Le sextette anglais James se reforme après une longue sabbatique. Son nouvel album, Hey Ma, ne dépare en rien sa discographie.

Onze heures, 12 h 15, 13 h 30, les aiguilles s’affolent et toujours personne au bout du fil. Mais bon, on a attendu sept ans, on peut bien attendre encore quelques minutes… Finalement, on entend un "vraiment désolé" retentir sur un portable qui sonne la friture. Surfant toujours sur l’euphorie du spectacle donné la veille à Boston, pour lancer cette tournée américaine, Tim Booth se révèle d’un commerce des plus agréables. Le charismatique chanteur revient en détail sur les circonstances qui ont mis fin à la longue période d’inactivité de son groupe. Sept ans, quand même… Qu’est-ce qui manquait à son bonheur? "Rien, en fait. Larry (Gott, guitariste) me téléphonait de temps en temps. Un jour, j’ai accepté son invitation et on s’est remis à jouer, tous les deux, question de voir si on possédait toujours notre bonne vieille syntaxe musicale. Lorsque j’ai quitté le groupe en 2001, j’avais l’impression de m’arracher à une famille dysfonctionnelle. La musique était toujours excellente, mais le reste était pourri. Avec le temps, nous avons changé, nous avons pu recommencer à communiquer."

La reformation de James ravira les fidèles qui, au début des années 1990, avaient placé le band de Manchester sur un piédestal – rappelez-vous les imparables Sit Down, Come Home et Born of Frustration. Hey Ma, dixième effort studio officiel, mise sur tout ce qui faisait la force du groupe à la belle époque: refrains fédérateurs, guitares carillonnantes, coups de trompette échevelés… Or, la gestation du disque a été plus compliquée qu’il n’y paraît. Pour arriver à ces 11 chansons, il aura fallu beaucoup de répétitions, de travail en studio, à tester les arrangements, à obtenir le son désiré, à déterminer quelles pièces seraient retenues.

"Les premiers jams ont été déterminants, se rappelle Tim Booth. C’est là que la pâte lève. Mais le travail ardu reste à venir. Il arrive qu’on enrobe une pièce de 100 façons différentes avant d’arriver à quelque chose de satisfaisant. C’est pour ça qu’on nous paye!"

À un moment donné, le groupe avait quelque chose comme 120 chansons en chantier. Les morceaux qui se sont faufilés jusqu’au fil d’arrivée ont ceci de particulier: ils ont été taillés pour la scène. "On savait qu’on partait en tournée, alors on a choisi les pièces les plus enlevantes, confirme Tim Booth. Du coup, on a dû sacrifier quelques très belles chansons plus lentes, qui n’avaient malheureusement pas le physique de l’emploi."

La pièce-titre, morceau phare du disque, est construite sur un commentaire politique on ne peut plus direct ("Hey Ma, the boys in bodybags, coming home in pieces…"). Mélodie accrocheuse, texte piquant. La combinaison marche à fond. Une protest song moderne, créée en réaction aux actions mortifères posées par les Blair et Bush de ce monde au lendemain du 11 septembre. "Elle a été bien reçue jusqu’ici, mais je suis sûr qu’il se trouvera quelques rednecks sur notre chemin, quelque part dans le Midwest, pour s’en offusquer", conclut Booth en riant nerveusement. Ouais, celle-là, John McCain ne risque pas de la récupérer…

À écouter si vous aimez /
U2, Simple Minds, The Stone Roses


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