Gautier Capuçon s’est lié d’amitié avec le pianiste Menahem Pressler. En formation duo, l’un des plus brillants violoncellistes français a trouvé une légende sur sa route.

Le violoncelliste français Gautier Capuçon se distingue sur la scène internationale depuis 2001. Ayant signé en exclusivité avec l’étiquette Virgin Classics, le jeune interprète de 29 ans a fréquenté les grandes légendes dès un très jeune âge. Mentionnons par exemple la pianiste Martha Argerich, qui l’a invité à quelques reprises lors d’une série de concerts au début des années 2000.

"C’est une personnalité très forte, précise-t-il. Elle fait partie des interprètes que l’on aime citer. C’est difficile de parler de Martha, elle est presque une légende vivante. Elle est incroyable, je dirais même génialissime! Envers nous, jeunes interprètes, elle s’est toujours montrée très généreuse. En jouant avec elle, on n’a pas le choix de se dépasser. C’est très intense comme expérience. Je crois que, s’il y a un enseignement à retenir d’une telle rencontre, c’est sans doute l’humilité."

C’est maintenant avec une autre légende qu’il s’est associé pour une série de récitals en duo. Le pianiste allemand Menahem Pressler a maintenant 86 ans, il a fait (et fait encore) les belles années du Beaux Arts Trio, qui a célébré son 50e anniversaire en 2005. "Je le connais depuis toujours, par ses disques et ses concerts, bien sûr. Mais voilà, de le rencontrer et de pouvoir jouer avec lui, ça, c’est quelque chose d’extraordinaire. De voir ce regard pétillant, cette envie de partager la musique et de la vivre… c’est quelque chose d’incroyable après tant d’années de pratique musicale. C’est plus de 60 années de concerts!"

Monter un programme avec ce pianiste émérite ne semble pas avoir été un exercice compliqué, ni à sens unique. Gautier Capuçon nous avoue même que les oeuvres ont été assez faciles à déterminer. Trois compositeurs croiseront donc la route du duo en concert, soit Beethoven, Brahms et Schumann. La Première Sonate pour violoncelle et piano de Brahms suivra les Sept Variations sur "Bei Männern, welche Liebe Fühlen", de La Flûte enchantée de Mozart, composées par Beethoven. S’ajouteront des extraits de la troisième sonate pour violoncelle et piano du dernier compositeur, Robert Schumann, intitulée Phantasiestücke.

"Ces trois pièces tirées de Phantasiestücke, ce sont presque des miniatures, des résumés, de tout ce que nous retrouvons dans son oeuvre. Ce caractère complètement fou, qui s’exprime sans préavis, c’est passionné. (…) On doit aborder cette dynamique avec beaucoup de sincérité en tant qu’interprète. Il ne faut pas mentir. Mais dans Schumann, un brin de folie supplémentaire ne peut pas nuire! On doit se laisser aller."

En duo, avec un chambriste d’expérience tel que Pressler, Capuçon semble vouloir profiter de tous les instants. "Dans toute formation de chambre, il doit y avoir une chimie particulière et une grande entente, mentionne-t-il. En duo, c’est fondamental. La musique, c’est quelque chose de très intime, lorsqu’on vit avec elle et qu’on la partage. Je ne pourrais pas m’imaginer partager la musique, soit une sonate ou un concerto, avec quelqu’un qui ne mérite pas ma confiance. Avec Menahem, c’est très facile de se livrer l’un à l’autre. Un grand musicien, il apprend toujours. Ça, c’est une grande leçon."

À écouter si vous aimez /
Le Beaux Arts Trio, Renaud et Gautier Capuçon réunis et Gregor Piatigorsky


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