À l’émission, ce dimanche

16 mars 2012 15h11 · Normand Baillargeon

À Dessine-moi un dimanche, animé par Franco Nuovo sur les ondes de Radio-Canada,  ce dimanche, vers 9 heures:

  • Xavier Brouillette parlera du droit de grève, ceci dans le contexte où  le gouvernement Harper a imposé la loi C-33 qui  interdit toute grève chez Air Canada, où la CAQ a recommandé d’enlever le droit de grève aux éducatrices en CPE et où des éditorialistes ont remis en question critiquer l’idée même du « droit de grève » étudiant.
  • Je toucherai de mon côté un mot de la signification de la grève chez les anarcho-syndicalistes et évoquerai, si le temps le permet, la figure de Fernand Pelloutier.
  • J’ai lu le L’ordre libertaire, la biographie d’Albert Camus de Michel Onfray, et en ferai la critique.

Sans oublier les cadeaux philosophiques offerts à des personnes ou à des institutions; et le couronnement de la Poutine d’or de la semaine, qui est remise au sophisme le plus remarquable (!) qui aura été repéré par nous, mais aussi par les personnes collaborant à l’émission ou encore des auditeurs, auditrices — envoyez-moi vos sophismes préférés!

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  • 16 mars 2012 · 16h13 Gilbert Dion

    Bonjour,

    Je ne sais pas s’il s’agit d’un véritable sophisme, mais il y a en tout cas quelque chose qui cloche dans la citation suivante, tirée du blogue du candidat de QS Alexandre Leduc
    (http://alexandreleduc.net/2012/03/15/viande-halal-le-pq-fait-honte-a-la-famille-souverainiste/)

    «[L]a laïcité, c’est-à-dire la séparation entre l’Église et l’État, n’est pas la séparation entre l’Église et les entreprises de production de viandes.»

  • 16 mars 2012 · 21h18 Darwin

    @ Gilbert Dion

    Ce n’est pas un sophisme, mais une comparaison rigolote…

    Moi, j’ai bien aimé ce billet, dont la vidéo où Melanchon semonce Marine Le Pen…

  • 17 mars 2012 · 14h29 Jean-Serge Baribeau

    Le «droit de grève» étudiant, cela me rappelle l’automne et l’hiver 1968. J’en étais à ma troisième année d’enseignement. J’avais commencé à enseigner à L’Externat classique de Longueuil, collège classique qui, progressivement, devenait le Cégep Édouard-Montpetit.

    Lors de l’occupation du collège les leaders étudiants avaient mis mon nom sur la liste des professeurs admis dans le collège et ils m’avaient même demandé de «travailler» avec eux.

    À l’époque nous lisions une tonne de textes en provenance de la France, des Pays-Bas ou d’autres pays européens.

    Je me rappelle que certains mouvements étudiants européens demandaient que l’étudiant soit considéré comme un jeune, ou moins jeune, travailleur intellectuel, méritant un pré-salaire et ayant le droit de grève.

    Quand l’occupation a cessé, un certain nombre d’étudiants m’ont demandé de les aider à continuer l’action. Comme le premier ministre Johnson venait de mourir, cela entraînait des élections dans son comté, Bagot si je me souviens bien. L’Union nationale y présentait son ministre de l’Éducation, François Cardinal, lequel n’avait pas encore été élu même s’il était ministre.

    Alors, nous avons décidé de présenter un candidat étudiant lors de l’élection et la personne choisie a été Micheline Chartrand, fille de Michel. Le «parti» s’appelait LE POUVOIR ÉTUDIANT et c’est moi qui ai rédigé hâtivement, en une nuit, le manifeste de ce mouvement-parti. Et l’idée du TRAVAILLEUR intellectuel y était reprise de manière systématique, le tout puisant en partie ses racines dans les idées du mouvement situationniste et des divers mouvements européens et étatsuniens (dans une certaine mesure).

    Tout cela pour dire que le droit de grève me semble être acceptable en ce qui concerne les étudiants, même si l’exercice de cette forme d’action peut se retourner contre les étudiants, ce qui est le cas de toute grève. J’ai lu, dans Le Devoir d’aujourd’hui, un texte publié dans le cadre du «devoir de philo», texte qui m’a peu convaincu mais que je vais relire avec beaucoup d’attention.

    En ce qui concerne Albert Camus, ce penseur m’a éminemment et profondément influencé et bouleversé. Je vais donc écouter les propos sur le livre d’Onfray avec beaucoup d’attention.

    AU PLAISIR!

    JSB

  • 17 mars 2012 · 14h44 Darwin

    «envoyez-moi vos sophismes préférés»

    Tiens, un récent et d’actualité… Le devoir de philosophie du Devoir d’aujourd’hui est un exemple patent du sophisme de l’épouvantail : présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée pour pouvoir facileemnt le démolir.

    L’auteur part en disant : «Il est clair que les étudiants contestant leur cours appartiennent au clan égalitarisme». Premièrement, ce n’est pas leurs cours qu’ils contestent, mais l’augmentation des droits de scolarité et, dans un deuxième temps, la marchandisation de l’université (ou des connaissances).

    Ils ne demandent pas une parfaite égalité (par exemple que tous soient admis à l’université), mais que l’appartenance à une classe socio économique ne serve pas de critère de sélection!

    Une fois clarifiée la position attaquée par ce texte, toute l’argumentation tombe comme un château de cartes…

    Qu’en pensez vous? Malheureusement, le texte est cadenassé.

    http://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo/345283/le-devoir-de-philo-derek-parfit-porterait-le-carre-vert

    • 17 mars 2012 · 16h16 Jean-Serge Baribeau

      À mon humble avis, vous avez tout à fait raison. D’ailleurs j’ai trouvé que l’ensemble de ce texte manquait de rigueur et était un tantinet bizarroïde.

      JSB

    • 17 mars 2012 · 18h59 Normand Baillargeon

      C’est un bien mauvais texte en effet et nombre de lecteurs et lectrices du Devoir en ont dénoncé les carences. On va sûrement en parler demain: ce texte fournit nombre de candidats à la Poutine d’or!

    • 18 mars 2012 · 10h30 Normand Baillargeon

      Darwin : Votre sophisme, que j’ai soumis à l’émission, a remporté la convoitée Poutine d’or! Bravo!

  • 18 mars 2012 · 15h53 Darwin

    Quel honneur! Merci! :-)

  • 19 mars 2012 · 12h29 Jean-Serge Baribeau

    J’ai été ravi, lors de l’émission de dimanche, d’entendre parler de Jacques Rancière, penseur que je connais depuis les années 60 et 70. Et je ne cesse de déguster une pensée comme la sienne lorsqu’il prône:

    *****«Une philosophie qui rompt avec la distinction ancestrale entre « savants » et « ignorants » – entre « ceux qui expliquent » et la masse qui les écoute – et fait briller l’idée d’une participation de tous à l’exercice de la pensée. Car « les incapables sont capables », répète souvent l’auteur du magnifique Maître ignorant (1987).»(Site de Télérama)*****

    C’est avec plaisir et délectation que j’ai appris qu’il y a, à Athènes, un HÔPITAL AUTOGÉRÉ. C’est réjouissant et prometteur.

    Quant à Michel Onfray, j’avais parcouru, plus que vraiment lu attentivement, son livre sur Freud et le tout m’avait déçu.

    Comme Camus est un auteur qui ne cesse de m’enchanter, je vais éventuellement éviter de lire le livre de Onfray. Je vais plutôt relire Camus. Quand j’étais un jeune «fleau» pendant les années 50 et 60, Albert Camus et André Gorz (Michel Bosquet) ont laissé chez moi des empreintes intellectuelles et analytiques plus profondes que celles laissées par Sartre et De Beauvoir.

    Somme toute, de nombreuses remarques et analyses m’ont ravi et intéressé lors de cette émission.

    JSB

    • 19 mars 2012 · 12h38 Normand Bailalrgeon

      Merci de ces bons mots. Et j’espère que vous allez bien.

  • 19 mars 2012 · 14h57 BM

    Depuis la France, je n’arrive pas à écouter l’émission de Franco Nuovo… Je subodore que le livre d’Onfray sur Camus n’a pas plu à M. Baillargeon. Je pense que des auteurs comme Sartre ou Camus sont très surfaits et ont très mal vieilli en tant que philosophes, même si Sartre a eu à mon sens un rôle positif en tant que militant. Je dois avouer que j’apprécie particulièrement le fait qu’il ait refusé le prix Nobel, cette incroyable opération de relations publiques visant à faire d’un marchand de mort un soi-disant bienfaiteur de l’humanité. Sans vouloir m’attaquer à des personnalités chères à M. Baillargeon, quelqu’un comme Bertrand Russell n’a pas eu ce courage…

    En ce qui concerne Onfray, il écrit trop, il y a à boire et à manger chez lui… Son livre sur Freud était bien, même si je subodore quelques arrière-pensées : Onfray quitte le navire de la psychanalyse au moment où cette pseudo-science est de plus en plus remise en cause en France, pays qui constitue son principal bastion à l’heure actuelle dans le monde.

  • 19 mars 2012 · 15h44 Jean-Serge Baribeau

    En ce qui me concerne, j’ai profusément lu Sartre à une certaine époque de ma vie et il m’a passablement marqué. Mais Sartre a été un benêt absolu, tout comme Simone De Beauvoir, lorsqu’il s’est agi de porter un jugement sur le communisme d’obédience stalinienne et totalitaire. Ils étaient de braves COMPAGNONS DE ROUTE, ce qui les ridiculisait aux yeux des communistes et de nombreuses personnes.

    Aussi, Sartre et Simone sont allés à Cuba à l’époque où de nombreuses personnes, dont moi-même, attendaient beaucoup de cette révolution, laquelle était la bienvenue. Mais les deux naïfs ont fait des visites bien GUIDÉES et ils ont vu ce qu’on voulait qu’ils voient.

    Je préfère Edgar Morin qui, à la fin des années 50, a rompu avec le communisme et a expliqué sa décision dans un livre intitulé AUTOCRITIQUE (si ma mémoire ne me trompe pas trop).

    Aussi, je suis de ceux qui, avec circonspection et prudence, pensent que la psychanalyse a beaucoup à apporter, pas toujours mais parfois. Je crois à la libération, parfois, par cette réalité merveilleuse qu’on appelle LA PAROLE.

    JSB

  • 20 mars 2012 · 08h18 Jean-Serge Baribeau

    J’ai beaucoup réfléchi à l’ancestrale distinction entre savants et ignorants, distinction dont parlent Rancière et Xavier Brouillette.

    Cela m’a rappelé Noam Chomsky lorsque, dans MANUFACTURING CONSENT, il dit qu’une partie «fondamentale» de son «éducation» a été «comblée» lorsqu’il se rendait au kiosque à journaux d’un de ses oncles, un anarchiste, à New York. C’était, dit Chomsky, un lieu où l’on discutait beaucoup et où il a beaucoup appris.

    Si je cède encore une fois à la tentation autobiographique, je dirai que chaque fois que Chomsky a raconté ce fragment de sa vie, cela m’a rappelé mon enfance. L’essentiel, ou encore le fondement, de ce que je pense savoir ne vient pas de «savants» mais de personnes qui réfléchissaient beaucoup sans avoir fait de longues études.

    En fait, si j’abrège, j’ai vécu dans la petite municipalité de Gatineau de 1943 à 1963. Mon père était mécanicien et garagiste. La majorité des Gatinois travaillaient pour le gouvernement fédéral ou, surtout, pour la CIP (Canadian International Paper). Le député de notre comté était Roméo Lorrain, de l’Union nationale. Gatineau était la seule municipalité du comté qui ne votait pas bleu.

    Et je ne sais trop comment et pourquoi mais il s’avère que le «garage» de mon père était devenu le lieu de rencontre des anti-duplessistes. Il y avait souvent dix, quinze, ou même vingt personnes dans le petit bâtiment dans lequel les gens venaient payer et, parfois, boire un Coke. À partir de l’âge de sept ou huit ans j’ai pris l’habitude de m’asseoir dans un coin et d’écouter ces discussions, spéculations et analyses qui étaient surtout le fait d’ouvriers syndiqués qui venaient de finir leur «shift». Et jamais je ne pourrai dire tout ce que j’ai appris au garage du grand Éloi, mon père. Ce qui est certain, c’est que j’ai acquis là le goût de la liberté et la haine de l’obscurantisme. Et à au moins deux reprises George-Émile Lapalme est venu «faire un petit tour».

    J’ai «passé à l’histoire» auprès de nombreux anti-duplessistes lors de l’élection de 1952. Nous suivions, à la radio, les résultats de l’élection. Il y avait, chez mes parents, une trentaine de personnes. À un moment donné, du haut de mes neuf ans j’ai dit: «On devrait éteindre la crisse de radio puisque le chien sale à Duplessis a encore gagné et que nous devrons encore subir sa dictature.» Ces candides réflexions ont suscité l’hilarité générale et l’approbation.

    Mais tout cet enchantement a disparu en 1957 puisque le grand Éloi s’est noyé dans un lac, près de Maniwaki.

    En terminant je me répète volontairement. C’est auprès de mécaniciens et de citoyens-travailleurs que j’ai appris ce que je considère encore comme étant l’essentiel: l’insoumission, la révolte et le désir d’autre chose.

    JSB

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  • Normand Baillargeon
    Je suis professeur à l'UQAM. Ma spécialité est la philosophie de l'éducation. J'ai écrit quelques livres sur différents sujets qui m'intéressent, dont celui-là, mais aussi quelques autres.

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