Blogue de Michel-Olivier Gasse Le meilleur est sous le bouchon RSS

J'habite au bord de l'autoroute et je rêve d'un jardin, d'un chien, d'une corde à linge, d'un cheval ou d'un char. J'habite à au moins 20$ de taxi du reste de la vie. Fait que je vais vous parler de ce qui se passe ici.

Viser comme du monde

26 février 2014 · Divers · Michel-Olivier Gasse
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Je suis le seul gars du band à habiter en ville. Le seul aussi à être locataire, à ne pas avoir d’auto, ni de télé. Et le seul qui n’a pas encore d’enfant. – Pis, mon Gasse, ça s’en vient tu les bébés? – On tchecke la passe, là, ça va ben venir. – Tu sais qu’y faut que tu vises le vag’, han? Je suis également le seul à avoir eu des périodes de célibat au cours des douze dernières années. Périodes dans lesquelles, oui, j’ai mordu à belles dents. Par le fait même, je suis devenu le fournisseur officiel d’histoires de cul dans le camion de tournée. Fournisseur de rêve, pour ainsi dire. Des rêves pas toujours propres, pas toujours legit. Des rêves qui se sont déroulés sous (ou sur) ma couverte de loup, sur le vieux divan, sur le comptoir, mais aussi sur des banquettes arrières, dans des toilettes publiques, derrière un conteneur à déchets ou sur un coin de rue à 4 heures du matin. On a juste une vie, hein. Ainsi, mes bons vieux amis de Ste-Julie, Magog et Laval se sont appropriés certaines histoires pour vivre par procuration une vie de traînée, jusqu’à ce [...]

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Les voisins dans le banc de neige

9 janvier 2014 · Divers · Michel-Olivier Gasse
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La vraie vie reprenait hier. En fait, je dis surtout ça pour ma femme, qui commençait un nouvel emploi. En ce qui me concerne, je n’ai rien au calendrier avant la mi-janvier et franchement, je n’arrive pas à statuer si ma vraie vie se passe en tournée ou à la maison, à déjeuner à 14 heures après avoir bu beaucoup trop de café. C’est donc hier que je recommençais à entendre à une heure qui se peut pas un réveil-matin qui ne m’est pas destiné, à distinguer de vagues bruits de douche, de grille-pain et de brosse-à-dents alors que ma position dans le lit tend de plus en plus vers la diagonale. Puis ce dernier baiser qui en dira long sur la qualité de la matinée de ma femme jusqu’à présent. Une série de baisers qui débute dans le cou annoncera une belle journée. Un rapide sur le front accompagné d’un swoosh-swoosh de manteau d’hiver me commandera de garder profil-bas, quitte à feindre un sommeil profond si ce n’est pas le cas, la laissant ainsi gérer ses irritants ou son retard. Hier, le baiser venait en série et s’agençait parfaitement au mal de bloc magasiné la veille au Verre Bouteille. [...]

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Le duel le plus lent

26 juin 2013 · Divers · Michel-Olivier Gasse
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Il est de ces règles non écrites que l’on applique par pure bonté, avant même que le jugement s’en mêle. Les derniers retranchements presque invariables de la beauté de l’âme humaine. Je parle entre autres de cette gentillesse instinctive que l’on appliquera à la rencontre d’une personne handicapée. On l’écoute attentivement, on sourit un peu forcé, on est prêt à aider de quelque façon que ce soit, et on oublie que c’est avant tout un être humain et qu’il peut être aussi con qu’un autre. À la Taverne, une table près du bar est pratiquement toujours occupée par des clients sourds. C’est magnifique à voir, 5-6 clients qui prennent leurs petits bocks de 50 en se jasant en signes. Un petit quelque chose d’unique s’ajoute au décor, on trouve ça touchant, jusqu’à ce qu’on en fasse part au barman, qui répond « Ouin, c’est charmant à première vue, mais quand tu les connais, tu te rends compte qu’y peuvent faire chier pas pire, des fois. C’est ben cute, les signes, mais y s’en dit de la marde à c’te table-là, cré-moé. » Traiter un personne handicapée comme n’importe qui, c’est aussi lui laisser l’option d’être un pauvre con. J’en étais-là [...]

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Le beau rôle

31 mai 2013 · Divers · Michel-Olivier Gasse
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Je dois vous dire, non sans fierté, que notre cour arrière commence drôlement à ressembler à quelque chose qui fait du bien. Ce vulgaire lopin d’asphalte, à peine plus large qu’une voiture compacte, même pas au niveau, où tout doit être « shimmé » pour éviter ce tournis relatif aux meubles croches qui donnent une impression de tableau de Dali. On a fait quelque chose avec ça. On commence à jaser, là. Hier, les dernières fleurs ont été achetées, faut se mettre une limite (il a fallu se le promettre). À partit de maintenant, on entretient. Et, surtout, on se couche dans le hamac et on boit du vin. Mais plus tôt cette semaine, il restait encore quelques trucs à faire. Je partais le matin pour passer la journée en studio, et Doo quittait à midi pour un petit trois jours une heure plus tard dans les maritimes. Avant de s’envoler, Doo m’envoie un message détaillant le travail accompli dans l’avant-midi et ce qui restait à faire. Et ça serait bien de le faire le plus vite possible. Je t’aime. Xxx. Je suis allé acheter des fleurs et de la terre pendant une pause et j’ai quitté le studio un [...]

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Le Portugal ou l’hôpital

21 mai 2013 · Divers · Michel-Olivier Gasse
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Y’a un truc que j’aime bien avec l’arrivée du printemps, oui, les jupes, mais ce que je veux dire arrive bien avant, c’est de voir cette saleté de neige fondre, se liquéfier le long des trottoirs. Je peux passer beaucoup de temps, en revenant du dépanneur, planté à un coin de rue, devant une bouche d’égouts, à superviser les opérations. À m’assurer du bon débit des rigoles, à extraire les corps étrangers, à forcer la production en y ajoutant des blocs de neige, à m’extasier des déviations que prendra le courant, à prendre un air tout à fait décontracté quand un passant s’adonne à me surprendre. J’emprunte donc l’allure affectée de celui qui attend quelqu’un qui est en retard, ou encore ce regard sérieux que je jugerai passe-partout, quoiqu’en pense le dit passant qui, depuis le coin de la rue, me voyait sauter pieds joints sur une bouche d’égouts. Mais cette année, ou bien j’ai été trop distrait, ou bien la nature s’est chargée de tout ça plutôt rapidement. J’irai avec la deuxième option, parce qu’il en va de même pour les feuilles dans les arbres. Il n’y en avait pas, puis il s’est mis à en avoir. Passer trois [...]

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Les mains sales

30 avril 2013 · Divers · Michel-Olivier Gasse
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Il est des ces périodes où des constats frappants, des évidences renversantes me sautent aux yeux en se payant ma gueule de procrastinateur. Y’a ce rapport d’impôts qui n’est toujours pas rempli et pourtant, tous les papiers sont là, réunis, sous mes yeux. Y’a même la pile de factures fripées qui a été comptabilisée. Y’a la chaîne du vélo qui est toujours rouillée, le kit de jogging dans le garde-robe fermé qui croit que l’hiver n’est pas encore terminé. Y’a le ménage du printemps, ça, je sais qu’on est encore dans les temps, mais je vous promets de remettre ça à demain un peu tous les jours, quoique Doo va très certainement s’en charger. Puis il y a cet autre point, qui vous concerne peut-être un peu plus : ma dernière entrée en ce blog date du début janvier. « Mon dieu qu’y doit avoir un beau cul pour se le pogner longtemps de même » vous direz-vous sans doute, et je vous répondrai par l’affirmative bien que cette chair douce et ferme ne soit en aucun cas la responsable de ces égarements. Je pourrais aussi me justifier, me trouver plein de raisons, valables ou non, vous réciter mon agenda [...]

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Bonne fête Mario

9 janvier 2013 · Divers, Musique · Michel-Olivier Gasse
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Salut Mario, écoute, j’ai entendu dire que c’était ta fête, donc, tout d’abord, bonne fête! Je te chanterais bien la chanson, paraît que tu l’affectionnes particulièrement, mais par écrit, tu en conviendras, ça manquerait d’impact. Alors je me suis dit que je pourrais te célébrer autrement, c’est-à-dire, en te racontant notre histoire. Tu dois trouver que je pousse un peu fort avec « notre histoire ». Vois-tu, on s’est rencontré, on a souvent jasé, même qu’on a nos numéros de téléphone respectifs, mais ce que j’appelle « notre histoire » commence bien avant que t’en aies idée. Je suis désolé, mais tout ce qui suit ne te rajeunira pas. D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours aimé la musique. Enfant, je ne me faisais pas prier pour faire un spectacle à qui voulait bien le subir. Il existe, quelque part chez mon père, des vidéocassettes où l’on me voit chanter, bien maladroitement et sur le bout de la langue, des chansons de Noël. Je célèbre la disparition imminente du VHS. J’ai grandi avec la musique d’Elton John et de Charlebois, les deux meilleures cassettes qu’on avait à la maison. Mais du moment que j’ai été en mesure de choisir [...]

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Dis « recherche »

13 décembre 2012 · Divers · Michel-Olivier Gasse
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À l’heure où tous les chinois autour sont encore fermés, dans mon coin, on sait qu’on peut compter sur la station-service 24h en bord d’autoroute. Visiblement, tout le monde le sait et s’y précipite en même temps. Il y règne, en période after-hour, une ambiance des plus angoissantes, à commencer par les bonnes femmes du comptoir Tim Horton’s annexé au Esso, qui se crient après, des choses pas gentilles ou simplement pas intelligentes. Y’a le caissier avec sa casquette argentée à qui je ne confierais même pas la corvée des poubelles. Et, le pire, les clients. Jobbeurs, routiers, voyageurs lessivés, quidams à peine ou un peu trop réveillés, tout ce monde-là tient dans un espace grand comme mon salon et il s’en trouve rarement, n’en serait-ce un seul, qui soit heureux de son sort à ce moment-là. Mais, mises à part les heures d’ouverture, un autre point positif ressort malgré tout de ce bordel. Cette caissière. Discrète et sincère au travers d’une orgie d’éclats fadasses. Des cheveux droits sans artifices, des yeux brillants que l’on ne découvre que si on s’y attarde vraiment, un léger espace entre les dents d’en avant (cet espace-là, il peut me faire rougir et bégayer [...]

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2a3

17 octobre 2012 · Divers · Michel-Olivier Gasse
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Déménager deux rues plus loin comporte somme toute quelques avantages que l’on aura ignoré en premier lieu. Parmi ceux-ci, le fait de ne changer de code postal qu’à moitié ne me laissait qu’un suffixe à mémoriser. 1y8 m’avait fait la vie dure pendant trois mois et j’ai accueilli avec une certaine réticence l’idée d’un nouvel agencement incohérent chiffres/lettre. En bout de compte, 2a3 est plutôt simple et fluide et me reste en tête maintenant grâce à cette boutade de ma femme dans les premiers jours d’emménagement : « Ça adonne bien, parce que c’est probablement dans cet appartement-là qu’on va passer de deux… à trois! » Quoiqu’il advienne, à chaque lettre que j’envoie ou chaque formulaire que je dois remplir, le calembour s’impose, au même titre que le concept de paternité latente. Poste Canada me pardonnera, j’essaie de ne me servir du courrier qu’en dernier recours. Loin de m’imposer quoi que ce soit, ma femme est cependant généreuse de ce genre de clins d’œil. Par exemple, cette chaise haute en bois, procurée à prix modique dans une vente de garage. Ce genre d’offre qu’il serait fou de laisser passer. Alors qu’on en était à peinturer la petite chambre d’en avant, [...]

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Le dude du dep’

25 septembre 2012 · Divers · Michel-Olivier Gasse
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Un déménagement est souvent synonyme de devoir changer ses habitudes, pour le mieux où à regret. Dans un cas comme le mien où je me retrouve à deux rues de mon ancien logis, on peut s’entendre que, côté commodités, tout reste au beau fixe ou presque. Je suis deux minutes plus près du métro, deux minutes plus loin de l’épicerie, j’emprunte toujours le même chemin pour aller travailler à vélo, je reçois toujours le calendrier de Justin Trudeau. Peu de choses ont changé, si ce n’est qu’au niveau des dépanneurs, je suis maintenant sur un tout autre territoire. Mes deux options de l’appartement précédent sont devenues hors-limites, désuètes et dans ces deux options, le dépanneur St-Hub (vous voyez, il se trouve sur St-Hubert) est à un coin de rue de mon nouvel appartement. C’est dire à quel point on n’en manque pas dans le coin Au départ, j’allais au St-Hub (alors simplement baptisé « dépanneur : cigarettes, bière, vin, sandwichs ») pour la seule raison qu’il était à proximité, mais je me suis rapidement trouvé un autre alibi. Avec un peu de chance, on tombait sur la fille et moyennant un minimum d’esprit pervers, c’était assez pour vouloir commencer à [...]

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