Une première pour The Besnard Lakes: une œuvre (un peu) moins sombre.

À quelques jours du lancement du quatrième album de la formation rock psychédélique montréalaise The Besnard Lakes, on s’attendait à retrouver le quatuor en pleine répétition aux studios Breakglass, propriété de Jace Lasek. Et pourtant, c’est à la barre de sa console qu’on rencontrera le chanteur et guitariste. «C’est une grosse journée aujourd’hui», soupire-t-il, expliquant qu’il est en train de mixer des pièces enregistrées le matin même par un groupe torontois. Lorsqu’on lui demande qui est derrière le tintamarre provenant de l’espace d’enregistrement, l’hirsute réalisateur hausse les épaules. «Je crois que c’est un groupe de Montréal. C’est un de mes collègues qui s’occupe de ceux-là!»

La confiance règne donc au sein du collectif qui revient triomphant de la foire SXSW – Rolling Stone a glissé le groupe dans sa liste des 20 projets musicaux à y voir –, en plus de déjà compter sur des critiques fort positives. «Oui, j’ai lu ça! Ça nous a enlevé tout un poids des épaules! Comme Olga et les gars sont très fiers de ce disque, je me demandais si les gens allaient l’aimer autant ou, pire encore, si on allait nous qualifier de “dépassés”. De mon côté, j’étais plus sur mes gardes – à force de travailler sur ce disque, enfermé ici, j’ai rapidement perdu le fil – et, Dieu merci, les critiques sont bonnes!», lance-t-il, bien affalé sur sa chaise de travail.

Histoire de deuil

La création de l’album, elle, n’aura toutefois pas été une sinécure. Until in Excess, Imperceptible UFO aura notamment été affecté par la perte du père d’Olga Goreas, coconspiratrice et amoureuse de Lasek. «Certaines chansons demeurent émouvantes lorsqu’on les interprète sur scène, tout particulièrement 46 Satires qui aborde ce décès de plein fouet.» Puis une pause, il esquisse un sourire et ajoute: «Mais après des années à “faire semblant” d’être un groupe plutôt “sombre”, une œuvre qui se voulait vraiment triste s’est finalement avérée être le disque le plus optimiste de notre carrière!»

Montrer la langue

Plus tôt cette année, Jace Lasek se retrouvait au générique du documentaire From Montréal qui abordait, notamment, les relations entre artistes francophones et anglophones. Alors que la thématique, en apparence anodine (tous les musiciens interrogés disaient s’entendre, peu importe la langue de prédilection), est revenue sur la place publique à l’emporte-pièce, le guitariste n’en démord pas. «Ça ne m’affecte pas. Nous vivons dans une bulle, mes collègues et moi… quoique je travaille toujours mon français. J’ai téléchargé une application expressément pour ça!» Tout comme lorsqu’on mentionne la réputation internationale de sa formation – gonflée de la présence de l’ex-Wolf Parade Spencer Krug et de Sarah Pagé des Barr Brothers sur ce nouveau jalon –, Lasek demeure imperturbable, voire philosophe. «C’est pour ça qu’on se surnomme “The Dark Horse”, nous sommes pas mal le dernier groupe à s’être fait coller l’étiquette du “son montréalais”.» Des années plus tard, par contre, ces chevaux auront pris les devants.

Until in Excess, Imperceptible UFO

(Jagjaguwar)


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