Installé au Québec depuis plus d’un an, Daran lance L’homme dont les bras sont des branches et critique vertement la scène musicale française.

Règle générale, un vent de suspicion se lève lorsqu’un artiste révèle tout haut son amour pour son public. Cela est sans doute dû à nos références: La Poune, Michèle Richard, Marie-Mai. Pour ne pas que cet amour, bien que réciproque, dilue l’importance qu’on accorde à la musique dudit artiste, ce pourquoi on devrait l’aimer à la base, il doit être plus que sincère. Il se doit d’être appuyé par des gestes concrets et s’inscrire dans une oeuvre nourrissante d’un strict point de vue musical.

Voilà pourquoi on le croit, Daran, lorsqu’il explique s’être s’installé au Québec à cause de son affection pour la Belle Province. Bien sûr, Voir a un parti pris. De l’aveu même du Français, les pages musique de l’hebdomadaire, alors pilotées par Laurent Saulnier, ont joué un rôle majeur dans l’union Québec-Daran dès 1993. Mais comment voulez-vous douter de la sincérité d’un chanteur qui a vendu sa maison en Bretagne, bord de mer de mer inclus, et quitté un marché de 120 millions d’oreilles pour atterrir dans un bled presque dix fois moins peuplé?

"Parfois, on fait des choix qualitatifs et non quantitatifs, explique-t-il. L’idée était de prendre tous les morceaux du puzzle et de les lancer dans les airs pour voir comment ils retomberaient. Beaucoup de choses naissent de la mise en danger, et j’en avais marre de la France. Le milieu musical français est sclérosé. Les maisons de disques sont en panique et bloquées dans tous les sens du terme. Les artistes sont surprotégés et la scène vit décalée de la réalité. D’ailleurs, outre le volet électro qui est intéressant, la France n’est pas génératrice de nouveautés musicales. Au Québec, on peut encore entrer dans un bar et voir un bon groupe live pour le prix d’une bière."

C’est d’ailleurs ce qu’a fait le chanteur en débarquant sur le Plateau en octobre 2010: la tournée des petits bars dans le but de dénicher des musiciens avec qui partir en tournée et enregistrer L’homme dont les bras sont des branches (HDBB). "J’ai d’abord repéré André Papanicolaou lors d’un 5 à 7-lancement d’une chanteuse dont j’ai oublié le nom. J’adorais ce qu’il faisait entre les morceaux. Pendant qu’elle parlait aux gens, André était agenouillé devant ses pédales d’effets et jouait abondamment avec ses textures de guitare. Je lui ai demandé où je pouvais le voir jouer davantage. Il m’a donné rendez-vous au Verre bouteille où il se produisait avec Éric Goulet. J’ai alors découvert le batteur Marc Chartrain qui m’a ensuite présenté à son frère bassiste, Guillaume Chartrain."

Après une tournée estivale passant autant par les Cantons-de-l’Est que les Îles-de-la-Madeleine, le quatuor s’est arrêté pour enregistrer HDBB en octobre dernier. "En arrivant au Québec, j’avais déjà des maquettes élaborées sous le bras. Mais lorsque j’ai réalisé à quel talent j’avais affaire, j’ai plutôt remis aux musiciens des démos guitare/voix pour qu’ils se sentent impliqués et aient la possibilité d’influencer le son de l’album."

Ramenant Daran au coeur d’un univers rock sans compromis ponctué de riches ballades plus sombres, HDBB est financé à 100% par le chanteur qui lance aussi à compte d’auteur Aller simple pour Montréal, un livre de photos, pensées et témoignages consacrés à son arrivée au pays. "Il fallait bien que l’argent de la vente de ma maison en Bretagne serve à quelque chose", blague le plus français des chanteurs québécois.

Daran
L’homme dont les bras sont des branches
(Indépendant / Select)
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