4 juin 2012 14h21 · Mélanie Robert
Le 24 février dernier, les internautes ont fortement réagi à l’information qui révélait que Pierre Duchesne serait retiré de la Colline Parlementaire. Mon collègue Simon Jodoin a d’ailleurs vérifié cette information le jour même; il en parle ici.
La vie d’un journaliste consiste à chasser et débusquer la nouvelle. Curieuse de rencontrer la bête dans son environnement, je décidai de passer une journée complète en compagnie de Pierre Duchesne lui-même. Il s’est gentiment prêté au jeu. Vous pouvez visionner le film au bas de la page.
J’ai profité de mon statut de blogueuse et d’étudiante en journalisme pour m’entretenir avec deux de ses collègues à la Tribune.
Le jeune journaliste Paul Journet travaille à la colline parlementaire depuis 2 ans. Sa passion du journalisme lui est venue «assez tard». Il avait débuté des études en psychologie qui lui ont déplu « royalement », me dit-il. Il s’est retrouvé par la suite dans un tout autre domaine.
« J’ai décidé d’aller en philo et j’ai adoré, dit-il. En philo, j’ai découvert tout d’abord un grand intérêt pour la lecture, la littérature et les textes plus philosophiques. Ensuite, j’ai eu un intérêt pour l’actualité, l’information, en étant à CISM où je faisais des chroniques. »
Dans ses études en philosophie, son mémoire portait sur le concept de légitimité démocratique. Il s’intéressait alors déjà à la politique.
Selon M. Journet, les contraintes journalistiques d’un journaliste politique sont le temps et l’espace. « Le travail est devenu multiplateforme. On ne travaille pas uniquement pour le journal papier, il y aussi pour le site internet. Il faut toujours être très rapide. Puis aussi, la contrainte de l’espace, on doit résumer des histoires et des enjeux qui sont parfois assez complexes dans un nombre assez limité de mots. Il faut aller en profondeur des choses tout en restant assez didactique pour les gens qui ne suivent pas de façon assidue l’actualité (… ) À cause de ces deux contraintes-là, on pourrait dire que le métier de journalisme est un peu artisanal. »
Marie-Andrée Brassard, journaliste à la SRC, a eu deux vies à la colline. Elle a d’abord travaillé à la télé de 1986 à 1994. Depuis 2007, elle travaille au réseau radio. Elle fait du journalisme depuis 37 ans. Elle quitte bientôt la colline avec «un pincement au coeur», dit-elle. Toujours passionnée de son métier, elle raconte qu’il lui procure toujours des surprises même s’il est très exigeant.
Mme Brassard dit sensiblement la même chose que Paul Journet concernant les contraintes. Elle trouve que les exigences de productions sont devenues difficiles à cause de la rapidité avec laquelle il faut rendre compte des débats politiques complexes par exemple.
Est-ce que twitter a changé le visage du journalisme ? Mme Brassard a un compte twitter, mais twitte que très peu. Par contre, Paul Journet l’utilise davantage et se permet de dire que ses abonnés l’influencent.
« Twitter n’a rien révolutionné. La principale conséquence de Twitter, ça te permet d’interagir avec tes lecteurs. Souvent, ils vont te critiquer, ils vont le faire publiquement et parfois, ce sont des coups de gueule, parfois ils présument de ta mauvaise foi. Mais à d’autres moments, ils ont raison et ils te forcent à réajuster le tir.»
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Après une journée de tournage et 48 heures de montage, je réalise que j’ai encore de l’équipement à m’acheter avec de l’argent que je n’ai pas. Bon visionnement !
***Ajout : Mardi 5 juin, Pierre Duchesne annonce qu’il quitte Radio-Canada après 25 ans en tant que journaliste.









