13 septembre 2012 16h48 · Mélanie Robert
Après le tumulte de la campagne électorale et la victoire plus ou moins victorieuse du parti québécois, j’ai voulu m’abstraire du monde. J’avais donc en main Griffintown de Marie-Hélène Poitras et je me suis lovée douillettement dans mon petit lit de nonne ( quand est-ce que je pourrai me payer un lit king size moi ?).
Le personnage principal se somme Marie. Est-ce l’alter ego de l’auteure? Je l’imaginai donc avec de grands yeux de biche et un joli minois encadré d’une chevelure brune à l’image de l’auteure. Une beauté qui se veut cochère? Si, si. On dirait qu’à chaque phrase on entend le gentil hennissement des chevaux, ponctué des claquements de fers sur le bitume. Le coeur de Griffintown bat à un autre rythme. La faune des cochers est sauvage et hors-norme. Il n’y a pas que les chevaux qui échouent dans ce coin de la ville. Pourquoi Marie s’y retrouve ?
Marie voit en ces bêtes un trésor ancien : « Noirs et intécelants, protégés par une fine couronne de cils roux, les yeux de Poney brillent d’une intelligence sensible et intuitive. Dans leur profondeur, Marie décèle quelque chose d’encore ensauvagé. Les yeux des chevaux sont des bijoux anciens, songe-t-elle. » J’apprécie chaque virgule, point, longueur de phrase. J’attends la surprise.
Griffintown se lit comme un charme. Un texte merveilleusement bien écrit. Toutefois, par moments, j’aurais souhaité que l’auteure injecte un peu de passion entre les personnages. Disons-le, il y a peu de dialogues. Les personnages semblent ne se parler que des yeux. C’est un roman, je dirais, charmant, de 210 pages dans lequel on peut admirer la beauté sauvage de cette faune qui se laisse difficilement approcher, et ce, même par une auteure.
On ne peut pas dire que l’on s’ennuie. Plaisir esthétique, certes. En ressort-on décoiffé ? Pas vraiment. Heureusement, il n’y a pas de grandes et détestables leçons de vie. On en remercie l’auteure.
Sans aucun doute, Marie-Hélène Poitras est une véritable auteure. Mais j’avoue, j’aime ça quand ça déchire.
***
C’est déjà la rentrée et avec mes tribulations personnelles et activités politiques, j’ai eu bien peu de temps pour me ressourcer côté lecture. J’ai pu zyeuter la nouvelle émission littéraire d’ARTV qui s’intitule tout simplement Lire. Espérons que cette émission me surprendra au cours de l’année. L’avez-vous visionné ? Vous en pensez quoi ?
Et puis, vous savez quoi? PKP veut faire dans l’émission littéraire lui aussi. Est-ce que TVA me surprendra? Si c’est le cas, tout le monde en sera ébahi, moi la première.








C’est toujours un plaisir de vous lire, chère Mlle Robert!
Vous avez cette «touche» de sensibilité qui émeut. Vous êtes à l’écoute des plus fins bruissements qui échappent, hélas, à tant d’autres.
Racontez-nous encore et encore de vos impressions et expériences. Nous écoutons. Moi, du moins.
Je vous préfère tellement plus dans cet atoll du merveilleux littéraire que dans le bourbier politique, pour ne pas le qualifier de «politicailleux»…
Vous avez ce talent de savoir transmettre le «beau» malgré les orages. Fiez-vous à ce don des fées. Vous arriverez à la longue à changer – même un peu – le monde.
Merci d’être une muse qui «amuse»…
Bonjour Monsieur Perrier,
Je crois que vous êtes mon plus fidèle lecteur
Merci d’être là
Vous avez de beaux mots pour moi. Merci. Je n’ai pas l’habitude de recevoir autant de fleurs comme ça.
Je vous remercie. Ça me touche beaucoup.
Je reprends désormais mon rôle de lectrice et je compte être beaucoup plus productive. Le prochain billet portera sur les Frères sisters.
Changer le monde? Je ne saurais dire.
Ça serait bien. J’aimerais bien posséder ce pouvoir.
À mon tour de vous dire «merci d’être là»…
Vous êtes un rayon de lumière dans un environnement si souvent brumeux…
Bon parcours…