À la veille de deux concerts montréalais, Adam Cohen nous reçoit dans la résidence montréalaise de son illustre père auquel il rend hommage sur son nouvel album, Like a Man.

Matin de tempête sur Montréal. La minuscule rue Vallières située entre Rachel et Marie-Anne, à l’angle du boulevard Saint-Laurent, est embourbée. On s’y stationne en oblique. Depuis le temps qu’on s’imagine toutes sortes d’histoires au sujet de cette maison, y être invité est presque gênant. "J’espère que la neige ne vous a pas trop incommodé?" Adam Cohen est gentil de s’en inquiéter, mais jamais la neige n’aurait compromis le rendez-vous.

"C’est sur cette chaise que j’ai embrassé une fille pour la première fois", dit-il en pointant un meuble du salon. La vieille chaise en bois n’a pas bougé depuis des années, un peu comme tout ce qui se trouve dans la maison d’ailleurs. Que de vieux meubles en bois bien simples, comme ceux qu’on trouve dans les brocantes et les sous-sols d’église. "On n’est pas très matérialiste dans cette famille. On est à la recherche de stabilité. Le changement domestique ne nous plaît pas trop", explique Adam. Seule la cuisinière jure avec son revêtement en inox: "La vieille a récemment rendu l’âme…" Même la télévision date d’une autre époque avec son lecteur VHS intégré. L’endroit est à faire pleurer un voleur. Peut-être partirait-il seulement avec cette toile de Leonard Cohen dans l’entrée ou l’un des trophées de forme atypique qu’on lui a remis.

Si Adam Cohen nous a ouvert les portes de cette résidence la plupart du temps inoccupée, son père et lui habitant Los Angeles, c’est que son nouvel album Like a Man est en lien direct avec le patrimoine du paternel. Après trois essais de pop commerciale plutôt soporifique (deux albums sous son nom et un avec son ancien groupe Low Millions), le jeune Cohen est rentré au bercail avec Like a Man, reprenant le flambeau familial avec ses propres compositions folk, dépouillées et introspectives. Les multiples références au père (du chapeau sur la pochette aux inflexions vocales, en passant par le finger picking) sont assumées, voulues.

"Au début de ma carrière, il était impossible pour moi de me rapprocher du style de mon père. Ce n’était même pas par rébellion. C’était plus arrogant et myopique qu’une rébellion. C’était pour avoir du succès. Je sentais que je le devais au business qui m’entourait. Je sentais que, parce que la musique m’était venue facilement, je devais satisfaire des critères commerciaux en me disant que l’art me rattraperait un jour."

Puis, à force d’échecs artistiques et de leçons d’humilité, Cohen a fini par prendre le dessus sur Adam. "J’ai vécu une désillusion commandant deux choses: l’abandon ou la sobriété. J’ai opté pour la deuxième. Le retour triomphal de mon père m’a aussi fortement inspiré. Ça et le fait de devenir père moi-même. Avec ce disque, je veux honorer mon nom de famille et montrer que je possède les clés de l’entreprise familiale.

"Toute ma vie, j’ai eu accès au maître. C’est lui qui m’a appris à chanter, à composer. "T’es certain de vouloir utiliser cet adjectif? Tu sais que si tu transposes ton texte au présent, ta chanson sera meilleure?" Ce disque, je l’ai fait pour enfin être bon."


Partagez cette page

+ SUR LE MÊME SUJET : 

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Blogues des partenaires

+ Blogues →

Concours

  • Thus : Owls

    À gagner, 1 des 2 paires de billets pour le spectacle "Thus : Owls" le vendredi 10 octobre prochain à la Maison de la culture Maisonneuve à 20h.

  • Mozart et Malher, Visions célestes

    À gagner, 1 des 2 paires de billets pour le spectacle "Mozart et Malher, Visions célestes" à la salle Oscar-Peterson de l'Université Concordia le 23 octobre prochain à 19h30.

+ Concours →