Après 16 ans de carrière et cinq albums punk ravageurs, Vulgaires Machins range la distorsion et sort un disque acoustique.

Voilà des lunes qu’on achale Vulgaires Machins avec l’enregistrement d’un album acoustique. En 2003, au plus fort de la vague Aimer le mal, paru quelques mois plus tôt, j’animais Les lundis whisky sur les ondes de CISM, une émission de prestations unplugged et de calage de Jack. C’est à peine si je n’avais pas lancé le projet spécialement pour un éventuel face à face avec le groupe punk. Or, la réponse du chanteur et guitariste Guillaume Beauregard était sans équivoque. "C’t'une bonne idée, mais non", me disait-il avec son sourire en coin, comme pour adoucir son refus.

Huit ans plus tard, Les lundis whisky n’existent plus, Guillaume a toujours son sourire en coin lorsque vient le temps de marcher à contre-courant, et Vulgaires Machins lance cette semaine son premier album homonyme, un disque acoustique. "Il fallait avoir atteint un stade dans notre carrière pour penser faire un album unplugged. À l’époque d’Aimer le mal, tout restait à faire. Nous étions encore en quête d’identité, en plein développement. Les idées se bousculaient dans nos têtes, et nous avions encore trop de choses à dire pour revisiter nos pièces."

Avec du recul, la parution de Compter les corps, en 2006, donne raison au musicien, puisqu’elle a marqué une évolution majeure dans le son du groupe renforcé par l’arrivée du réalisateur Gus Van Go. Le combo a ensuite trouvé son rythme de croisière avec Requiem pour les sourds (2010), un équilibre lui permettant aujourd’hui de souffler l’instant d’une production acoustique. "On essaie de faire en sorte que la phase de développement ne s’arrête jamais, et à ce stade-ci, ça passe par lancer un disque acoustique."

Si on exclut les trois titres inédits inclus sur le compact, la moitié des chansons reprises par la formation proviennent d’Aimer le mal: Triple meurtre et suicide raté, la superbe A, Aimer le mal et la plus obscure Personne n’a raison. "Celle-là, on l’a choisie parce que, justement, on trouvait qu’elle n’avait pas été appréciée à sa juste valeur. Vous n’avez pas compris la première fois? On va recommencer", lance Guillaume, sourire en coin.

"Même si on a passé beaucoup de temps à fouiller notre répertoire avant de sélectionner les chansons, il était généralement facile de les adapter, parce qu’au fond, le punk, c’est comme du country rapide avec de la distorsion. Sans compter que la majorité de nos compositions naissent d’abord sur une guitare acoustique."

Si Guillaume fait référence au country, c’est qu’une partie de l’album semble effectivement influencée par le style de Johnny Cash, dont Et même si, une nouvelle chanson autobiographique savoureuse. Mais il y a plus, l’utilisation sans réserve de réverbération évoque Jesus and Mary Chain sur Les gens de l’Occident. Je m’appelle Guillaume prend une tournure plus solennelle avec ses nappes d’orgues. "Au moment d’arriver au studio de Gus, nous avions sélectionné les chansons, mais nous ignorions comment elles se transformeraient. C’était magique de voir comment une pièce jouée guitares-voix le matin pouvait s’être considérablement transformée en fin de journée. On s’est surpris et c’est l’important."

Le groupe défendra l’album sur les scènes du Québec l’hiver prochain.

Vulgaires Machins
Vulgaires Machins
(Indica)
Offert en format numérique
Sortie physique le 13 septembre

À écouter si vous aimez /
Les textes engagés, la gratte sèche, les exercices de style

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