Mukta, qui signifie "perle", c’est l’heureux hasard d’une rencontre entre l’Occident et l’Orient, entre l’électronique et l’acoustique, et, surtout, entre deux personnes : Brigitte Menon et Simon Mary. "Elle était ma prof de sitar, raconte Simon, joint à son domicile d’outre-Atlantique. À l’époque, je faisais surtout des études de contrebasse classique et j’accompagnais des chanteurs dans des orchestres de jazz…"

La musique traditionnelle indienne a trop souvent été associée à des images de hippies hallucinés se trémoussant sur du Ravi Shankar. Au moment où l’on parle de village global et où l’on voit se multiplier les exemples de collaborations entre l’Orient et l’Occident, le groupe français Mukta pousse l’expérience un peu plus loin. La mission est simple: éviter le piège des collages exotiques un peu vains, confronter puis fondre deux cultures différentes. Avec Indian Sitar & World Jazz, leur unique (mais double) album, la formation nantaise a admirablement répondu à ces deux critères.
Mukta, qui signifie "perle", c’est l’heureux hasard d’une rencontre entre Brigitte Menon et Simon Mary: "Elle était ma prof de sitar, raconte Simon, joint à son domicile d’outre-Atlantique. À l’époque, je faisais surtout des études de contrebasse classique et j’accompagnais des chanteurs dans des orchestres de jazz."
Nous sommes en 1994. Menon, qui revient d’un périple de dix-sept ans en Inde, et qui a appris à manipuler la sitar, apporte au jazzman Mary une vision nouvelle de la musique. À un point tel qu’il fait appel à deux complices de la scène musicale nantaise, Geoffroy Tamisier (trompette et mélodica) et Jean Chevalier (batterie), et se lance dans une nouvelle aventure. Mukta sera le nom de code de cette utopie musicale inédite. "J’ai créé Mukta, dit-il, afin de réunir tous les styles de musique que j’aime: le jazz, un peu de musique africaine, et, bien sûr, la musique indienne. Au départ, nous étions un groupe vraiment acoustique. Mais j’écoutais aussi beaucoup de musique électronique. D’ailleurs, j’en écoute encore très souvent. J’ai donc demandé à des amis D.J., férus dans le domaine, de revisiter la musique de Mukta (le résultat apparaît sur le second compact d’Indian Sitar & World Jazz). J’aime bien les expérimentations."
Au passage, faisant écho à ses commentaires, j’en ai profité pour lui mentionner trois entités similaires de l’Hexagone: les compatriotes >rinoçérôse", St-Germain et Eric Truffaz. Trois exemples concluants (parmi tant d’autres) d’osmose parfaite entre le jazz et la technologie. Simon Mary, qui les connaît bien, réagit avec enthousiasme: "Au départ, les gens qui faisaient de la musique électronique connaissaient très bien les machines mais n’avaient pas vraiment de culture musicale. Alors qu’aujourd’hui ils utilisent ces machines comme un instrument." Mais il prend le soin de préciser: "Je crois qu’on a besoin de garder un côté organique, d’avoir des gens qui font aussi des erreurs, d’entendre le bruit des doigts, les respirations."
Les remix dont fait état Mary ont bien sûr une vocation dansante et c’est évidemment cet état corporel que l’on souhaite atteindre lors de la première visite de Mukta à Montréal. "Si les gens préfèrent les versions remixées, c’est tant mieux. En tout cas, parmi les personnes que je côtoie aux concerts, les avis sont partagés."
"Mais chez vous, précise-t-il, et c’est ce qu’on fait depuis quelques mois, nous allons surtout jouer les pièces du nouveau disque qui sortira en septembre. On peut affirmer qu’il sera dans la lignée du premier, sauf que nous avons ajouté un percussionniste. Il sera du voyage, annonce Mary, ainsi que Mathieu Ballet, l’un des D.J. que l’on retrouve sur l’album." À ne rater sous aucun prétexte.

Les 4 et 5 juillet à 18h30
Au Carrefour GM
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