Quatre ans après Invisible Violence et moult aléas, We Are Wolves réplique avec une œuvre aussi brutale que… philosophique.

Un nouveau batteur, des jumeaux, des rénovations… Les gars du trio rock We Are Wolves reviennent de loin et leur album La Mort Pop Club en témoigne. «On s’est donné le temps de bien le faire», affirme le claviériste Vincent Lévesque. «On avait un bon bout de fait… puis on a décidé de retourner en studio pour enregistrer de nouvelles chansons.» L’exercice aura également permis aux membres fondateurs – Lévesque ainsi que le chanteur et guitariste Alexander Ortiz – d’inculquer les principes lupins à leur dernière recrue – Pierre-Luc Bégin, aperçu auparavant au sein du groupe pop rock psychédélique Polipe –, en plus d’en apprendre un peu plus sur leur propre projet par la bande. 

Un (nouveau) loup dans la bergerie

Tout d’abord recruté pour terminer la tournée Invisible Violence, Bégin s’est approprié rapidement les us et coutumes de la tribu active depuis 2000. «J’aimais bien leur vision et c’était plus facile de m’y adapter que ça ne l’aurait été au sein d’un nouveau band qui se cherche, qui ne sait pas trop où il veut en venir et où je n’aurais pas trop su comment servir le son. La direction était claire», se rappelle-t-il. Et Ortiz de répliquer: «C’est quand même drôle. Pour lui, la direction était claire alors que pour nous, elle ne l’était pas tant que ça!» Plus tard, Alexander confiera qu’à l’interne, le son de We Are Wolves demeurait quand même ambigu pour les loups fondateurs. «Alors que bien des gens de l’extérieur ont une idée quand même particulière de notre musique, nous, c’est en expliquant à Pierre-Luc ce qu’on attendait de lui qu’on a réalisé ce qu’on voulait et comment on sonnait.» Une moksha qui aura été de courte durée, par contre…

Philosophie brutale 

Le style singulier de Bégin – «bien à lui, mais qui évoque aussi The Who et d’autres bands rock ou prog», notera Ortiz au passage – tout comme les inspirations et aspirations courantes de ses deux compères ont contribué à l’aura distinctive projetée par La Mort Pop Club, sûrement une des œuvres les plus brutales de la troupe. «Je dirais même que le band n’a jamais été aussi heavy», affirme Lévesque, confiant. Ortiz – qui s’est avoué particulièrement interloqué par le corpus du philosophe allemand Heidegger, un des pères fondateurs de l’herméneutique moderne, lors de la création du jalon – abonde dans le même sens avec tout le bagout qu’on lui connaît. «Pour moi, La Mort Pop Club, c’est aussi l’inquiétude et l’angoisse de la mort, c’est se débarrasser de sa jeunesse, passer à une autre étape et faire face à soi-même. Putain! À l’âge que j’ai et avec la famille que j’ai, je suis toujours un rockeur, pis plutôt que de me mettre à jouer des ‘tites tounes à la guitare sèche ou encore à composer de la musique de mon âge ou un peu plus intellectuelle et mature, on revient avec un disque où on se défonce, un disque beaucoup plus intense que les précédents!» 

«Guerriers de la route» et autres étiquettes 

Au fil des années, bon nombre d’étiquettes se sont retrouvées scotchées au pelage de We Are Wolves. Bien que le trio se rebiffe à la mention du statut de «vétérans» – «nous, on fait ce qu’on a à faire et on ne s’est jamais considérés ainsi», tranchera Lévesque –, la réputation de «guerriers de la route», elle, demeure, et le groupe devra lui faire honneur à nouveau alors que son calendrier de spectacles prend forme… pour le meilleur comme pour le pire. «Repartir sur la route amène beaucoup d’angoisses, mais en même temps, on sait que c’est nécessaire», confie Alex. «Le fait d’être musicien m’aura également permis d’être avec mes enfants constamment pendant les 18 premiers mois de leur vie. La tournée, c’est aussi un mode de pensée assez particulier. C’est épuisant, c’est déchirant, c’est se donner entièrement chaque soir puis se reprendre en main le lendemain pour recommencer… mais je suis prêt à affronter tout ça… en tant que guerrier, tsé!» Et Vincent de conclure, sourire en coin: «Bon. Ça va devenir le nouveau “vétérans de la scène locale”, ça!»

La Mort Pop Club 

(Dare To Care Records)

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