Colombier fait fi des standards polis de la pop. Discussion avec Guillaume Sirois qui, après CEA, passe au rock indé.

C’est il y a un an, après la sortie de l’album Coin Strasbourg, que Guillaume Sirois a décidé de fonder le groupe Colombier, un clin d’oeil à son coin de pays sur la Côte-Nord. Terminé pour lui, CEA, alors que l’auteur-compositeur-interprète venait tout juste d’intégrer une couleur gainsbourienne à la formation hip-hop de Québec. "Le hip-hop, c’était pour le fun au début, résume-t-il. Lorsque CEA s’est mis à marcher, je n’avais pas le choix de suivre. C’était une belle expérience, mais j’ai toujours eu plus d’attirance pour la chanson. Écrire des textes pour le hip-hop, ça devient très verbeux. À la fin, j’avais de la misère à écrire pour CEA. La rythmique impose beaucoup de mots, tu en dis beaucoup. Naturellement, j’ai une préférence pour les textes concis; le format de la chanson m’inspirait beaucoup."

Après qu’il eut proposé à Mathieu Gauthier (guitare), Guillaume Cimon (basse), Alexandre Lefrançois (batteur) et Sandria PB (claviers et voix) quelques compositions de son cru, Colombier s’est vite retrouvé sur scène à Antenne-A et au Festival Off de Québec. Ce qui au départ n’était qu’un projet connexe et laboratoire est vite devenu le centre d’intérêt créatif de Sirois. Si l’artiste était d’abord poussé par une motivation littéraire, l’esthétique musicale, elle, s’est précisée et emprunte au courant psychédélique des années 60.

"Ce n’est pas un album parfait, et c’est voulu ainsi. On a délaissé les standards pop. C’est même parfois brutal comme son. On voulait surtout rester intuitifs. On est tous des fans de musique psychédélique, tout ce qui gravite autour de Velvet Underground", prend-il soin de nous exposer en nous détaillant le passage du groupe au Treatment Room à Montréal, où a été enregistré le premier disque de Colombier, Ton esprit tourne au noir.

"Tout a été enregistré sur bande analogique, on voulait entendre les instruments tels qu’ils sont. Il n’était pas question de traiter le son. Aujourd’hui, je constate que la plupart des musiciens semblent largués côté studio. C’est comme si on était obligés d’appliquer une formule bien précise et absolue. Alors que dans la création, il n’y a pas de règles fondamentales. C’est sûr qu’il y a des erreurs qu’on ne fait plus, mais les possibilités restent multiples en ce qui concerne le son."

Presque puriste dans sa façon de conceptualiser ce projet artistique, avec l’orgue Farfisa qui caractérise le son du groupe, Sirois est resté fidèle à la poésie qu’il s’applique à mettre en évidence. Caractérisés par un humour noir, avec entre autres Je commence à voir la lumière qui martèle en crescendo les travers d’une vie aliénante, les textes comportent une symbolique parfois engagée. "Je n’ai pas une foi très forte dans la société et ses structures. Un peu comme tout le monde, je doute. C’est dans ma nature, mais j’essaie de ne pas me laisser aller au cynisme. Avec le cynisme, on carbure au négatif. Mais l’humour noir peut canaliser le doute et dénoncer en quelque sorte le cirque qui nous entoure."

À écouter si vous aimez /
The Velvet Underground, Interpol, Serge Gainsbourg

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