Les Vulgaires Machins : L'ombre et la lumière
Musique

Les Vulgaires Machins : L’ombre et la lumière

Les Vulgaires Machins terminent l’année sur les planches du Club Soda avec deux spectacles qui feront l’objet d’un DVD. Rencontre avec le leader, Guillaume Beauregard.

Si 2006 fut l’année de la reconnaissance pour les Vulgaires Machins, 2007 fut celle des grands remous: prix GAMIQ de l’album punk de l’année, nomination aux prix Juno, en plus d’un laissez-passer à l’ADISQ. Même si la récolte de trophées fut plutôt mince, Guillaume Beauregard, chanteur et guitariste du quatuor, ne démontre aucun signe de déception. "Tu sais, ce n’était pas surprenant de constater que l’industrie est en retard dans le cas des Vulgaires Machins. On n’a qu’à penser aux BARF, Grimskunk et Groovy Aardvark de ce monde. Certes, on était heureux d’être en nomination à l’ADISQ, car c’était une chance d’avoir une tribune et de s’adresser à un million et demi d’individus. Mais le trophée n’était pas une finalité. À vrai dire, on s’en foutait pas mal", raconte-t-il d’une voix vibrante.

COUPS DURS ET DOUCES VICTOIRES

Multipliant les concerts au cours de l’année, la bande a trouvé le temps d’effectuer deux escales en France (la plus récente au mois de novembre) et de partager la scène avec ses amis punk de Guérilla Poubelle, une expérience marquante pour le chanteur et ses acolytes. "Ce groupe est hyper-fédérateur. Énormément de personnes s’intéressent à lui et gravitent autour de lui ces jours-ci. Son public est jeune, dynamique, sans attitude hautaine. Un public qui ressemble énormément à celui des Vulgaires Machins il y a six ans. On a eu un plaisir fou à côtoyer ces gens et on s’est rendu compte qu’on avait un public fidèle en France. On commence à attirer les foules, à remplir les salles, et puis on a réussi à encaisser tous les coups durs cette année", soutient-il.

Un de ces coups durs se produit vers la fin de l’été, alors que le clip de la pièce Anéantir le dogme (scénarisé par François Avard) est censuré par la populaire chaîne de musique montréalaise. Loin de se laisser abattre, le groupe profite plutôt de la tempête médiatique pour se faire entendre. "On voulait que le clip provoque, brasse des idées, mais on était très surpris qu’il soit banni des ondes car, à notre avis, il n’a rien d’extrémiste. On a mis beaucoup d’énergie là-dessus et on croyait fermement au message derrière la chanson. On a tenté d’utiliser la controverse entourant le clip afin de ramener sur la table le débat entourant l’hypersexualité et, dans une certaine mesure, on a réussi. Les médias se sont intéressés au clip et on s’est mis à en parler, donc tout n’était pas perdu."

Avant de pénétrer à nouveau dans sa tanière, la bande originaire de Granby montera une fois de plus sur les planches du Club Soda afin de présenter deux spectacles qui seront captés sur pellicule (un documentaire et divers extras pourraient éventuellement aboutir sur le DVD dont la date de parution n’est pas encore connue). Spectacle de "plus grands succès" à prévoir? "Pas nécessairement. On veut faire le tour de notre répertoire et tenter de retrouver l’esprit de nos racines. On souhaite raconter, en quelque sorte, l’histoire des Vulgaires Machins et boucler une boucle. Ces shows refléteront et célébreront les 12 ans de carrière du groupe. On ne sait pas encore jusqu’où on va aller. Je pense qu’on va continuer d’apporter des changements jusqu’à la toute dernière minute. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que ça restera un show en mouvement, fort et vivant", estime le chanteur.

Par la suite, les quatre amis souhaitent offrir des spectacles sporadiquement jusqu’en septembre 2008 avant de disparaître pour concocter le successeur de Compter les corps. "On entrera dans une période de transition dès janvier", prévient Guillaume. Présentement, on a envie de prendre notre temps sur tous les plans. On désire écrire, créer et prendre une pause dans les spectacles, sans décrocher totalement. On a encore le goût de jouer, mais le nombre de concerts va graduellement diminuer jusqu’en septembre prochain. On a envie de nouveau matériel, c’est certain, mais ce n’est pas dans nos habitudes de précipiter la production pour des questions de timing ou de marketing. On veut demeurer fidèles à nos convictions jusqu’à la fin."

Enfin, un souhait pour la nouvelle année? "Qu’on n’entende plus parler des Têtes à claques et qu’on soit finalement débarrassés d’eux pour de bon." Et vlan, dans les dents!

Les 20 et 21 décembre
Au Club Soda

À écouter si vous aimez /
Guérilla Poubelle, The Sainte Catherines, Capitaine Révolte