Le jeune metteur en scène new-yorkais Kevin Newbury offre à l’Opéra de Montréal un Roberto Devereux d’allure moderne, soutenu par des voix prometteuses.

À lire les brèves informations biographiques communiquées par l’Opéra de Montréal, on note tout de suite que le jeune metteur en scène états-unien Kevin Newbury est passablement plongé dans l’univers de Donizetti ces derniers temps, le Minnesota Opera s’étant lancé dans la production de plusieurs oeuvres du compositeur.

"En effet, je suis chanceux parce que la compagnie a décidé de faire la trilogie sur trois ans, avec Roberto Devereux, bien sûr, mais aussi Anna Bolena et Maria Stuarda." C’est déjà une rareté en soi que de présenter cette trilogie consacrée aux reines de l’ère des Tudor, mais c’est sans aucun doute encore plus rare d’en voir la réalisation confiée au même metteur en scène. Cela offre évidemment la possibilité d’imaginer une certaine continuité conceptuelle, qui se manifeste ici à travers les éléments du décor. "Nous utilisons par exemple dans les trois opéras le même plafond massif, monolithique, d’où sortent éventuellement différents éléments, qui ne sont pas les mêmes d’un opéra à l’autre. C’est donc semblable au plan général, mais très différent au plan du détail."

S’il est très occupé par Donizetti, un autre compositeur revient souvent dans le plan de travail du metteur en scène: le très contemporain John Adams. "J’aime beaucoup travailler sur des oeuvres nouvelles ou sur des oeuvres obscures, mal connues. Roberto Devereux est au répertoire depuis un bout de temps, mais ce n’est pas un des incontournables que tout le monde connaît, comme La Bohème ou Carmen, et c’est ce qui m’attire principalement."

L’intrigue de l’opéra se déroule sur un plateau très aéré, dans un décor épuré que sculptent les éclairages de D. M. Wood. Le traître Devereux finira bien sûr sous la hache du bourreau, comme dans les livres d’histoire et au grand désespoir d’Elisabeth 1re, qui l’aime follement. "Les vêtements des personnages sont très "historiques", explique Newbury, mais les décors sont en effet de ligne très moderne, entre autres parce qu’il est très difficile d’entrer en compétition sur cet aspect-là avec ce que les gens ont vu récemment dans les films mettant en vedette Cate Blanchett ou la série sur The Tudors à HBO."

Le metteur en scène trouve à Montréal de nouvelles voix, qui ne sont pas celles qu’il dirigeait au Minnesota Opera. "Je suis toujours heureux de collaborer avec de nouvelles personnes à la définition d’un personnage. Bien sûr, les grandes scènes d’action sont déjà pas mal définies, mais pour les scènes individuelles, je suis très ouvert et c’est un véritable travail d’équipe." La soprano grecque Dimitra Theodossiou, qui a enfilé les robes d’Elisabetta plus d’une fois, doit avoir son idée sur la façon de tenir ce rôle… "Oui, sans doute, et je suis prêt à le travailler avec elle, je trouve ça très inspirant!" Le ténor qui se glissera dans la peau de Roberto Devereux est le jeune Russe Alexey Dolgov, et l’Orchestre Métropolitain sera pour la première fois sous la direction du chef italien Francesco Maria Colombo.

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