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	<title>Le cheval de Troie</title>
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		<title>Le SPVM et l&#8217;art.</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Apr 2013 21:17:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Lamoureux-Lafleur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Humeur]]></category>
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		<description><![CDATA[Cette semaine, Jennifer Pawluck fut arrêtée à son domicile pour avoir diffusé sur les médias sociaux une image représentant le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette semaine, Jennifer Pawluck fut arrêtée à son domicile pour avoir diffusé sur les médias sociaux une image représentant le commandant Ian Lafrenière avec un petit trou dans le front. À son domicile, les policiers auraient trouvé une douzaine de AK-47, une poche de grenades et trois ou quatre lance-roquettes. De plus, semblerait-il que la jeune guérillero avait des plans secrets très bien élaborés visant à faire sauter quelque chose quelque part. Trêve de plaisanteries. La jeune dame est formellement accusée pour harcèlement criminel. Monsieur Lafrenière aurait craint pour sa vie. L’original de cette affiche, qui n’est plus de ce monde, aurait été photographié dans un autre quartier « d’ostis de gratteux de guitare ». Preuve que l’extrême gauche est partout dans cette ville de fou. Ça, les gars de Radio-X l’ont compris bien avant nous autres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Revenons-en aux faits. En frais de représentation, on ne peut se tromper : l’image représente bel et bien Ian Lafrenière avec un trou dans le front, ou un point noir d’où semble couler de l’encre noire. De plus, son nom est inscrit. D’un premier degré, c’est de l’art. D’un second degré, l’image est dérangeante. Fallait-il pour autant prendre en filature Jennifer Pawluck pour avoir diffusé cette image plutôt que le créateur de l’image ? Est-ce que les citoyens qui ont diffusé massivement les images où l’on voit les tours jumelles s’effondrer ont été accusés de terrorisme? Et pourtant, ils auraient dû être envoyés à Guantanamo. Il y a beaucoup de lacunes aux USA. Et si Jennifer Pawluck avait propagé la photo sur son facebook en inscrivant quelque chose comme ; mes ami(e)s, cette image est moralement inacceptable. Aurait-elle été arrêtée ? Qui plus est, Jennifer n’aurait pas inscrit de menace de mort à l’égard de Ian Lafrenière sur son facebook. Pourquoi bon Dieu a-t-il eu si peur ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En ce qui me concerne, je ne publierai pas l’image en question, car je sais très bien ce qui arrivera bientôt aux médias et aux citoyens qui ont osé partager l’image. LaPresse, Radio-Canada, le Journal de Mourial, et j’en passe, seront tous accusés pour harcèlement criminel. Et encore, des médias de cette ampleur qui propagent une telle image à des milliers, voire des millions de personnes. Avez-vous pensé à leur châtiment ? C’est du harcèlement criminel de masse.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Bref, ce n’est pas très sain de constater que le SPVM se mêle maintenant de la question artistique, de la représentation fictionnelle d’une œuvre d’art et de la légitimité d’une oeuvre. Est-ce que le SPVM organisera des colloques pour comprendre le rôle de l’artiste au sein de la société ? Peut-être devrait-il se lier d’amitié avec le monarque Harper pour mieux contrôler le domaine de l’art. Comme l’a écrit Orwell dans son œuvre 1984 : « La guerre, c’est la paix, la liberté, c’est l’esclavage, l’ignorance, c’est la force ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Bonne journée.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Dérives ; un film nécessaire.</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Feb 2013 01:51:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Lamoureux-Lafleur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Après avoir visionné le film Dérives, directement accessible en ligne et présenté par l’équipe de 99% Média, je dois admettre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir visionné le film <em>Dérives</em>, directement accessible en ligne et présenté par l’équipe de 99% Média, je dois admettre que j’ai eu mal à ma <em>polis</em>. La cité-État aurait-elle des petits problèmes à gérer son corps policier ? Que se passe-t-il entre les murs de l’École nationale de police ? Évidemment, ces questions ne sont pas nouvelles mais l’on est en droit de se demander : à quand une progression dans ce dossier ?</p>
<p>Il est justement question de la répression policière commise lors du printemps érable dans le film <em>Dérives</em>. Avis à celles et ceux qui n’apprécient guère voir Goliath varger (frapper à grands coups répétés sur quelqu’un), invectiver et mépriser David, ce film n’est pas pour vous. Certains diront que le film est propagandiste, or il est plutôt très bien articulé. Et puis, que peut-on dire contre des images filmées qui ont été prises sur le vif ? Ne serait-ce que pour les intervenants qui racontent leur point de vue sur les événements ou tout simplement pour le devoir de mémoire, ce film vaut franchement la peine d’être vu.</p>
<p>Le film m’a amené à lire le code déontologique des policiers du Québec et effectivement, les policiers du SPVM comme de la SQ ont sérieusement omis de respecter plusieurs articles fondamentaux de leur propre code déontologique. En voici quelques uns :</p>
<p><strong>3.  </strong>Le présent Code vise à assurer une meilleure protection des citoyens et citoyennes en développant au sein des services policiers des normes élevées de services à la population et de conscience professionnelle dans le respect des droits et libertés de la personne dont ceux inscrits dans la Charte des droits et libertés de la personne (chapitre C-12).D. 920-90, a. 3.</p>
<p><strong>5.  </strong>Le policier doit se comporter de manière à préserver la confiance et la considération que requiert sa fonction.</p>
<p>Notamment, le policier ne doit pas:</p>
<p>1°    faire usage d&#8217;un langage obscène, blasphématoire ou injurieux;</p>
<p>2°    omettre ou refuser de s&#8217;identifier par un document officiel alors qu&#8217;une personne lui en fait la demande;</p>
<p>3°    omettre de porter une marque d&#8217;identification prescrite dans ses rapports directs avec une personne du public;</p>
<p>4°    poser des actes ou tenir des propos injurieux fondés sur la race, la couleur, le sexe, l&#8217;orientation sexuelle, la religion, les convictions politiques, la langue, l&#8217;âge, la condition sociale, l&#8217;état civil, la grossesse, l&#8217;origine ethnique ou nationale, le handicap d&#8217;une personne ou l&#8217;utilisation d&#8217;un moyen pour pallier cet handicap;</p>
<p>5°    manquer de respect ou de politesse à l&#8217;égard d&#8217;une personne.D. 920-90, a. 5.</p>
<p><strong>6.  </strong>Le policier doit éviter toute forme d&#8217;abus d&#8217;autorité dans ses rapports avec le public.</p>
<p>Notamment, le policier ne doit pas:</p>
<p>1°    avoir recours à une force plus grande que celle nécessaire pour accomplir ce qui lui est enjoint ou permis de faire;</p>
<p>2°    faire des menaces, de l&#8217;intimidation ou du harcèlement;</p>
<p>3°    porter sciemment une accusation contre une personne sans justification;</p>
<p>4°    abuser de son autorité en vue d&#8217;obtenir une déclaration;</p>
<p>5°    détenir, aux fins de l&#8217;interroger, une personne qui n&#8217;est pas en état d&#8217;arrestation.D. 920-90, a. 6.</p>
<p><strong>8.  </strong>Le policier doit exercer ses fonctions avec probité.</p>
<p>Notamment, le policier ne doit pas:</p>
<p>1°    endommager ou détruire malicieusement un bien appartenant à une personne;</p>
<p>2°    disposer illégalement d&#8217;un bien appartenant à une personne;</p>
<p>3°    présenter à l&#8217;égard d&#8217;une personne une recommandation ou un rapport qu&#8217;il sait faux ou inexact.D. 920-90, a. 8.</p>
<p><strong>11.  </strong>Le policier doit utiliser une arme et toute autre pièce d&#8217;équipement avec prudence et discernement.</p>
<p>Notamment, le policier ne doit pas:</p>
<p>1°    exhiber, manipuler ou pointer une arme sans justification;</p>
<p>2°    négliger de prendre les moyens nécessaires pour empêcher l&#8217;usage d&#8217;une arme de service par une personne autre qu&#8217;un policier.D. 920-90, a. 11.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ceci dit, je reviendrai sur la seconde question préalablement posée : Que se passe-t-il entre les murs de l’École nationale de police ? Pour se faire une petite idée, il suffit de se rendre sur le site de l’École. Plus particulièrement dans la section portant sur les formations offertes : <a target="_blank" href="http://www.enpq.qc.ca/nos-formations.html" >http://www.enpq.qc.ca/nos-formations.html#</a>  Que retrouve-t-on comme formation en matière d’approche sociale ? RIEN. RIEN comme dans R-I-E-N. Et pourtant, les policiers-ères sont supposé(e)s travailler pour le bien des citoyennes et citoyens. Plus encore, ce sont des agents de la paix. Il me semble que ce ne serait pas un luxe si les policiers avaient accès à des cours du type Société 101 ou Philo 1. Au lieu de cela, ils apprennent quoi ? Le <em>Maniement du fusil de calibre 12</em>, <em>Contrôle de foule &#8211; Membre de peloton (cotes d&#8217;alerte 2 et 3),</em> <em>Arme à impulsions électriques</em>, <em>Cinémomètre laser</em> et j’en passe.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le policier ne peut donc pas faire office de gardien de la cité avec une telle formation. Il est plutôt le chien de garde de la cité. Personnellement je ne crois pas qu’il soit nécessaire que les policiers-ères du Québec aient une formation très élaborée en sociologie, en philosophie ou en psychologie, quoique cela serait immensément bénéfique pour la population, mais un strict minimum est nécessaire. Sur ce, souhaitons-nous une commission d’enquête sur la brutalité policière commise lors du printemps érable et un meilleur corps policier québécois.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour visionner le film: <a target="_blank" href="https://www.youtube.com/watch?v=9iZdAdczrGk" >https://www.youtube.com/watch?v=9iZdAdczrGk</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Marc Séguin : L’art du paradoxe</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jan 2013 00:22:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Lamoureux-Lafleur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La semaine dernière, en entrevue à l’émission Les Francs-tireurs, l’artiste Marc Séguin s’est livré au critique d’art Richard Martineau. Une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La semaine dernière, en entrevue à l’émission <em>Les Francs-tireurs</em>, l’artiste Marc Séguin s’est livré au critique d’art Richard Martineau. Une surprenante entrevue qui m’a malheureusement fait déchanter du regard artistique que prône Séguin. Pour celles et ceux qui ont déjà vu les toiles de cet artiste, principalement composées avec de l’huile et du fusain, vous conviendrez que ses œuvres sont très impressionnantes. Esthétiquement riches, les toiles de Séguin nous font réfléchir tant sur le devenir humain, sur les dérives sociales, que sur les beautés incongrues. C’est brillant son truc, ça sent la réflexion et la critique. Or, j’ai été surpris de constater que Séguin n’échappe aucunement aux vices de la marchandisation de l’art. De ce système que tant d’artistes épousent. De cette culture qui n’opère plus de distance et qui n’agit donc plus comme un corps social séparé. En quelque sorte, pour emprunter à Freitag, le système artistique « s’intègre directement, pratiquement, idéologiquement, dans son mode spécifique de fonctionnement et de reproduction <a href="http://voir.ca/olivier-lamoureux/wp-admin/post-new.php#_ftn1" title="" >[1]</a>». Revenons-en à Séguin. Comme il le dit lui-même lors de l’entrevue, le produit qu’il crée est un « objet de luxe » qui s’adresse, dans un rapport marchand, à « l’élite ». Ave Séguin ! Puis, il ajoute qu’il  « n’a pas le choix de suivre les lois du marché », qu’il est bien heureux lorsqu’un philistin, pour emprunter à Arendt, lui « ajoute un zéro de plus sur son chèque de paye ». Martineau le comprend.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Jusqu’ici certains diront; bon le gars aime bien le fric et l’art, il est où le problème s’il peint des trucs intéressants ? J’ai vendu un vélo cet été pour moins de cent dollars, alors que ce type de vélo usagé ce vendait pratiquement le double dans les petites annonces. C’est mon problème si je ne suis pas les lois/règles du marché ? Peut-être. C’est une question d’éthique et de cohérence.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p> Or, et ce n’est pas moi qui le dit, Séguin critique lors de la même entrevue, le rapport marchand à l’art. Pour lui, 90% des œuvres qui sont présentées dans les Biennales sont tout simplement « merdiques ». À ses yeux, c’est du « junk-food » qui sert à graisser la patte des capitalistes du monde de l’art. Si je comprends bien, il critique le rouage du système de marchandisation de l’art ? Alors, pourquoi créer un objet de luxe pour l’élite Monsieur Séguin ? Comme vous dites « 1-2-3 capitalisme » !? Il en ajoute en disant que 50% des œuvres d’art contemporain sont « merdiques ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Depuis Platon, plusieurs penseurs ont tenté de mettre le doigt, pour emprunter le ton de Séguin, sur ce qui est merdique et ce qui ne l’est pas dans le domaine de la culture. Est-ce que telle œuvre ou telle œuvre est intéressante, voire pertinente ? Sans tomber dans un relativisme absolu ; à quoi bon répondre a cela ? Comme l’écrit James Compton : « In the case of beauty, for example, we need to ask what is considered beautiful, by whom and in whose interests? <a href="http://voir.ca/olivier-lamoureux/wp-admin/post-new.php#_ftn2" title="" >[2]</a>».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p> Séguin continue en critiquant les œuvres d’art qui nécessitent un panneau didactique sous prétexte que le destinataire de l’œuvre devrait tout piger du premier coup. Le public ne doit pas réfléchir ? J’ai mal à mon art quand j’entends des trucs comme ça. Pour ce qui est du manque de solidarité entre les artistes québécois du fait que ceux-ci devraient s’entraider plutôt que de se diviser ; pourquoi votre espace de création est-il situé à Brooklyn Monsieur Séguin ? Pourquoi avoir quitté le Québec si vous jugez que les artistes d’ici doivent se soutenir et qu’ils doivent se rassembler ?</p>
<p>J’en passe, allez voir l’entrevue.</p>
<p>Et vous, qu&#8217;en pensez-vous? Que pensez-vous de la marchandisation de l&#8217;art?</p>
<div></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a href="http://voir.ca/olivier-lamoureux/wp-admin/post-new.php#_ftnref1" title="" >[1]</a> Michel Freitag, <em>L’oubli de la société. Pour une théorie critique de la postmodernité</em>, Coll. De Y. Bonny, Québec, PUL et Rennes, p.169.</p>
</div>
<div>
<p><a href="http://voir.ca/olivier-lamoureux/wp-admin/post-new.php#_ftnref2" title="" >[2]</a> James Compton, « The Nature of Spectacle », The Integrated New Spectacle : A Political Economy of Cultural Performance, New York, Peter Lang, 2004, p.33</p>
</div>
</div>
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		<title>Murdochville sur le respirateur artificiel</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Nov 2012 19:45:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Lamoureux-Lafleur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Murdochville, village fantôme situé à 40 kilomètres, au nord de la côte, épuisé par sa mono-industrie, vit depuis une dizaine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Murdochville, village fantôme situé à 40 kilomètres, au nord de la côte, épuisé par sa mono-industrie, vit depuis une dizaine d’années sur le respirateur artificiel. La chute du prix du cuivre aura convaincu le big boss de Noranda de fermer la mine à ciel ouvert, dans le but d’aller forer, à moindre coût, en Amérique du Sud. En 2002, 300 employés furent licenciés, et la Noranda quitta Murdochville avec en poche, une subvention de 80 millions venant du gouvernement du Québec, des contribuables, destinée à la rénovation des bâtiments de la mine. 80 millions qui serviront à l’entreprise pour ses installations dans le Sud. Une dinde à Noël avec ça ? Dans les belles années de Murdochville, l’on comptait 5000 âmes, aujourd’hui il en reste moins de 800. Les gens ont la mine basse à Murdoch. Le théâtre n’existe plus, tout comme les anciennes salles de danse, plusieurs bars ont fermé, sur les trois garages il n’en reste plus qu’un, rarement ouvert, l’école du village recoupe les trois anciennes écoles de la place. Pire encore, cette année, le salon de quilles n’a même pas ouvert. Il vente à écorner les bœufs, il neige depuis notre arrivée, et il fait « frette » dans la contrée des frères Miller. Pourquoi diable suis-je à Murdochville ? Tout ceci est de la faute de ma copine, qui tenait à faire un photo-reportage sur les anciens mineurs. Nous sommes arrivés ici depuis quatre jours et l’on a de très bons hôtes. Guillaume, Éloïse et le petit Imrick nous hébergent chez eux, à l’auberge Chic-Chac, dans un ancien presbytère.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>À 580 mètres d’altitude, Murdochville est l’un des très rares villages québécois à être juché si haut au-dessus du niveau de la mer et ça, les habitants du village en sont très fiers. Tous vous le rappelleront au passage. La fermeture de la mine à ciel ouvert en 2002 a créé tout un émoi dans le village. Les habitants l’ont encore sur le cœur, mais la plaie se refermera un jour. Le capital est malléable, tout comme le cuivre, et malheureusement, l’humain aussi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>2002 c’est aussi l’année du fameux référendum sur la fermeture du village. Quel fut le résultat ? 434 en faveur de la fermeture et 238 en faveur du maintien du village. Les années ont passé et le village est toujours ouvert, mais il aurait dû fermer pour ces 68% d’habitants en 2002. Le constat semble le même encore aujourd’hui, et cela, nous l’avons découvert grâce à notre guide, Jean-Pierre, qui nous a donné la chance de rencontrer plusieurs anciens travailleurs de la mine. Je dois toutefois spécifier que Jean-Pierre, fils d’un mineur, ambulancier et patrouilleur de ski au mont Miller, qui s’occupe bénévolement du terrain de golf avec Georges l’été, ne quittera jamais Murdochville, car il l’aime son patelin et il en est fier. Sur les dizaines de personnes que nous avons rencontrées, je vous raconterai l’histoire d’Adrienne Leclerc, la mère de Jean-Pierre. Une vraie mine d’or Adrienne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Adrienne habite une petite maison, un bâtiment F comme il l’appelait jadis, en bas de la «côte». À sa fondation en 1953, c’était les foremans et les boss qui habitaient en haut de la «côte». En entrant dans sa maison, Adrienne nous montre un plateau commémoratif que la compagnie minière avait donné à son mari, Félix, pour souligner la succession de mois sans accident à la mine. Adrienne et Félix ont déménagé de Marsoui pour aller à Murdochville en 1956. Si en 1956, le rêve d’une vie meilleure les habitait, il en sera tout autre l’année d’après. C’est après le congédiement du mineur et leader syndical Théo Gagné, que les mineurs, en soutien à Théo, allaient entrer en grève. La grève dura neuf longs mois, et c’est tout le village qui a écopé. Adrienne était enceinte quand les fier-à-bras sont arrivés par autobus pour instaurer leur loi dans la ville et primordialement, pour travailler à la place des mineurs en grève. À ce moment, à Murdoch, c’était la Copper Mines qui détenait le monopole de la violence légitime, et les mineurs, en grève illégale, allaient en payer le prix. La police était du bord des scabs. Devant l’intimidation des scabs, Adrienne est bien heureuse que son mari se soit tenu debout, il a résisté, comme bien d’autres. Elle ne voulait surtout pas que ses enfants voient leur père comme un scab. Félix, pendant ce temps, faisait signer des cartes en Gaspésie pour faire naître l’Union. Avec cette gang de bandits en ville, les gars en grève étaient pas mal stressés. Jean-Pierre me raconte que la peur en aurait même tué un. Les scabs, eux, ne démontraient pas trop leur peur en public, mais paraîtrait-il qu’ils dormaient avec la hache au pied du lit.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La famille se préparait à quitter quand la grève a pris fin le 9 septembre 1957. L’Union venait de voir le jour et Félix reçut un numéro d’employé dans les chiffres 90. Comme le raconte Jean-Pierre, sourire aux lèvres, tous ceux qui avaient des numéros en bas de 90 c’était les scabs. À partir de ce moment, Félix a pu reprendre son boulot, perceur de trous dans les bas fonds. Oui, il s’occupait de percer le roc pour y insérer la dynamite. Quand ça sautait sous terre, tout tremblait en l’air. Jean-Pierre me met au défi de trouver un solage qui n’est pas craqué à Murdochville. Félix a connu la grève de 1957, celle de 1968, de 1978 et celle de 1994. Il a aussi perdu un de ses bons camarades en 1987 lorsqu’il y a eu le feu sous terre. Il a pris sa retraite en 1997 et il est décédé en 2000. Comme le dit si bien Adrienne, avec la voix tremblante, il est sorti d’en dessous de la terre pour retourner en dessous de la terre. Félix a eu droit à une retraite de trois ans. Pire encore, il est décédé d’une pneumo silicose. Pire que pire, la Copper Mines n’a jamais voulu reconnaître la raison de son décès, un classique. Les médecins, de connivence, diront plutôt que sa mort fut attribuable à la cigarette. Le cœur se tord devant la bêtise humaine.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>À Murdoch, il ne faut pas parler trop fort du sort de la ville. La suspicion règne. Certains croient toujours qu’il reste de bons gisements de cuivre dans la mine, qu’il y a la possibilité de faire vivre à nouveau la ville, notamment avec la venue d’une compagnie qui pourrait engager une centaine de personnes, alors que pour d’autres, tout est perdu et rien ne se créera à Murdoch. La ville fermera-t-elle comme celle de Gagnon ? Si en ce moment le soleil semble bon à Malartic, devrais-je plutôt appeler la ville Osisko, le sera-t-il vraiment d’ici une trentaine d’années ? Quel est le nom déjà de ce penseur à la longue barbe qui a écrit : Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre ? Sacré Karl.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La constable Stéfanie Trudeau a perdu la tête. La T-728 frappe à nouveau.</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Oct 2012 01:19:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Lamoureux-Lafleur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Triste nouvelle dans le domaine de la justice sociale, l’agente de la paix Stéfanie Trudeau vient de faire de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Triste nouvelle dans le domaine de la justice sociale, l’agente de la paix Stéfanie Trudeau vient de faire de nouvelles victimes. Le 2 octobre dernier, Rudy Orchietti, qui s’apprêtait à passer une soirée en compagnie de ses amis musiciens, a vécu une situation quelque peu inattendue. Le pauvre Rudy retenait la porte d’entrée de son appartement pour laisser entrer un de ses collègues musiciens chez lui, alors que la constable 728 a surgi de l’obscurité. Les astres étaient alignés. Il n’en fallait pas plus à cette agente du SPVM. Un musicien, un artiste, une chose sortie tout droit de l’enfer, se tenait devant elle, bière à la main. Elle lui demande sur le champ ses papiers d’identification. Monsieur Orchietti, ne sachant pas qu’il avait affaire à la dernière génération de Terminators du SPVM, lui demande alors la raison de cette intervention. Malheur, en une fraction de seconde, la constable le jette au sol et lui met les menottes. Heureusement, la victime ne portait pas le carré rouge. Si tel avait été le cas, je serais peut-être en train d’écrire un billet sur la mort d’un musicien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>À ce moment, l’ami de Rudy est entré en scène en invectivant le Terminator. Il allait bientôt payer très cher pour ce geste. L’on voit très bien sur les images vidéo, l’agente, qui, visiblement, tente d’étrangler sa nouvelle victime. Une simple arrestation musclée ? Chose certaine, les images glacent le sang. Or, même Arnold Schwarzenegger serait déçu du reste de l’histoire. Visiblement, le Terminator envoyé sur les lieux n’était pas un T-1000 (génération la plus avancée, du moins en 1991). Pourquoi cela ? Pour la simple et bonne raison qu’après avoir étranglé tout ce qui s’étranglait, l’agente de la paix, le Terminator, a saisi les téléphones des musiciens et a malheureusement déclenché l’un d’entre eux. Un T-1000 n’aurait pas fait cela.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voici un extrait de ce que l’on peut entendre sur l’enregistrement :</p>
<p>« Là on a réussi à le menotter, mais là pendant ce temps-là, toute les rats qui étaient en haut dans […] les gratteux de guitares, c’toute des ostie de carrés rouges là, toute des artistes astie de, en tous cas des mangeux de marde, fait que là y sont comme toute commencé à sortir de l’appartement tsé ».</p>
<p>« Là, on […] je saute sur l’ostie de trou de cul. Là évidemment, y s’laisse pas faire, là l’encolure ostie, chu en train de l’étougger, là je me bas avec dins escaliers, on se bat avec […] »</p>
<p>« Même si j’aurais pas été 728 c’est des caves pareils, tsé, c’est ben parce qu’il m’a reconnu […] une fille qui brasse y en pas 12 000 […] Non je l’ai pas poivré ben j’étais sur le bord en tabarnak […] ca me tentait en crisse, ben je me suis dit si je le fait ca va se retrouver dans les manchettes ».</p>
<p>Craignant pour la paix de la métropole, une vingtaine de véhicules du SPVM ont été envoyés en renfort. Et pourtant, à elle seule, la T-728 serait capable d’exterminer la ville entière. En tout, quatre personnes devront comparaître en justice pour entraves à un agent de la paix, voies de fait et intimidation.</p>
<p>Entre vous et moi, il est grand temps de revoir les pratiques policières, le code de déontologie de la police et d’exiger une commission d’enquête sur la violence policière de 2012. Il serait surtout important de voir naître une police de la police qui n’est pas dirigé par des policiers.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Licenciez-moi cette constable 728</p>
<p>Hasta la vista, baby !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Source: http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2012/10/10/004-matricule-728-spvm-arrestation.shtml</p>
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	</item>
		<item>
		<title>Maïakovski, le futurisme russe et Octobre.</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Sep 2012 20:32:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Lamoureux-Lafleur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’approche du mois d’octobre, quoi de mieux que de relire et de repenser l’apport socio-culturel des futuristes russes. Cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À l’approche du mois d’octobre, quoi de mieux que de relire et de repenser l’apport socio-culturel des futuristes russes. Cette année, nous célébrons le centième anniversaire du manifeste futuriste russe <em>La gifle au goût public</em>. En ce sens, je me disais que le mois d’octobre, en référence à la Révolution d’octobre, serait idéal pour ressasser les écrits et pensées des vieux démons du régime bolchévique, les très avant-gardistes futuristes russes. Par le simple fruit du hasard, il s’adonne que je terminerai aussi en octobre mon mémoire de maîtrise, en sociologie, qui porte, justement, sur Maïakovski. Plus précisément, l’idée générale de mon mémoire est d’analyser ce que la poésie de Maïakovski nous apprend sur, ceci est une hypothèse interprétative, le rôle de la masse russe au sein du projet révolutionnaire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le premier extrait que je présente ici provient du chapitre quatre de l’œuvre <em>150 000 000, </em>écrit entre 1919 et 1920. J’aurais bien aimé recopier l’œuvre, mais pour des raisons que vous connaissez, je ne peux offrir que des extraits. Ajoutez à cela que l’œuvre comporte 1700 vers, soit environ 50 pages à transcrire. Un extrait vous donnera, je l’espère, le goût d’aller lire davantage sur le(s) poète(s). Plus nous serons de fous à ajouter des commentaires, plus nous aurons du plaisir à enrichir ce dialogue ouvert. Mais avant, voici une petite entrée en matière.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La très grande épopée pathético-héroïque <em>150 000 000 </em>est considérée comme l’une des œuvres les plus importantes, voire colossale, créée par Maïakovski succédant à la Révolution de 1917. Ne serait-ce que par son étendue, ou par le temps que Vladimir aura consacré à la création de ce poème épique, plus de deux années, ou en fonction des troubles d’édition, de distribution, de redevance économique que le poète ait connu, <em>150 000 000 </em>reste une œuvre capitale du répertoire maïakovskien. Une œuvre qui aura fait couler énormément d’encre de la part des admirateurs de celle-ci, et plus encore, de ceux qui se seront farouchement opposés à cette création. Qu’ils soient amis, collègues futuristes, bolchéviques, menchéviques ou mêmes bourgeois, tous auront réagi à la publication tardive de <em>150 000 000</em>. Lénine en personne sera grandement offusqué par la publication aux Éditions de l’État, du poème : « N’est-ce pas une honte de voter en faveur des <em>150 000 000</em> de Maïakovski en 5000 exemplaires ? Sottise, absurdité, extravagance et prétention que tout cela. À mon avis, il n’y a qu’un sur dix de ces écrits qui vaille la peine d’être publié, et guère plus qu’en 1500 exemplaires pour les bibliothèques et les toqués <a title="" href="#_ftn1">[1]</a>».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’engouement suscité par cette œuvre, cet amour-haine que certains peuvent ressentir en faisant la lecture de <em>150 000 000</em>, n’est pas symptomatique d’une époque révolue, au contraire. Depuis sa parution, le poème n’a cessé d’attiser de nombreux débats sur la question, notamment, de l’accessibilité à l’art, de la démocratisation de l’art, mais aussi, de la politisation de l’art. Encore aujourd’hui, plusieurs analystes du corpus de Maïakovski ne s’entendent pas sur la valeur de cette œuvre. Certains évoqueront l’idée que <em>150 000 000</em> est le fruit d’une certaine pression établie dans le domaine culturel par le régime bolchévique en place à ce moment, qu’elle doit être mise au rancard en fonction de son esprit propagandiste. Pour ma part, je crois plutôt que <em>150 000 000</em> est une juxtaposition de techniques typiquement avant-gardistes, associée aux couleurs du futurisme russe employé par Maïakovski, avec une intégration du folklore russe. Tout cela, dans le but d’agiter ces 150 000 000 d’<em>Ivan, </em>cette masse russe.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voici un extrait du poème traduit par Claude Frioux, vous trouverez la référence complète à la fin du poème.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Maintenant</strong></p>
<p><strong></strong><strong>            assez de chapitres rieurs.</strong></p>
<p><strong>Dans votre esprit</strong></p>
<p><strong>                       Vous dessinez clairement</strong></p>
<p><strong>                                                          l’Amérique.</strong></p>
<p><strong>Nous passons</strong></p>
<p><strong>            aux événements principaux,</strong></p>
<p><strong>à l’essentiel incroyable</strong></p>
<p><strong>                       et gigantesque.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce jour</p>
<p>était</p>
<p>un jour</p>
<p>résistant au feu.</p>
<p>Sous la marée de chaleur, les terres étaient muettes.</p>
<p>Les herses ébréchées des vents</p>
<p>essayaient sans succès de rendre l’air friable.</p>
<p>À Chicago</p>
<p>il faisait chaud sans mesure</p>
<p>dans les 100 degrés,</p>
<p>80 sûrement.</p>
<p>Tous étaient à la plage.</p>
<p>Ceux qui le pouvaient faisaient un petit tour.</p>
<p>Mais la plupart restaient allongés.</p>
<p>La sueur</p>
<p>fleurait bon</p>
<p>sur leurs corps bien soignés.</p>
<p>Ils soufflaient en marchant,</p>
<p>ils soufflaient allongés.</p>
<p>Les demoiselles promenaient leurs pékinois au bout de petites</p>
<p>chaînes.</p>
<p>Et le pékinois,</p>
<p>à force d’être gavé,</p>
<p>ressemblait à un veau.</p>
<p>Un petit papillon épuisé de chaleur</p>
<p>était entré dans la narine</p>
<p>d’une dame</p>
<p>qui sommeillait au milieu d’une idylle.</p>
<p>Quelques-uns avaient des conversations animées</p>
<p>disaient « ah ! »</p>
<p>disaient « oh ! »</p>
<p>Un duvet voletait autour des arbres,</p>
<p>des arbres à mimosa.</p>
<p>Il poudrait de rose</p>
<p>les soies et les mousselines blanches,</p>
<p>de blanc celles qui étaient roses.</p>
<p>C’est ainsi</p>
<p>que longtemps</p>
<p>tous s’étaient occupés</p>
<p>à d’agréables passe-temps.</p>
<p>Mais,</p>
<p>une heure auparavant,</p>
<p>quelque chose avait commencé</p>
<p>à changer.</p>
<p>À peine perceptible,</p>
<p>tout au plus avec la pointe de l’âme,</p>
<p>un souffle avait passé.</p>
<p>Dans la mer sans qu’il y ait de vent,</p>
<p>des remous s’élargissent.</p>
<p>Qu’est-ce que c’est ?</p>
<p>Pourquoi cela ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>[SAUT]</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Ce n’est pas la fumée des canons,</p>
<p>mais le bleu de l’Océan.</p>
<p>Il n’y a ni cuirassé</p>
<p>ni flottes</p>
<p>ni escadres.</p>
<p>Rien de tel.</p>
<p>C’est Ivan <a title="" href="#_ftn2">[2]</a>.»</p>
<div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Lénine, cité dans Régine Robin, <em>Le réalisme socialiste : Une esthétique impossible</em>, Paris, Payot, 1986, p. 188.</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Vladimir Maïakovski, « 150 000 000 », dans Claude Frioux, <em>Poèmes 2, 1918-1921</em>, Paris, Messidor, 1985, p. 311.</p>
</div>
</div>
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		<title>Le retour du Père Fouettard</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Sep 2012 20:56:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Lamoureux-Lafleur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Le retour du Père Fouettard Cet automne, ne manquez pas la sensation de l’heure. Après l’arrivée grandiose de CHOI Radio [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center" align="center">Le retour du Père Fouettard</p>
<p>Cet automne, ne manquez pas la sensation de l’heure. Après l’arrivée grandiose de <em>CHOI Radio X</em>, communément appelée la Radio poubelle, en terre montréalaise, voici maintenant le temps de redécouvrir le personnage le plus charismatique que le Québec ait connu, l’honorable Père Lucien Fouettard Bouchard. Paresseux, paresseuses, courrez vers l’abri le plus près, car il arrive, et cette fois-ci il ne ménagera les coups de fouet. Une histoire sans espoir, que vous retrouverez malheureusement dans toutes bonnes librairies.</p>
<p>Lucien Bouchard vient tout juste de faire paraître cette semaine son livre intitulé <em>Lettres à un jeune politicien </em>dans lequel il s’adresse à la jeunesse d’aujourd’hui, mais aussi à tous ceux et celles qui veulent en apprendre davantage sur le métier de politicien. Même si l’idée est loin d’être avant-gardiste, elle revient à Rainer Maria Rilke, qui aura été le premier à publier <em>Lettres à un jeune poète</em> en 1929, cet exercice de passation de la connaissance, de dialogues ouverts intergénérationnels, reste très intéressant. Le problème chez Bouchard reste et restera toujours le même, son ton moralisateur. Sa toute récente œuvre, comme l’ensemble de sa carrière politique, est à l’image de l’ego du personnage. Le prophète, le sauveur c’est lui, la masse, les petites gens, les martyrs, c’est nous. Bien sur monsieur Bouchard, c’est certain que lorsqu’on est entouré par le père Bush, par Jean Charest, et autres saltimbanques au domaine Sagard, on doit bien se trouver important. « We are magnificent people and I raise my hat to all of us. You are as beautiful as I think I am », merci pour l’inspiration Falardeau. Voilà une forme de partage de la connaissance qui me semble perspicace. Revenons-en à nos moutons.</p>
<p>Cette semaine, Lucien Bouchard fut accueilli chaleureusement par le chroniqueur émérite du <em>Journal de Montréal</em>, Richard Martineau, à l’émission <em>Les francs-tireurs</em>. Une fois de plus, Martineau, digne de lui-même, était bien heureux de recevoir dans la cour du Roi Pétaud un invité partageant les mêmes valeurs que lui. Aucune flèche n’a été lancée à l’ancien Premier ministre du Québec, aujourd’hui président du conseil d’administration de l’Association pétrolière et gazière du Québec. Martineau était aux anges d’entendre la critique de Bouchard à l’égard de la gauche, des étudiants ou plutôt des paresseux, des syndicats et des travailleurs. Par-dessus tout, je dois dire que, comme plusieurs autres, j’ai été très surpris d’entendre de la bouche de Lucien Bouchard des propos tels que : « les politiques sociales, c’est moi ça, les politiques familiales c’est moi ça » et j’en passe. Un ego démesuré vous dites ?</p>
<p>Bref, il y a une chose que je tiens à retenir de cette émission. Semblerait-il que monsieur Bouchard a horreur d’une image qui lui est souvent accolée, celle du Père Fouettard. En deux mots, le Père Fouettard est un personnage folklorique qui accompagne Saint-Nicolas le 6 décembre au soir lorsque celui-ci donne des cadeaux aux enfants sages. La tâche du Père Fouettard est alors de donner des coups de fouet aux autres enfants qui n’ont pas été sages. L’on pourrait remplacer ici Père Fouettard par Lucien Bouchard, et enfants, par chômeurs, étudiants, travailleurs à temps partiel, et autres créatures d’outre-tombe. Monsieur Bouchard, comme disait votre ami Bernard Landry, <em>audi alteram partem</em>, écoute l’autre avant de le juger.</p>
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