Blogue de Olivier Niquet Palimpseste RSS
Coanimateur, scripteur et concepteur du Sportnographe (le site et l'émission de radio). Autodidacte de l'informatique, formé en urbanisme, pratique l'humour sportif. Pas de liens entre les trois, mais un peu quand même.
Il est beaucoup question d’activisme en ligne depuis quelque temps, notamment en raison de la révolution arabe, de Kony 2012 et, plus près de chez nous (directement chez nous, en fait), du mouvement étudiant et de la grève qui en découle. Si le Web peut servir de vecteur à la propagation des idées ainsi que d’outil fort efficace dans l’organisation et la planification des manifestations, il peut aussi à l’inverse favoriser une sorte de dédouanement de la population vis-à-vis de leur implication. Rien de plus facile que de cliquer sur « j’aime » dans son salon en se faisant croire qu’on a fait notre part. Je le sais, c’est ce que j’ai fait avec la campagne pour que Scott Gomez soit renvoyé dans les mineures. Le véritable activisme en ligne réside plutôt dans une nouvelle génération de hackeurs qui mettent leur talent au profit d’une cause. Et par « hackeurs », je ne parle pas de pirates informatiques à la Anonymous qui commettent des actes illégaux. Je parle de programmeurs, tout simplement. Genre le gars du soutien technique qui programme, en dehors des heures de bureau, une application pour contrer les préjugés envers les roux. [...]
Lundi prochain aura lieu le jour le plus important de la saison dans la LNH (mettons) : la date limite des transactions. Pour l’occasion, les grands médias d’information sportive sortiront leurs plus beaux habits pour nous informer en temps semi-réel des derniers mouvements des équipes de la « Ligne » et idéalement de ceux du Canadien (parce qu’au fond, les autres, on s’en fout un peu). TVA Sports aura son Jean-Charles Lajoie en direct dès 9h du matin (l’heure limite est 15h), 98,5 FM chamboulera sa programmation habituelle pour nous en parler toute la journée (exit Isabelle Maréchal et Benoît Dutrizac) et RDS nous offrira sans doute aussi une couverture mur à mur. Tout ce beau monde occupera six heures de temps d’antenne à nous lire les tweets de rumeurs d’échanges que leurs collègues auront dénichées on ne sait trop où. C’est que la rumeur d’échange est plutôt volatile depuis l’arrivée de Twitter et l’essor des « funsiders », ces experts de la rumeur, autoproclamés bien plogués, qui alimentent les rêveries des amateurs de sport et des experts sportifs. Parce que ces derniers, même s’ils n’hésitent pas à pourfendre ces pseudo-experts, ne rechignent pas à se servir à même leurs rumeurs pour remplir [...]
Ainsi, Neil Young considère la radio comme dépassée et estime que « le piratage est la nouvelle radio ». On présume qu’il parle de radio musicale. Neil Young aurait eu raison il y a dix ans. J’étais à l’époque moi-même grand siphonneur de musique illégale. Compulsif même. À tel point que j’avais téléchargé les plus grands succès d’Adamo, simplement pour agrandir ma collection, en me disant qu’un jour, cela me servirait. Ce jour n’est jamais arrivé et j’ai sacré aux vidanges (à la récupération, pardon), la totalité de mes CD-ROM remplis de MP3. C’est que n’en déplaise à Neil Young, il existe maintenant une offre légale de musique en ligne à des prix alléchants. Des services comme Rdio et Spotify (pas encore disponible ici) permettent d’accéder à une immense bibliothèque musicale pour environ 10 dollars par mois. Bon, on n’y trouve pas tout (surtout côté francophone), mais presque. Reste à voir si ça peut être payant pour l’artiste, ce qui ne semble pas être tellement le cas. On peut espérer que lorsque ces services seront plus « grand public », les tarifs pourront être ajustés et le catalogue se diversifiera. Il s’agit d’outils efficaces pour faire de nouvelles découvertes musicales [...]
J’ai aussi quelque chose à dire sur le Huffington Post Québec
7 février 2012 · Société · Olivier NiquetContrairement à plusieurs, je ne m’insurge pas devant l’arrivée du Huffington Post Québec… du moins, je ne m’insurge pas du bénévolat qu’il appelle. Je crois que dans une économie de l’information en réseau, le capital social peut servir de monnaie d’échange. La visibilité qu’offre le Huffington Post pourrait motiver bon nombre de personnes dont la l’objectif premier est d’être lu, que ce soit pour mettre leurs idées de l’avant ou pour se servir de cette plateforme comme tremplin vers quelque chose d’autre. C’est sans doute d’ailleurs ce qui motive la plupart des blogueurs du Voir… Évidemment, on ne connaît pas encore la portée qu’aura le Huffington Post au Québec. S’engager à y participer avant même son lancement, sur la seule base de la réputation du site, était donc risqué. On ne sait pas si la fréquentation du site sera grande ni si celui-ci respectera la spécificité québécoise. Mais si ceux qui le font ont parié que la visibilité qu’obtiendront leurs textes est une rémunération suffisante pour leur travail, tant mieux pour eux. Ceci dit, je serais beaucoup plus à l’aise avec le Huffington Post s’il s’agissait d’un organisme sans but lucratif. Si ses revenus ne servaient qu’à assurer le fonctionnement [...]
Il y a de ces nouvelles qui ne font pas long feu. Le dernier scoop du FM93 est l’une de celles-là. Hier, l’animateur Gilles Parent rapportait en onde que selon une source très fiable avec qui il collabore depuis longtemps, Gary Bettman aurait été aperçu à Sagard pas moins de trois fois l’an dernier. Sagard est reconnu pour la beauté de son paysage et pour son palais royal habité par la famille Desmarais. Surtout pour son palais. Mais ce n’est pas tout. Selon la même source fiable, Bettman aurait aussi été vu à Sagard en compagnie de Patrick Roy et Jacques Tanguay, le roi du magasin de meubles rosé (pas les meubles, le magasin), probablement alors qu’ils allaient s’acheter de la gomme balloune au dépanneur tous ensemble. Un plus un. Les Desmarais seraient intéressés à ramener les Nordiques à Québec, donc. Évidemment, si elle se concrétisait, cette idée mènerait à une situation bizarre où les Desmarais, aussi propriétaires de Gesca, posséderaient une équipe qui joueraient dans un Colisée géré par Québecor et dont les matchs pourraient être diffusés à TVA Sports. Dans le contexte actuel d’une pseudo guerre médiatique, alors que le Journal de Québec publie un article sur [...]
Zones franches municipales : le droit de faire n’importe quoi
31 janvier 2012 · Société · Olivier NiquetOn apprenait cette fin de semaine que la Ville de Québec avait réclamé par l’entremise d’un mémoire l’abolition des référendums locaux. Ces derniers constituent « un recours légal qui permet aux citoyens d’accepter ou non les propositions de modification de certains objets des règlements de zonage et de lotissement ». Ainsi, si vous n’êtes pas d’accord avec un nouveau règlement qui transformerait le parc où vos enfants vont jouer avec des seringues souillées en stationnement sur cinq étages, vous pouvez le contester en organisant une pétition afin de forcer la tenue d’un référendum. Cet exercice démocratique semble nuire aux ambitions de la Ville de Québec et de son maire napoléonien qui voient la chose comme une lourdeur administrative. Il est évident que de telles dispositions empêchent de planter des colisées un peu partout et peuvent être gênantes pour les municipalités dont l’aménagement est guidé par les promoteurs immobiliers. Le ministère a heureusement refusé cette proposition. Sa solution n’est pas nécessairement mieux puisqu’il veut modifier la loi sur l’aménagement et l’urbanisme pour permettre la définition de zones franches où il serait impossible de demander des référendums. À plus grande échelle, la mondialisation a permis la création de zones franches par des gouvernements [...]
Le monde du sport obéit à ses propres règles. C’est un monde où il n’existe aucun homosexuel hors placard et où il est légal de se varger dessus à tour de bras. C’est aussi un écosystème médiatique qui n’a besoin que de peu de contenu pour s’alimenter. Il reste qu’il y a des jours où les nouvelles sont moins abondantes et le journaliste sportif ne peut se rabattre sur la météo et les nouvelles internationales comme le font les médias généralistes pour alimenter la bête. C’est particulièrement le cas lorsque par les hasards du calendrier, Canadien ne joue pas pendant trois ou quatre jours de suite. Une de ces situations nous a donné l’an passé ce que l’on pourrait qualifier de « chandail-à-terre-gate » : alors que l’équipe était en congé pendant quatre jours, les médias on fait tout un plat du fait que P.K. Subban ait lancé son chandail à côté du panier de linge sale dans le vestiaire pour subir ensuite l’opprobre de son coéquipier Hal Gill. Yvon Pedneault avait bien pris le temps d’expliquer que même sa femme ne lui permet pas de pitcher ses bobettes n’importe où dans leur chambre. Voilà de quoi divertir l’auditeur. Nous vivons en [...]
Il y a de ces choses dans la vie qui vous brisent un mouvement d’indignation. La température est une de ces choses. Mais il y a bien pire. Il y a Canadien. Le début de dégoût occasionné par l’embauche de Nathalie Normandeau par Raymond Chabot Machin (si vous voulez mon avis, elle aurait pu aller chercher une plus grosse paie avec les chinois) a pris une petite débarque lorsque Michael Cammalleri n’est pas revenu au banc en troisième période d’un match palpitant contre le Boston pour cause de transaction au haut du corps. La saga a commencé mercredi alors que François Gagnon de La Presse (et accessoirement de RDS, de Radio-Canada et de plein d’autres places) réalisait une petite entrevue de fond (oui, ça se peut) avec Cammalleri après un entraînement. Ce dernier se dit à ce moment un peu déçu de l’attitude de « losers » de l’équipe en général. Scandale ! Il n’en fallait pas plus pour que les qualificatifs « d’égoïste » et de « sans-coeur » fusent de toutes parts. Jean Perron a même estimé qu’il s’agissait « d’un jour noir dans l’histoire du Canadien » et que jamais ce n’était arrivé qu’un joueur plante ses coéquipiers comme ça devant les médias. « Sauf des [...]
On aurait pu s’attendre d’un expert autoproclamé des médias sportifs une première contribution autour de la flambée de violence qu’a engendré les propos controversés de Michael Cammalleri au sujet de son équipe de « losers ». Mais le meta-analyste sportif se doit de ne pas tomber dans le piège de la facilité que confère un domaine qui permet de butiner d’une conclusion à son contraire sans perdre de crédibilité. Il faut savoir prendre un certain recul et accepter d’être un peu décalé par rapport à l’actualité. Je discuterai donc aujourd’hui de quelques jolis propos entendus au sujet de la nomination de Randy Cunneyworth à titre d’entraîneur pas bilingue de Canadien. C’est le genre d’analyse que je tenterai de faire la plupart du temps sur ce blogue, même si parfois il m’arrivera de traiter de sujets moins importants comme la politique ou la faim dans le monde. Il faut d’abord constater que la situation de l’équipe n’est pas des plus jojo à l’heure actuelle. Certains joueurs font la baboune, d’autres se chicanent et selon le gars qui fait les petits dessins enfantins à la fin du Journal de Montréal, Andreï Kostitsyn s’empiffrerait de beignes à tour de bras. Quoi de [...]
