k.d. lang est de retour sur un album de rêveries intimes tout en ondulations et en flottement. L’heure est au bilan.

Depuis ses débuts country-folk sous influence Patsy Cline jusqu’à cette tonalité pop feutrée rencontrée sur Ingénue, en 1992, k.d. lang en a fait du chemin. À 46 ans, la Canadienne basée à L. A. se trouve à un point tournant de sa carrière et de sa vie de femme. C’est du moins ce que suggère le titre de son dernier album paru en février, Watershed ou "ligne de partage des eaux". "Oui, on peut le comprendre ainsi. J’aime aussi cette propriété qu’a l’eau de savoir contourner les obstacles. Ça me plaît de me représenter mon rapport à l’art et à la vie de cette façon-là."

Il y a un bon huit ans que k.d. lang ne nous a pas proposé un album de chansons de son cru. Depuis Invincible Summer, elle a lancé un live et, en 2004, Hymns of the 49th Parallel, collection de reprises de grands songwriters canadiens: Leonard Cohen, Joni Mitchell, Ron Sexsmith, Neil Young et compagnie. "Ce disque-hommage a réaligné toute ma compréhension de ce qui constitue une bonne chanson. C’est comme si j’avais reçu une chiropraxie musicale."

Comme l’heure est au bilan, k.d. lang signe une oeuvre qui fait la somme des parties: des touches de country ici et là, des courbes jazzées, quelques cordes qui accentuent la dimension langoureuse des balades, un peu de steel guitar, de banjo, de vibraphone et de trompette quand c’est nécessaire, une voix témoignant à la fois d’une grande maîtrise et d’un abandon total – plusieurs enregistrements de voix sont des premières prises. Beaucoup de sérénité se dégage de l’ensemble. "Je n’essaie plus de posséder la musique, mais plutôt de coexister avec elle. À mes débuts, je cherchais un peu trop à contrôler ce qui se passait, comme pour n’importe quelle relation au fond… Puis on finit par envisager la cohabitation."

Au cours de sa carrière, Kathryn Dawn Lang a fait quelques coups d’éclats, se trouvant souvent là où on ne l’attendait pas. Elle sort du placard et s’affiche publiquement comme lesbienne durant les années 80 allant jusqu’à rouler une pelle à Ellen DeGeneres lors de la remise des Los Angeles Gay and Lesbian Center Creative Integrity Awards; elle a chanté aux Olympiques de Calgary puis aux Outgames de Montréal en 2006, a soutenu, en bonne végétarienne, la campagne "La viande pue" créant une petite polémique dans son Alberta natale, puis s’est associée à MAC, elle qu’on n’avait à peu près jamais vue maquillée. Tout ça pour dire qu’on se demandait dans quel état on retrouverait k.d. lang… Eh bien, elle est occupée à faire la planche sur l’eau, comme elle le chante, en français de surcroît. "Oui, il y a cette idée de flottement… C’est vraiment un album introspectif d’auto-examen de soi." Rougit-elle d’avoir ainsi déballé ses rêveries intimes sur le mode un brin impudique de la confidence? "Non… Car je ne raconte rien que personne n’ait jamais expérimenté."

Les 29 et 30 mai
À l’Olympia

À écouter si vous aimez /
Diana Krall, Norah Jones, Holly Cole


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