Le retour du Père Fouettard

13 septembre 2012 16h56 · Olivier Lamoureux-Lafleur

Le retour du Père Fouettard

Cet automne, ne manquez pas la sensation de l’heure. Après l’arrivée grandiose de CHOI Radio X, communément appelée la Radio poubelle, en terre montréalaise, voici maintenant le temps de redécouvrir le personnage le plus charismatique que le Québec ait connu, l’honorable Père Lucien Fouettard Bouchard. Paresseux, paresseuses, courrez vers l’abri le plus près, car il arrive, et cette fois-ci il ne ménagera les coups de fouet. Une histoire sans espoir, que vous retrouverez malheureusement dans toutes bonnes librairies.

Lucien Bouchard vient tout juste de faire paraître cette semaine son livre intitulé Lettres à un jeune politicien dans lequel il s’adresse à la jeunesse d’aujourd’hui, mais aussi à tous ceux et celles qui veulent en apprendre davantage sur le métier de politicien. Même si l’idée est loin d’être avant-gardiste, elle revient à Rainer Maria Rilke, qui aura été le premier à publier Lettres à un jeune poète en 1929, cet exercice de passation de la connaissance, de dialogues ouverts intergénérationnels, reste très intéressant. Le problème chez Bouchard reste et restera toujours le même, son ton moralisateur. Sa toute récente œuvre, comme l’ensemble de sa carrière politique, est à l’image de l’ego du personnage. Le prophète, le sauveur c’est lui, la masse, les petites gens, les martyrs, c’est nous. Bien sur monsieur Bouchard, c’est certain que lorsqu’on est entouré par le père Bush, par Jean Charest, et autres saltimbanques au domaine Sagard, on doit bien se trouver important. « We are magnificent people and I raise my hat to all of us. You are as beautiful as I think I am », merci pour l’inspiration Falardeau. Voilà une forme de partage de la connaissance qui me semble perspicace. Revenons-en à nos moutons.

Cette semaine, Lucien Bouchard fut accueilli chaleureusement par le chroniqueur émérite du Journal de Montréal, Richard Martineau, à l’émission Les francs-tireurs. Une fois de plus, Martineau, digne de lui-même, était bien heureux de recevoir dans la cour du Roi Pétaud un invité partageant les mêmes valeurs que lui. Aucune flèche n’a été lancée à l’ancien Premier ministre du Québec, aujourd’hui président du conseil d’administration de l’Association pétrolière et gazière du Québec. Martineau était aux anges d’entendre la critique de Bouchard à l’égard de la gauche, des étudiants ou plutôt des paresseux, des syndicats et des travailleurs. Par-dessus tout, je dois dire que, comme plusieurs autres, j’ai été très surpris d’entendre de la bouche de Lucien Bouchard des propos tels que : « les politiques sociales, c’est moi ça, les politiques familiales c’est moi ça » et j’en passe. Un ego démesuré vous dites ?

Bref, il y a une chose que je tiens à retenir de cette émission. Semblerait-il que monsieur Bouchard a horreur d’une image qui lui est souvent accolée, celle du Père Fouettard. En deux mots, le Père Fouettard est un personnage folklorique qui accompagne Saint-Nicolas le 6 décembre au soir lorsque celui-ci donne des cadeaux aux enfants sages. La tâche du Père Fouettard est alors de donner des coups de fouet aux autres enfants qui n’ont pas été sages. L’on pourrait remplacer ici Père Fouettard par Lucien Bouchard, et enfants, par chômeurs, étudiants, travailleurs à temps partiel, et autres créatures d’outre-tombe. Monsieur Bouchard, comme disait votre ami Bernard Landry, audi alteram partem, écoute l’autre avant de le juger.

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Classé dans :  Divers, Livres, Société

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 17

  • 13 septembre 2012 · 17h09 Danielle Turcotte

    Lucien Bouchard, je l’ai écouté à 24 h en 60 min. J’ai trouvé Léo Bureau-Blouin plus évolué malgré sa jeunesse. Il a su lui répondre avec intelligence et sagesse. Je suis assez soulagée de savoir que nous avons des jeunes aussi réveillés.. Lucien Bouchard et la CAQ, quelle belle association que cela ferait…

  • 13 septembre 2012 · 17h31 olivier-lamoureux

    C’est juste!

  • 13 septembre 2012 · 19h51 I a n

    Concernant ses entrevues…

    (1)

    Moi ce qui me fascine au fil des entrevues que j’ai vu c’est comment l’ethique n’a pas ete aborde.

    Et je pense que c’est un aspect qui est troublant des sorties de Lucien depuis plusieurs annees.

    Lucien c’est fait un plaisir a sortir periodiquement et en y allant d’un propos sur la gouvernance du PQ…

    A-t-on vu Lucien faire une fois une declaration sur les problemes d’ethique ?

    Personne etonne d’aucune sortie sur le PLQ ?

    (2)

    Je vais franc je comprends tout a fait les militants qui vont huer ce monsieur ( pour l’ensemble de l’oeuvre ).

    Concernant ses propos sur la souverainete du type… le monde en veut pas ( on voit deja l’etoffe du leader )

    Pourrait-on lui demander ce qu’il a fait dans les 12 dernieres annees pour l’option ( je dirais pas 16 pour etre fin ) ?

    (3)

    Moi ce qui me fascine c’est l’incapacite de Pauline et du PQ a accrocher au cou de Lucien… son heritage… les fusions et les problemes du deficit zero, les infirmieres a la retraite… etc…

    Personne trouve ca fascinant que 15 ans plus tard le PQ traine ca comme un boulet alors que d’un autre cote on pourrait avoir l’impression que c’etait pas Lucien qui etait premier ministre a ce moment.

    Et se permette de se positionner comme vieux sage…

    (4)

    Concernant la richesse et la redistribution….

    Lucien qui facture 700? 1000? de l’heure ( pis ca c’est pas quand on facture 200 heures semaine )… va nous donner des conseil ?

    Qu’il continue donc de profiter des anomalies du systeme comme bien d’autre en s’imaginant faire partie de la solution et non du probleme.

  • 13 septembre 2012 · 19h54 JCPomerleau

    Le retour du Messie. Triste sire.

    Il nous revient, petit catéchiste à la main pour redorer son image passablement amochée par l’épisode du gaz de schisme. Il revient pour poursuivre sa job de démolition du seul parti qui peut nous redonner le contrôle de nos ressources et de notre politique énergétique, un enjeu portant sur des dizaines de milliards : Le Parti Québécois.

    Son entreprise de plombage du parti de l’intérieur se poursuivra maintenant de l’extérieur; saviez vous qu’il est, non seulement le père fouettard mais, aussi le père fondateur de la CAQ.

    L’histoire de M Bouchard est celle d’une série de traitrises, sauf envers son grand ami : Paul Desmarais.

    Retout sur son sabotage en règle du Parti Québécois

    http://www.vigile.net/La-trahison-de-Lucien-Bouchard

  • 13 septembre 2012 · 20h41 Retraité

    Il revient, petit catéchiste ;a la main, finir la job que lui a assigné son grand ami Paul Desmarais : Démolir le Parti Québécois, qui a pour programme la reprise en mains de nos ressources et notre politique énergétique, une infamie quoi.

    Retour sur le plombage du PQ par Lucien Bouchard :

    http://www.vigile.net/La-trahison-de-Lucien-Bouchard

  • 14 septembre 2012 · 07h32 Marcel Latulipe

    Mon cher monsieur Lucien Bouchard il est temps pour votre retraite définitive en politique, Consultant ou autre. Vous n avez pas un passe brillant dans le domaine politique en tant qu Ex Premier Ministre du Québec. Vous avez mis la Province a zéro avec vos politiques surtout celles de la santé et celle de l éducation avec votre ancien ministre de la santé monsieur Rochon. Alors il serait sage que vous disparaissiez même du Québec. Bonne retraite et surtout arrêtez d’écrire ce genre de balivernes qui ne servent a rien car vos conseils dans ce livre ne vous on même pas servies a vous même…

  • 15 septembre 2012 · 19h32 Jean-Pierre Gascon

    Père Lucien Fouettard Bouchard: L’ÉTEIGNOIR.
    Ce que l’Histoire retiendra de Lucien Bouchard est qu’il aura été une des bougies d’allumage à la réalisation du projet d’indépendance du Québec et son éteignoir lorsque les conditions gagnantes étaient toutes réunies.

    Démarrant sur les chapeaux de roues avec la création du Bloc québécois et suite à l’obtention d’une presque majorité absolue en faveur du Oui lors du référendum de 1995, en une volte-face soudaine inexplicable il a brusquement appliqué les freins et fait déraper le projet d’indépendance en cessant d’en faire la promotion et le reportant aux calendes grecques.

    Suite à ce grand rapport de force politique construit sur de nombreuses décennies par le mouvement souverainiste face au Rocanada, la presque victoire absolue que les Québécois venaient de se donner au référendum de 1995, sa succession à Jacques Parizeau comme Premier ministre du Québec et son élection à la tête du PQ en 1998, il renonçait à la lutte pour la réalisation du pays, et ce dans un élan national extraordinaire jamais égalé précédemment. 

    Cette incompréhensible volte-face de la part de Lucien Bouchard, demeurant jusqu’à ce jour une énigme, a paralysé le mouvement souverainiste pendant cinq longues années (1995-2001), du lendemain du référendum de 1995 jusqu’à sa démission comme Premier ministre et chef du PQ en 2001. Cet éteignoir aura pavé le chemin du pouvoir à un régime colonial bananier néolibéral ayant perduré près de 10 ans. 
    Quel gâchis !!!

    • 16 septembre 2012 · 23h05 olivier-lamoureux

      Commentaire très pertinent, merci de contribuer au blogue!

  • 16 septembre 2012 · 08h38 Réjean Asselin

    Avec Bouchard on ne sait jamais qui prend la parole, l’ex-Premier Ministre qui a failli scraper le Québec au complet avec son déficit zéro et ses coupures dans la santé et l’éducation ou le petit arriviste qui est devenu le porte-parole et le lobbyiste majeur d’ une industrie délinquante qui s’est fait mettre a sa place par le population du Québec a cause de sa façon d’agir, en paria et en pacha, pour exploiter le sous-terrain québécois en se foutant complètement des citoyens a qui appartiennent les richesses naturelles du Québec. Charest et ses sbires ont du refaire leur devoir quand ils se sont aperçus que la petite passe ne se ferait pas aussi facilement !

    Lulu Bouchard est un grand parleur mais ce grand narcissique fut un piètre Premier Ministre itou ! En entrevue avec Arcand au 98.5 FM, notre grand lucide et gigantesque manipulateur s’ est encore amusé a jouer au « Père « de la nation québécoise, père qui aime bien infantiliser « ses enfants « mais il n’a pu s’ empêcher de nous « sortir « son personnage de petit arriviste du monde des affaires. Monsieur parle de « la dictature de l’ arithmétique ???? Celui-là même qui nous mena au bord du précipice avec son déficit zéro et qui se poussa comme un voleur quand les membres de son gouvernement et de son parti lui ont signifiés qu’il fonçait droit dans le mur !

    Monsieur vient de publier un livre pour « éduquer « les jeunes à la politique ! Il aurait plutôt du appeler son bouquin « Le Girouettisme pour les nuls « lui le « modèle « des plus grandes girouettes du Québec. Sa plus grande réussite aura été François Legault à ce chapitre !

    Non merci !

    Lucien Bouchard est un arriviste qui regarde les autres de haut, qui méprise les simples travailleurs en les traitants de paresseux et dont la réussite de SA carrière aura toujours été ce qui le motivait et le motive encore !

  • 16 septembre 2012 · 13h35 Ex-admiratrice

    Bien d’accord avec toi. Monsieur Bouchard a un bien gros égo. C’est dérangeant d’entendre ses propos.

  • 17 septembre 2012 · 07h16 Gilles Bousquet

    M. Bouchard s’est enfargé dans l’affaire Michaud, dans la mise à la retraite en santé et dans les fusions municipales mais, c’est LUI, par son charisme et sa détermination, même une jambe en moins, qui a propulsé le OUI vers le 50 % avec la souveraineté-partenariat parce que le référendum de 1995 s’en allait aussi dans le mur que celui de 1980.

    En remerciement de son implication pour le OUI, faudrait pas s’acharner sur M. Bouchard en le démonisant sur tout et tout le temps. Il s’est peut-être encore trompé avec le gaz de schiste mais, il a droit à l’erreur. M. Parizeau, qui nationalisé l’amiante, a bien tourné le dos à Mme Marois pour appuyer M. Aussant à 1.9 %, jouit, de la part des souverainistes, d’un meilleur traitement.

    • 17 septembre 2012 · 10h10 olivier-lamoureux

      Pouvons-nous réellement affirmer que Lucien Bouchard, à lui seul, à propulsé le OUI vers 50%?
      Et la base militante? La conjoncture socio-historique n’y était-elle pour rien? Il y a beaucoup de facteurs extérieurs au contrôle de Bouchard qui auront mené à ce résultat. Un résultat que l’on peut toujours remettre en question. 50,58% contre et 49,42% en faveur de la souveraineté. Comment la marge de pourcentage peut-elle être si mince sur un enjeu aussi important?.
      Au plaisir,

  • 17 septembre 2012 · 12h35 Claude Perrier

    Lucien Bouchard aura probablement été le politicien le plus «charismatique» que le Québec ait connu. Tout en étant également le plus «ambigu».

    Indécodable.

    Étrange bonhomme…

  • 17 septembre 2012 · 13h49 Gilles Bousquet

    M. Olivier Lamoureux, tout le monde qui a vécu cette période du référendum de 1995, reconnait que c’est M. Bouchard qui a tiré le OUI vers le haut. IL était alors considéré comme un saint homme miraculé, très charismatique et convaincant, ce qui valu environ, au OUI, 10 %.

    Les souverainistes de 1995, ne passaient pas leur temps à le démoniser, mais à la béatifier. M. Parizeau, qui ne l’aimait pas, s’est senti obligé de lui céder sa place de PM.

    Il est bien connu que les humains aiment bien bruler leurs anciennes idoles qui les ont trop déçus.

    • 18 septembre 2012 · 07h20 le calinours bienveillant

      « …tout le monde qui a vécu cette période du référendum de 1995, reconnait que c’est M. Bouchard qui a tiré le OUI vers le haut. »

      peut-être pas faux, mais l’argumentaire ad popolum n’a jamais convaincu d’esprit rigoureux gilles. trouve autre chose, ou ajoutte selon moi.

  • 17 septembre 2012 · 14h03 Gilles Bousquet

    M. Perrier,

    Les Québécois ont de la difficulté à comprendre M. Bouchard, parce qu’il n’a jamais été un séparatiste pur et dur à la Parizeau, un caribou. Il était en faveur de la souveraineté-partenariat, pas loin de la souveraineté-association de M. René Lévesque.

    Contrairement aux caribous séparatistes « ceux qui veulent séparer complètement et rapidement le Québec du Canada », M. Bouchard penchait moins vers les syndicats et les déficits gouvernementaux et aurait préféré que le Québec retarde le référendum de 1995 parce que les sondages n’étaient alors,t pas favorables au OUI mais M. Parizeau était pressé tout comme aujourd’hui, ce qui l’a incité à donné son appui, avec M. Michaud,i à M. Aussant de l’ON aux dépens du PQ de Mme Marois.

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