Oui, ils sont une trâlée à faire dans le country-folk ces temps-ci. Pour voler au-dessus de la mêlée, les Lazy Lovers tentent de jouer leurs cartes différemment; et les résultats se révèlent on ne peut plus convaincants.

Peut-on tomber dans le country comme Astérix est tombé dans la potion magique? Ce ne serait pas le cas pour Amélie Geoffroy, chanteuse au sein des Lazy Lovers, quintette au country exponentiel: «En fait, pendant mon adolescence, j’ai souvent dit que j’aimais tous les genres de musique sauf le country. C’est avec le temps que j’ai compris que cette haine n’était en fait qu’un amour profond pour le genre.»

Les Lazy Lovers se sont formés quand Geoffroy et «l’ami d’un ami», David Tougas (guitares et voix), ont fait connaissance, il y a quelques années de ça. «On avait des intérêts communs, outre le country. Moi, j’apportais plus le côté folk; lui avait le country, le rock et même le western.»

À eux se sont ajoutés Olivier Houde (guitares, banjo, lapsteel, voix), Daniel Moranville (contrebasse et voix) et Jonathan Lafrance (batterie et voix).

Le nouveau New country

Comment expliquer la résurgence du genre? Serait-ce toute une génération qui serait maintenant prête à passer par-dessus les pires moments de Shania Twain, Garth Brooks et l’époque quétaine pré-American de Johnny Cash, pour finalement faire une grosse colle à la musique que nos parents et grands-parents écoutaient? «Je sais pas, affirme Geoffroy en riant. Pour ma part, on m’appelait Willie quand j’étais petite parce que je tripais sur Willie Lamothe.»

Olivier: «C’est sûr qu’on a grandi avec une vision du country vraiment moche, avec des chanteurs ayant tous la même voix et la même slide guitar en background.»

«Je suis un fan des trucs un peu hybrides. On touche à tout ce qui a un peu de country; nos chansons les plus récentes, par exemple, ont beaucoup plus des couleurs 50s rockabilly que country. C’est ce qui me plaît, de jouer sur plusieurs tableaux à la fois. Le countrybilly.»

Tenant compte de cette volonté d’éclectisme rock’n’roll, des accointances se dresseront facilement pour le mélomane entre les Lovers et feu la formation gatinoise Tracteur Jack, dans laquelle Houde a œuvré quelque temps, d’ailleurs. «Je te dirais qu’il y avait un peu des Lazy Lovers dans le tracteur, comme je faisais partie du band avant de faire partie de Tracteur Jack.» 

Lancé en mai dernier, le second maxi des Lovers, réalisé par Sunny Duval – «un ami de longue date du band», explique Geoffroy –, présentait deux pièces dans la langue de Molière. «Récemment, on a décidé de faire le switch, de faire des chansons majoritairement en français. On s’est dit qu’il y avait peu de bands au Québec et qu’on aimerait beaucoup investiguer dans ce créneau-là.»

Si les prochaines semaines seront occupées à un projet – «dont on ne peut parler à ce point-ci», soutient mystérieusement Houde – qui risque de leur donner une visibilité panquébécoise, la troupe des Lovers bosse à un nouvel album dont la sortie serait prévue pour l’été. «Pour ces nouvelles pièces, on est beaucoup plus rock; on veut faire danser les gens. Aussi, on est dans le doo-wop, et on joue beaucoup avec les harmonies à cinq. Disons que c’est beaucoup plus de travail», affirme la chanteuse en riant.

Houde conclut: «On fait des répétitions seulement pour placer nos voix. Ces jours-ci sont consacrés à miser sur ce que l’on fait de bien.»


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