Le quatuor montréalais Les Revenants étreint la tradition pour mieux s’en distancier.

Jimmy Beaudoin, charismatique chanteur et guitariste des Revenants, fait une pause durant l’une des deux répétitions hebdomadaires du groupe. Il est loquace, de bonne humeur, et ce n’est pas juste parce que ces répèt’s sont entrecoupées d’un souper bien arrosé: Bêtes lumineuses, premier album du quatuor, est enfin prêt à être lancé. Le musicien a le sentiment du devoir accompli.

Countrybilly-surf noir à la fois épuré et atmosphérique, toutes guitares dehors, aux mélodies fortes… Je lui signale que ce Bêtes lumineuses fait pleinement honneur aux prestations données depuis deux ans. Il confirme que c’était le but, soulignant au passage le travail militaire, quoique empreint de détours créatifs, avec Jocelyn Gagné des Breastfeeders à la coréalisation et Ryan Battistuzzi au mixage.

Pour l’auditeur, l’opus est enfin l’occasion de mieux apprécier les talents de conteur de Beaudoin, fan des grandes voix country et folk d’ici comme d’ailleurs. "C’est 50-50, commente-t-il. Au Québec, on a une superbe culture qui vient des boîtes à chansons. Des enfants bâtards de Félix Leclerc qui racontent des histoires avec une instrumentation souvent à l’arrière-plan. En ce qui nous concerne, on pense gagner dans les deux sphères… On a la musique, mais les mots et les histoires sont là."

D’où viennent ces contes fantasques? "C’est comme un album de mue. C’est un album de gars qui perdent leur vieille peau. Ce sont de vieilles obsessions dont on se débarrasse. L’auto-stoppeuse, c’est un gars qui parle tout seul pour rester éveillé. C’est basé sur les histoires qu’on se racontait sur la route avec Les Prostiputes (combo garage-punk dont il a fait partie) pour tenir le coup durant les trajets de nuit. Bêtes lumineuses parle de ce qu’on est prêt à sacrifier, à accrocher sur un mur pour atteindre l’inspiration… À l’oreille parle de recherche d’identité, de perte d’un patrimoine… Ce sont des réflexions et, chez moi, c’est souvent sous forme d’histoires que ça s’exprime."

Affaire rétro, Les Revenants? Beaudoin s’en défend bien. "C’est extrêmement normal qu’on ait cette impression quand on voit une contrebasse et qu’on entend la réverbération. On s’inscrit dans un folklore. Mais quand on écoute l’album, on comprend que ce sont des chansons qui sont livrées là-dessus, pas un style. C’est basé sur une musique de tradition, mais l’idée est de la  »twister », de trouver des manières de l’adapter et de parler de choses qui sont pertinentes maintenant."

Les Revenants
Bêtes lumineuses
(C4)
En vente le 7 février

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