Animal Collective se ramène à Montréal avec Centipede Hz sous la patte, une œuvre justement conçue pour la scène.

Les attentes étaient particulièrement élevées pour la troupe indie rock expérimentale. Après tout, son plus récent jalon – Merriweather Post Pavilion, paru en 2009 – est celui qui a reçu le plus d’accolades de toute la discographie du projet (une moyenne de 89 %, selon l’agrégateur de critiques Metacritic.com). Bien sûr, Animal Collective était bien conscient que l’expectative serait particulièrement considérable envers la suite des choses. «Je ne saurais dire pour les autres membres, mais en ce qui me concerne, je ne peux pas jouer la carte de l’ignorance», lancera d’ailleurs Noah «Panda Bear» Lennox.

Malgré toute l’effervescence entourant ce dixième album, dévoilé en septembre dernier par le trio redevenu quatuor – Josh «Deakin» Dibb, absent de la formation depuis 2007, est revenu à temps pour la production de ce CD –, les animaux ont fait à leur tête en enregistrant une œuvre presque aux antipodes de la précédente… pour le meilleur et pour le pire. «Moi-même, je ne peux pas quantifier ces disques», tranche Lennox en faisant référence à l’accueil tantôt positif, tantôt mitigé réservé à Centipede Hz. «Aucun des deux n’est “meilleur” ou “pire” que l’autre, ils sont tout simplement différents», justifie-t-il avant de miser sur les bienfaits du nouveau pelage de la bête: des prestations plus entraînantes des deux côtés de la salle de spectacle. 

Un zoo, la nuit

«En fait, on savait surtout ce qu’on ne voulait pas faire», poursuit Panda Bear en faisant référence à l’abondance de bidouillages sur leur album précédent et la tournée qui a suivi, notamment. «On s’est dit qu’on allait revenir avec un disque où l’on se servirait davantage de nos dix doigts, une œuvre résolument axée sur la performance; un truc plus intense et viscéral, finalement. C’était ça, notre point de départ.» Ainsi, bien que la nouvelle offrande ne fasse pas l’unanimité, elle donne lieu à des concerts plus musclés. «Ce sont sûrement les pièces qui passent le mieux l’épreuve de la scène parmi tout ce qu’on a enregistré depuis nos débuts, car elles ont été envisagées en fonction de celle-ci», révèle Noah avant de glisser qu’«avec la singularité de notre répertoire – qui fait qu’on dirait que chaque spectateur a sa chanson préférée et s’énerve donc à un moment particulier du concert, tout dépendant de si et quand on jouera sa pièce –, je crois bien qu’on a monté un show particulièrement efficace cette fois-ci.» 

Retour au bercail

En plus de justifier une nouvelle tournée plus énergique, l’enregistrement de Centipede Hz aura aussi permis à certains membres du projet de renouer avec leurs racines, alors que les musiciens se sont retrouvés à Baltimore, lieu de naissance du groupe, pour écrire les pièces. Pour Lennox, qui habite Lisbonne depuis quelques années, l’expérience était particulièrement touchante. «Auparavant, je voyais cette ville comme un ado de 14 ans. Là, j’y étais de retour, mais à titre de parent. C’était quand même bizarre d’accompagner mes enfants à l’école quand mon souvenir le plus vif de cet établissement, c’était lorsque mes propres parents m’y déposaient! C’était un changement de paradigme tellement soudain que ça m’était surréaliste par moments!» 

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