Quinze ans après sa création, Constellation Records résiste encore et toujours aux conventions de l’industrie. Rencontre avec le cofondateur Ian Ilavsky.

En ces jours suivant le Gala de l’ADISQ, le statut d’OVNI du label montréalais brille de mille feux. Alors que l’indépendance – la philosophie artistique – est devenue l’"indie", une étiquette, voire un marché, pour qualifier des artistes n’adhérant pas toujours aux dogmes du "fais-le toi-même", Constellation Records innove… en se cantonnant toujours aussi près des principes entourant sa création en 1997, et ce, malgré la crise du disque.

"De nos jours, de plus en plus de labels vont "voir ailleurs" pour monnayer leurs activités: ils misent sur le licensing, la gérance d’artistes, etc. Nous, ça ne nous intéresse pas. On se contente de faire notre boulot: faire de beaux disques et les distribuer au sein d’un réseau aussi fiable qu’indépendant, et je ne crois pas qu’on ait fait de compromis de ce côté-là depuis", tranche le cofondateur Ian Ilavsky avant de nuancer, à peine, ses propos: "En fait, je crois que le plus gros changement qu’on ait apporté à l’étiquette au fil des dernières années, c’est de finalement fournir notre catalogue en version mp3!"

Fondé en réaction à une scène culturelle qui ne répondait pas encore aux besoins d’Ilavsky, de son collègue Don Wilkie et de leurs copains musiciens, Constellation est un label qui voulait ratisser large dans le domaine de la musique indépendante et expérimentale. "À l’époque, on nous collait l’étiquette de post-rock et c’est justement ce qu’on voulait éviter: devenir une espèce de fleuron pour un genre particulier, alors que nous avons des goûts plutôt variés", explique Ilavsky.

Ainsi, selon le cofondateur de la maison de disques, le point commun entre les Godspeed You! Black Emperor, Esmerine et autres Colin Stetson serait plus philosophique que musical. "Ça peut paraître un peu cliché, mais, à la base, nous sommes à la recherche de musique faite de façon passionnée et honnête, peu importe le genre. On préfère la soutenabilité à la croissance à tout prix, et je crois que les projets qui adhèrent à notre label ont aussi ces principes à coeur, d’où le fait que GY!BE a refusé un paquet d’offres qui allaient à l’encontre de ses politiques ou de sa culture, mais qui auraient fait mousser ses ventes ou créé de nouvelles sources de revenus pour le groupe."

Mieux encore, on peut dire que le pari – fort périlleux – de Constellation Records est relevé avec brio alors que l’étiquette souligne cette année son 15e anniversaire et, selon Ilavsky, se porte plutôt bien. Le plus incroyable demeure le fait que le label ne pourra souligner l’événement de façon locale que l’année prochaine. "Certains de nos artistes remportent un tel succès à l’étranger qu’il sera impossible de les rapatrier pour une fête avant 2013", conclut le cofondateur, pas peu fier.

En attendant l’événement prévu l’année prochaine, le concert d’Esmerine au MACM, le 2 novembre, se veut aussi un clin d’oeil au 15e anniversaire de l’étiquette. Information: www.cstrecords.com.

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