Stéphanie Lapointe revient avec Donne-moi quelque chose qui ne finit pas, un deuxième album porteur d’une authenticité musicale qu’aucune académie ne peut enseigner.

Fraîchement débarquée de la Star Ac, Stéphanie Lapointe lançait son premier album en août 2005. Plutôt que de montrer son joli minois sur la pochette du compact, la chanteuse y pose la tête baissée, les cheveux couvrant son visage, un véritable suicide professionnel pour tout artiste issu d’une école misant sur la surmédiatisation pour allonger la sauce.

Quatre ans plus tard, la Montréalaise n’est plus la même. En magasin le 10 mars, trois jours après deux concerts à l’Olympia de Paris avec Isabelle Boulay, Donne-moi quelque chose qui ne finit pas témoigne d’une toute nouvelle confiance, à commencer par ce visage et ces couleurs chaudes qui ornent la couverture très "Françoise Hardy" de l’effort. "À l’époque, j’avais l’impression de m’être toute donnée pendant la téléréalité, explique Stéphanie. J’avais l’impression que tout le Québec me connaissait. Je me suis donc cachée sur mon premier disque. Tout est plus sombre. Tant la pochette que les arrangements. Je n’ai écrit qu’une seule chanson, alors que mon nouvel album compte six de mes propres textes. Cette confiance m’est venue en tournée. J’ai réalisé que pour faire ce métier, tu dois donner. Plus tu en donnes, plus les gens t’en donnent."

C’est à travers ses propres chansons que Stéphanie Lapointe développe le fil conducteur du gravé. Si la logique pointait vers les voyages – elle a visité le Viêtnam, la Tanzanie, le Darfour, le Rwanda, le Mali et l’Amérique du Sud au cours des dernières années -, c’est plutôt une rupture amoureuse qui est à l’origine de plusieurs pièces et du titre de l’album. "Seule L’Île est inspirée d’un voyage. J’ai souvent eu envie d’écrire des chansons sur mes périples, mais je n’ai jamais réussi à résumer un voyage de manière concise, comme l’impose l’écriture d’une chanson. J’avais plutôt envie de partager mon chagrin d’amour. Au moment d’écrire les chansons, je sortais d’une relation amoureuse et j’écoutais beaucoup Michel de Mathieu Boogaerts, qui est entièrement dédiée à une rupture. Je me suis alors dit que j’avais le droit de consacrer plusieurs chansons au sujet. Tranquillement, mes propos ont bifurqué vers un constat générationnel: nous vivons en plein bouleversement. Rien ne reste stable; il en va de même pour nos carrières et nos amours, d’où le titre."

L’artiste qui fêtera son 24e anniversaire le 26 mars a également appris à faire confiance à ses collaborateurs, dont les réalisateurs Joseph Marchand et Mélik-Alexandre Farhat, ceux-là mêmes qui ont réarrangé en concert les pièces de son premier album. Sobre et inspirée par la musique classique, la production mise sur l’élégance et le caractère émotif des cordes et des pianos. La facture se marie avec la voix cristalline de Stéphanie qui fait aussi preuve de dynamisme sur deux pièces écrites par le tandem Pierre Lapointe/Philippe B, dont le premier extrait, Eau salée, et sur un duo interprété avec Albin de la Simone. "Plusieurs autres compositeurs m’ont écrit des pièces (dont Daniel Bélanger et Coeur de Pirate), mais elles ne figurent pas sur le disque. Évidemment, leur qualité n’est pas en cause. Je voulais simplement privilégier l’unité de l’album plutôt que de collectionner les collaborations."

Du caractère et de l’assurance, vous dites?

Stéphanie Lapointe
Donne-moi quelque chose qui ne finit pas
(Musicor/Select)
En magasin le 10 mars

À voir/écouter si vous aimez /
Coeur de Pirate, Émilie Simon, Caniche Hara-Kiri

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