Julie Doiron se dévoile autant sur scène que sur son plus récent disque, So Many Days.

Véritable première dame du rock indé canadien, Julie Doiron revient de loin, à l’entendre parler de la genèse de son nouvel album. «Je ne sais pas pourquoi je me sentais comme ça», mentionne l’ex-membre du groupe culte Eric’s Trip, d’une voix douce, en abordant notamment les paroles de chansons comme Another Second Chance et Can’t Make It No More, où Doiron s’étend sur ses idées noires sans retenue. «Je me sentais comme ça jusqu’à tout récemment, en fait. Je ne sais pas trop ce qui se passait au juste, mais pour la première fois de ma vie, je me sentais comme si j’étais en dépression.» Plus tard, l’auteure-compositrice-interprète glissera: «Auparavant, je ne croyais pas que ça pouvait me toucher, mais au cours des dernières années, il m’est arrivé de me sentir ainsi pendant quelques jours, d’avoir de la difficulté à retrouver la paix intérieure, et j’ai écrit quelques pièces alors que je n’étais vraiment pas à mon meilleur!»

L’œuvre a donc été réalisée en toute intimité, à quatre mains avec son ex-amoureux et partenaire au sein d’Eric’s Trip, Rick White, qui l’a aussi épaulée sur ses CD Woke Myself Up et I Can Wonder What You Did with Your Day. «Il s’est impliqué davantage sur ce disque», commentera la chanteuse. «I Can Wonder… impliquait aussi Rick et Fred Squire alors que tous les membres d’Eric’s Trip m’ont accompagnée sur Woke Myself Up.» Bien que le gravé soit bel et bien signé Julie Doiron, celle-ci considère cet opus comme un projet commun. «Sans Rick, ça aurait donné un album complètement différent! C’est vraiment le fruit d’une collaboration entre nous deux.»

Entre passion et stabilité

Il faut dire que 2012 n’aura pas été tendre, selon les dires de la principale intéressée. Malgré le statut très enviable de l’artiste – elle a gagné un JUNO en 2000 pour son album Julie Doiron and the Wooden Stars en plus de se retrouver parmi les finalistes du prix Polaris en 2007 pour Woke Myself Up –, elle n’échappe pas à la présente crise du disque. «Je fais ce métier depuis un moment et j’ai commencé à me poser des questions et à envisager de me trouver un nouvel emploi, parce qu’il m’arrive donc de souhaiter quelque chose de plus stable!»

Bon temps, mauvais temps, Doiron tient toutefois le cap en poursuivant sa carrière tout en collaborant avec d’autres musiciens inspirants (dont Gord Downie, chanteur du groupe The Tragically Hip, qu’elle accompagne sur son projet solo.) «Ça m’abreuve, en fait», explique-t-elle. «Il peut arriver, par moments, qu’on perde cette passion. Il m’arrive de ne pas me sentir inspirée, de me demander pourquoi je continue – ça fait quand même 20 ans que je fais carrière – et les collaborations le fun avec des gens qui adorent faire de la musique, ça me recharge!»

Justement, la chanteuse consacrera une bonne partie de 2013 à son projet solo, bien sûr, mais aussi à la composition et à l’enregistrement de nouvelles pièces au sein de Julie Doiron & the Wrong Guys, un quatuor où on retrouve notamment deux membres du groupe hardcore Cancer Bats. «Le disque devrait sortir en 2014. J’adore jouer avec eux. C’est un groupe qui est vraiment, vraiment rock. Ce n’est vraiment pas comme So Many Days!» conclut-elle en riant.


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