L’heure est à l’exploration ainsi qu’au métissage des genres dans les arts vivants. Le cirque contemporain ne fait pas exception que ce soit en y intégrant les nouvelles technologies, la danse, le théâtre, les arts plastiques, les sports et tout ce que vous pouvez y imaginer d’autre! De plus en plus, les compagnies intègrent démarches et visions artistiques propres, ce qui les différencie du cirque traditionnel où les prouesses physiques n’ont d’autre fonction que l’exploit lui-même.
Cette année encore, MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CiRQUE présente un panorama de ce qui se fait de mieux en termes de métissage.
LEO : Cirque + théâtre
Gagnant de trois prix au Fringe Festival d’Edinburgh en 2011 et présenté à Québec aux Carrefours de Théâtre, LEO arrive à Montréal avec une fort belle réputation et pour cause! Mis en scène par l’homme de théâtre Daniel Brière, LEO est au cœur même du mariage entre cirque et théâtre.
Laissons la parole au metteur en scène, Daniel Brière :
DRAMATURGIE SILENCIEUSE
Léo est un spectacle difficile à nommer, à catégoriser, car il est précisément né d’une démarche inclassable.
Il s’agit d’un spectacle où aucun mot n’est prononcé, et pourtant il existe bien une courbe dramatique, des enjeux, une quête, et un personnage qui évolue et se transforme.
J’aurais pu dire « dramaturgie de plateau », « partition scénique », ou toute expression nous rapprochant d’un théâtre qui ne repose pas sur un texte. C’est un objet qui, à mes yeux, appartient véritablement au théâtre, car il s’agit d’une écriture dont la précision est équivalente à la précision de la langue d’un dramaturge. Chaque temps, chaque suspension, chaque geste, chaque expression du visage de l’interprète, tout a été choisi comme l’écrivain choisit ses mots.
Si la prouesse physique et technique de l’interprète procure au spectateur une sorte de jubilation propre à l’art du cirque, j’ai cherché à ce que cet aspect demeure subtil. La théâtralité de la proposition réside donc dans le mariage entre le spectaculaire et le non spectaculaire, entre la réalité et le fantasme, entre la nature et le rêve, entre la vie soumise aux lois de cette nature (la gravité) et la projection d’un soi dégagé de sa condition.
Daniel Brière / Metteur en scène
LA CUISINE DE PAN : Cirque et danses urbaines
Le directeur artistique Pierre Bolo, aussi connu sous le pseudonyme ‘Nesto’, est un fervent des danses urbaines depuis 1995. Il a déjà plus d’une dizaine de spectacle à son actif et propose avec La Cuisine de Pan un spectacle qui déménage! Comme au Québec, c’est dans la cuisine que le party se passe! Breakdance survolté et mât chinois tout en force se disputent la vedette dans cette œuvre dynamique et réjouissante.
PETIT MAL : cirque extrême
Petit Mal porte bien son nom et l’on se demande comment les interprètes y survivent à chaque nouvelle représentation. Dans cette œuvre issue de l’underground finlandais et mise en scène par Maksim Komaro, l’une des figures de proue du cirque finlandais, on pousse les limites du corps à l’extrême. Cousin éloigné de la fameuse série américaine Jackass, remplaçant plutôt la vulgarité par la poésie, nous voici devant trois jeunes qui carburent à l’adrénaline et concentrent toutes leurs énergies à repousser les limites du corps. Obéissant à la seule logique de leurs rêves, ils ressemblent à ces skaters qui poussent toujours plus loin pour atteindre une sorte d’état méditatif. Sans démonstrations émotives, ils exécutent, sur fond de musique rock, des figures acrobatiques inattendues qui les détachent progressivement de la réalité du lieu et du temps.
ODOTUSTILA : Cirque + vidéo
Dans une gare anonyme, deux hommes attendent sur un banc : leur situation leur fera vivre toute une gamme d’émotions, matière à des numéros d’illusion d’une incroyable précision. Compagnie finlandaise parmi les plus en vue, WHS séduit. Les prestations surprenantes de ses performeurs – ils ont poussé l’art de la jonglerie à son zénith – et leur ingénieuse utilisation de la vidéo font des spectacles de cette compagnie une expérience unique. La voici pour la première fois à Montréal avec Odotustila, qui signifie « salle d’attente », une production techniquement impressionnante et visuellement époustouflante qui a déjà été applaudie sur d’innombrables scènes à travers le monde.







Curieux de voir Petit Mal, mais je laisse à la maison mes petits neveux et nièces pour ce spectacle…
Le Cirque est un carrefour de plus en plus vivant, grouillant de ses influences sans frontières. Léo est un de ces spectacles qui semble s’amuser pour nous à les repousser… Hâte d’y voir de plus près!
Wow, j’aimerais bien voir ce spectacle étant une grande fan d’art du cirque !
À ne manquer sous aucun prétexte, il faut aller le voir absolument
Les prouesses executées dans Petit Mal sont épatantes. Un show dont je devrai aller voir!
La scène du spectacle LEO me fait penser au film Dogville de Lars von Trier. Un très bon film qui invite les téléspectateurs à s’imaginer eux-même les décors.
J’aimerais bien répéter cette expérience.
Le cirque à bien évolué. J’ai redécouvert cet univers grâce à montréal complètement cirque. Moi qui croyait encore que le cirque était un gigantesque cliché avec ses clowns, jongleurs et dompteurs de lion!!! C’est beaucoup plus. De la danse et des influences de partout y sont bel et bien présente, ce qui rend tout cela très attirant. Vous avez bien réussi à éveillé ma curiosité à redécouvrir les chapitaux!