Depuis ses débuts, Damien Robitaille cumule les rôles taillés sur mesure pour lui et mise sur l’expérience acquise pour consolider sa place de premier crooner brun de sa génération.

Mars 2006. Kapuskasing, Ontario, village franco-ontarien de tout au plus 9000 âmes. Son tout nouveau maxi de neuf chansons réalisé en collaboration avec Radio-Canada en poche, le porc-épic ben sympathique Damien Robitaille bourlinguait son tout nouveau spectacle devant un public qui ne le connaissait ni d’Ève ni d’Adam. Sur scène, l’énergumène au sourire d’enfant s’accompagnait d’un orchestre imaginaire, ponctuant ses chansons d’un ironique "À la trompette: Alphonse!" ou approuvant d’un coup de tête le jeu de ses musiciens fictifs.

"Esti!" laisse tomber en riant Robitaille, à la mention de ces réminiscences. En pianotant de façon distraite sur son piano, il poursuit: "Je prends pas le temps de regarder en arrière. Mais maintenant qu’on me force à retourner de bord, je vois un gars avec des cheveux longs… Dans les cinq dernières années, y’a eu quand même beaucoup d’évolution. C’est encourageant."

Au dernier Gala Trille Or de l’APCM, événement bisannuel qui récompense les artisans de la musique franco-ontarienne, on citait Robitaille dans neuf catégories. Ce dernier est reparti avec six trophées; une consécration qui vient sceller d’un baiser triomphateur le parcours du bonhomme depuis ses balbutiements à la guitare, dans son patelin natal de Lafontaine. "Pour moi, [les Trille Or,] c’est d’où je viens. Même si je passe la majorité de mon temps à Montréal, je suis vraiment touché de savoir que chez moi, on me reconnaît toujours autant."

L’homme aux 1001 rôles

L’objet de cette apothéose appert être son second album, Homme autonome, écoulé à ce jour à 20 000 exemplaires, et l’acclamé spectacle homonyme – et full band, de surcroît! – qui en découle. Sur cet album, à la manière de la chenille qui se transforme indubitablement en papillon, Robitaille abandonne son costume de porc-épic pour enfiler avec grâce les smokings bruns du chanteur de charme. Un rôle qui sied parfaitement à Robitaille, qui s’est permis, au fil de propositions souvent fortuites, d’élargir ses horizons. Ainsi, il se trouve de plus en plus là où son public ne l’attend pas. Comme au cinéma. "Je suis allé faire l’audition sans trop savoir comment faire. Tsé, je connaissais même pas mon texte par coeur. Peut-être que la raison pour laquelle j’ai été choisi était parce que je demandais pas cher!" blague-t-il.

Dans La sacrée, premier long-métrage à être qualifié de 100% franco-ontarien, Damien incarne un homme qui "a toujours son accent franco-ontarien, qui [lui] ressemble un peu". Il doute toutefois de pouvoir éprouver un quelconque plaisir lorsque viendra le temps d’assister à la première, prévue pour l’automne prochain. "Ça va être difficile de me regarder. Je suis trop dur avec moi-même. C’est pourquoi je m’écoute juste pas…"

Homme occupé

La reconnaissance de ses pairs combinée à celle de l’industrie (Robitaille remportait à l’automne 2010 son premier Félix) et du public le convie à poursuivre ce qu’il a entrepris, lui confirme qu’il est au bon endroit au bon moment, et lui permet de se projeter dans le futur. Un avenir où il sera en mesure de mener de front ses deux rôles principaux: celui du chanteur et celui du bonhomme ben normal. "J’aimerais être capable un jour de retourner vivre à Lafontaine. C’est d’ailleurs là que je vais ce soir. C’est juste à sept heures de Montréal. Ça serait faisable. Habiter là-bas; travailler dans la métropole."

D’ici là, à travers ses participations à plusieurs festivals d’été, tant partout au pays que dans l’Hexagone, Robitaille affirme devoir se concentrer sur le premier rôle qu’il vient tout juste de décrocher: celui d’animateur radio. Vraiment? "Oui! Tu checkeras ça! L’émission s’appelle Jamais trop tard pour les standards les samedis soir à Espace musique. Je vais faire jouer du vieux blues, du vieux jazz, de la chanson française. Je vais être à mon piano, pis je vais conter mes histoires", conclut-il avant de demander: "On a fini? Je dois vraiment y aller." Oui, Damien, on a terminé. Et on te souhaite bon été.

ooo

Trip à sept: Damien Robitaille and friends au Festival franco-ontarien

Pour son énième présence à la programmation du Festival franco-ontarien, Damien Robitalle s’est vu confier le mandat de monter un spectacle-célébration selon ses voeux, entouré de l’équipe qu’il voulait. Ainsi, il a fait appel à des potes. Comme Radio Radio, trio avec qui il a interprété Deckshoo à l’émission radio-canadienne de Christiane Charrette un peu plus tôt dans l’année, "un p’tit moment de magie", d’après le crooner. "Ça faisait longtemps que je voulais travailler avec eux."

Aussi, ce sont deux femmes qui viendront compléter le portrait. Premièrement, il lui fallait quelqu’un pour assurer le côté "folkie et féminin". Marie-Pierre Arthur remplit bien cette description: "C’qu’elle fait, c’est excellent." Puis, Robitaille voulait un nom "plus gros que le sien". Il a donc fait appel à Ariane Moffatt. "Son dernier disque [Tous les sens], il est excellent. J’pense que ça va intéresser les gens."

Damien affirme être conscient qu’il vient de mettre les bons ingrédients pour faire de ce concert spécial un party. Ce qui tombe bien pour le bougre, qui termine en disant: "Je suis un gars de fête, mais j’ai pas le temps de fêter."

À écouter si vous aimez /
Tom Jones, Jean-Pierre Ferland, le brun


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