Les chics dandys de Chinatown lancent un premier album où la chanson française héritée des années 60 se fait "frencher" à pleine gueule par le rock.

Après trois ans d’existence, une tournée un peu prématurée en Chine et un hit popularisé par The Stills (Retour à Vega), Chinatown a finalement lancé Cité d’or, son premier album, le mois passé. Un parcours pour le moins atypique, mais, comme l’explique Pierre-Alain Faucon (voix, claviers), interrogé sur le sens de ce titre, "c’est la quête de la beauté de la route plus que le souci du but qui compte".

Le plus logiquement du monde, c’est donc en Chine qu’un déclic s’est produit pour Chinatown. "On nous offrait des scènes immenses, des auditoriums…" se souvient Félix Dyotte (voix, guitares). "Il y avait du monde déjà conquis d’avance grâce à MySpace et qui capotait à cause de notre nom!" complète Pierre-Alain. "À ce moment-là, on n’avait même jamais fait de shows à Trois-Rivières ou à Sherbrooke. Disons que ça nous a forcés à nous améliorer rapidement. Mais ça fait longtemps qu’on s’adonne à l’écriture de chansons… Veux-tu du lait dans ton café, Pierre-Alain?" "S’il te plaît!" "Du sucre?" "Oui, une moitié."

Ces deux-là sont voisins de palier et se connaissent depuis des lunes. Ça se sent; on dirait presque un vieux couple… "Félix veut jouer dans un band qui s’appelle Chinatown depuis qu’il a 17 ans…" "…pour la simple et bonne raison que ça sonne bien! renchérit celui-ci. Je trouve que c’est une raison suffisante, comme de nommer sa fille Camille ou son fils Oscar… Hé! Je suis en train de choisir le nom de mes futurs enfants!"

Le petit tour de force qu’a réussi le quintette montréalais avec Cité d’or, c’est d’amalgamer chic chanson pop héritée d’une certaine tradition française des sixties et impulsivité rock plus contemporaine. Impossible de résister à Apprendre à danser ou Tu es un hit. Difficile, aussi, de savoir qui chante tant les timbres des deux chanteurs/paroliers du groupe se rapprochent… quoique la voix de Pierre-Alain soit un peu plus basse et cuivrée. "Moi, j’écris moins, mais mes chansons (Carrousel, Bateau de querelle, Flashs de paranoïa) sont meilleures", se moque gentiment Félix. "Les préférées des filles, autrement dit, rétorque son collègue. Je ne sais pas pourquoi, mais moi, ma plume plaît plutôt à la virilité."

Qu’on parle de la perfection de la coupe d’un veston fétiche trouvé dans un sous-sol d’église, de Gainsbourg qui a tant déçu Pierre-Alain lors d’une entrevue où il a insulté Catherine Ringer, ou de l’état du romantisme à l’ère moderne, ces deux rockeurs lettrés ont leur mot à dire sur tout, y compris sur le fait d’avoir décidé de chanter avec un "accent" soutenu, qui n’a rien de joual. "Cet accent qu’on qualifie parfois de "franchouillard" est beaucoup plus près du français international que d’un quelconque accent français, fait remarquer Félix. Cela semble plus communément accepté au théâtre, en publicité télé ou en traduction de films. Pourtant, le chant relève beaucoup plus de la transmutation du langage que toute autre forme parlée puisqu’on y ajoute des notes."

À voir si vous aimez /
Indochine, The Stills, Franz Ferdinand

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