Juste avant de s’envoler pour une mini-tournée en Belgique, Dawn Tyler Watson, reine du blues québécois, fait une escale à la Salle André-Mathieu, accompagnée de son fidèle complice Paul Deslauriers.

Pour l’avoir vue et entendue si souvent en duo avec le chanteur et guitariste virtuose Paul Deslauriers ces dernières années, je n’ai pu m’empêcher de demander à Dawn Tyler Watson ce qu’il advenait de son Blues Project, la formation à la tête de laquelle je l’avais découverte sur l’excellent album Ten Dollar Dress. "Ce n’est pas tant que je n’apprécie plus de jouer avec le band au complet, mais le groupe est plus compliqué à "booker", m’explique-t-elle à l’autre bout du fil. Et comme l’album en duo avec Paul est mon plus récent, qu’une tournée à deux est plus simple à organiser et qu’on s’entend bien sur la route et sur scène, j’aime tourner avec Paul."

Le jour de notre entretien téléphonique, cette Britannique d’origine sacrée reine du blues d’ici revenait en train de Québec où, la veille, elle avait pris part, aux côtés de Sylvie Desgroseilliers et d’une chorale de gospel, à un concert-bénéfice pour les sinistrés haïtiens au Théâtre Capitole. Peut-être suis-je trop attaché à une certaine mythologie car, même si Dawn Tyler Watson me parlait sur son BlackBerry, confortablement assise à bord d’un wagon moderne qui n’a rien d’un boxcar, cette association entre la voie ferrée et le blues me semblait renvoyer aux origines de cette musique, au même titre que la simplicité volontaire imposée par la formule du duo guitare et voix. "C’est vrai, le jumelage d’une guitare et de nos deux voix, sans batterie, sans fanfare, c’est comme une sorte de retour aux sources, à la tradition d’un Robert Johnson, par exemple."

L’essentiel du propos

Évidemment, on pourrait objecter qu’il est plus difficile de capter et de garder l’attention du public dans ce dénuement. "Sans doute, et c’est ce qui rend notre collaboration si spéciale; c’est une chance pour lui comme pour moi qu’il y ait cette chimie entre nous. Sur scène, nous nous retrouvons véritablement nus, musicalement et émotionnellement nus, avec rien pour nous cacher. En même temps, ce contexte intime rend la communication avec les spectateurs plus aisée parce que rien ne les distrait de l’essentiel du propos."

Comblée par cette collaboration, Dawn Tyler Watson ne tarit pas d’éloges pour son complice avec lequel elle travaille à un deuxième opus dans la même veine que le disque homonyme qui leur a valu un succès bien mérité. "On espère terminer l’enregistrement avant la fin du printemps; cette fois, il y aura un peu plus de chansons originales, composées par Paul, par moi et aussi par Rob Lutes. On va aussi reprendre encore une pièce de Led Zep… et au moins une chanson en français!" Pudique et ludique, Dawn Tyler Watson a d’abord hésité à me révéler le titre de ce classique qu’elle compte offrir au public francophone d’ici et d’outre-Atlantique, en guise de remerciement pour l’accueil chaleureux qu’on lui a toujours réservé. Histoire de préserver le suspense, pour unique indice, je me contenterai de glisser sur le nom de ce plat pays où Deslauriers et elle retourneront en avril, le temps d’une mini-tournée.


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