12 octobre 2012 9h10 · Mélanie Robert
Des liens ont été brisés entre : les jeunes et les policiers ainsi qu’avec l’État pendant la grève étudiante; les citoyens et la classe politique depuis les révélations à l’émission Enquête et à la commission Charbonneau avec Zambito; les citoyens et le service policier, à cause de la violence gratuite d’une agente de la paix multirécidiviste, révélée en images explicites à Radio-Canada. Le lien de confiance s’est effrité. Je sonne donc un cri d’alarme.
À cet égard, il est fâcheux de constater que chacun se regarde en chiens de faïences : les vieux et les jeunes, les rouges et les verts, les riches et les pauvres, les urbains et les suburbains, étudiants et recteurs, citoyens et classe politique. La société serait-elle en train de se désagréger? Tous ses éléments sont-ils les symptômes de quelque chose de plus grave qui se profile à l’horizon?
Quoiqu’on en dise…savez-vous que des manifestations à plus petite échelle se poursuivent soir après soir encore au parc Émilie-Gamelin ? Les médias sont absents. Les Occidentaux feront l’erreur de dire qu’on dénombre peu de manifestants et que, par conséquent, ils ne mériteraient aucune attention. Jean Genet n’a-t-il pas écrit sur ce brin d’herbe qui pouvait démolir une tour? J’y vois là plutôt le signe de quelque chose qui couve. Il y a une colère qui s’exprime, mais elle n’est canalisée par aucune instance. Un immense travail politique est à faire pour atténuer ce qui bouille.
Ainsi peu de choses suffisent pour embraser tout un peuple. Rappelons-nous de ce jeune tunisien qui s’est immolé par le feu et qui a provoqué un raz-de-marée dans le monde arabe. Bien sûr, ici, personne ne se sacrifiera la vie sur la place publique, on en convient, mais il ne suffit que d’une flammèche …
…Je vois donc ce brin d’herbe qui fissure lentement la pierre pour parvenir un jour à la briser. Sentez-vous cette cocotte-minute qui se réchauffe dangereusement sans qu’on puisse l’arrêter? Certains champions de la mauvaise foi, notamment certains politiciens, veulent nous faire croire que tout le monde est sale, croche, corrompu. Rien n’est plus faux. Outre les politiciens, je souhaite donc pour certains un retour à la civilité, à la gentilhommerie ( j’entends par là noblesse de conduite, noblesse d’esprit) et à la finesse d’esprit.
N’est-il pas venu l’heure de se parler et de tendre l’oreille surtout? Il y a beaucoup de bruits. Nous sommes noyés par le bruit. Nous nous agitons beaucoup. De fait, plus personne ne s’écoute ou ne s’entend penser. Tout s’accélère, notamment l’information, et nous avons peu de temps pour analyser. Il va sans dire qu’il faut éviter d’écouter les crieurs médiatiques qui ont le cerveau à mute et qui possèdent des mégaphones pour exacerber le pire de nous-mêmes. Ils sont facilement identifiables. Ils ont la mauvaise foi et la malhonnêteté intellectuelle en bandoulière.







