Les grillons entre les murs

20 avril 2012 2h39 · Mélanie Robert

Étudiant blessé à l'UQO. Photographe : Alexandre Potvin

N’est-ce pas que le chant du grillon est un hymne au printemps? Je me posais une question hautement entomologique si c’était le grillon ou le criquet qui stridulait. Je crois que l’entomologiste Georges Brossard devrait venir à la rescousse de mon esprit curieux. Je suis une éternelle étudiante, voyez-vous…

 

À l’UQO, quelqu’un a lâché Ô joie! une floppée de grillons. Un étudiant assoiffé de printemps l’a poussé à commettre un tel geste. Je le comprends, je vois des oiseaux dans les arbres et je viens dingue moi aussi à admirer la beauté de la nature. Je trouve que c’est important de partager ses passions… et surtout ses connaissances.

 

Puisque nous sommes dans une ère où tout doit être utilitaire, un grillon a certainement une fonction pour un manifestant. Le grillon chante. Un grillon chantant, c’est tellement utile devant une matraque qui s’agite. Des grillons contre la hausse se battent contre une agitation policière, ça craint. Puis quand cette petite bête se réfugie entre les murs, ça se manifeste. Ça manifeste, dirions-nous…

 

À quel rythme cet insecte prolifère? Je ne le sais pas, mais avec la chaleur, ça doit copuler en diable cette chose. Vive le printemps! C’est beau l’amour! De plus, les mâles ont des organes sexuels sonores. Wow! Imaginez la musique!

 

Est-ce qu’un étudiant affamé peut manger le grillon par exemple? Je crois que ça se mange avec du chocolat. Je n’ai pas très envie d’essayer, mais tout de même, quand tu n’as plus de kraft dinner et que c’est la fin du mois, pourquoi pas bouffer un grillon frit de l’UQO qui a macéré dans une toblerone? Imaginez une université qui a trouvé une façon de mettre fin à la faim en Outaouais. Extraordinaire!!!

 

Je vois déjà à TV5 l’émission 30 millions d’amis présenter un reportage sur le grillon québécois qui manifeste en chantant : « Le grillon du Canada français, un résistant au charestisme!!! »

Ces bastonnades, ça frappe là où ça fait mal justement, sur le crâne, là où se situe le cerveau. C’est assez symbolique tout ça, des brutes qui frappent sur la tête d’un être pensant, vous ne trouvez pas?

 

Moi alors, je dis: vive les grillons!!!

 

N’oubliez pas la manifestation ce dimanche et stridulez que diable pendant que Madame Beauchamp entretient toujours son dialogue de sourds.

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