à l’amour de Gaston Miron (extrait) Tu as les yeux pers des champs de [...]
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