Blogue de Olivier Lamoureux-Lafleur Le cheval de Troie RSS
Parce que certains médias proposent une analyse parfois désuète de l’actualité sociale, quoi de mieux que de remettre les pendules à l’heure. Comment ? En proposant une critique des faits socioculturels qui sculptent notre Zeitgeist de jour en jour. Façonnons à notre tour l’esprit du temps en saisissant au passage les outils nécessaires.
Le SPVM et l’art.
6 avril 2013 · Arts visuels, Création, Humeur, Société · Olivier Lamoureux-LafleurCette semaine, Jennifer Pawluck fut arrêtée à son domicile pour avoir diffusé sur les médias sociaux une image représentant le commandant Ian Lafrenière avec un petit trou dans le front. À son domicile, les policiers auraient trouvé une douzaine de AK-47, une poche de grenades et trois ou quatre lance-roquettes. De plus, semblerait-il que la jeune guérillero avait des plans secrets très bien élaborés visant à faire sauter quelque chose quelque part. Trêve de plaisanteries. La jeune dame est formellement accusée pour harcèlement criminel. Monsieur Lafrenière aurait craint pour sa vie. L’original de cette affiche, qui n’est plus de ce monde, aurait été photographié dans un autre quartier « d’ostis de gratteux de guitare ». Preuve que l’extrême gauche est partout dans cette ville de fou. Ça, les gars de Radio-X l’ont compris bien avant nous autres. Revenons-en aux faits. En frais de représentation, on ne peut se tromper : l’image représente bel et bien Ian Lafrenière avec un trou dans le front, ou un point noir d’où semble couler de l’encre noire. De plus, son nom est inscrit. D’un premier degré, c’est de l’art. D’un second degré, l’image est dérangeante. Fallait-il pour autant prendre en filature Jennifer Pawluck pour avoir [...]
Dérives ; un film nécessaire.
18 février 2013 · Cinéma, Divers, Société · Olivier Lamoureux-LafleurAprès avoir visionné le film Dérives, directement accessible en ligne et présenté par l’équipe de 99% Média, je dois admettre que j’ai eu mal à ma polis. La cité-État aurait-elle des petits problèmes à gérer son corps policier ? Que se passe-t-il entre les murs de l’École nationale de police ? Évidemment, ces questions ne sont pas nouvelles mais l’on est en droit de se demander : à quand une progression dans ce dossier ? Il est justement question de la répression policière commise lors du printemps érable dans le film Dérives. Avis à celles et ceux qui n’apprécient guère voir Goliath varger (frapper à grands coups répétés sur quelqu’un), invectiver et mépriser David, ce film n’est pas pour vous. Certains diront que le film est propagandiste, or il est plutôt très bien articulé. Et puis, que peut-on dire contre des images filmées qui ont été prises sur le vif ? Ne serait-ce que pour les intervenants qui racontent leur point de vue sur les événements ou tout simplement pour le devoir de mémoire, ce film vaut franchement la peine d’être vu. Le film m’a amené à lire le code déontologique des policiers du Québec et effectivement, les policiers du SPVM comme de la SQ [...]
Marc Séguin : L’art du paradoxe
16 janvier 2013 · Arts visuels, Cinéma, Création, Divers, Humeur, Livres, Scène, Société · Olivier Lamoureux-LafleurLa semaine dernière, en entrevue à l’émission Les Francs-tireurs, l’artiste Marc Séguin s’est livré au critique d’art Richard Martineau. Une surprenante entrevue qui m’a malheureusement fait déchanter du regard artistique que prône Séguin. Pour celles et ceux qui ont déjà vu les toiles de cet artiste, principalement composées avec de l’huile et du fusain, vous conviendrez que ses œuvres sont très impressionnantes. Esthétiquement riches, les toiles de Séguin nous font réfléchir tant sur le devenir humain, sur les dérives sociales, que sur les beautés incongrues. C’est brillant son truc, ça sent la réflexion et la critique. Or, j’ai été surpris de constater que Séguin n’échappe aucunement aux vices de la marchandisation de l’art. De ce système que tant d’artistes épousent. De cette culture qui n’opère plus de distance et qui n’agit donc plus comme un corps social séparé. En quelque sorte, pour emprunter à Freitag, le système artistique « s’intègre directement, pratiquement, idéologiquement, dans son mode spécifique de fonctionnement et de reproduction [1]». Revenons-en à Séguin. Comme il le dit lui-même lors de l’entrevue, le produit qu’il crée est un « objet de luxe » qui s’adresse, dans un rapport marchand, à « l’élite ». Ave Séguin ! Puis, il ajoute qu’il « n’a pas le [...]
Murdochville sur le respirateur artificiel
14 novembre 2012 · Divers, Société · Olivier Lamoureux-LafleurMurdochville, village fantôme situé à 40 kilomètres, au nord de la côte, épuisé par sa mono-industrie, vit depuis une dizaine d’années sur le respirateur artificiel. La chute du prix du cuivre aura convaincu le big boss de Noranda de fermer la mine à ciel ouvert, dans le but d’aller forer, à moindre coût, en Amérique du Sud. En 2002, 300 employés furent licenciés, et la Noranda quitta Murdochville avec en poche, une subvention de 80 millions venant du gouvernement du Québec, des contribuables, destinée à la rénovation des bâtiments de la mine. 80 millions qui serviront à l’entreprise pour ses installations dans le Sud. Une dinde à Noël avec ça ? Dans les belles années de Murdochville, l’on comptait 5000 âmes, aujourd’hui il en reste moins de 800. Les gens ont la mine basse à Murdoch. Le théâtre n’existe plus, tout comme les anciennes salles de danse, plusieurs bars ont fermé, sur les trois garages il n’en reste plus qu’un, rarement ouvert, l’école du village recoupe les trois anciennes écoles de la place. Pire encore, cette année, le salon de quilles n’a même pas ouvert. Il vente à écorner les bœufs, il neige depuis notre arrivée, et il fait « frette » dans [...]
La constable Stéfanie Trudeau a perdu la tête. La T-728 frappe à nouveau.
10 octobre 2012 · Société · Olivier Lamoureux-LafleurTriste nouvelle dans le domaine de la justice sociale, l’agente de la paix Stéfanie Trudeau vient de faire de nouvelles victimes. Le 2 octobre dernier, Rudy Orchietti, qui s’apprêtait à passer une soirée en compagnie de ses amis musiciens, a vécu une situation quelque peu inattendue. Le pauvre Rudy retenait la porte d’entrée de son appartement pour laisser entrer un de ses collègues musiciens chez lui, alors que la constable 728 a surgi de l’obscurité. Les astres étaient alignés. Il n’en fallait pas plus à cette agente du SPVM. Un musicien, un artiste, une chose sortie tout droit de l’enfer, se tenait devant elle, bière à la main. Elle lui demande sur le champ ses papiers d’identification. Monsieur Orchietti, ne sachant pas qu’il avait affaire à la dernière génération de Terminators du SPVM, lui demande alors la raison de cette intervention. Malheur, en une fraction de seconde, la constable le jette au sol et lui met les menottes. Heureusement, la victime ne portait pas le carré rouge. Si tel avait été le cas, je serais peut-être en train d’écrire un billet sur la mort d’un musicien. À ce moment, l’ami de Rudy est entré en scène en invectivant [...]
Maïakovski, le futurisme russe et Octobre.
26 septembre 2012 · Arts visuels, Cinéma, Création, Divers, Livres, Société · Olivier Lamoureux-LafleurÀ l’approche du mois d’octobre, quoi de mieux que de relire et de repenser l’apport socio-culturel des futuristes russes. Cette année, nous célébrons le centième anniversaire du manifeste futuriste russe La gifle au goût public. En ce sens, je me disais que le mois d’octobre, en référence à la Révolution d’octobre, serait idéal pour ressasser les écrits et pensées des vieux démons du régime bolchévique, les très avant-gardistes futuristes russes. Par le simple fruit du hasard, il s’adonne que je terminerai aussi en octobre mon mémoire de maîtrise, en sociologie, qui porte, justement, sur Maïakovski. Plus précisément, l’idée générale de mon mémoire est d’analyser ce que la poésie de Maïakovski nous apprend sur, ceci est une hypothèse interprétative, le rôle de la masse russe au sein du projet révolutionnaire. Le premier extrait que je présente ici provient du chapitre quatre de l’œuvre 150 000 000, écrit entre 1919 et 1920. J’aurais bien aimé recopier l’œuvre, mais pour des raisons que vous connaissez, je ne peux offrir que des extraits. Ajoutez à cela que l’œuvre comporte 1700 vers, soit environ 50 pages à transcrire. Un extrait vous donnera, je l’espère, le goût d’aller lire davantage sur le(s) poète(s). Plus nous [...]
Le retour du Père Fouettard
13 septembre 2012 · Divers, Livres, Société · Olivier Lamoureux-LafleurLe retour du Père Fouettard Cet automne, ne manquez pas la sensation de l’heure. Après l’arrivée grandiose de CHOI Radio X, communément appelée la Radio poubelle, en terre montréalaise, voici maintenant le temps de redécouvrir le personnage le plus charismatique que le Québec ait connu, l’honorable Père Lucien Fouettard Bouchard. Paresseux, paresseuses, courrez vers l’abri le plus près, car il arrive, et cette fois-ci il ne ménagera les coups de fouet. Une histoire sans espoir, que vous retrouverez malheureusement dans toutes bonnes librairies. Lucien Bouchard vient tout juste de faire paraître cette semaine son livre intitulé Lettres à un jeune politicien dans lequel il s’adresse à la jeunesse d’aujourd’hui, mais aussi à tous ceux et celles qui veulent en apprendre davantage sur le métier de politicien. Même si l’idée est loin d’être avant-gardiste, elle revient à Rainer Maria Rilke, qui aura été le premier à publier Lettres à un jeune poète en 1929, cet exercice de passation de la connaissance, de dialogues ouverts intergénérationnels, reste très intéressant. Le problème chez Bouchard reste et restera toujours le même, son ton moralisateur. Sa toute récente œuvre, comme l’ensemble de sa carrière politique, est à l’image de l’ego du personnage. [...]
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