Chantre de Parton et de Cash, la chanteuse country folk Lindi Ortega inscrit à nouveau Montréal sur le trajet d’une nouvelle tournée pour son album Cigarettes & Truckstops.

Bien qu’installée depuis 2011 à Nashville, c’est dans son Toronto natal qu’Ortega a fait ses classes. Enchaînant les parutions indépendantes de 2000 à 2008, l’auteure-compositrice-interprète ténébreuse flirtera avec l’étiquette Cherrytree (un label qui se spécialise aujourd’hui dans la dance pop à la LMFAO) avant de s’entendre avec Last Gang Records (DFA 1979, K-OS, etc.) où ses deux premiers CD – Little Red Boots et Cigarettes & Truckstops – se sont retrouvés parmi les finalistes dans la catégorie Album traditionnel aux Juno ainsi que sur la longue liste du prix Polaris. «Je crois que j’avais aussi besoin de changer de paysage», note l’artiste en abordant son déménagement. «J’avais pas mal fait le tour des salles de spectacles de Toronto accueillant mon genre de prédilection, et comme la plupart de mes artistes préférés – Waylon Jennings, par exemple – sont passés par là, je me suis dit qu’il y aurait sûrement plus de possibilités pour moi à Nashville.»

Alors que Little Red Boots – un disque baptisé ainsi en l’honneur de Kevin Costner (on y reviendra) – se voulait une œuvre lumineuse (d’où les comparaisons avec Dolly Parton), Cigarettes & Truckstops surprend par sa pénombre. «Le disque a notamment été inspiré par cette biographie d’Hank Williams que je lisais à l’époque, se rappelle la chanteuse. On y abordait, entre autres, l’influence du blues sur le country. C’est en écoutant des disques des artistes blues mentionnés dans le bouquin que j’ai remarqué que ces vieilles chansons déteignaient sur mon écriture, mais aussi sur mes mélodies.»

Côté cour, côté punk rock

Bien que ses albums aient été accueillis favorablement par la critique, c’est sous les feux qu’Ortega se distingue particulièrement. En plus d’avoir accompagné Brandon Flowers dans sa tournée solo, la chanteuse a joué en première partie de Kevin Costner et son groupe americana Modern West. «La tournée avec Costner m’aura notamment permis de percer plus loin aux États-Unis, dans le Midwest notamment, où je n’avais jamais joué auparavant, dont le Surf Ballroom de Clear Lake, la salle où Buddy Holly, le Big Bopper et Ritchie Valens ont joué leur dernier concert! Et c’est aussi lors de cette tournée que je me suis offert les little red boots que je porte sur scène.» Lorsqu’elle aborde une série de spectacles en compagnie de la formation punk rock culte Social Distortion, toutefois, Ortega conclut en se faisant plus solennelle. «Ces concerts auront été aussi surprenants qu’ardus. De prime abord, je me sentais un peu intimidée à l’idée de faire la première partie d’un groupe punk rock, et c’est là que j’ai constaté que quand on monte sur scène par conviction et avec franchise, le public le remarque et est plus ouvert. Je retiens aussi que le monde du punk rock aime autant Johnny Cash que celui du country. Ainsi, il arrivait que je termine ma prestation avec une reprise de Cash… ce qui n’empêchait pas Social D d’en faire autant!» 

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